EEn France, des outils existent pour relocaliser l’industrie, mais ils sont mal utilisés L’État déploie des moyens financiers importants pour inciter les entreprises à rapatrier leur production. Mais l’accès à ces dispositifs reste complexe, leur efficacité difficile à mesurer et leurs effets parfois ambivalents, entre soutien réel, effets d’aubaine et stratégies opportunistes.Depuis la pandémie de Covid-19, la nécessité de reconquérir une base industrielle est devenue une priorité politique. Les relocalisations industrielles apparaissent alors comme une mesure phare de la réindustrialisation. Pour encourager cette mesure, l’État déploie massivement une panoplie d’aides : subventions, appels à projets, dispositifs comme France Relance ou France 2030, favorisant la relocalisation. À cela s’ajoute la commande publique, présentée comme un levier d’entraînement et de soutien de la production locale. Mais quel est le degré d’accessibilité et d’efficacité réelle de ces soutiens ?Une analyse à découvrir dans un article écrit par Catherine Mercier-Suissa, professeure des Universités en sciences économiques,iaelyon School of Management – Université Jean Moulin Lyon 3et Daniel Suissa, responsable pédagogique du master management industriel, ESDES – UCLy.> Lire l’article :The conversation
AAlgérie, Tunisie, Maroc : comment l’opéra est passé d’un héritage colonial à un outil diplomatique Longtemps symbole de domination coloniale, l’opéra connaît aujourd’hui une renaissance inattendue au Maghreb. Importé par les européens, réservé aux élites et longtemps perçu comme un art étranger, il se réinvente désormais comme vecteur de diplomatie culturelle et outil de rayonnement international.De l’Algérie, qui a transformé son ex-opéra colonial en scène nationale, à la Tunisie, où un réseau lyrique panarabe se construit, en passant par le Maroc, qui vient d’inaugurer son spectaculaire Grand Théâtre de Rabat, l’art lyrique devient un pont entre héritage et modernité. Mélangeant répertoire occidental, créations locales et adaptations en darija, il attire de nouveaux publics et s’ouvre à la jeunesse.Cette transformation raconte plus qu’une histoire musicale : elle révèle comment l’opéra, autrefois instrument d’influence, est devenu un outil de soft power au cœur des stratégies culturelles et diplomatiques nord-africaines.Une analyse à découvrir dans un article écrit par Frédéric Lamantia, Docteur en géographie et maître de conférences, UCLy – Institut catholique de Lyon>> Lire l’article :THE CONVERSATION
LL’opéra en Asie : entre héritage colonial, soft power et appropriation locale De Pékin à Hongkong, de Hanoï à Séoul, l’art lyrique occidental s’est implanté en Asie à travers des histoires croisées de colonisation, mondialisation et appropriation culturelle.Introduit par les missionnaires dès le XVIe siècle, il devient au XIXe un symbole de prestige pour les élites locales et un outil de pouvoir pour les autorités coloniales.En Chine, l’opéra occidental cohabite avec l’opéra de Pékin et incarne à la fois modernité et distinction sociale, porté par des architectures spectaculaires comme le théâtre futuriste de Paul Andreu à Pékin. En Indochine et à Pondichéry, il sert de marqueur colonial, tandis qu’à Hongkong, plaque tournante culturelle, il se métisse rapidement et s’ouvre à un public plus large. En Corée du Sud, il devient ascenseur social pour de jeunes artistes désormais présents sur les plus grandes scènes mondiales.Aujourd’hui, l’opéra en Asie n’est plus un simple héritage européen : il reflète les dynamiques géopolitiques, les hiérarchies culturelles et la recherche de reconnaissance internationale. Entre traditions locales et influences mondialisées, il incarne un dialogue entre les cultures… et une nouvelle carte sonore du monde.Une analyse à découvrir dans un article écrit par Frédéric Lamantia, Docteur en géographie et maître de conférences, UCLy – Institut catholique de Lyon>> Lire l’article :THE CONVERSATION
EEt si la TVA sociale se révélait antisociale ? Et si la solution pour rendre nos entreprises plus compétitives tout en préservant notre modèle social se trouvait dans un outil oublié : la TVA sociale ?Remise sur le devant de la scène à l’approche du projet de loi sur le financement de la Sécurité sociale 2026, cette mesure refait surface avec la promesse de relancer l’économie française.Le principe ? Transférer une partie du financement de la protection sociale des salaires vers la consommation, en allégeant les cotisations sociales patronales et en augmentant la TVA.Présentée comme un levier pour soutenir l’emploi, améliorer la compétitivité à l’export et alléger le « coût du travail », la TVA sociale séduit une partie des économistes et des décideurs politiques. Mais cette réforme soulève aussi de nombreuses inquiétudes : hausse des prix à la consommation, perte de pouvoir d’achat pour les plus modestes, risques accrus d’inégalités et impact incertain sur les entreprises.Dans un contexte de déficit croissant de la Sécurité sociale et de fiscalisation progressive de son financement, cette proposition marque un tournant potentiellement majeur pour l’avenir du modèle social français. Entre bénéfices attendus et effets secondaires redoutés, l’article explore les mécanismes, les enjeux, les précédents historiques et les impacts possibles de cette mesure aussi ambitieuse que controversée.Une analyse à découvrir dans un article écrit par Rim Hachana, Professeur associée, ESDES – UCLy (Institut catholique de Lyon)>> Lire l’article :THE CONVERSATION
PPharma, cosmétique… et si les déchets végétaux aidaient à développer l’économie circulaire ? La renouée du Japon (Fallopia japonica), une plante invasive, présente des propriétés intéressantes pour sa teneur en resvératrol, un polyphénol utilisé par l’industrie cosmétique. | ©CC BY SA harum.koh from Kobe city, JapanAujourd’hui considérés comme des déchets, les sous-produits de la biomasse – issus notamment de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire – pourraient pourtant jouer un rôle central dans la transition vers une économie circulaire.Ces résidus, souvent compostés ou incinérés, renferment des molécules précieuses utilisables dans des secteurs aussi variés que la cosmétique, la pharmacie ou encore les bioplastiques.Face à l’urgence environnementale et aux limites planétaires atteintes, réduire l’usage des ressources pétrochimiques devient indispensable. La valorisation de ces « déchets » végétaux permettrait non seulement de préserver les ressources naturelles, mais aussi de créer des filières locales et durables.Certaines plantes invasives ou résidus alimentaires, comme le thé ou le marc de gingembre, sont riches en antioxydants et autres composés bioactifs. Leur transformation, grâce à des procédés innovants comme l’éco-extraction ou l’usage de solvants verts, ouvre la voie à une bioéconomie plus propre.Au cœur de ce changement : les bioraffineries, qui optimisent chaque étape de valorisation pour atteindre l’objectif « zéro déchet ». Encore faut-il lever les freins technologiques, économiques et réglementaires.Une analyse à découvrir dans un article écrit par : Maher Abla, Enseignant-chercheur en chimie à l’ESTBB et membre du groupe de recherche « Biotechnologies, Santé, Ethique » de l’unité de recherche UR CONFLUENCE: Sciences et Humanités (EA 1598), UCLy (Institut catholique de Lyon) ;Grégory Chatel, Enseignant-chercheur en chimie verte au laboratoire EDYTEM, Université Savoie Mont Blanc ;Philip Lawrence, Professeur de l’UCLy en virologie, responsable du groupe de recherche « Biotechnologies, Santé, Éthique » de l’UR CONFLUENCE : Sciences et Humanités (EA 1598), UCLy (Institut catholique de Lyon) ;Thanh-Nhat Pham, Enseignant-chercheur en chimie et biochimie à l’ESTBB et membre du Groupe de recherche » Biotechnologies, Santé, Éthique » de l’Unité de recherche CONFLUENCE : Sciences et Humanités (EA 1598), UCLy (Institut catholique de Lyon).>> Lire l’article :THE CONVERSATION
DDéconstruire les idées reçues sur les violences conjugales par l’anthropologie La violence conjugale n’épargne aucun milieu, et son analyse révèle bien plus qu’un simple dérapage individuel. Derrière chaque histoire, il y a des rapports de pouvoir, des normes sociales, et des modèles patriarcaux bousculés. De la Polynésie au Groenland, des classes populaires aux élites, les enquêtes anthropologiques montrent que cette violence est profondément ancrée dans des systèmes sociaux, où le contrôle masculin reste un enjeu central.Au-delà des clichés et des explications toutes faites, ces violences prennent racine dans des contextes de domination — qu’elle soit sociale, raciale, économique ou coloniale — et se manifestent souvent quand des équilibres de genre sont remis en cause. Les milieux favorisés, eux, savent mieux dissimuler et esquiver la justice.Plutôt que d’en rester à une lecture morale ou pathologique, il devient urgent d’écouter ce que disent les sciences sociales : transformer les normes de genre, comprendre les masculinités en crise et repenser la prise en charge, y compris des agresseurs. Car c’est dans cette complexité qu’on peut vraiment espérer faire reculer ce fléau silencieux.Une analyse à découvrir dans un article écrit par Rougeon Marina, UCLy (Institut catholique de Lyon)>> Lire l’article :THE CONVERSATION
VVulnérabilité(s). Réapprendre le commun face à la crise | Livre ©UCLyFace aux défis globaux de notre époque – crise environnementale et politique, numérisation invasive, fragilisation des systèmes de santé et du monde du travail – le concept de vulnérabilité prend un sens nouveau et peut s’appliquer à des systèmes, voire à l’ensemble d’une collectivité.Ce second volume issu des travaux de la Chaire d’Université Vulnérabilités de l’UCLy interroge la notion de « commun » à l’épreuve de ces multiples défis, et explore la dimension partagée de la vulnérabilité. Comment réorienter nos sociétés pour répondre à la fragilisation croissante de nos systèmes et milieux de vie ?Les textes ici réunis tentent de répondre à cette question à travers les regards croisés de la philosophie, de la théologie, de la médecine, du droit, de l’éthique, de l’anthropologie, de la psychologie et de la sociologie.>> Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : Ucly
LL’éthique face à l’IA et aux robots autonomes Quels sont les problèmes éthiques qui surgissent de plus en plus aujourd’hui, dans les domaines de la vie civile, mais aussi dans le contexte de la sécurité et de la défense, du fait de la délégation de pouvoirs spécifiquement humains à des systèmes d’intelligence artificielle ou à des robots doués d’autonomie?Durant cette rencontre, les intervenants cherchent à montrer que notre fascination pour l’efficacité de ces systèmes technologiques peut induire une série de « cécités » relatives à des caractéristiques anthropologiques fondamentales, menant à des problèmes juridiques et éthiques majeurs.Dominique Lambert, professeur émérite de l’Université de Namur, était invité par Cairn.info, à l’occasion de la sortie du n° 6 de la Revue CONFLUENCE : Sciences & Humanités sur « L’humain et la donnée », pour participer à leur format « Rencontre ».Menée avec Jean-Marie Durand, cette rencontre a permis d’étudier la place que l’IA prend dans nos vies, autour de ce qu’est l’éthique de l’IA et la place de l’humain.La vidéo de cette rencontre est réservée aux membres de nos institutions clientes et aux abonné(e)s Cairn Pro.>> Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : Cairn.info
CCulte musulman : la réorganisation voulue par l’État est-elle en marche ? | The Conversation Depuis février 2022, le Forum de l’islam de France (Forif) a remplacé le Conseil français du culte musulman jugé inefficace par Emmanuel Macron. Cette nouvelle instance, plus décentralisée, permettra-t-elle de répondre aux problématiques nombreuses – lutte contre l’islamisme radical, formation des imams, financement des mosquées, violences contre les musulmans – qui touchent l’islam en France ? Éléments de réponses, en ce mois de ramadan, dans l’Hexagone.L’islam occupe une place centrale dans les débats sur la laïcité et l’identité nationale. Dans ce contexte, la notion d’un « islam de France » s’est imposée comme un projet politique visant à structurer cette religion tout en garantissant son autonomie et en limitant les influences étrangères. C’est dans cette perspective qu’a été lancé, en 2022, le Forum de l’islam de France (Forif), sous l’égide du président de la République Emmanuel Macron, pour renouveler le dialogue entre l’État et les représentants du culte.Le Forif se veut une alternative au Conseil français du culte musulman (CFCM). Jugé inefficace et affaibli par des divisions internes, ce dernier a été écarté au profit d’une approche territorialisée et déconcentrée visant à instaurer un dialogue plus direct avec les responsables religieux.Cette reconfiguration se heurte à une difficulté majeure : l’islam en France ne dispose ni de structure cléricale unifiée ni d’autorité centralisée. Contrairement aux cultes catholique et protestant, historiquement dotés d’instances de gouvernance claires, les acteurs du culte musulman sont souvent organisés sur des bases nationales ou communautaires. Cette diversité complique toute tentative d’institutionnalisation et rend la question de sa représentation particulièrement sensible.C’est dans ce contexte que la clôture de la deuxième session du Forif, présidée le 18 février 2025 par le ministre Bruno Retailleau, a restitué les travaux des groupes de travail en vue des Assises territoriales de l’islam de France (Atif). Les axes majeurs évoqués concernent la reconnaissance du métier d’imam, la création d’un conseil national des aumôneries musulmanes, l’amélioration de l’accès aux services bancaires pour les associations cultuelles, la sécurisation des lieux de prière et leur encadrement.La « loi séparatisme » et le contrôle de l’ÉtatLe Forif mise sur l’ancrage local et sur les acteurs de terrain (imams, aumôniers, responsables associatifs et élus) pour définir des priorités, mais aussi pour s’engager à mettre en œuvre les dispositifs définis. Loin d’imposer une ligne unique, l’État encadre néanmoins cette concertation et tente de responsabiliser les parties prenantes.Dès avril 2022, le Forif a publié un guide précisant les nouvelles obligations légales issues de la loi du 24 août 2021, dite « loi séparatisme ». Présenté comme un moyen de lutter contre la diffusion de l’islamisme radical en renforçant le contrôle de l’État sur certaines associations, ce texte suscite pourtant des réactions mitigées.La loi impose à toutes les associations recevant des subventions publiques la signature d’un contrat d’engagement républicain (CER), conditionnant l’accès aux financements à un respect strict des « principes de la République ». Elle permet ainsi d’écarter les associations considérées comme non conformes aux exigences républicaines, mais elle constitue également un levier de pression politique.Le président du Conseil des mosquées du Rhône Kamel Kabtane a ainsi dénoncé les restrictions administratives faites à certaines associations cultuelles sans qu’aucune infraction ne leur soit reprochée. Une enquête menée dans le cadre du Forif a ainsi mis en lumière la fermeture inopinée de comptes, la difficulté d’accéder aux services financiers, ainsi que les restrictions affectant la gestion des dons suite à des contrôles encadrés par la « loi séparatisme ».Si la plupart des acteurs religieux approuvent la loi séparatisme – une adhésion qui leur permet de rester admis au sein du Forif –, d’autres critiques, émanant d’institutions et de chercheurs en sciences sociales, le considèrent comme une loi fourre-tout qui restreint les libertés fondamentales et privilégie une approche sécuritaire au détriment d’une véritable politique de mixité sociale.Financement des mosquées et formation des imamsSi l’État vise, à travers cette réorganisation, à démentir l’idée que l’islam en France serait une « religion d’étrangers, pour les étrangers et financée par les étrangers », le lien avec certains États étrangers est difficile à dissoudre, que ce soit par le biais d’imams étrangers, de financements de certaines mosquées ou par le maintien d’une influence via les réseaux associatifs.Depuis le 1er janvier 2024, environ 300 imams détachés ne sont plus autorisés à exercer sur le territoire français. Jusqu’alors, ces imams, majoritairement envoyés par le Maroc, l’Algérie et la Turquie, étaient rémunérés par leur pays d’origine pour officier dans quelque 2 500 mosquées. Leur interdiction a rendu plus urgente la mise en place d’une formation locale, combinant enseignement théologique et connaissance du cadre républicain. Pourtant, les imams étrangers sont toujours présents sur le territoire, mais en étant désormais pris en charge par des associations cultuelles françaises. Leur maintien en France est toutefois conditionné à leur suivi d’une formation sur la laïcité, la liberté religieuse et la citoyenneté, un dispositif visant à encadrer leur mission dans le respect des principes républicains.Lors du Forif en février 2024, le ministre de l’intérieur d’alors Gérald Darmanin a proposé la création d’un « statut de l’imam » en France. Il a fixé un délai de six mois pour définir leurs conditions d’emploi, leur protection sociale et les compétences requises, notamment linguistiques et universitaires.Le statut de l’imam se heurte pourtant à plusieurs obstacles : diversité des sensibilités théologiques, absence d’un cadre national de certification et nécessité d’établir une confiance mutuelle entre les instances représentatives des imams et les établissements universitaires désignés pour les former (aucun chiffre officiel n’est communiqué sur le nombre d’imams formés). À cela s’ajoute le manque de ressources financières des associations cultuelles pour salarier des imams dans des conditions viables, rendant leur professionnalisation encore plus complexe.Violences contre les musulmansAutre chantier porté par le Forif, celui des discriminations et des violences. Un guide spécifique a été publié en 2022 pour aider associations et fidèles à signaler les faits problématiques. La création de l’Association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans (Addam) marque une évolution : les acteurs religieux ne sont plus seulement bénéficiaires des dispositifs publics, mais prennent également part au repérage et au signalement des actes antireligieux.Une plateforme de signalement et un réseau de référents locaux ont été mis en place pour renforcer la protection des espaces religieux. Cette démarche apparaît d’autant plus vitale dans un contexte marqué par le conflit israélo-palestinien.Les chiffres du ministère de l’intérieur montrent une évolution fluctuante : 213 faits avaient été recensés en 2021, 188 en 2022, avant d’atteindre 242 en 2023, puis de redescendre à 173 en 2024, soit une baisse de 29 %. Cependant, cette diminution est contestée par l’Addam qui estime qu’elle ne reflète pas l’ensemble des signalements.Par ailleurs, certains représentants musulmans estiment qu’il existe un déséquilibre dans la reconnaissance des violences ciblant différentes communautés, ce qui peut engendrer des crispations avec leurs homologues juifs.Un dispositif en quête de légitimitéTrois ans après sa création, le principal défi du Forif est de s’imposer comme une instance légitime et constructive, et non comme un simple outil consultatif dépendant des orientations gouvernementales.Par ailleurs, son fonctionnement repose sur une logique décentralisée et, en l’absence d’un organe décisionnel propre, son efficacité à fédérer les différents courants du culte musulman en France suscite des interrogations.Si le Forif marque une volonté de reconfigurer la relation entre l’État et l’islam en France, il reste confronté à des contradictions structurelles. Son avenir dépendra de sa capacité à dépasser le stade expérimental pour s’inscrire dans un cadre institutionnel reconnu. À défaut, il pourrait rejoindre la liste des dispositifs antérieurs qui, faute d’ancrage et d’adhésion des acteurs concernés, n’ont jamais abouti à un façonnement durable du culte musulman.Auteur :Ali Mostfa, Maître de conférences sur le fait religieux islamique, UCLy – Institut catholique de LyonCet article est republié sous licence Creative Commons.>> Lire l’article original :THE CONVERSATION
MMariage : se dire oui en France en 2025 | The Conversation Des 15,4 millions de couples recensés en France récemment, seuls 8 % sont pacsés et 72 % sont mariés. | ©sylv1rob1/ShutterstockEn 2024, 247 000 mariages ont été célébrés en France. Cette institution sociale majeure connaît d’importantes transformations : concurrence du Pacs, âge moyen en augmentation, hausse des coûts. L’amour évolue et les formats d’union aussi. Mariages écoresponsables, participation aux frais, toutes les idées sont les bienvenues.Ce chiffre atténue la tendance baissière d’avant la crise sanitaire, avec une légère augmentation de +2 % par rapport à 2023. Il est utile de rappeler que la France n’est pas un cas isolé. En Europe, le taux brut de mariage a diminué de près de 50 % en termes relatifs, passant de 8,0 pour 1 000 personnes en 1964 à 4,2 en 2022. Parallèlement, et au cours de la même période prolongée, le taux brut de divorce a doublé, passant de 0,8 pour 1 000 personnes en 1964 à 1,6 en 2022.Taux brut de mariages en Europe. | ©Eurostat — GISCO — 2024Les taux bruts de mariage le plus élevés sont enregistrés en Hongrie – 6,6 mariages pour 1 000 personnes –, en Lettonie – 6,3 – et en Roumanie – 6,2. En revanche, les taux bruts de mariage le plus faibles ont été enregistrés en Slovénie, en Italie – 3,2 mariages pour 1 000 personnes –, au Portugal – 3,5 –, et en France – 3,6.Concurrence du PacsÉlément fondamental de la société, le mariage illustre la vocation sociale de l’amour. Il est l’aboutissement d’une relation amoureuse et symbolise une forme de réussite à la fois individuelle et sociale. À la fin de son ouvrage sur les structures élémentaires de la parenté, Lévi-Strauss (1955) a écrit :« La reconnaissance sociale du mariage est toujours une angoissante aventure ; et on comprend que la société ait cherché à se prémunir contre ses risques par l’imposition continuelle, et presque maniaque, de sa marque. »Évolution annuelle du nombre total de mariages en France de 2000 à 2023. | ©Statista 2025, CC BY-NC-SALe mariage est une institution au sens sociologique du terme, car il renferme un ensemble de règles codifiées, de normes et de pratiques établies, transmises et reconnues et qui structurent la vie de couple. Il est également une organisation à la fois sentimentale et économique. À l’instar des autres types d’organisations, il a des concurrents comme le Pacs. Sur les 15,4 millions de couples comptés dans les opérations récentes de recensement de la population, seuls 8 % sont pacsés et 72 % sont mariés. Le nombre de Pacs a dépassé une seule fois celui des mariages, c’était en 2020 : 154 600 mariages avaient été célébrés en France et outre-mer, contre près de 174 000 nouveaux Pacs.Un coût moyen de 17 100 €L’inflation impacte considérablement le mariage qui, même s’il résiste encore, est davantage repoussé. En effet, les récentes statistiques de l’Insee montrent que l’âge moyen au mariage continue d’augmenter. Il atteint 37,3 ans pour les femmes et 39,8 ans pour les hommes en 2022 alors qu’il était de 34 ans et de 36,7 ans respectivement en 2012.Si vous deviez organiser un mariage, quelle(s) solution(s) envisageriez-vous pour le financer ? | ©Statista 2025, CC BY-NDLa célébration « du jour le plus beau de sa vie » coûte désormais cher, avec des frais liés à l’organisation de la cérémonie – traiteurs, fleuristes, location d’une salle, animation, lune de miel, etc. Le coût moyen est de 17 100 euros pour les jeunes mariés, +22 % depuis 2020. Pour faire face à ces coûts, les couples recourent à des modes alternatifs de financement tels que le financement participatif en demandant aux invités de contribuer aux frais ou le recours aux crédits bancaires spécialisés. Une autre option pourrait s’avérer pertinente, mais pas toujours économique, celle de faire appel à un wedding planner ou un wedding business coach qui s’occupera de toute la logistique liée à l’organisation du mariage.Vers des mariages économes et sobres ?Avec un marché estimé à environ 5 milliards d’euros, le mariage constitue désormais un objet de vente et de commercialisation, et devient une cible marketing très intéressante ; et les salons de mariage qui s’organisent dans les grandes villes de l’Hexagone en parallèle avec la Saint-Valentin n’en sont qu’un simple exemple.Pour faire face à l’inflation, les couples optent de plus en plus pour des mariages simples et minimalistes, avec un nombre d’invités plus réduit et des célébrations à même de réduire l’impact carbone. En effet, il faut savoir qu’un mariage a un impact de 10,89 tonnes de CO₂ en France en moyenne, d’où l’orientation vers un mode de mariage « écoresponsable » ou « vert ».D’un instrument marketing, le mariage tend à devenir un instrument d’économie circulaire. Il favorise, d’une part, la réduction des déchets, à travers l’utilisation de décorations réutilisables, le choix d’alliances et de tenues recyclées et, d’autre part, en encourageant la consommation du local… Un couple fiancé sur deux souhaite adopter des mesures éthiques et écoresponsables lors de son mariage. En corollaire, le marché de la seconde main a explosé ces dernières années – avec des plates-formes spécialisées comme Vestiaire collectif ou Vinted –, y compris pour les robes de mariés.Le mariage et l’amour ont encore de belles heures devant eux.Autrice : Rim Hachana, Associate professor, ESDES – UCLy (Institut catholique de Lyon)Cet article est republié sous licence Creative Commons.>> Lire l’article original : THE CONVERSATION