LLa revanche de la laine : quand un déchet agricole devient solution acoustique Et si la transition écologique passait aussi par la réhabilitation de ressources locales délaissées ? En s’attaquant à un angle mort de l’économie agricole française : la laine de mouton devenue quasi-déchet, la start-up Moumoute propose bien plus qu’un panneau acoustique biosourcé. Elle esquisse un modèle de revalorisation territoriale, à la croisée de l’économie circulaire, de l’innovation matérielle et de l’impact social.Chaque année en France, près de 10 000 tonnes de laine sont produites. Faute de débouchés industriels compétitifs face aux fibres synthétiques, environ 95 % ne sont plus valorisées. Pour les éleveurs, la tonte – indispensable au bien-être animal – est devenue un coût supplémentaire plutôt qu’une source de revenu.Moumoute part de ce constat pour inverser la logique. Plutôt que de chercher à réintroduire la laine dans les circuits textiles dominés par le polyester depuis les années 1970, l’équipe identifie un marché en tension : le confort acoustique des espaces de vie et de travail. En faisant correspondre une ressource sous-exploitée à un besoin sociétal croissant, le projet crée une nouvelle proposition de valeur.[…]Lire la suite de l’article
LL’intelligence artificielle comprend-elle vraiment le monde ? Quand l’IA fait n’importe quoi, le cas du gratte-ciel et du trombone à coulisseUne expérience relativement simple consistant à demander à une intelligence artificielle générative de comparer deux objets de tailles très différentes permet de réfléchir aux limites de ces technologies.Depuis que les IA génératives sont disponibles, je mène cette expérience récurrente de demander de produire un dessin représentant deux objets très différents et de voir le résultat. Mon but par ce genre de prompt (requête) est de voir comment le modèle se comporte quand il doit gérer des questions qui sortent de son domaine d’apprentissage.Typiquement cela ressemble à un prompt du type « Dessine-moi une banane et un porte-avions côte à côte pour qu’on se rende compte de la différence de taille entre les deux objets ».À ce jour je n’ai jamais trouvé un modèle qui donne un résultat censé. L’image donnée en illustration ci-dessus (ou en tête de l’article) est parfaite pour comprendre comment fonctionnent ce type d’IA et quelles sont ses limites. Le fait qu’il s’agisse d’une image est intéressant, car cela rend palpables des limites qui seraient moins facilement discernables dans un long texte.[…]Lire la suite de l’article
AAnticiper les maladies à l’ère du dérèglement climatique Dengue, leptospirose, choléra : à mesure que le climat se dérègle, les maladies environnementales gagnent du terrain. En croisant données sanitaires et variables climatiques, la modélisation scientifique permet de mieux comprendre ces dynamiques complexes et d’anticiper les risques à venir, à l’interface entre santé humaine, environnement et biodiversité.Léa Douchet, 30 ans, possède déjà un solide parcours scientifique. Originaire du Finistère, diplômée du département BioSciences de l’INSA Lyon, avec une spécialisation en bioinformatique et modélisation, elle a été distinguée, le 8 octobre dernier, par le prix des Jeunes talents l’Oréal-Unesco lors de la 19ᵉ édition. Aujourd’hui Data scientist et doctorante au sein de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), elle mène des travaux à l’interface entre santé et environnement. Portrait et récit d’une trajectoire professionnelle construite pas à pas.Ouest-France, Le Télégramme, France Bleu, depuis quelques semaines, Léa Douchet enchaîne les interviews. Début octobre, la jeune femme a été récompensée parmi 34 lauréats (sur 700 candidatures) lors du Prix Jeunes Talents L’Oréal‑UNESCO pour les Femmes et la Science. Une bien belle récompense pour celle qui est aujourd’hui doctorante, passionnée par les mathématiques depuis toute petite et venue à la biologie plus tardivement pendant son cursus dans le Supérieur. Un prix qui vient également récompenser son engagement et sa ténacité ces dernières années, dans un contexte où selon un rapport de l’Unesco, les femmes représentent seulement 29,7 % de l’effectif total de chercheurs en France. […]Lire la suite de l’article
CCycle thématique autour de l’économie circulaire Les défis de l’économie circulaire questionnent l’usage des ressources à notre disposition et les moyens de fabrication, consommation et de recyclage mis en place par notre société. Le cycle que nous vous proposons, en partenariat avec les Alumni, revient sur ce qu’étudiants, associations, entreprises, chercheurs mettent en place dans notre environnement.Interrogeons nos façons de fabriquer, de consommer, d’utiliser et de recycler avec ces différents acteurs lors du cycle avec un focus sur l’industrie du textile.Au programme :AG du futur sur l’économie circulaire | Jeudi 5 février à 18h30 – Amphi Capelle – INSA LyonPar la société Prophil. >> Réserver(Pour les insaliens, gratuit sur inscription : réservez votre place en écrivant à dircom@insa-lyon.fr)Conférence : La permaindustrie, un modèle de transition au service de la circularité | Mardi 24 février, de 12h15 à 13h45 – Amphithéâtre Émilie du Châtelet – Bibliothèque Marie Curie, INSA LyonPar Lisa Ménard, doctorante aux Mines Saint-ÉtienneConférence : Défi circulaire – Participez à une conférence interactive, ludique et inspirante | Jeudi 5 mars de 14h à 15h30Intervenant : Christophe Richon, LuxFIT pour l’association Fresque de l’économie circulaire. >> RéserverAtelier : L’écologie industrielle et territoriale : un pilier de l’économie circulaire en jeux sérieux | Jeudi 19 mars de 12h30 à 14h – salle 202-203 – Bibliothèque Marie Curie, INSA LyonIntervenants : Mathieu Gautier (professeur des Universités – INSA de Lyon – Laboratoire DEEP – Déchets Eaux Environnement Pollutions – Co-responsable de la discipline ETRE – Enjeux de la Transition Ecologique) ; Denise Blanc (INSA Lyon) et Mathilde Le Noel (ancienne étudiante INSA Lyon GEN).Exposition : THE Pull | Du 24 mars au 20 avril – Horaires d’ouverture de la Bibliothèque Marie Curie, INSA Lyon – Dans le HallDébat : Un pull unique pour tous ses engagements ? – débat sur la généralisation du pull à patcher à l’INSA Lyon | Jeudi 2 avril 15h-16h30 – Amphithéâtre Émilie du Châtelet – Bibliothèque Marie Curie, INSA Lyon.Forum : Afterwork de l’économie circulaire | Jeudi 2 avril de 17h à 19h – Bibliothèque Marie Curie, INSA LyonVisites d’entreprises en cours de programmationLa bibliothèque et son pôle médiation proposent une programmation scientifique et culturelle construite autour de cycles thématiques rejoignant les objectifs de la stratégie Ambitions 2030 et représentant les valeurs de l’INSA Lyon en matière de transition énergétique, environnementale, écologique, sociale, numérique et de modèle économique. Ce cycle vise à valoriser ce qui se fait en formation, recherche et dans le cadre de la vie de l’établissement.Pour en savoir plus :Bibliothèque INSA lyon
LLe futur de l’impression 3D ? La matière avant la machine En impression 3D, tout se joue dans les matériaux : résistance, légèreté, durabilité, usages. Un enjeu clé pour l’industrie… et pour les ingénieur·es de demain.Qu’il s’agisse de pièces de fusée, d’automobile, de pont ou même d’aliments, la fabrication additive (FA) redéfinit complètement le champ des possibles dans de très nombreux domaines d’activités. Elle offre des perspectives prometteuses en matière de matériaux, mais elle pose également des défis techniques, économiques et environnementaux qui nécessitent une maturation et une adaptation des procédés en lien avec les matériaux utilisés.Plus connu sous la dénomination « impression 3D », ce procédé met en œuvre des polymères (plastiques) ou des alliages métalliques pour fabriquer des objets du quotidien. Les imprimantes 3D polymères sont accessibles au grand public pour quelques centaines d’euros. Elles permettent notamment de fabriquer des pièces prototypes (d’où le nom prototypage rapide), des coques de téléphone, des pièces de rechange, des prothèses, des bijoux, des jouets, des objets de décorations ou des maquettes.Lire la suite de l’article
LLe nucléaire, une industrie du temps long face aux défis d’aujourd’hui Dans un contexte de transition énergétique marqué par l’urgence climatique et la polarisation des débats, le nucléaire continue de cristalliser interrogations, oppositions et attentes. Directrice de la centrale nucléaire du Bugey, Elvire Charre, alumna INSA Lyon diplômée en 1994 et formée au sein du département génie électrique, partage sa vision d’une filière en transformation permanente, sommée de conjuguer exigence technique, responsabilité sociale et transparence démocratique.Pilier historique du mix électrique français, le nucléaire est aujourd’hui au cœur de multiples transitions : énergétique, industrielle, sociétale. À la tête de la centrale du Bugey, Elvire Charre, alumna INSA Lyon, incarne un nucléaire en mouvement, fondé sur la sûreté, la pédagogie et la conviction que la transition se construit dans la durée, sur le terrain. « Nous devons à nos concitoyens d’ouvrir nos portes et d’expliquer ce que nous faisons. La transparence doit s’exprimer en permanence, y compris lorsque nous ne sommes pas satisfaits de nous-mêmes », assure-t-elle.Lire la suite de l’article
DDes matériaux plus solides et plus durables grâce à une astuce de chimie Dans un contexte industriel où la durabilité des matériaux devient un enjeu majeur, deux chercheurs du laboratoire Ingénierie des Matériaux Polymères (IMP) ont mis au point une nouvelle approche pour rendre les matériaux thermodurcissables beaucoup plus résistants aux fissures. Simple dans son principe et très efficace dans ses résultats, cette innovation pourrait contribuer au développement de matériaux à la fois plus solides et plus durables.Les matériaux thermodurcissables occupent une place centrale dans l’industrie moderne. Résines époxy, composites, colles structurales ou revêtements anticorrosion : ils forment la colonne vertébrale d’applications allant du transport terrestre aux technologies spatiales.Leur rigidité et leur capacité à conserver leurs propriétés en conditions extrêmes en font des alliés précieux. Pourtant, ces matériaux présentent une faiblesse critique : une fissure qui s’initie à la suite d’un choc se propage souvent très rapidement, menant à une rupture brutale.Dans un contexte où ces matériaux ne sont pas recyclables, augmenter leur résistance et leur durée de vie devient un enjeu majeur à la fois scientifique, industriel et environnemental.L’approche imaginée par Julien Bernard, directeur de recherche au CNRS, en collaboration avec Frédéric Lortie, professeur à l’INSA Lyon, repose sur une idée simple : générer, directement au sein du matériau thermodurcissable, de petits domaines capables d’absorber l’énergie lorsqu’un choc survient. Pour y parvenir, les chercheurs produisent des « copolymères à blocs », c’est-à-dire des chaînes macromoléculaires composées de plusieurs blocs de compositions chimiques différentes qui, au sein du matériau, conduisent à un panel d’auto-assemblages de formes et de tailles bien définies.Lire la suite de l’article
JJournée de l’ingénierie 2026 : ré-utiliser, ré-inventer, ré-générer Et si l’ingénierie était au cœur des grandes transitions de notre société ?Le Collège d’ingénierie Lyon Saint-Étienne vous donne rendez-vous lundi 23 mars à l’Auditorium de Lyon pour une journée de tables rondes et ateliers autour de la responsabilité de l’ingénierie dans la décarbonation de l’industrie, l’économie circulaire ou encore le numérique responsable.Le Collège d’ingénierie Lyon-Saint-Étienne, qui regroupe Centrale Lyon, l’ENTPE, l’INSA Lyon et Mines Saint-Étienne, propose, lors d’un rendez-vous annuel de questionner et qualifier, dans une démarche prospective, le rôle et la responsabilité de l’ingénierie en matière de décarbonation de l’industrie et des usages, d’économie circulaire et de numérique responsable.L’évènement, ouvert aux autres acteurs de l’ingénierie du site Lyon-Saint-Étienne ainsi qu’aux acteurs socio-économiques, lycéens et étudiants, grand public et médias, propose d’aborder le triptyque suivant : Ré-utiliser, Ré-inventer, Ré-générer, à travers cinq tables rondes et des ateliers de médiation scientifique.>> Au programme :9h-9h15 : Séance d’ouverture9h15-10h30 : Table ronde Entreprise & RSE : comment l’ingénieur peut-il agir de l’intérieur ?11h-12h15 : Table ronde Construire une trajectoire d’entreprise pour la neutralité carbone : de la vision à la réalité ?13h30-14h45 : Table ronde Les ingénieurs face à l’enjeu de la surexploitation des ressources naturelles – Le cas de l’eau en Auvergne-Rhône-Alpes.15h15-16h30 : Table ronde IAG, algorithme et manipulation : l’ingénieur doit-il se fixer des limites ?17h-17h45 : Keynote Cyril Dion – D’un monde à l’autre – Repenser nos modèles pour faire face aux limites planétaires17h45-18h : Performance du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon (CNSMD)>> Pour en savoir plus :JOURNÉE DE L’INGÉNIERIE
LLa théorie du donut : un nouveau cadre pour penser l’économie de demain La théorie du donut, développée par l’économiste britannique Kate Raworth, propose une nouvelle vision de l’économie intégrant les défis sociaux et environnementaux de notre siècle. Elle définit un espace sûr et juste pour l’humanité, délimité par un plancher social et un plafond écologique. Si ces travaux ont gagné en popularité ces dernières années, c’est notamment par leur représentation en forme de « donut », visuellement accessible et marquant.Les fondamentaux du modèle développé par Kate Raworth ont d’ailleurs servi de base à plusieurs grandes villes européennes, qui s’en sont inspiré pour repenser leurs politiques économiques et urbaines.L’ouvrage, intitulé « La Théorie du Donut, l’économie de demain en 7 principes » (éditions Plon, 2018), se présente comme un recueil d’idées pour avancer vers un monde plus juste et plus soutenable. […]LIRE LA SUITE DE L’ARTICLE
QQuand l’archéologie aide à penser le stockage des déchets nucléaires La transition énergétique ne se limite pas à produire une énergie bas carbone : elle impose d’assumer ses conséquences sur le très long terme. Le nucléaire, pilier de la décarbonation, soulève une question stratégique incontournable : comment garantir la sûreté du stockage des déchets radioactifs pendant des milliers d’années ? C’est à ce défi, aussi scientifique que sociétal, que répond la thèse de Zhixin Dong, doctorant chinois en cotutelle entre le laboratoire MatéIS de l’INSA Lyon et l’Université de Tōhoku au Japon.Son approche est radicalement originale : s’appuyer sur l’archéologie pour anticiper l’avenir. En étudiant des objets métalliques enfouis depuis plus de 1 200 ans, il apporte des données concrètes là où les modèles de stockage nucléaire manquent encore de recul temporel.À la croisée des sciences des matériaux, du patrimoine et des politiques énergétiques, ses travaux visent un objectif clair : réduire l’incertitude sur le comportement des conteneurs de déchets nucléaires à l’échelle du millénaire.Zhixin Dong travaille sur des artefacts en fer datant de la période de Nara (710–794), une époque fondatrice de l’histoire japonaise. Ces objets, façonnés par l’être humain et retrouvés lors de fouilles (une vis, une tête de marteau et une petite pièce métallique), ont environ 1 200 ans et ont donc déjà traversé des siècles d’enfouissement.« Nous cherchons à comprendre comment des matériaux évoluent sur des durées qui dépassent largement une vie humaine », explique-t-il. LIRE LA SUITE DE L’ARTICLE