CERTAINS EVENEMENTS NE PEUVANT ÊTRE MAINTENUS EN PRESENTIEL SONT PROPOSES EN DISTANCIEL : MERCI DE CONSULTER LES SITES DES ORGANISATEURS

Quel est le devenir de l’humain face au numérique

QQuel est le devenir de l’humain face au numérique

A l’heure de l’intégration massive des technologies numériques, il devient vital de savoir si c’est l’homme qui gère le(s) système(s) ou si l’homme est devenu dépendant pour ne pas dire esclave d’un monde qui le domine.

En effet, les procédés industriels ont développé des outils informatique, puis numériques qui ont envahit nos activités et modes de communication.

Pour tenter de répondre à cette question, deux experts nous donneront leur point de vue et nous éclaireront sur les perspectives que nous pouvons entrevoir autour des sujets suivants :

> Comment le numérique transforme notre relation à la matière et à autrui ?

Les nouveaux matériaux ont des propriétés souvent modulables et portent en eux-mêmes la logique de leur structure (calcul numérique). Ainsi, avec la connectique, ils deviennent interactifs. Leur action se déploie au-delà de leurs propres limites physiques . Peut-on concilier complexité des matériaux et soutenabilité des matières ?

Les outils numériques mettent tout « à portée de nos doigts » (tactilité digitale). Ils transforment le rapport de l’individu à son propre corps, sa représentation, sa relation aux autres (coprésence digitale). Quels nouveaux modèles imaginer pour représenter ce monde hybridé par les technologies ?

La crise sanitaire a accéléré la nécessité de la transformation numérique : télé-travail, télé-enseignement, télé-médecine… Il a fallu identifier de nouvelles façons de communiquer. N’y a-t-il pas un risque que le « tout digital » s’impose comme une nouvelle norme après la crise ?

> Les relations entre corps et espace au fil du temps : technique et formes de représentation

Le développement des technologies numériques modifie la relation humaine au monde : tant à l’espace physique – les objets, l’architecture, la ville – qu’à l’espace social – son propre corps et celui des autres.

On se propose alors de questionner l’histoire de l’espace architectural à partir du corps humain : ses proportions, ses dimensions et sa représentation.

Ainsi, au fil du temps, l’art et l’architecture ont rôle attribué un rôle au corps humain. On soulignera donc, les étapes signifiantes de ce parcours marqué par l’évolution technique. De là, se façonnent réciproquement l’humain et l’espac.

Intervenants :

  • Christine Browaeys, ingénieur et sociologue
  • Alessandro Vicari, architecte

Organisée par :  IESF Lyon RA

En savoir plus :

IESF – Ingénieurs et scientifiques de France

Médiation en sciences informatiques et mathématiques | Appel à projets

MMédiation en sciences informatiques et mathématiques | Appel à projets

La Fondation Blaise Pascal – FBP a pour vocation de structurer, promouvoir, soutenir, développer et pérenniser l’ensemble des actions de diffusion scientifique en mathématiques et/ou en informatique à destination de toute personne en France.

La FBP poursuit quatre objectifs majeurs :

  1. atténuer les disparités sociales et géographiques ;
  2. lutter contre les préjugés et les stéréotypes sociaux et de genre qui empêchent certains jeunes de se
    lancer dans des études en informatique et en mathématiques ;
  3. améliorer la perception générale des sciences formelles, notamment auprès des jeunes scolarisés, en
    améliorant la compréhension de leur impact, de leur utilité et de leur vitalité ;
  4. augmenter globalement le flux d’étudiants effectuant des études longues dans un domaine scientifique.

L’appel à projets de l’hiver 2020-2021 de la fondation Blaise Pascal (FBP), sous égide de la fondation pour l’Université de Lyon, est ouvert.

Pour cet appel, le conseil scientifique de la FBP portera une attention particulière (mais non exclusive) à trois types d’actions :

  •  les actions de médiation en science informatique sous tous ses aspects et non spécifiquement ciblées
    sur la programmation informatique. Ces actions pourront, par exemple, porter sur l’intelligence
    artificielle, la cybersécurité, les réseaux, la science des données, etc. ;
  • les actions en mathématiques et informatique en direction des femmes ;
  • les actions en mathématiques et informatique en direction de publics habituellement éloignés
    (géographiquement ou socialement) des actions de médiation scientifique.

Éligibilité

  • Porteurs éligibles | Est éligible pour porter des projets toute structure de droit privé ou public. La structure juridique proposant un projet doit être clairement identifiée dans le texte du projet.
  • Actions éligibles | Sont éligibles toutes les actions de médiation, diffusion, popularisation ou vulgarisation des mathématiques et/ou de l’informatique, menées sur le territoire national français. Ne sont donc pas prioritaires les actions qui concernent uniquement les pratiques pédagogiques dans le cadre purement scolaire. Les actions de formation professionnelle ne sont pas éligibles.
  • Dépenses éligibles | Seules les dépenses effectuées entre le 1er février 2021 et le 1er mars 2022 seront éligibles (des dépenses hors délai pourront être envisagées sous réserve d’accord préalable de la FBP). La demande de subvention devra se situer entre 1 000 et 10 000 €.
  • Versement de la subvention | La subvention sera versée directement à la structure porteuse du projet. Les subventions de la fondation seront versées sous forme de prestations de service, ou via une convention de reversement. Par ailleurs, le logo de la fondation Blaise Pascal devra être mentionné dans toute communication ayant trait au projet soutenu et sur tous les supports utilisés.

Date de clôture de l’appel à projet :lundi 7 décembre 2020 à minuit

En savoir plus :

Fondation Blaise Pascal

Séminaire Médiation scientifique et sciences participatives

SSéminaire Médiation scientifique et sciences participatives

Public : Dès 18 ans

La médiation habituellement pratiquée dans les musées et centres de CSTI  (Culture Scientifique Technique et Industrielle) se trouve reconfigurée dans les projets de science participative.

Ici seront évoqués deux  programmes de sciences participatives (Vigie-Ciel et Lichens Go !)  où deux principes fondamentaux viennent modifier ses pratiques et ses  visées : la participation des publics et l’intégration de la médiation à  un programme de recherche. La reconfiguration de la médiation se situe  au niveau des outils de médiation, des actions et des postures des  médiatrices et médiateurs mais aussi au niveau de sa temporalité. Elle  s’inscrit dans un temps long, car elle y suit les étapes du processus  scientifique.

La stratégie de mettre en place un réseau de  partenaires relais est essentielle dans ce type de programme car les  structures locales connaissent leurs publics et leurs territoires. Selon  leurs pratiques et usages, elles intègrent au sein de leurs activités  des contenus spécifiques aux projets. Cette stratégie est bénéfique pour  l’ensemble des partenaires : cela leur permet d’initier de nouvelles  collaborations, de créer de nouveaux contenus de médiation, d’acquérir  de nouvelles compétences et connaissances, de gagner une certaine  légitimité auprès des collectivités et de renforcer leur attractivité  auprès des publics. En caractérisant la médiation scientifique dans ces  programmes de sciences participatives et en proposant un référentiel de compétences des médiateur·rice·s, Marie-France Mifune souhaite ici apporter des réflexions et outils pour permettre de mieux concevoir et  envisager la médiation scientifique dans les sciences participatives.

 

Ré-écoutez le séminaire !

(cliquez sur l’image ci-dessous)

Ce séminaire s’inscrit dans le cadre de la Fête de la Science 2020

 

LA BOUTIQUE DES SCIENCES

Festival Interférences 2020 | Compétition en ligne

FFestival Interférences 2020 | Compétition en ligne

La dernière annonce gouvernementale nous a conduit à modifier l’organisation du festival Interférences : la compétition se fera en ligne.

Votez pour le prix du public !

Partager, échanger, construire une réflexion collective autour du cinéma documentaire faisant la part belle aux rencontres et aux débats pour penser et reformuler ensemble  les enjeux de société et des sciences : tels sont les objectifs que défend le Festival Interférences, porté par l’association Scènes publiques.

Si les évènements récents modifient la proposition que nous soutenons chaque année, nous espérons que notre programmation trouvera, dans un temps différé, des espaces de diffusions et de rencontres pour continuer à mettre en partage des films de qualité sur grand écran, accompagnés d’échanges fructueux.

En restant animés par ce désir nous vous proposons exceptionnellement cette année, avec l’accord des ayants-droits, la possibilité de visionner les films de la compétition en ligne entre le samedi 7 et le jeudi 12 novembre, et de voter pour décerner un prix du public.

>>>> COMMENT PARTICIPER ?

Envoyez-nous un mail à competition.interferences@gmail.com 

Nous vous enverrons en retour les modalités d’accès au visionnage des films ainsi qu’au vote en ligne.

Le résultat du vote sera rendu public le samedi 14 novembre, date de clôture du festival, sur notre site Internet, réseaux sociaux et newsletter, en même temps que les prix du jury et du jury étudiant.

Bonnes découvertes et à très bientôt !

L’équipe du Festival Interférences

La programmation complète et toutes les infos pratiques sont à retrouver sur le site Internet :

>>> Suivez aussi le Festival sur Facebook

Dix choses que vous avez toujours voulu savoir sur Wikipédia et son monde | ANNULE

DDix choses que vous avez toujours voulu savoir sur Wikipédia et son monde | ANNULE

©Wikipedia

Wikipédia est devenu incontournable sur Internet. La raison ? Ce site apparaît (presque) toujours dans les premiers résultats de recherche Google. Comment cela se fait-il ?

Est-il financé par les GAFAM et Bill Gates dans le but de récolter des données sur nous ? Il paraît qu’il s’agit d’un projet libre et collaboratif, mais qui est vraiment aux manettes de ce site aux prétentions encyclopédiques ? Des reptiliens franc-maçons omniscients ? A-t-il été conçu dans le triple objectif de ruiner les éditeurs d’encyclopédies, d’envenimer les repas de famille et de rendre dépressifs les profs ? Sauveur de parties de Trivial Pursuit et d’exposés à préparer pour hier, on adore ou on déteste Wikipédia, mais on y est rarement indifférent.

En dix points et une conférence un peu rock’n’roll, tout (ou presque) vous sera dit sur les dessous de ce projet emblématique du « numérique libre ».

En savoir plus :

BM de Lyon

 

Plongée dans le réseau électrique du futur

PPlongée dans le réseau électrique du futur

Public : Dès 11 ans

Entrez dans les coulisses d’un institut de transition énergétique et découvrez comment les scientifiques travaillent aujourd’hui pour le réseau électrique de demain.

Avez-vous déjà entendu parler de la guerre des courants entre l’AC et le DC ? Saviez-vous que 99% du stockage d’électricité se fait avec de l’eau ?

Dans cette vidéo réalisée par SuperGrid Institute, découvrez comment les ingénieurs et chercheurs développent le réseau électrique de demain ! Participez à une visite virtuelle du centre de recherche et d’innovation pour comprendre comment ils travaillent à l’intégration des énergies renouvelables dans notre réseau électrique. Les ingénieurs de l’institut expliqueront comment ils recréent des chocs de foudre, des conditions sous-marines ou encore génèrent de l’énergie grâce à l’eau sur leurs plateformes de tests impressionnantes !

Embarquez pour une visite virtuelle de SuperGrid Institute !

(cliquez sur l’image ci-dessous)

Cette visite virtuelle s’inscrit dans le cadre de la Fête de la Science 2020

SuperGrid Institute

 

Notre relation aux écrans, angle mort du télétravail | Un article Pop’Sciences

NNotre relation aux écrans, angle mort du télétravail | Un article Pop’Sciences

Notre rapport aux écrans est le grand oublié des discussions sur le travail à distance. Pourtant, travailler et collaborer par écran interposé change (presque) tout… Le point avec trois spécialistes de la relation aux écrans.

Un article rédigé par Cléo Schweyer, journaliste scientifique, Lyon, pour Pop’Sciences – 4-09-2020

Les écrans ont gagné. Avec ce titre du 31 mars 2020, le quotidien américain New York Times mettait des mots sur une impression partagée par beaucoup d’entre nous : celle d’avoir passé plus de temps devant un ou des écrans pendant le confinement (du 17 mars au 11 mai 2020 en France) qu’à toute autre période de notre vie.

Et pour beaucoup, cette explosion du temps d’écran quotidien a été liée à une nouveauté : celle de travailler depuis chez soi. Environ un quart des salariés français a été en télétravail à 100% pendant la durée du confinement, un chiffre tombé à 15% en septembre 2020. Une expérience mitigée pour certains, mais que d’autres aimeraient renouveler au moins une partie de la semaine.

Désirable, mais pas toujours agréable, à quoi tient le double visage du télétravail ? Réfléchir à notre rapport aux écrans peut apporter des éléments de réponse.

©gettyimages

L’écran est une interface qui modifie l’expérience

Aussi étrange que cela paraisse, ce rapport aux écrans semble ne jamais être évoqué dans les négociations sur le télétravail, comme celles qui se tiennent en cette rentrée 2020 entre les représentants des syndicats et du patronat. Certes, le travail à distance ne passe pas que par l’écran. Mais fixe ou mobile, ce dernier est omniprésent dans nos vies professionnelles. On évoque certes le travail sur écran pour évoquer la fatigue visuelle, les troubles musculo-squelettiques et le « droit à la déconnexion », en vertu duquel on n’est pas tenu de répondre à un message électronique en-dehors de ses horaires de travail.

Mais il serait plus juste de parler de travail avec écran, ou par écran interposé. Les chercheurs parlent d’activité médiée par l’écran, où l’écran joue le rôle de médiateur entre nous et les personnes avec lesquelles nous sommes amenées à interagir, entre nous et les tâches à accomplir. Une façon de dire que l’écran n’est pas « transparent » : en établissant une relation entre des personnes ou en installant une manière spécifique de réaliser une tâche, il crée un contexte dans lequel l’interaction ou l’exécution de la tâche sont très différentes de ce qu’elles sont autrement.

« C’est une erreur de voir l’écran numérique comme une surface sur laquelle sont projetées des images, comme dans la caverne de Platon »,

rappelle Mauro Carbone, chercheur-enseignant en philosophie à l’Université Jean Moulin Lyon 3 et responsable du groupe de recherche Vivre par(mi) les écrans.

« C’est une interface par laquelle on vit des expériences, qui ne sont pas que visuelles, pas de plus en plus multi-sensorielles ».

Si les écrans ont gagné, comme le dit le New York Times, c’est donc que nous étions en conflit avec eux ? « C’est sûr ! » répond le chercheur sans hésiter. « Notre imaginaire des écrans est celui de l’illusion et de la privation de liberté. Pensez encore une fois à la caverne de Platon, avec ces humains tenus en esclavage… » Un point de vue qu’il ne partage pas :

« L’écran n’est pas une prison. En tant qu’interface, il permet des expériences riches et d’autres plus appauvrissantes, qu’il faut éviter. Mais il est impossible de généraliser, comme le font certains, en disant que “les écrans, c’est mal”. Qu’on le veuille ou non, une grande partie de notre expérience du monde passe de toute façon par eux aujourd’hui. »

Le télétravail, héritier du travail ouvrier à domicile

Les préoccupations liées au télétravail sont actuellement plutôt du côté des relations hiérarchiques et des risques psycho-sociaux : surmenage, isolement… C’est peut-être parce que le télétravail porte l’héritage du travail à domicile, dont l’histoire est faite de luttes ouvrières : pensons aux canuts qui tissent la soie à Lyon, aux ouvriers passementiers qui fabriquent rubans et lacets à Saint-Étienne. Le travail concerne alors souvent toute la maisonnée, le chef de famille jouant le rôle de chef d’atelier dans une cellule familiale où la répartition des tâches est fortement genrée.

Reconstitution d’un atelier de tissage / ©Musée Miniature & Cinéma – Lyon

Une des questions posée au XVIIIe siècle à ces travailleurs à domicile est la régularité de leur travail et de leur rémunération, ainsi que la réduction de leur temps de travail. A Lyon, les canuts revendiquent le principe d’un tarif assurant une garantie de ressources, espérant atténuer la soumission dans laquelle ils se trouvent vis-à-vis des marchands de soie. Ces derniers veulent au contraire continuer à discuter les prix de gré à gré avec chaque artisan. Ces oppositions suscitent de grandes grèves lourdement réprimées. Les premières innovations sociales ne sont obtenues qu’au siècle suivant, avec le premier accord tarifaire en 1869. Elles sont à l’origine des conventions collectives.

Au cours de la première moitié du XXe siècle, le travail à domicile ne disparaît pas avec l’industrialisation et l’émergence du capitalisme. Il continue à être utilisé comme une source de travail flexible, essentiellement féminin : le recensement de 1906 comptabilise 850 000 femmes ou filles sur les 1 230 000 travailleurs à domicile recensés. Il faut attendre la loi du 26 juillet 1957 pour que le travail à domicile soit considéré comme du salariat. Mais dans les faits, la situation des salariés à domicile, en majorité des femmes, est dévalorisée.

Avec l’arrivée du numérique dans les années 1980, le travail à domicile devient le télétravail. La sociologue Frédérique Letourneux relève que si l’État a toujours fait la promotion du télétravail, il s’agissait au début de permettre le développement du territoire en évitant de concentrer tous les travailleurs dans les seules métropoles.

À partir des années 2000, le discours évolue : c’est la manière de travailler qui est alors appelée à changer. Une évolution annoncée plus que réalisée, qui amplifie les questions posées notamment par le travail payé à la tâche (moins intéressant en termes de revenus que le travail payé à l’heure), l’irrégularité de l’activité, l’absence de liens sociaux.

L’écran modifie en profondeur notre communication

Qu’est-ce que le travail médié par écran apporte de nouveau à ces questions inscrites dans l’histoire du capitalisme ?

« Le télétravail nourrit à la fois l’illusion d’une disponibilité permanente et d’une solitude coupable », analyse Serge Tisseron.

Ce psychiatre, qui a fait sa médecine à l’Université Claude Bernard Lyon 1, est un des grands spécialistes français de la relation aux écrans. « Outre la difficulté à concilier à vie professionnelle et vie familiale, avec la culpabilité qui peut en résulter, le télétravail  alimente celle de ne jamais remplir les objectifs fixés », alerte-t-il.

Un autre phénomène est à l’œuvre, dont il est peut-être plus difficile de prendre conscience, mais dont les effets sont très importants en contexte professionnel : notre communication est modifiée en profondeur par la médiation de l’écran. Isabel Colón de Carvajal, directrice adjointe du Laboratoire ICAR, est chercheure-enseignante à l’ESN de Lyon et spécialiste des interactions par le biais de dispositifs numériques, le souligne :

« Une conversation par écran interposé, ce n’est pas la même conversation que lorsque nous sommes en présence. On s’exprime autrement, que ce soit par le langage parlé ou le langage non-verbal. Cela demande un apprentissage pour éviter une fatigue excessive ou des malentendus. »

Quand nous sommes en co-présence, notre compréhension de la conversation passe par notre corps : attitudes, ton de voix, expressions… « Entre les mots, dans les silences, il se passe plein de choses » , résume joliment Isabel Colón de Carvajal. Nous décodons en permanence les signes adressés par les autres pour comprendre quand nous pouvons prendre la parole et quand il est nécessaire d’attendre notre tour, par exemple, ou pour distinguer le premier degré de l’ironie.

De nouveaux codes à reconnaître

« Il s’établit entre des corps en présence des coordinations motrices inconscientes qui se traduisent psychiquement par un plus grand sentiment de co-présence et de confiance »,

décrypte Serge Tisseron, relevant que deux personnes qui discutent vont spontanément coordonner leurs gestes et leurs attitudes : « La perte de ces résonances motrices inconscientes entre deux interlocuteurs a pour conséquence qu’ils sont moins assurés, dans la conversation à l’écran, d’être dans un lien de confiance partagée ». Face à l’écran, nous sommes privés d’une partie de ces informations pourtant indispensables : les « ressources multimodales » (langage, gestes, etc.) sur lesquelles nous nous appuyons se réduisent. D’autres stratégies doivent prendre le relais.

Pour Isabel Colón de Carvajal, qui analyse depuis plusieurs années les conversations de joueurs de jeux vidéos, nous compensons cette situation en mettant en place d’autres codes de communication. Nous avons tendance à “forcer” nos expressions ou notre langage non-verbal, par exemple, ainsi qu’à faire des phrases plus courtes. Avec le risque de s’auto-carricaturer et de moins écouter l’autre :

« Les mécanismes de coopération en distanciel sont souvent altérés et les particularités individuelles exacerbées » en contexte de télétravail, relève Serge Tisseron.

Notre rapport au silence aussi est modifié, souligne Isabel Colón de Carvajal : si nous faisons en général tout pour éviter les “blancs” dans la conversation courante, laisser le silence s’installer dans une télé-réunion est souvent un moyen d’éviter de se couper la parole ou de marquer la fin des échanges. Il est également à noter qu’en télétravail, les échanges informels (petites conversations de bureau, échanges à voix basse en marge d’une réunion) disparaissent. Les personnes les moins à l’aise dans le groupe, qui trouvent habituellement de la ressource dans ces à-côtés communicationnels, peuvent se retrouver démunies en télétravail.

Cela souligne, relèvent les deux spécialistes, à quel point il est important de considérer le télétravail comme une forme de travail à part entière. Non seulement dans l’organisation de conditions concrètes soutenables par tous, mais bien dans la prise de conscience que le rapport au travail lui-même est affecté par la médiation de l’écran. « Il faut bien comprendre que la communication sans médiation n’existe pas », souligne Mauro Carbone. Or, l’écran a tendance à se faire oublier :

« Moins on a l’habitude des écrans, plus on a tendance à minimiser son impact », remarque-t-il.

Si le télétravail finit par entrer dans notre quotidien, la place de l’écran dans nos relations de travail devra être discutée collectivement,  pour élaborer et reconnaître de nouveaux savoir-être.

PPour aller plus loin

 

Projection commentée : Her

PProjection commentée : Her

En partenariat avec le CNRS, l’Aquarium Ciné Café propose un cycle de rencontres « Ciné-Club » associant projections de films et rencontres avec des scientifiques.

La première séance sera consacrée au thème de l’intelligence artificielle, avec la projection du film Her (Spike Jonze, 2014) en présence de Mathieu Lefort, maître de conférences à l’Université Claude Bernard Lyon 1, membre du Laboratoire d’Informatique en Image et Systèmes d’Information.

En savoir plus

Le projet ENA : Expérimentations Navettes Autonomes

LLe projet ENA : Expérimentations Navettes Autonomes

Lancé officiellement en 2019 et coordonné par l’Université Gustave Eiffel, le projet ENA « Expérimentations de Navettes Autonomes » s’attache à répondre à la problématique du droit à la mobilité partout et pour tous. 

Ce projet regroupe une expérimentation de services de navettes autonomes en complémentarité d’un réseau de transport urbain existant et une expérimentation pour la desserte de zones rurales peu denses en associant deux territoires à des partenaires académiques et industriels.

Ces vidéos vous permettront de comprendre plus en détails les attentes et les besoins des usagers en termes de mobilité des différents territoires qui accueilleront les expérimentations du projet ENA.

La question de la sécurité au cœur des préoccupations d’ENA

L’émergence de nouveaux modes de transport nous interroge particulièrement sur les questions de sécurité. Un véhicule autonome pourra-t-il suffisamment interagir avec les autres usagers de la route pour s’insérer sans risque dans la circulation ? Quelles sont les précautions prises avant de laisser un véhicule autonome circuler sur route ouverte ?

Avant de lancer les navettes autonomes sur les routes des territoires, des essais grandeur nature seront menés sur Transpolis, plateforme modulable dédiée à la mobilité. Des spécialistes de la sureté de fonctionnement se réunissent afin d’anticiper les scénarios que pourrait rencontrer la navette sur les différents parcours des expérimentations du projet.

Les résultats de ces essais vous apporteront des réponses aux questions d’interactions entre la navette et son environnement, de sécurité et confort des passagers et d’une possible montée en vitesse.

Retrouvez dans le Pop’Sciences MAG de Juin 2018 A quoi rêvent les intelligences artificielles ? un article complet sur Transpolis, un laboratoire de la mobilité urbaine

La réponse au désenclavement d’un territoire ?

La mobilité est une question d’actualité, que nous soyons citoyens de grands centres urbains ou de zones rurales, mais les problématiques ne sont pas les mêmes. Les paradigmes se modifient et l’offre de mobilité doit s’adapter aux besoins de chacun et aux infrastructures disponibles. Sommes-nous prêts, pour autant, à transformer nos modes de transport ?

La Communauté de communes de Cœur de Brenne expérimente, dans le cadre du projet ENA, une solution pour relier cinq communes et faciliter l’accès aux services de ses concitoyens.
Premier site rural à tester des navettes autonomes, suivez « en direct » l’expérimentation et partagez, avec les acteurs du projet, votre ressenti, vos inquiétudes, votre point de vue et vos interrogations.

La solution de demain pour un campus technophile ?

Née dans les années 70, lorsque la voiture individuelle était le symbole de la liberté, la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis souffre aujourd’hui d’une congestion routière quotidienne et ne répond plus aux exigences de la transition écologique. Un nouveau paradigme doit donc émerger pour rééquilibrer les déplacements en développant et promouvant les mobilités de demain.

En tant que première technopole européenne, Sophia Antipolis s’est toujours engagée à voir plus loin en investissant dans l’innovation. Accueillir une nouvelle expérimentation de navettes autonomes semblait donc une évidence. Le projet ENA sera l’outil pour créer le lien entre technologie et citoyens, pour faire se rencontrer le plus en amont possible, attentes et opportunités de chacun.

Décortiquée au quotidien par les acteurs du territoire, de la recherche et de l’industrie, cette expérimentation vous aidera à vous forger votre avis sur les questions de mobilité : comment le véhicule autonome va-t-il changer notre façon de nous déplacer ? Comment va-t-il s’intégrer au réseau de transports publics déjà présent ? Quel rôle jouerons-nous en tant qu’usager ?

Le projet est soutenu dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) opéré par l’ADEME et labellisé CARA, le pôle de compétitivité et cluster de la région Auvergne Rhône-Alpes.

Des bruits plein la thèse | Visages de la science

DDes bruits plein la thèse | Visages de la science

Histoire d’un duo art-sciences

L’histoire commence avec celle de Pierrick Chilloux…

« Après une licence Arts du spectacle et un cycle de théâtre à l’Université et au Conservatoire Régional de Poitiers, je suis entré en Master Cinéma et audiovisuel à l’Université Lyon 2, avec l’intention de m’orienter dans la réalisation de documentaires scientifiques. À mon arrivée à Lyon, j’ai du choisir le sujet de mon court métrage de Master 1. J’avais entendu parler de Ma Thèse en 180 secondes (MT 180) lors de ma formation au Conservatoire, et je souhaitais déjà écrire un film autour du concours. La diversité et l’importance de l’activité de recherche Lyonnaise promettait une expérience d’autant plus enrichissante que je ne connaissais pas du tout le milieu doctorant et scientifique, même si ce dernier m’a toujours fasciné. Mon professeur référent, Jacques Gerstenkorn était également très enthousiaste lorsque je lui ai fait part de mon idée.

J’ai donc commencé à rencontrer des doctorants qui n’étaient pas forcément candidats au concours, afin d’en apprendre plus. L’évènement Ma Thèse pour les Nuls organisé lors de la Fête de la Science par des LabEx de l’Université de Lyon, m’a conforté dans le choix de mon sujet. Ce concours, permet à une dizaine de doctorants de présenter son sujet de thèse en trois minutes, comme pour MT 180, mais de manière à parler aux plus jeunes. Après avoir reçu l’autorisation de l’Université de Lyon, le Conseil des Présidents d’Université et le CNRS, j’ai pu suivre la formation d’écriture et de jeu théâtral proposée par l’Université. Je souhaitais construire mon documentaire comme un journal de bord commun avec un doctorant candidat, en le suivant dans sa préparation au concours et en lui proposant mon aide pour la réalisation de la vidéo de pré-selection.

De novembre à février 2019, j’ai d’abord suivi Suzanne Bussod, doctorante en imagerie médicale au LabEx PRIMES et au laboratoire CREATIS, que j’avais rencontré de sa participation à Ma Thèse pour les Nuls. Elle m’a beaucoup aidé pour mon projet, et le film tient beaucoup de la confiance qu’elle m’a donné. En février, Suzanne n’a pas été sélectionnée pour la finale locale sur scène, et elle m’a proposé de suivre un de ses collègues de CREATIS, Valentin Baron. J’ai alors décidé de filmer la suite de l’aventure avec lui, son sujet de thèse, et son approche du travail m’aillant paru très intéressants. Travaillant sa thèse en partie en entreprise et en partie en laboratoire, Valentin avait choisi de s’entraîner pas seulement à la Ligue d’Improvisation Lyonnaise, ou se tenait la partie théâtrale de la formation, mais aussi devant ses collègues et ses amis. Il voulait faire de sa présentation un outil tout-terrain. Cette façon d’amener son sujet – et le théâtre – partout m’a beaucoup plu.

Chacun de nous deux proposait des idées pour se préparer au mieux à la scène. Au fil des tournages, Valentin en oubliait presque la caméra. Quelques jours avant la finale locale, le Président de la République a annoncé le confinement pour freiner l’épidémie de Coronavirus, annulant du même coup la suite du concours. Valentin et moi avons été obligés de dépasser les enjeux du concours et de réfléchir autrement ce que nous avions vécu. C’est ce que j’ai cherché à faire sentir dans mon essai documentaire de vingt minutes. Le Coronavirus a permis, paradoxalement, d’apprécier à sa juste valeur le travail de Valentin, et de penser la place du scientifique dans la cité. Je pense en effet qu’il revient à chacun de créer sa propre scène. »

… Et se poursuit avec Valentin Baron

« Mon travail de thèse consiste à utiliser des mesures issues d’antennes de microphones pour chercher à décrire des sources acoustiques (des objets bruyants). A partir de plusieurs microphones dont on connait le positionnement, il est possible de retrouver la position d’une source de bruit dans l’espace, par exemple.

Ces techniques dites de traitement d’antenne, je les applique dans deux projets complètement différents. Le premier, en acoustique sous-marine, cherche à prédire l’impact que des machines minières utilisées en grande profondeur causent sur leur environnement. Une fois que je les ai localisées, je calcule leur niveau sonore pour établir des seuils à ne pas dépasser. Le deuxième est quant à lui tourné vers l’acoustique aérienne, et cherche à détecter des drones aux abords de sites sensibles. Après une première étape de localisation d’une source de bruit, une étape d’identification permet de déterminer s’il s’agit d’une menace potentielle (un drone) ou non (un oiseau, par exemple). Une fois cette identification effectuée, des mesures de neutralisation proportionnées à la menace peuvent être mises en œuvre.

Ce travail de thèse appliqué à des domaines variés (l’acoustique sous-marine et aérienne), traduit bien la transversalité de la spécialité que j’ai apprise durant ma formation en école d’ingénieur : le traitement du signal. Cette matière, souvent difficile à définir même au sein des écoles, me passionne grâce aux nombreuses possibilités applicatives qu’elle offre, qui vont des télécommunications à la science des données, en passant par l’imagerie médicale ou encore le multimédia. »

Valentin faisait partie des 14 candidats sélectionnés au concours MT 180 de 2020 dont la finale lyonnaise devait se tenir en mars. Le concours n’a pas eu lieu en raison du confinement imposé par l’épidémie de Covid-19.

Le court métrage Des bruits plein la thèse est actuellement en cours de sélection sur plusieurs festivals. Aussi, il ne sera visible sur Internet qu’au printemps 2021, et en festivals s’il est sélectionné ! Donc, un peu de patience pour le découvrir…

En attendant, regardez la prestation que Valentin Baron devait présenter au concours MT180 :