Notre relation aux écrans, angle mort du télétravail | Un article Pop’Sciences

NNotre relation aux écrans, angle mort du télétravail | Un article Pop’Sciences

Notre rapport aux écrans est le grand oublié des discussions sur le travail à distance. Pourtant, travailler et collaborer par écran interposé change (presque) tout… Le point avec trois spécialistes de la relation aux écrans.

Un article rédigé par Cléo Schweyer, journaliste scientifique, Lyon, pour Pop’Sciences – 4-09-2020

Les écrans ont gagné. Avec ce titre du 31 mars 2020, le quotidien américain New York Times mettait des mots sur une impression partagée par beaucoup d’entre nous : celle d’avoir passé plus de temps devant un ou des écrans pendant le confinement (du 17 mars au 11 mai 2020 en France) qu’à toute autre période de notre vie.

Et pour beaucoup, cette explosion du temps d’écran quotidien a été liée à une nouveauté : celle de travailler depuis chez soi. Environ un quart des salariés français a été en télétravail à 100% pendant la durée du confinement, un chiffre tombé à 15% en septembre 2020. Une expérience mitigée pour certains, mais que d’autres aimeraient renouveler au moins une partie de la semaine.

Désirable, mais pas toujours agréable, à quoi tient le double visage du télétravail ? Réfléchir à notre rapport aux écrans peut apporter des éléments de réponse.

©gettyimages

L’écran est une interface qui modifie l’expérience

Aussi étrange que cela paraisse, ce rapport aux écrans semble ne jamais être évoqué dans les négociations sur le télétravail, comme celles qui se tiennent en cette rentrée 2020 entre les représentants des syndicats et du patronat. Certes, le travail à distance ne passe pas que par l’écran. Mais fixe ou mobile, ce dernier est omniprésent dans nos vies professionnelles. On évoque certes le travail sur écran pour évoquer la fatigue visuelle, les troubles musculo-squelettiques et le « droit à la déconnexion », en vertu duquel on n’est pas tenu de répondre à un message électronique en-dehors de ses horaires de travail.

Mais il serait plus juste de parler de travail avec écran, ou par écran interposé. Les chercheurs parlent d’activité médiée par l’écran, où l’écran joue le rôle de médiateur entre nous et les personnes avec lesquelles nous sommes amenées à interagir, entre nous et les tâches à accomplir. Une façon de dire que l’écran n’est pas « transparent » : en établissant une relation entre des personnes ou en installant une manière spécifique de réaliser une tâche, il crée un contexte dans lequel l’interaction ou l’exécution de la tâche sont très différentes de ce qu’elles sont autrement.

« C’est une erreur de voir l’écran numérique comme une surface sur laquelle sont projetées des images, comme dans la caverne de Platon »,

rappelle Mauro Carbone, chercheur-enseignant en philosophie à l’Université Jean Moulin Lyon 3 et responsable du groupe de recherche Vivre par(mi) les écrans.

« C’est une interface par laquelle on vit des expériences, qui ne sont pas que visuelles, pas de plus en plus multi-sensorielles ».

Si les écrans ont gagné, comme le dit le New York Times, c’est donc que nous étions en conflit avec eux ? « C’est sûr ! » répond le chercheur sans hésiter. « Notre imaginaire des écrans est celui de l’illusion et de la privation de liberté. Pensez encore une fois à la caverne de Platon, avec ces humains tenus en esclavage… » Un point de vue qu’il ne partage pas :

« L’écran n’est pas une prison. En tant qu’interface, il permet des expériences riches et d’autres plus appauvrissantes, qu’il faut éviter. Mais il est impossible de généraliser, comme le font certains, en disant que “les écrans, c’est mal”. Qu’on le veuille ou non, une grande partie de notre expérience du monde passe de toute façon par eux aujourd’hui. »

Le télétravail, héritier du travail ouvrier à domicile

Les préoccupations liées au télétravail sont actuellement plutôt du côté des relations hiérarchiques et des risques psycho-sociaux : surmenage, isolement… C’est peut-être parce que le télétravail porte l’héritage du travail à domicile, dont l’histoire est faite de luttes ouvrières : pensons aux canuts qui tissent la soie à Lyon, aux ouvriers passementiers qui fabriquent rubans et lacets à Saint-Étienne. Le travail concerne alors souvent toute la maisonnée, le chef de famille jouant le rôle de chef d’atelier dans une cellule familiale où la répartition des tâches est fortement genrée.

Reconstitution d’un atelier de tissage / ©Musée Miniature & Cinéma – Lyon

Une des questions posée au XVIIIe siècle à ces travailleurs à domicile est la régularité de leur travail et de leur rémunération, ainsi que la réduction de leur temps de travail. A Lyon, les canuts revendiquent le principe d’un tarif assurant une garantie de ressources, espérant atténuer la soumission dans laquelle ils se trouvent vis-à-vis des marchands de soie. Ces derniers veulent au contraire continuer à discuter les prix de gré à gré avec chaque artisan. Ces oppositions suscitent de grandes grèves lourdement réprimées. Les premières innovations sociales ne sont obtenues qu’au siècle suivant, avec le premier accord tarifaire en 1869. Elles sont à l’origine des conventions collectives.

Au cours de la première moitié du XXe siècle, le travail à domicile ne disparaît pas avec l’industrialisation et l’émergence du capitalisme. Il continue à être utilisé comme une source de travail flexible, essentiellement féminin : le recensement de 1906 comptabilise 850 000 femmes ou filles sur les 1 230 000 travailleurs à domicile recensés. Il faut attendre la loi du 26 juillet 1957 pour que le travail à domicile soit considéré comme du salariat. Mais dans les faits, la situation des salariés à domicile, en majorité des femmes, est dévalorisée.

Avec l’arrivée du numérique dans les années 1980, le travail à domicile devient le télétravail. La sociologue Frédérique Letourneux relève que si l’État a toujours fait la promotion du télétravail, il s’agissait au début de permettre le développement du territoire en évitant de concentrer tous les travailleurs dans les seules métropoles.

À partir des années 2000, le discours évolue : c’est la manière de travailler qui est alors appelée à changer. Une évolution annoncée plus que réalisée, qui amplifie les questions posées notamment par le travail payé à la tâche (moins intéressant en termes de revenus que le travail payé à l’heure), l’irrégularité de l’activité, l’absence de liens sociaux.

L’écran modifie en profondeur notre communication

Qu’est-ce que le travail médié par écran apporte de nouveau à ces questions inscrites dans l’histoire du capitalisme ?

« Le télétravail nourrit à la fois l’illusion d’une disponibilité permanente et d’une solitude coupable », analyse Serge Tisseron.

Ce psychiatre, qui a fait sa médecine à l’Université Claude Bernard Lyon 1, est un des grands spécialistes français de la relation aux écrans. « Outre la difficulté à concilier à vie professionnelle et vie familiale, avec la culpabilité qui peut en résulter, le télétravail  alimente celle de ne jamais remplir les objectifs fixés », alerte-t-il.

Un autre phénomène est à l’œuvre, dont il est peut-être plus difficile de prendre conscience, mais dont les effets sont très importants en contexte professionnel : notre communication est modifiée en profondeur par la médiation de l’écran. Isabel Colón de Carvajal, directrice adjointe du Laboratoire ICAR, est chercheure-enseignante à l’ESN de Lyon et spécialiste des interactions par le biais de dispositifs numériques, le souligne :

« Une conversation par écran interposé, ce n’est pas la même conversation que lorsque nous sommes en présence. On s’exprime autrement, que ce soit par le langage parlé ou le langage non-verbal. Cela demande un apprentissage pour éviter une fatigue excessive ou des malentendus. »

Quand nous sommes en co-présence, notre compréhension de la conversation passe par notre corps : attitudes, ton de voix, expressions… « Entre les mots, dans les silences, il se passe plein de choses » , résume joliment Isabel Colón de Carvajal. Nous décodons en permanence les signes adressés par les autres pour comprendre quand nous pouvons prendre la parole et quand il est nécessaire d’attendre notre tour, par exemple, ou pour distinguer le premier degré de l’ironie.

De nouveaux codes à reconnaître

« Il s’établit entre des corps en présence des coordinations motrices inconscientes qui se traduisent psychiquement par un plus grand sentiment de co-présence et de confiance »,

décrypte Serge Tisseron, relevant que deux personnes qui discutent vont spontanément coordonner leurs gestes et leurs attitudes : « La perte de ces résonances motrices inconscientes entre deux interlocuteurs a pour conséquence qu’ils sont moins assurés, dans la conversation à l’écran, d’être dans un lien de confiance partagée ». Face à l’écran, nous sommes privés d’une partie de ces informations pourtant indispensables : les « ressources multimodales » (langage, gestes, etc.) sur lesquelles nous nous appuyons se réduisent. D’autres stratégies doivent prendre le relais.

Pour Isabel Colón de Carvajal, qui analyse depuis plusieurs années les conversations de joueurs de jeux vidéos, nous compensons cette situation en mettant en place d’autres codes de communication. Nous avons tendance à “forcer” nos expressions ou notre langage non-verbal, par exemple, ainsi qu’à faire des phrases plus courtes. Avec le risque de s’auto-carricaturer et de moins écouter l’autre :

« Les mécanismes de coopération en distanciel sont souvent altérés et les particularités individuelles exacerbées » en contexte de télétravail, relève Serge Tisseron.

Notre rapport au silence aussi est modifié, souligne Isabel Colón de Carvajal : si nous faisons en général tout pour éviter les “blancs” dans la conversation courante, laisser le silence s’installer dans une télé-réunion est souvent un moyen d’éviter de se couper la parole ou de marquer la fin des échanges. Il est également à noter qu’en télétravail, les échanges informels (petites conversations de bureau, échanges à voix basse en marge d’une réunion) disparaissent. Les personnes les moins à l’aise dans le groupe, qui trouvent habituellement de la ressource dans ces à-côtés communicationnels, peuvent se retrouver démunies en télétravail.

Cela souligne, relèvent les deux spécialistes, à quel point il est important de considérer le télétravail comme une forme de travail à part entière. Non seulement dans l’organisation de conditions concrètes soutenables par tous, mais bien dans la prise de conscience que le rapport au travail lui-même est affecté par la médiation de l’écran. « Il faut bien comprendre que la communication sans médiation n’existe pas », souligne Mauro Carbone. Or, l’écran a tendance à se faire oublier :

« Moins on a l’habitude des écrans, plus on a tendance à minimiser son impact », remarque-t-il.

Si le télétravail finit par entrer dans notre quotidien, la place de l’écran dans nos relations de travail devra être discutée collectivement,  pour élaborer et reconnaître de nouveaux savoir-être.

PPour aller plus loin

 

Projection commentée : Her

PProjection commentée : Her

En partenariat avec le CNRS, l’Aquarium Ciné Café propose un cycle de rencontres « Ciné-Club » associant projections de films et rencontres avec des scientifiques.

La première séance sera consacrée au thème de l’intelligence artificielle, avec la projection du film Her (Spike Jonze, 2014) en présence de Mathieu Lefort, maître de conférences à l’Université Claude Bernard Lyon 1, membre du Laboratoire d’Informatique en Image et Systèmes d’Information.

En savoir plus

Le projet ENA : Expérimentations Navettes Autonomes

LLe projet ENA : Expérimentations Navettes Autonomes

Lancé officiellement en 2019 et coordonné par l’Université Gustave Eiffel, le projet ENA « Expérimentations de Navettes Autonomes » s’attache à répondre à la problématique du droit à la mobilité partout et pour tous. 

Ce projet regroupe deux expérimentations de services de navettes autonomes en complémentarité des réseaux de transport urbain existants et une expérimentation pour la desserte de zones rurales peu denses en associant trois territoires à des partenaires académiques et industriels.

Ces vidéos vous permettront de comprendre plus en détails les attentes et les besoins des usagers en termes de mobilité des différents territoires qui accueilleront les expérimentations du projet ENA.

La question de la sécurité au cœur des préoccupations d’ENA

L’émergence de nouveaux modes de transport nous interroge particulièrement sur les questions de sécurité. Un véhicule autonome pourra-t-il suffisamment interagir avec les autres usagers de la route pour s’insérer sans risque dans la circulation ? Quelles sont les précautions prises avant de laisser un véhicule autonome circuler sur route ouverte ?

Avant de lancer les navettes autonomes sur les routes des territoires, des essais grandeur nature seront menés sur Transpolis, plateforme modulable dédiée à la mobilité. Des spécialistes de la sureté de fonctionnement se réunissent afin d’anticiper les scénarios que pourrait rencontrer la navette sur les différents parcours des expérimentations du projet.

Les résultats de ces essais vous apporteront des réponses aux questions d’interactions entre la navette et son environnement, de sécurité et confort des passagers et d’une possible montée en vitesse.

Retrouvez dans le Pop’Sciences MAG de Juin 2018 A quoi rêvent les intelligences artificielles ? un article complet sur Transpolis, un laboratoire de la mobilité urbaine

La réponse au désenclavement d’un territoire ?

La mobilité est une question d’actualité, que nous soyons citoyens de grands centres urbains ou de zones rurales, mais les problématiques ne sont pas les mêmes. Les paradigmes se modifient et l’offre de mobilité doit s’adapter aux besoins de chacun et aux infrastructures disponibles. Sommes-nous prêts, pour autant, à transformer nos modes de transport ?

La Communauté de communes de Cœur de Brenne expérimente, dans le cadre du projet ENA, une solution pour relier cinq communes et faciliter l’accès aux services de ses concitoyens.
Premier site rural à tester des navettes autonomes, suivez « en direct » l’expérimentation et partagez, avec les acteurs du projet, votre ressenti, vos inquiétudes, votre point de vue et vos interrogations.

La solution de demain pour un campus technophile ?

Née dans les années 70, lorsque la voiture individuelle était le symbole de la liberté, la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis souffre aujourd’hui d’une congestion routière quotidienne et ne répond plus aux exigences de la transition écologique. Un nouveau paradigme doit donc émerger pour rééquilibrer les déplacements en développant et promouvant les mobilités de demain.

En tant que première technopole européenne, Sophia Antipolis s’est toujours engagée à voir plus loin en investissant dans l’innovation. Accueillir une nouvelle expérimentation de navettes autonomes semblait donc une évidence. Le projet ENA sera l’outil pour créer le lien entre technologie et citoyens, pour faire se rencontrer le plus en amont possible, attentes et opportunités de chacun.

Décortiquée au quotidien par les acteurs du territoire, de la recherche et de l’industrie, cette expérimentation vous aidera à vous forger votre avis sur les questions de mobilité : comment le véhicule autonome va-t-il changer notre façon de nous déplacer ? Comment va-t-il s’intégrer au réseau de transports publics déjà présent ? Quel rôle jouerons-nous en tant qu’usager ?

Le projet est soutenu dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) opéré par l’ADEME et labellisé CARA, le pôle de compétitivité et cluster de la région Auvergne Rhône-Alpes.

Des bruits plein la thèse | Visages de la science

DDes bruits plein la thèse | Visages de la science

Histoire d’un duo art-sciences

L’histoire commence avec celle de Pierrick Chilloux…

« Après une licence Arts du spectacle et un cycle de théâtre à l’Université et au Conservatoire Régional de Poitiers, je suis entré en Master Cinéma et audiovisuel à l’Université Lyon 2, avec l’intention de m’orienter dans la réalisation de documentaires scientifiques. À mon arrivée à Lyon, j’ai du choisir le sujet de mon court métrage de Master 1. J’avais entendu parler de Ma Thèse en 180 secondes (MT 180) lors de ma formation au Conservatoire, et je souhaitais déjà écrire un film autour du concours. La diversité et l’importance de l’activité de recherche Lyonnaise promettait une expérience d’autant plus enrichissante que je ne connaissais pas du tout le milieu doctorant et scientifique, même si ce dernier m’a toujours fasciné. Mon professeur référent, Jacques Gerstenkorn était également très enthousiaste lorsque je lui ai fait part de mon idée.

J’ai donc commencé à rencontrer des doctorants qui n’étaient pas forcément candidats au concours, afin d’en apprendre plus. L’évènement Ma Thèse pour les Nuls organisé lors de la Fête de la Science par des LabEx de l’Université de Lyon, m’a conforté dans le choix de mon sujet. Ce concours, permet à une dizaine de doctorants de présenter son sujet de thèse en trois minutes, comme pour MT 180, mais de manière à parler aux plus jeunes. Après avoir reçu l’autorisation de l’Université de Lyon, le Conseil des Présidents d’Université et le CNRS, j’ai pu suivre la formation d’écriture et de jeu théâtral proposée par l’Université. Je souhaitais construire mon documentaire comme un journal de bord commun avec un doctorant candidat, en le suivant dans sa préparation au concours et en lui proposant mon aide pour la réalisation de la vidéo de pré-selection.

De novembre à février 2019, j’ai d’abord suivi Suzanne Bussod, doctorante en imagerie médicale au LabEx PRIMES et au laboratoire CREATIS, que j’avais rencontré de sa participation à Ma Thèse pour les Nuls. Elle m’a beaucoup aidé pour mon projet, et le film tient beaucoup de la confiance qu’elle m’a donné. En février, Suzanne n’a pas été sélectionnée pour la finale locale sur scène, et elle m’a proposé de suivre un de ses collègues de CREATIS, Valentin Baron. J’ai alors décidé de filmer la suite de l’aventure avec lui, son sujet de thèse, et son approche du travail m’aillant paru très intéressants. Travaillant sa thèse en partie en entreprise et en partie en laboratoire, Valentin avait choisi de s’entraîner pas seulement à la Ligue d’Improvisation Lyonnaise, ou se tenait la partie théâtrale de la formation, mais aussi devant ses collègues et ses amis. Il voulait faire de sa présentation un outil tout-terrain. Cette façon d’amener son sujet – et le théâtre – partout m’a beaucoup plu.

Chacun de nous deux proposait des idées pour se préparer au mieux à la scène. Au fil des tournages, Valentin en oubliait presque la caméra. Quelques jours avant la finale locale, le Président de la République a annoncé le confinement pour freiner l’épidémie de Coronavirus, annulant du même coup la suite du concours. Valentin et moi avons été obligés de dépasser les enjeux du concours et de réfléchir autrement ce que nous avions vécu. C’est ce que j’ai cherché à faire sentir dans mon essai documentaire de vingt minutes. Le Coronavirus a permis, paradoxalement, d’apprécier à sa juste valeur le travail de Valentin, et de penser la place du scientifique dans la cité. Je pense en effet qu’il revient à chacun de créer sa propre scène. »

… Et se poursuit avec Valentin Baron

« Mon travail de thèse consiste à utiliser des mesures issues d’antennes de microphones pour chercher à décrire des sources acoustiques (des objets bruyants). A partir de plusieurs microphones dont on connait le positionnement, il est possible de retrouver la position d’une source de bruit dans l’espace, par exemple.

Ces techniques dites de traitement d’antenne, je les applique dans deux projets complètement différents. Le premier, en acoustique sous-marine, cherche à prédire l’impact que des machines minières utilisées en grande profondeur causent sur leur environnement. Une fois que je les ai localisées, je calcule leur niveau sonore pour établir des seuils à ne pas dépasser. Le deuxième est quant à lui tourné vers l’acoustique aérienne, et cherche à détecter des drones aux abords de sites sensibles. Après une première étape de localisation d’une source de bruit, une étape d’identification permet de déterminer s’il s’agit d’une menace potentielle (un drone) ou non (un oiseau, par exemple). Une fois cette identification effectuée, des mesures de neutralisation proportionnées à la menace peuvent être mises en œuvre.

Ce travail de thèse appliqué à des domaines variés (l’acoustique sous-marine et aérienne), traduit bien la transversalité de la spécialité que j’ai apprise durant ma formation en école d’ingénieur : le traitement du signal. Cette matière, souvent difficile à définir même au sein des écoles, me passionne grâce aux nombreuses possibilités applicatives qu’elle offre, qui vont des télécommunications à la science des données, en passant par l’imagerie médicale ou encore le multimédia. »

Valentin faisait partie des 14 candidats sélectionnés au concours MT 180 de 2020 dont la finale lyonnaise devait se tenir en mars. Le concours n’a pas eu lieu en raison du confinement imposé par l’épidémie de Covid-19.

Le court métrage Des bruits plein la thèse est actuellement en cours de sélection sur plusieurs festivals. Aussi, il ne sera visible sur Internet qu’au printemps 2021, et en festivals s’il est sélectionné ! Donc, un peu de patience pour le découvrir…

En attendant, regardez la prestation que Valentin Baron devait présenter au concours MT180 :

Covid-19 : l’indispensable apport de la science des données

CCovid-19 : l’indispensable apport de la science des données

Avec des milliers de publications, la bibliographie sur les traitements contre le Covid-19 n’est plus abordable sans l’aide de l’informatique. Le projet Covid-nma permet, en intégrant plusieurs sources de données, d’établir une carte dynamique et interactive des essais cliniques.

A Lyon, cette démarche implique le Laboratoire d’Informatique en Image et Systèmes d’Information – LIRIS (CNRS / Université Claude Bernard Lyon1 / Université Lumière Lyon2 / INSA / ECL).

Lire l’article intégral sur :

CNRS Le Journal

Télétravail et enseignement à distance : test grandeur nature

TTélétravail et enseignement à distance : test grandeur nature

Enseigner à distance ? Pour une partie non négligeable du corps enseignant, l’usage massif des cours en ligne est contraire à leur éthique professionnelle, ou simplement impossible. Cette situation favorise la fracture numérique des apprenants et des enseignants, et précarise davantage les vacataires et les doctorants. Pour les enseignants-chercheurs, cette situation exceptionnelle nécessite de tirer le meilleur des outils existants, et de repenser les modes d’interaction avec leurs étudiants. Nous avons demandé à une experte des interactions par écran, Christine Develotte, Professeure émérite au laboratoire ICAR, à l’ENS de Lyon, de s’exprimer sur le sujet.

 

Entretien accessible sur le site du LabEx ASLAN

Podcasts des Mercredis de l’Anthropocène

PPodcasts des Mercredis de l’Anthropocène

Créés et mis en oeuvre par l’Ecole urbaine de Lyon, les Mercredis de l’Anthropocène invitent à mieux comprendre les mondes urbains anthropocènes.

Chercheurs et spécialistes de tous horizons, à partir de sujets précis, croisent leurs paroles, pointent des problématiques et mettent au jour des solutions.

Retrouver les podcasts des trois saisons des Mercredis de l’Anthropocène

Tout le programme de la saison 3 sur le site de l’Ecole urbaine de Lyon

Les sujets de la saison 3 : mégafeux, ville intelligente, la marche comme outil d’analyse du territoire, l’usage de l’eau, la poésie comme action de l’écologie, imaginaires design et fictions de l’anthropocène, biodiversité, numérique, résilience alimentaire, corps confinés, espace de travail en temps de crise, catastrophe et anthropocène, penser l’anthropocène depuis les suds.

Coups de projecteurs sur la galerie médiévale du Musée des Moulages | Collections & Patrimoine

CCoups de projecteurs sur la galerie médiévale du Musée des Moulages | Collections & Patrimoine

La galerie médiévale du Musée des Moulages prend de nouvelles couleurs ! En collaboration avec Véronique Rouchon (Université Lumière Lyon 2/CIHAM), Géraldine Victoir (Université Paul Valéry Montpellier 3 / CEMM) et Jonathan Richer (entreprise d’art numérique Theoriz), le Musée des moulages de l’Université Lumière Lyon 2 a mis en place un système de vidéo mapping qui permet de projeter des couleurs et des motifs sur trois statues de sa galerie médiévale.

Au cours de cette vidéo, les acteurs de ce projet exposent les procédés scientifiques et techniques qui ont permis de reconstituer la polychromie de ces moulages. Vous pourrez bientôt découvrir cette nouvelle forme de médiation au MuMo, 87 cours Gambetta, Lyon, 3e arrondissement. 

Pour en savoir plus sur les recherches menées pour ce projet de colorimétrie : De l’ombre à la lumière. Quand les arts numériques redonnent vie et couleurs aux statues médiévales.

[Regards sur…] La crise sanitaire et la reconfiguration de l’information

[[Regards sur…] La crise sanitaire et la reconfiguration de l’information

Relai de la rhétorique guerrière initiée par le gouvernement comme des controverses scientifiques, les médias ont proposé pendant l’espace du confinement un contenu informationnel entièrement tourné vers les effets et les enjeux de la gestion de l’épidémie.

Mathias Vallex, docteur en sciences de l’information et de la communication de l’Université Lumière Lyon 2 (ELICO), analyse comment la crise sanitaire a reconfiguré la diffusion et notre consommation de l’information.

 

Le système ferroviaire au coeur des transports

LLe système ferroviaire au coeur des transports

Souvent l’objet de grandes innovations, les transports ferroviaires garantissent des déplacements de plus en plus rapides et sûrs, pour les personnes et les marchandises. Le système ferroviaire riche et complexe, fait l’objet de recherches innovantes. Ainsi, l’Ifsttar articule ses travaux de recherche autour de nombreuses thématiques.

Découvrez le dossier thématique : Le système ferroviaire au coeur des transports

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