DDébris spatiaux : une pollution méconnue Ignorosphère : cet étudiant qui s’attaque à la pollution oubliée du spatialÀ 22 ans, Sacha Perin, étudiant-entrepreneur à l’INSA Lyon, explore une zone d’ombre de la conquête spatiale : la pollution de la mésosphère. Entre constellations de satellites et débris incandescents, il cherche à mesurer l’impact de ceux qui redescendent sur Terre au sein de son projet de start-up au nom provisoire d’Ignorosphère.Dans le vacarme discret de la conquête spatiale, certaines questions restent suspendues. Trop hautes pour nos instruments, trop basses pour nos satellites. C’est dans cette zone grise que s’est glissé Sacha Perin, 22 ans, élève en Filière Entrepreneuriat Émergence (FEE) à l’INSA Lyon, pour y bâtir un projet entrepreneurial aussi prospectif que stratégique.Tout commence par une intuition. Celle que derrière l’enthousiasme technologique des constellations de satellites se cache un angle mort environnemental. À mesure que les objets en orbite basse se multiplient, leur fin de vie pose une question encore largement ignorée : que deviennent-ils en se désintégrant dans l’atmosphère ?« Aujourd’hui, on estime que près de 10 % des particules de la haute atmosphère contiennent des métaux issus de l’industrie spatiale », alerte l’étudiant-entrepreneur. Le risque est celui d’une altération de la chimie atmosphérique et, à terme, d’effets climatiques encore mal anticipés.[…]Lire la suite de l’article
LLes maths en mode émotions Et si les mathématiques n’étaient pas seulement une affaire de logique et de rigueur, mais aussi d’émotions ?Émerveillement, peur, joie, frustration, amour ou surprise accompagnent en réalité toute démarche mathématique, depuis la première intuition jusqu’à la démonstration finale. Cette conférence propose une exploration originale des mathématiques à travers le prisme des émotions, en s’appuyant sur les thèmes développés dans le livre Les Maths en mode émotions. À partir de situations concrètes, d’histoires et d’anecdotes, le public découvrira comment certaines émotions peuvent servir de portes d’entrée vers des idées mathématiques parfois complexes, comme l’amour menant à la notion de mariages stables et à l’algorithme de Gale-Shapley, ou la surprise révélée par le célèbre nombre 1 729 de Ramanujan. Cette conférence s’adresse à toute personne ayant le baccalauréat et propose de découvrir les mathématiques sous un autre angle : celui d’une aventure humaine et collective, riche en émotions.Intervenante :Nathalie Braun, Docteure en sciences de l’éducation et de la formation et en didactiques des mathématiques – Laboratoire BONHEURS CY Cergy Paris Université>> Pour en savoir plus : INSA©INSA Lyon
HHistoires de presque rien : laisser parler les fragilités Le collectif « Let’s look up ! ingénierie et recherche pour une seule santé » et l’association Imaginarium de Lyon organisent un atelier d’écriture « Histoires de presque rien : laisser parler les fragilités », le jeudi 7 mai au matin, de 9h à 12h, à l’INSA.Le temps de cet atelier vous pourrez explorer, sous différents angles, les vulnérabilités de notre société et/ou de chaque individu. Vous ouvrirez un espace de réflexion et d’échange autour de nos fragilités souvent invisibles ou cachées.Une restitution des productions sera réalisée lors du prochain séminaire : « Vulnérabilité et fragilité : des socio-écosystèmes en danger aux techniques défaillantes » qui aura lieu en juin 2026 (date à confirmer). Cette activité s’inscrit dans le cadre de la 2e édition du projet Let’s look up! financé par la MSH-Lyon Saint-Étienne et l’Institut des Systèmes Complexes de Lyon (IXXI).©INSA Lyon
CCyril Dion : « L’imaginaire précède toujours l’action et l’innovation » Face à l’accélération du dérèglement climatique, à l’effondrement du vivant et à l’épuisement des ressources, les réponses purement techniques ne suffisent plus. C’est tout un modèle de développement – et les imaginaires qui le soutiennent – qui se trouve aujourd’hui remis en question. Comment produire, habiter, se déplacer autrement, sans reproduire les logiques qui ont conduit à la crise ? Quel rôle pour celles et ceux qui conçoivent les systèmes techniques de nos sociétés ?Cyril Dion, écrivain, réalisateur et activiste écologiste, explore depuis plus de dix ans les liens entre récits, action collective et transformation des sociétés. Croisé lors de la Journée de l’ingénierie à Lyon, il appelle à un changement de cap profond, où l’innovation ne peut plus être pensée sans interroger ses finalités. Et où les ingénieurs ont un rôle clé à jouer, à condition de redéfinir le sens de leur action.[…]Lire l’interview
ÉÉcrans : le pari du numérique éducatif Apprendre avec les écrans : quand le numérique devient un allié pédagogiqueÀ l’heure où le gouvernement durcit le ton sur l’exposition des mineurs au numérique, les écrans sont souvent présentés comme une menace pour le développement cognitif. Entre alertes sanitaires, projets de loi et inquiétudes parentales, le débat public se cristallise autour de leurs effets négatifs. Pourtant, des recherches menées à l’INSA Lyon invitent à nuancer cette vision : utilisés dans un cadre pédagogique, certains outils numériques pourraient au contraire soutenir les mécanismes d’apprentissage du cerveau. À condition de repenser la relation entre technologie, motivation et éducation.« Entre un adolescent qui scrolle sur un réseau social et un élève qui travaille sur une plateforme pédagogique, on ne parle pas du tout du même usage de l’écran. »Pour les chercheuses Élise Lavoué et Audrey Serna, cette distinction est essentielle. Toutes deux mènent leurs travaux au sein de l’équipe SICAL du Laboratoire d’Informatique en Image et Systèmes d’Information (LIRIS), où elles étudient depuis plus d’une décennie la manière dont les environnements numériques peuvent soutenir l’apprentissage.« Il faut distinguer le discours scientifique des discours ambiants. La recherche montre que le numérique peut être bénéfique pour certaines utilisations pédagogiques. À condition d’éviter les jugements absolus et de considérer les contextes d’usage », insiste Élise Lavoué.[…]Lire la suite de l’article
RRéinventer le recyclage des batteries lithium-ion Batteries circulaires : l’enjeu décisif de la réincorporation des métaux recyclésAlors que l’Europe impose un virage serré vers l’électrification, une question demeure : que faire des batteries une fois la route terminée ? Derrière l’essor des véhicules électriques se joue un enjeu stratégique central pour la transition énergétique, celui de recycler efficacement les batteries lithium-ion et de réintégrer leurs métaux critiques dans de nouvelles cellules, sans perte de performance ni de traçabilité. C’est précisément l’ambition du projet LabBatteriesVertes, qui entend mettre les batteries à l’épreuve du recyclage pour fermer durablement la boucle industrielle.Sous l’objectif d’un microscope électronique, passe une poudre noire. À l’écran, des particules de matière active s’entremêlent. Cette poudre est communément appelée « black mass » par les spécialistes. Elle est issue du broyage de batteries lithium-ion en fin de vie, et elle concentre lithium, nickel, manganèse, parfois cobalt… Tout ce qui fait battre le cœur de nos véhicules électriques, mais aussi tout ce qui crispe les tensions géopolitiques mondiales.Depuis l’entrée en vigueur du nouveau règlement européen sur les batteries (2023/1542), l’Union européenne impose des objectifs ambitieux de collecte, de rendement de recyclage et, surtout, l’intégration progressive de matières recyclées dans les nouvelles batteries mises sur le marché. […]Lire la suite de l’article
LLa danse comme arme de transition ? « La danse doit contribuer à résorber les déséquilibres que nous avons créés », Jérôme BelFace aux bouleversements écologiques, certains artistes choisissent de faire de leur pratique un terrain d’expérimentation et de transformation. De ralentir. D’écouter. De réapprendre à habiter le monde autrement. Chorégraphe majeur de la scène contemporaine, Jérôme Bel a lui-même traversé une profonde éco-anxiété avant d’opérer, en 2019, un basculement radical : renoncer à l’avion, repenser ses modes de production, interroger l’anthropocentrisme inscrit dans l’histoire de la danse.Pour lui, la crise climatique dépasse les seuls indicateurs scientifiques ; elle révèle une crise de sensibilité, une rupture avec le vivant. Un regard qui ouvre d’autres possibles. Entretien.Dans « Danse non humaine », pièce que vous avez conçue avec l’historienne de l’art Estelle Zhong Mengual, vous avez étudié d’anciennes chorégraphies et avez souhaité montrer comment le vivant pouvait reprendre sa place au cœur de la danse ? Oui et ce n’est pas un exercice simple. La danse, contrairement à d’autres arts comme la photographie ou la peinture, s’incarne dans des corps humains. J’ai travaillé avec Estelle Zhong Mengual, à la demande du musée du Louvre, pour voir comment était représenté le non-humain dans l’histoire de la danse. Très vite, nous nous sommes aperçus qu’il y avait un problème. La danse reprend les codes de la culture occidentale dans laquelle, souvent, la nature n’a pas d’âme et est à la disposition de l’humain. Pourtant Philippe Descola, anthropologue, a beaucoup travaillé sur les cultures où le non-humain est respecté et non hiérarchisé. Cela montre justement que notre manière occidentale de penser le monde n’est pas universelle et qu’il y a des alternatives. Il est nécessaire de réinterroger le fonctionnement de notre système.[…]Lire la suite de l’article
LLa revanche de la laine : quand un déchet agricole devient solution acoustique Et si la transition écologique passait aussi par la réhabilitation de ressources locales délaissées ? En s’attaquant à un angle mort de l’économie agricole française : la laine de mouton devenue quasi-déchet, la start-up Moumoute propose bien plus qu’un panneau acoustique biosourcé. Elle esquisse un modèle de revalorisation territoriale, à la croisée de l’économie circulaire, de l’innovation matérielle et de l’impact social.Chaque année en France, près de 10 000 tonnes de laine sont produites. Faute de débouchés industriels compétitifs face aux fibres synthétiques, environ 95 % ne sont plus valorisées. Pour les éleveurs, la tonte – indispensable au bien-être animal – est devenue un coût supplémentaire plutôt qu’une source de revenu.Moumoute part de ce constat pour inverser la logique. Plutôt que de chercher à réintroduire la laine dans les circuits textiles dominés par le polyester depuis les années 1970, l’équipe identifie un marché en tension : le confort acoustique des espaces de vie et de travail. En faisant correspondre une ressource sous-exploitée à un besoin sociétal croissant, le projet crée une nouvelle proposition de valeur.[…]Lire la suite de l’article
LL’intelligence artificielle comprend-elle vraiment le monde ? Quand l’IA fait n’importe quoi, le cas du gratte-ciel et du trombone à coulisseUne expérience relativement simple consistant à demander à une intelligence artificielle générative de comparer deux objets de tailles très différentes permet de réfléchir aux limites de ces technologies.Depuis que les IA génératives sont disponibles, je mène cette expérience récurrente de demander de produire un dessin représentant deux objets très différents et de voir le résultat. Mon but par ce genre de prompt (requête) est de voir comment le modèle se comporte quand il doit gérer des questions qui sortent de son domaine d’apprentissage.Typiquement cela ressemble à un prompt du type « Dessine-moi une banane et un porte-avions côte à côte pour qu’on se rende compte de la différence de taille entre les deux objets ».À ce jour je n’ai jamais trouvé un modèle qui donne un résultat censé. L’image donnée en illustration ci-dessus (ou en tête de l’article) est parfaite pour comprendre comment fonctionnent ce type d’IA et quelles sont ses limites. Le fait qu’il s’agisse d’une image est intéressant, car cela rend palpables des limites qui seraient moins facilement discernables dans un long texte.[…]Lire la suite de l’article
AAnticiper les maladies à l’ère du dérèglement climatique Dengue, leptospirose, choléra : à mesure que le climat se dérègle, les maladies environnementales gagnent du terrain. En croisant données sanitaires et variables climatiques, la modélisation scientifique permet de mieux comprendre ces dynamiques complexes et d’anticiper les risques à venir, à l’interface entre santé humaine, environnement et biodiversité.Léa Douchet, 30 ans, possède déjà un solide parcours scientifique. Originaire du Finistère, diplômée du département BioSciences de l’INSA Lyon, avec une spécialisation en bioinformatique et modélisation, elle a été distinguée, le 8 octobre dernier, par le prix des Jeunes talents l’Oréal-Unesco lors de la 19ᵉ édition. Aujourd’hui Data scientist et doctorante au sein de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), elle mène des travaux à l’interface entre santé et environnement. Portrait et récit d’une trajectoire professionnelle construite pas à pas.Ouest-France, Le Télégramme, France Bleu, depuis quelques semaines, Léa Douchet enchaîne les interviews. Début octobre, la jeune femme a été récompensée parmi 34 lauréats (sur 700 candidatures) lors du Prix Jeunes Talents L’Oréal‑UNESCO pour les Femmes et la Science. Une bien belle récompense pour celle qui est aujourd’hui doctorante, passionnée par les mathématiques depuis toute petite et venue à la biologie plus tardivement pendant son cursus dans le Supérieur. Un prix qui vient également récompenser son engagement et sa ténacité ces dernières années, dans un contexte où selon un rapport de l’Unesco, les femmes représentent seulement 29,7 % de l’effectif total de chercheurs en France. […]Lire la suite de l’article