JJournée d’étude Quai du polar Chaque année, Quais du Polar organise une journée d’étude polar à l’Enssib destinée aux enseignant·e·s, documentalistes et bibliothécaires.En lien avec le rectorat de Lyon, le réseau des bibliothèques municipales de Lyon et la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, cette journée, dont une partie est consacrée au polar jeunesse, a pour but de sensibiliser les enseignant·e·s et bibliothécaires au polar et de leur donner des pistes pour amorcer un travail sur le genre avec les adultes et les enfants.« Chercheurs d’histoires : sciences et fiction » : à partir du thème de l’édition 2026 du festival, les intervenants exploreront les liens entre sciences et roman noir. Des sciences dures – nature, écologie – aux sciences humaines et sociales – histoire, géopolitique – en passant par le progrès technique, auteurs et éditeurs vous offriront un tour d’horizon de l’actualité littéraire française et internationale.Rendez-vous le jeudi 2 avril 2026 pour la prochaine journée de formation !Programme détaillé prochainement disponible
JJournée d’étude : Biens culturels spoliés 1933-1945 L’Enssib organise une journée d’étude consacrée aux biens culturels spoliés (1933 – 1945). Quels sont les enjeux politique de la recherche et de la restitution des livres et bibliothèques spoliés à des familles juives ?Cette journée est ouverte à tous et à toutes. Organisée en partenariat avec la mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 (M2RS) du ministère de la CultureProgramme09h00 – 09h15 Accueil09H15 – 09H30 Introduction par David Zivie (M2RS)09h30 – 10h30 Pillages et spoliations des biens culturels : histoire et politiques de réparations, organisation institutionnelle par David Zivie (M2RS)10h45 – 11h45 Spoliations et restitutions des livres et des bibliothèques Martine Poulain11h45 – 12H45 Le corpus d’ouvrages spoliés à la BULAC par Benjamin Guichard (BULAC) et Cathie Aumailley (M2RS)14h00 – 15h00 « La Bibliothèque nationale de France et le cas August Liebmann Mayer : parcours d’un ouvrage, de sa découverte à sa restitution » par Catherine Aurerin (BNF) et Muriel de Bastier (M2RS)15h00 – 16H00 « Recherches dans les collections de la bibliothèque Forney » par Catherine Granger (Forney) et Muriel de Bastier (M2RS)16h00 – 17h00 Table-ronde animée par Nicolas Beaupré « Bibliothèques spoliées : enjeux de communication scientifique et médiation culturelle » avec Muriel de Bastier et Benjamin Ravier-Mazzocco (BM Lyon), Catherine Aurerin, Benjamin Guichard et Catherine Granger.
NNaviguer dans l’apprentissage tout au long de la vie à l’ère de l’intelligence artificielle Dans un monde où la technologie progresse à un rythme sans précédent, comment s’assurer que l’apprentissage des adultes et le développement professionnel évoluent en conséquence ?C’est la question aborder lors du prochain séminaire hybride de l’Académie de l’OMS : ils auront l’honneur d’accueillir Daniel Baril, Président de l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie, qui présentera cinq modèles innovants redéfinissant l’avenir de l’apprentissage des adultes à l’ère de l’IA. > Pourquoi participer ?Découvrir comment les outils basés sur l’IA permettent un apprentissage personnalisé et continuExplorer comment les plateformes évoluent vers des écosystèmes d’apprentissage adaptatifsApprendre à intégrer l’apprentissage dans les routines professionnelles, notamment en santéComprendre l’impact du feedback en temps réel et des évaluations adaptativesCe séminaire se déroulera en format hybride (présentiel et distanciel), en langue anglaise. Pour les participants en présentiel, une visite guidée des locaux de l’Académie de l’OMS sera proposée de 12h à 12h30, à la suite du séminaire. >> Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site : Académie de l’OMS
RRevues de slavistique en Europe occidentale : le passé et le présent À la croisée de l’évolution des sciences humaines, de la construction de la slavistique européenne, de l’histoire éditoriale et des transferts culturels, l’exploration des revues scientifiques se révèle être l’une des clefs permettant de comprendre la singularité de notre champ de recherche, ainsi les liens qui réunissent les chercheurs et définissent une entité qui peut être pensée comme une discipline.Cette journée d’étude se propose de s’interroger sur des questions qui concernent la préhistoire et l’histoire des revues européennes de slavistique : leurs fondateurs, leur évolution, leurs mutations et objectifs passés et actuels.Intervenants : Andreï Chichkine, Catherine Depretto, Livija Ekmecic, Lukas Michael Joura, Polina de Mauny, Bob Muilwijk, Fedor Poljakov, Dany Savelli, Manfred Schruba, Alexandre Stroev, Ilya Vinitsky.>> Retrouvez le programme ici Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site : Bibliothèque Diderot De Lyon©ENS
AAvant-gardes et genres en Europe Centrale à travers le XXe siècle Séminaire inter-laboratoires 2024-2025 : L’espace littéraire de Berlin à Vladivostok – SÉANCE 4Tour à tour consacrées à l’écrivaine Isidora Sekulić, aux artistes Hannah Höch et Toyen, à la peintre Angela Hampel et à la poétesse Elke Erb, les trois interventions de ce séminaire couvrent plusieurs aires linguistiques et culturelles (Serbie, Tchécoslovaquie, France et RDA), de même que différentes époques (XIXe siècle, et première et deuxième moitiés du XXe siècle). Sur la base de ce corpus à multiples facettes, le séminaire proposera néanmoins une réflexion croisée au double prisme de l’avant-garde et du genre – le genre étant compris ici à la fois comme un processus social régulant les rapports entre femmes et hommes, et comme catégorie littéraire.Au-delà des contextes particuliers et des spécificités de chacune des œuvres abordées, on accordera une attention particulière à la dimension de réseau, informel ou transnational, et à ses relations avec les courants et positions dominantes de l’époque ; un autre point d’attention portera sur les médiums et genres artistiques privilégiés par ces femmes artistes, à travers, par exemple, leurs pratiques intermédiales ; enfin, la question du renouvellement de certaines définitions et périodisations sera posée et l’on soulignera l’enjeu que revêtent les correctifs historiographiques susceptibles de contribuer, grâce à la perspective du genre, à une appréhension plus subtile et complexe de ce qu’ont été et sont les avant-gardes.> ProgrammeSaputnici d’Isidora Sekulić – entre l’avant-garde serbe et le modernisme féminin transnational. (Lena Magnone)Les chercheurs s’accordent généralement à dire que Isidora Sekulić (1877-1958) a ouvert la voie à l’avant-garde qui allait dominer la littérature serbe après 1918. Je propose une lecture de son livre Saputnici, paru en 1913, non pas comme la première manifestation de l’avant-garde dans la prose serbe mais comme le dernier exemple d’une série de recueils des nouvelles innovantes publiées par les autrices de l’espace slave de l’empire des Habsbourg depuis les années 1890. En effet, alors que tous les mouvements modernistes slaves privilégiaient la poésie, les autrices ont fait de la prose le principal domaine de leur exploration artistique. Au lieu de sortir Sekulić de son contexte immédiat et de la présenter comme une précurseure des tendances de l’entre-deux-guerres, je voudrais la recontextualiser comme faisant partie du modernisme féminin transnational de l’Europe Centrale.L’Autre moitié du collage : une histoire de livres (Höch, Toyen). (Hélène Martinelli)Dans le sillage d’une autre histoire du collage (Gowrley, 2024) qui en fait une pratique amateure remontant très en amont des avant-gardes (Calé ; McLeod ; Gruber Garvey), il s’agit de se pencher sur le scrapbooking comme prélude au livre de collages chez des artistes telles que l’Allemande Hannah Höch et la Tchèque Marie Čermínová dite Toyen. Tout en tâchant de reconstruire cette « autre moitié » du collage (sur le modèle de L’Autre moitié de l’avant-garde, 1910-1940, 1982), il s’agira de s’intéresser, d’une part, à toute une génération de collages féminins voire féministes qui se sont réalisés dans la forme d’un livre (fût-il d’images) et, d’autre part, aux filiations voire réseaux de sociabilité sur lesquels ils ont pu reposer, par-delà la traditionnelle historiographie des mouvements. La connexion entre Toyen et Höch est ici centrale sans être exclusive, mais toutes deux s’inscrivent dans une multiplicité de milieux et poursuivent leurs œuvres bien au-delà de leur adhésion fugitive à un groupe masculin, surréaliste pour l’une et dadaïste pour l’autre.Avant-garde et genre : deux catégories opératoires pour parler des livres autoédités et des réseaux informels de femmes artistes dans l’underground de la RDA finissante. (Sibylle Goepper)Dans le sillage du projet Bourgeon “Avant-garde au prisme du genre dans l’espace germanophone après 1945. D’une avant-garde à l’autre”, cette contribution entreprendra de montrer en quoi la notion d’avant-garde et le medium du livre d’artiste autoédité permettent de penser ce que serait le point de vue féminin, voire le féminisme dans les milieux et productions artistiques de l’underground des années 1980 en RDA. L’étude du livre d’artiste autoédité Winkelzüge, qui réunit en 1984 l’artiste plasticienne Angela Hampel et la poétesse Elke Erb, est l’occasion d’éclairer un lieu de rencontre privilégié entre une artiste et une poétesse, tant du point de vue topographique, puisqu’il est élaboré à la campagne, loin de la capitale, en terre sorabe, qu’idéel, dans la mesure où il participe, en particulier sur le plan graphique, à la diffusion d’une représentation alternative et plurielle du corps des femmes. L’idée est ainsi de dépasser le strict cadre spatio-temporel de la RDA et d’inscrire, par le biais du féminisme et du genre, les corpus de RDA dans des filiations artistiques historiques et transnationales plus vastes, au carrefour entre l’Ouest et l’Est.>> Pour en savoir plus :Bibliothèque Diderot
FFestival À l’école de l’Anthropocène | 7e édition Festival d’idées, unique en son genre en France, À l’école de l’Anthropocène est entièrement dédié au changement global au croisement des sciences, des arts et des sociétés. Il explore, via de multiples formats ouverts à toutes et tous, les enjeux à relever et les alternatives transformatrices et créatives nés de la crise de l’habitabilité que nous traversons.Comment habiter à l’ère de l’Anthropocène ?Les activités humaines, via les processus géochimiques enclenchés, sont responsables de perturbations telles que la Terre est en train de quitter l’équilibre climatique connu jusqu’au milieu du XXe siècle. C’est ce qu’on appelle l’Anthropocène. Ses conséquences sont visibles partout. Parmi les derniers événements catastrophiques, pensons aux inondations de la région de Valencia en Espagne, au cyclone Chido à Mayotte, aux incendies qui ont ravagé Los Angeles ou encore à l’île d’Amsterdam dévorée par les flammes.À chaque fois, c’est la question de l’habitabilité des territoires qui est soulevée et remise en cause. Des scientifiques documentent ces phénomènes et nous aident à comprendre la complexité des interactions qui se jouent ; parallèlement, des citoyens, scientifiques, universitaires, acteurs des mondes politique, économique, associatif et artistique, relèvent ces enjeux en œuvrant à l’adaptation, la réparation et la transition, ouvrant des perspectives concrètes et réjouissantes.Imaginer ensemble les possiblesÀ partir de cette double entrée, le festival À l’école de l’Anthropocène permet d’imaginer et de dessiner ensemble les possibles qui s’offrent à nous ; et de contribuer à construire une culture commune du changement global pour nourrir le débat démocratique sur les choix à opérer.Cet événement grand public rassemble scientifiques, penseur·euse·s, artistes, écrivain·e·s et praticien·ne·s autour des questions liées au dérèglement climatique, à la chute de la biodiversité, qui renforcent toutes les formes d’inégalités et fragilise l’habitabilité de nos territoires.Le programme comprend des rencontres inédites et de croisements audacieux :51 invité·e·s, 3 soirées thématiques, 13 masterclasses, 2 séminaires, une exposition, un plateau radio, une librairie, des ateliers et balades, une journée une journée dédiée au cinéma anthropocénique en partenariat avec le Comoedia.>> Aperçu du programme avec trois grandes soirées :Le pire n’est jamais certain : contre-récits pour un monde réellement désirable | 27 mars, 20h30 – 22h – Salle Paul GarcinSoirée d’ouverture avec Michel Feher, Kaoutar Harchi, Sanaa Saitouli, animée par Nora Hamadi. Comment façonner des récits capables de transformer le monde ? Cette rencontre explore les imaginaires qui façonnent nos sociétés et ceux qu’il nous faut réinventer pour un avenir plus juste.>> En savoir plus et réserver De la beauté, encore ! | 28 mars, 20h30 – 22h30 – Salle Paul GarcinSoirée de lectures, performances et musique. Bucolique ou aride, naturelle ou façonnée, la beauté intrigue, fascine et questionne. À l’heure de l’Anthropocène, comment redéfinir ses canons ? Comment nous relie-t-elle au vivant ? A-t-elle une fonction vitale, biologique ? Avec Edie Blanchard, Sabrina Da Silva Medeiros, Yana Dombrowsky M’Baye, Raphaëlle Guidée, Olivier Hamant, Naomi Lulendo, Léo Magnin, Juliette Rousseau, Vahan Soghomonian et Géraldine Mosna-Savoye.>> En savoir plus et réserver Amazonie : nos futurs communs | 29 mars, 20h30 – 22h – Salle Paul GarcinDialogue entre Eduardo Viveiros de Castro et Patrick Boucheron. Face aux défis de la crise climatique, comment imaginer un avenir commun au-delà des récits de fin du monde ? Eduardo Viveiros de Castro et Patrick Boucheron mèneront une réflexion sur les récits qui façonnent notre vision du monde.>> En savoir plus et réserver >> Programme complet à télécharger >> Plus d’information sur le site de l’événement :Festival À l’école de l’AnthropocèneUne coproduction Cité Anthropocène et October Octopus
PPasseuses de mémoires : littératures et mémoires (post-)communistes des femmes dans les Balkans La Bibliothèque Diderot de Lyon accueillera le séminaire inter-laboratoires 2024-2025 : L’espace littéraire de Berlin à Vladivostok, pour la troisième séanceRéunissant les chercheurs des universités lyonnaises et grenobloises qui consacrent leurs travaux aux littératures d’Europe centrale et orientale, et de Russie.>> Programme(Dé)confiscation de mémoire ? Les écrits de femmes des camps communistes en YougoslavieLa conférence se propose d’étudier les témoignages littéraires des femmes ayant été détenues dans les camps communistes en Yougoslavie. En examinant l’étiologie, les mécanismes et les étapes de la confiscation de la mémoire carcérale des femmes yougoslaves, nous analyserons comment l’écriture s’est transformée en un moyen de récupérer cette mémoire, et comment les textes sont devenus des lieux privilégiés de sa préservation. Pour mieux appréhender ce paysage littéraire ambigu, nous soulèverons la question de l’impact de la censure et de l’autocensure dans le processus de l’étouffement des voix des femmes. En outre, dans ce contexte spécifique, l’écriture ne se limite pas à être une réponse à la carence de la trace écrite, mais elle représente également un impératif face à l’absence totale de traces matérielles des camps féminins. Ainsi, en plus de les qualifier de « passeuses de mémoire », nous accorderons à ces femmes le statut de « déconfiscatrices ».> Intervention de Andjela Radonjic, doctorante en études slaves (Eur’ORBEM – Sorbonne Université)Pour une approche féministe de la (post)mémoire. Grand-mères et petites-filles dans les œuvres d’Anilda Ibrahimi, Marica Bodrožić et Melinda Nadj AbonjiDans son ouvrage, The Generation of Postmemory, Marianne Hirsch (Marianne Hirsch, The Generation of Postmemory: Writing and Visual Vulture After the Holocaust, New York, Columbia University Press, 2012, p. 98) invite à penser la postmémoire « en féministe » : pour ce faire, elle invite à considérer avec plus d’attention la place de la fille (au sens de daughter) dans les modalités de fabrication et de transmission de la mémoire familiale. Dans cette communication, je propose de mettre au travail la proposition de Hirsch en analysant les relations entre grand-mères et petites-filles dans les œuvres de trois autrices contemporaines des migrations balkaniques : Anilda Ibrahimi, Melinda Nadj Abonji et Marica Bodrožić. Je m’intéresserai particulièrement aux modalités de transmission mémorielle que les grand-mères incarnent, et dont les autrices se font le relais par et dans l’écriture. Je me pencherai d’abord sur le travail de mise en récit des traumatismes familiaux et collectifs, que j’analyserai à la lumière des théories féministes du care ; puis je m’intéresserai aux liens qui se tissent entre les mort-es et les vivant-es à travers une analyse de la figure traditionnelle de la pleureuse ainsi qu’aux transformations littéraires dont elle est l’objet.> Intervention de Lola Sinoimeri, doctorante en littérature comparée (LEGS – Paris 8 Vincennes-Saint Denis ; Eur’ORBEM – Sorbonne Université)>> Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site : Bibliothèque Diderot
LLes écrits autobiographiques autochtones aux États-Unis Continuités et ruptures entre la parole, l’écrit, et le livre aux XIXe-XXe sièclesLe séminaire du Centre Gabriel Naudé, laboratoire de recherche de l’Enssib, se propose d’inviter une fois par mois un chercheur ou une chercheuse à présenter ses travaux en cours ou tout juste achevées en histoire du livre et de l’imprimé, du Moyen Âge à nos jours.Toutes les échelles, du micro au macro, toutes les approches, de l’histoire économique et sociale à l’histoire culturelle, de l’histoire politique à l’histoire religieuse, en passant par l’archéologie du livre et la bibliographie matérielle peuvent être mobilisées par les intervenants et intervenantes.Séance du 13 février 2025 : Les écrits autobiographiques autochtones aux États-Unis: continuités et ruptures entre la parole, l’écrit, et le livre (XIXe – XXe siècles)Des récits de type autobiographiques de la main de scripteurs autochtones apparaissent en Amérique du Nord avant même la naissance des États-Unis. Très liés à l’évangélisation et à la langue anglaise, ils ne sont pas destinés à être publiés. Mais dans les années 1830, alors que la jeune nation a entamé la conquête de terres indiennes au sud et à l’ouest, un marché se dessine pour des textes mettant en avant des locuteurs amérindiens. Ces grands orateurs, grands guerriers, ou grands convertis ne sont encore qu’une poignée. La véritable irruption des autochtones dans le genre autobiographique date en fait de la fin du 19e siècle, et elle a des sources multiples. Je reviendrai sur cette naissance complexe en examinant particulièrement les continuités et les discontinuités qu’elle révèle entre pratiques langagières (en langue anglaise ou autochtones), et notamment récit de soi; écriture et scolarisation; et enfin livre et monde éditorial. Parce qu’il n’existe pas d’autobiographie autochtone type, ni même à proprement de genre y correspondant, j’aborderai également la manière dont ces productions ont été cataloguées par les spécialistes de littérature et d’études amérindiennes.Intervenant : Thomas Grillot est chargé de recherches au CNRS à l’UMR 8168 Mondes Américains et membre du Centre d’études nord-américaines de l’EHESS.À suivre en présentiel et en visio-conférence.>> Pour en savoir plus :ENSSIB >> Pour en savoir plus sur le Centre Gabriel Naudé : Consultez le site web
ŒŒuvres théâtrales de Marina Tsvetaeva : mythes européens et questions de la traduction La Bibliothèque Diderot de Lyon accueillera le séminaire inter-laboratoires 2024-2025 : L’espace littéraire de Berlin à Vladivostok – Séance 2>> ProgrammeLe Phénix ou La fin de Casanova : œuvre palimpseste ou Casanova était-il une femme ?Dans son article « Tvetaeva : le cycle dramatique de Casanova » Hélène Henry apporte un éclairage précieux sur les deux pièces écrites par Marina Tsvetaeva en 1918-1919 à Moscou, Une Aventure (Prikliučenie) et Le Phénix (Feniks). Il s’agira de prolonger l’analyse d’Hélène Henry en s’appuyant sur les travaux d’autres chercheurs, comme Véronique Lossky, sur Les Carnets de Tsvetaeva, sur sa Correspondance avec Boris Pasternak pour tenter de comprendre ces textes palimpsestes dans lesquels « l’androgynie des personnages est manifeste » et où la multiplicité des hypostases interroge sur la notion d’Amour chez Tsvetaeva, car pour elle l’Amour est une notion. La figure de Casanova à laquelle s’identifie Tsvetaeva est-elle celle d’un Homo eroticus (pour reprendre le titre de l’ouvrage de Claude Elsen), ou bien d’une femme pour laquelle l’amour est une forme idéalisée de l’érotisme et de l’esprit, d’un désir fixé non pas sur une femme ou sur un homme, mais sur la femme ou sur l’homme. Le désir sans illusion d’un Homo eroticus guidé par « le démon de la lucidité », esclave néanmoins de l’instant, de la diversité et du semper infidelis.> Intervention de Gayaneh ArmaganianAriane ou l’immortel féminin de Marina Tsvetaeva. Réécriture d’un mytheAriane (Ариадна) est le premier volet d’une trilogie inachevée de Marina Tsvetaeva, intitulée La colère d’Aphrodite (Гнев Афродиты). La pièce de théâtre, conçue en 1923-1924 et publiée à Paris en 1927, est une réécriture du mythe antique et une actualisation de ses symboles. La présente étude analyse l’interprétation qu’en fait Tsvetaeva. Le centre de gravité se déplace de Thésée vers Ariane pour mettre en lumière un archétype de la femme. Les instincts archaïques du masculin et la force obscure du refoulé, incarnés par le Minotaure, sont domptés par la puissance de l’amour. Le labyrinthe est une construction architecturale très élaborée qui reflète la complexité de l’œuvre. La forme du long poème permet de déployer les ramifications de la légende, elle est étayée par une structure visuelle et une instrumentation sonore, dynamisées par la langue. Le fil d’Ariane pourrait être une métaphore de la culture dans l’espace russe et européen : signe de continuité et d’enchevêtrement, il évoque la libre circulation d’un imaginaire féminin et amoureux.> Intervention de Caroline BérengerRendre à la poésie traduite le rang d’une œuvre d’art. Traduire Ariane de TsvetaevaFaut-il traduire les vers en vers ? – telle est la question à laquelle sera consacrée la communication de Florian Voutev. Après une brève rétrospective sur les deux tendances opposées dans la traduction de textes versifiés, il prendra position dans cette polémique littéraire, en tant que traducteur de poésie russe. Il argumentera en insistant sur l’importance de la reconstitution des schémas métriques et rimiques de l’original. Ses considérations théoriques seront étayées d’exemples de sa traduction de la pièce de théâtre Ariane de Marina Tsvetaeva, publiée par Vibration Éditions en 2024.> Intervention de Florian Voutev>> Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site : Bibliothèque Diderot de Lyon
EEnquêter sur les espaces de savoir : croisement de perspectives en design et en sciences de l’information et de la communication Le séminaire Espaces-savoirs-identités se propose d’interroger les enjeux de médiation soulevés par les processus de transformation des espaces informationnels.Divers travaux en sciences humaines et sociales insistent sur l’importance d’étudier les relations à l’espace pour appréhender les modes d’élaboration et de partage des connaissances sur le plan individuel et collectif. De plus, de nombreuses initiatives récentes menées par des acteurs des secteurs public et privé visent à faciliter ou à réorienter les modes de circulation des savoirs à différentes échelles : par la conception ou la reconfiguration d’espaces documentaires qu’ils soient physiques ou virtuels ; par le réaménagement des espaces d’apprentissage pour faciliter des activités de création, d’étude ou de co-working, entre autres.Le séminaire répond à trois objectifs : il s’agit d’appréhender les pratiques sociales de l’espace en lien avec les cultures informationnelles de publics variés ; de cerner les conditions de possibilité de la mise en place de nouveaux environnements de partage des connaissances en réponse à des défis sociétaux variés d’ordre pédagogique, institutionnel, politique, économique, territorial ; et de questionner les imaginaires de la relation aux connaissances à travers l’étude des lieux de savoir en mutation.Dans le cadre de ce séminaire, cette séance vous propose une réflexion critique sur l’apport des approches conceptuelles et méthodologiques en Design et en Sciences de l’information et de la communication (SIC) pour appréhender les relations de différents acteurs (étudiants et élèves, professionnels de l’information) aux « espaces de savoir » physiques et virtuels (de documentation, d’apprentissage…). La séance débutera par une mise en perspective des travaux sur l’espace du sociologue et philosophe Henri Lefebvre (1901-1991). Il s’agira ensuite de faire un bilan critique des méthodes d’investigation déployées en SIC pour saisir les rapports des individus à l’espace dans divers situations de la vie quotidienne, notamment dans le contexte de projets récents de réaménagement ou de construction de lieux de savoir au sein des territoires.Organisée par : Susan Kovacs, professeure des universités en Sciences de l’information à l’Enssib.>>>> Séance retransmise en directe sur la chaîne youtubede l’Enssib.Consultez le programme