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Pourquoi il est grand temps de quitter les villes

PPourquoi il est grand temps de quitter les villes

Si le processus d’urbanisation globalisée ne semble pas vouloir marquer le pas, le géographe Guillaume Faburel nous invite à considérer le débranchement urbain dans son texte « Vider les villes ? », dont nous vous proposons des extraits. Retrouvez cette réflexion et bien d’autres dans le livre collectif « Écologies. Le vivant et le social », publié aux éditions de la Découverte.

Vider les villes ? Voilà bien a priori une hérésie. La ville, c’est le progrès et l’émancipation. Tous les grands moments de notre civilisation y sont chevillés, des cités-États aux villes-monde et métropoles d’aujourd’hui. Pourquoi diable vouloir les vider ?

Simplement parce que tous les mois à travers le monde l’équivalent d’une ville comme New York sort de terre. À moins de croire dans le solutionnisme technologique et le durabilisme des transitions, il est temps de rouvrir une option envisagée dès les années 1970 : la désurbanisation de nos sociétés. Voici peut-être l’unique solution face à la dévastation écologique. Un seul « s » sépare demeure et démesure, celui de notre propre survie.

Article publié par The Conversation le 19 janvier 2023

Auteur : Guillaume Faburel, Professeur d’Études urbaines à l’Université Lumière Lyon 2

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The Conversation

Centres-villes, centres commerciaux : quelles sont les attentes des « millenials » ?

CCentres-villes, centres commerciaux : quelles sont les attentes des « millenials » ?

Piétonnisation des centres-villes, place des petits commerces, accessibilité sont des questions régulièrement débattues dans de nombreuses municipalités. Mais qu’ont à dire les jeunes, en particulier, sur ces espaces dont on vante la convivialité mais dont on craint aussi parfois qu’ils perdent de leur charme et leur typicité avec l’implantation de grandes chaînes de magasins ?

À Agen (Lot-et-Garonne), par exemple, les jeunes ont pu exprimer dans une enquête menée un avis mitigé sur la qualité de leur centre-ville. Dans le quartier de la Chapelle à Paris, on a souhaité les associer aux réaménagements urbains.

Il en va de même dès qu’il s’agit d’implanter ou de réhabiliter un centre commercial, entre vitalité économique, facilités pour consommer et critiques environnementales : les débats s’animent. Le Conseil national des centres commerciaux, en partenariat avec l’institut de sondage OpinionWay et Quantaflow, s’est, lui, récemment interrogé sur le rôle des centres commerciaux dans la construction de soi pour les 18-24 ans et leur attachement à ces lieux.

Connaît-on véritablement à ces sujets les attentes des adultes les plus jeunes ? Comment s’approprient-ils les centres-villes et les centres commerciaux ? Cette génération souhaite-t-elle vivre les mêmes expériences, d’achat ou non, dans ces espaces marchands ? Ceux-ci ont-ils les moyens de continuer à exister face à l’hégémonie d’Internet ? Que doivent faire ces espaces marchands afin de séduire à l’avenir cette cible spécifique ? Cette cible est-elle unique ou multiple ?

Article publié par The Conversation le 12 janvier 2023

Auteurs :

  • : Professeure de marketing, Audencia
  • : Maître de conférences en marketing, Université de Bordeaux
  •  : Professeur des universités en sciences de gestion, Université de Tours
  •  : Professeur des Universités en Sciences de Gestion, IAE Lyon School of Management – Université Jean Moulin Lyon 3

 

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Intelligence Artificielle : demain, les robots « créatifs » toucheront-ils des royalties ?

IIntelligence Artificielle : demain, les robots « créatifs » toucheront-ils des royalties ?

Les avancées de la robotique et de l’informatique cognitive permettent d’envisager à très court terme une « autonomie » assez large pour les robots ayant accès à une intelligence artificielle (IA), en particulier une autonomie créative.

En effet, les IA dotées de facultés d’apprentissage contribuent, et vont contribuer toujours plus au monde des créations, y compris dans des domaines traditionnellement qualifiés d’artistiques, littéraires ou inventifs.

Ainsi, les IA se sont mises à générer des lignes de codes, et ceci correspond à une production intellectuelle, et artistique, qu’elle soit littéraire ou musicale. À titre d’exemples, on peut lire ceux donnés par le site Intelligence artificielle (qui pour le reste se complaît dans l’anthropomorphisme) : amélioration d’images à faible résolution, génération de personnages de jeux vidéo, écriture de morceaux de musique.

Il faut néanmoins encadrer de larges guillemets le mot « autonomie » : ces machines spontanément, tombent en panne ; les règles qu’elles se donnent sont purement formelles : ce ne sont que des règles de calcul, et pas des normes conçues, considérées, et admises comme lois par les agents numériques. On est ici bien loin de l’autonomie comme composante de la liberté des modernes. C’est-à-dire celle d’agents qui peuvent eux-mêmes reconfigurer leur règle d’action, parce qu’ils y comprennent quelque chose et cherchent à accomplir leur volonté propre.

Pourtant, l’illusion est tenace…

Article publié par The Conversation le 19 septembre 2022

Auteur : , Doctorant, AI/IT ethics and sustainability, Université Jean-Moulin Lyon 3

 

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The conversation

PPour aller plus loin

À quoi rêvent les intelligences artificielles ? , Pop’Sciences Mag 2018

Éclairage des villes : à Lyon, des réflexions pour « sculpter l’ombre » | The Conversation

ÉÉclairage des villes : à Lyon, des réflexions pour « sculpter l’ombre » | The Conversation

La crise de l’énergie va imposer un hiver très économe en éclairage public et susciter nombre d’extinctions en cœur de nuit. Le phénomène n’est pas nouveau et beaucoup de communes pratiquent déjà l’extinction, aux motifs de diminuer les pollutions lumineuses, préserver le ciel étoilé, et réduire la facture énergétique.

Ces politiques se diffusent depuis vingt ans, depuis les territoires des parcs naturels vers les zones rurales, touchant finalement les bourgs, les villes moyennes et désormais les métropoles, confrontées au défi de trames noires urbaines, ou comment organiser dans le territoire des corridors de relative obscurité (Rennes, Lyon…) permettant de concilier vie urbaine et biodiversité.

Universitaires, astronomes, associations, documentent ou soutiennent ces démarches de sobriété lumineuse (Collectif Renoir, ANPCEN, FNE…), avec une audience croissante, au point que les éclairagistes et concepteurs lumière, doivent intégrer le déséclairage comme une compétence nouvelle. La plupart revendiquent désormais des approches mesurées, dans le respect de la nuit, de façon à « sculpter l’ombre », pour reprendre la formule de l’architecte Jean-Yves Soetinck.

Article publié par The Conversation le 29 décembre 2022

Auteur : Jean Michel Deleuil, Professeur des universités en géographie, aménagement & urbanisme, INSA Lyon – Université de Lyon.

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Inflation ou hausse des taux ? Le dilemme des banques centrales n’a rien d’inéluctable… | The Conversation

IInflation ou hausse des taux ? Le dilemme des banques centrales n’a rien d’inéluctable… | The Conversation

La hausse du niveau général des prix atteint actuellement, dans de nombreux pays, des niveaux inédits depuis les années 1980. Ce phénomène inflationniste s’explique généralement par une croissance excessive de la masse monétaire ; et même si d’autres causes y contribuent, l’inflation peut toujours être évitée ou corrigée par un ajustement de la quantité de monnaie en circulation.

C’est pourquoi les banques centrales, qui ont pour mandat de stabiliser le pouvoir d’achat de la monnaie, entreprennent aujourd’hui de relever leurs taux pour combattre l’inflation. […]

Article publié par The Conversation le 24 novembre 2022

Auteur : Samuel Demeulemeester, Docteur en sciences économiques à l’ENS de Lyon.

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Quand la science se met au service de l’humanitaire | The Conversation

QQuand la science se met au service de l’humanitaire | The Conversation

L’Institut National des sciences appliquées – INSA s’est associée à l’ONG Handicap International. Un partenariat qui a pour but de rendre accessible le matériel médical – et notamment les prothèses et orthèses – au plus grand nombre.

Cette interview s’insère dans la série de podcasts « La science au service de l’humanitaire » de The Conversation qui s’intéresse aux collaborations qui peuvent naître de la rencontre entre la science et des organismes humanitaires.

Podcast réalisé par The Conversation le 29 septembre 2022

Intervenants :

  • Jérôme Chevalier, professeur des Universités, adjoint à la direction de la recherche INSA de Lyon enjeu Santé et Bio-ingénierie, spécialiste en Science des matériaux, biomatériaux et dispositifs médicaux – INSA Lyon – Université de Lyon 
  • Pierre Gallien, directeur innovation à Handicap International.

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Les autosolistes sont-ils prêts à se mettre au covoiturage pour les trajets du quotidien ? | The Conversation

LLes autosolistes sont-ils prêts à se mettre au covoiturage pour les trajets du quotidien ? | The Conversation

Les embouteillages restent un problème majeur dans les grandes villes françaises : selon les données INRIX, les automobilistes à Paris, Lyon, Marseille, Grenoble et Strasbourg ont respectivement perdu en moyenne 140, 102, 78, 71 et 64 heures dans les embouteillages routiers en 2021, et ce malgré l’essor du télétravail.

Selon les dernières données Insee disponibles, 88 % des déplacements en voiture pour motif professionnel se font sans passager. On parle, dans ce cas, d’« autosolisme ». 9 % n’en transportent qu’un seul. En Île-de-France, à peine plus de 7 000 trajets quotidiens entre son domicile et son travail ont été répertoriés via les plates-formes dédiées par l’Institut Paris région. Les statistiques montrent une lente progression depuis mars 2021, mais les chiffres restent bien loin du pic de 20 000 atteint lors des grèves de 2019. […]

Article publié par The Conversation le 25 septembre 2022

Auteurs : 

  • Guillaume Monchambert Maître de conférences en économie, Université Lumière Lyon 2
  • Alix le Goff Doctorant en économie des transports, Université Lumière Lyon 2

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Hyperloop : les rêves de vitesse à l’épreuve | The Conversation

HHyperloop : les rêves de vitesse à l’épreuve | The Conversation

Au début de son premier mandat en 2009, le président des États-Unis Barack Obama soutient le projet d’une ligne ferroviaire à grande vitesse entre Los Angeles et San Francisco. Face à des coûts de réalisation jugés exorbitants (estimés de l’ordre de 50 à 60 milliards de dollars à l’époque), le célèbre homme d’affaires Elon Musk se montre sceptique. En 2013, il propose de substituer au projet un nouveau système qu’il nomme « Hyperloop alpha ». Des petites capsules de 2,20 mètres de diamètre qui circuleraient sur coussin d’air dans deux tubes aériens, sous vide, à plus de 1 200 km/h pour un investissement initial estimé à 10 milliards de dollars.

Séduites par ce scénario futuriste, de nombreuses start-up ont tenté de concrétiser l’idée. Près d’une décennie plus tard, les avancées restent cependant limitées. Virgin Hyperloop, alimentée par les deniers de l’entrepreneur britannique Richard Branson, a, certes, fait des essais dans le désert du Nevada, atteignant 387 km/h. En novembre 2020, elle a même transporté des passagers pour la première fois, à 172 km/h, mais c’était avant d’annoncer sa reconversion dans le fret. Le tronçon qui devait voir le jour en 2020 pour l’exposition universelle de Dubaï n’est, lui, toujours pas sorti de terre. […]

Article publié par The Conversation le 31 août 2022

Auteur : Yves Crozet, économiste des transports, professeur émérite à Sciences Po Lyon, Université Lumière Lyon 2

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Voyages d’affaires, low cost… Le Covid a bousculé le secteur du transport longue distance | The Conversation

VVoyages d’affaires, low cost… Le Covid a bousculé le secteur du transport longue distance | The Conversation

La SNCF s’attend à un été de tous les records. Dans un communiqué publié le 30 juin dernier, elle avançait le chiffre de 9,5 millions de billets longue distance déjà réservés, soit 10 % de plus qu’en 2019. Les mois de mai et juin avaient eux aussi déjà affiché des scores supérieurs à l’avant-crise.

Certes, les craintes liées à la pandémie, si elles n’ont pas disparu, se sont estompées et la promiscuité dans les transports effraie moins. Mais ce chiffre estival traduit-il un simple retour à la normale ou bien nous dit-il autre chose ? […]

Article publié par The Conversation le 20 juillet 2022

Auteur : Florent Laroche, Maître de conférence en économie, Université Lumière Lyon 2.

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Comment l’école peut-elle devenir actrice de la justice alimentaire ?

CComment l’école peut-elle devenir actrice de la justice alimentaire ?

De nombreuses initiatives montrent que l’école, au sens large, est devenue un acteur central de l’éducation à l’alimentation des enfants et adolescents. Comme d’autres « questions socialement vives », l’alimentation est au cœur de controverses croissantes (bien-être animal, usage des pesticides, parmi d’autres) qui exigent de sortir du débat d’opinions.

Longtemps réduite à sa dimension nutritionnelle, l’alimentation à l’école aborde désormais toutes les composantes du système agroalimentaire (production, transport, transformation, distribution, consommation, gestion des déchets) et l’intégralité du fait alimentaire en termes économiques, sociaux, culturels et écologiques. Toutefois, malgré les ambitions affichées, elle peine à répondre aux problématiques rencontrées par les élèves au quotidien et aux inégalités d’accès des territoires à une alimentation saine et durable.

Comment proposer une éducation susceptible de transformer positivement les territoires au-delà du périmètre de la salle de classe et de la cantine, ainsi que les pratiques alimentaires de leurs habitants ? La question revêt une importance particulière dans les espaces les plus défavorisés où les injustices alimentaires sont nombreuses, appelant des politiques publiques ambitieuses.

Créer du lien

Plusieurs limites de l’éducation à l’alimentation à l’école apparaissent. Tout d’abord, il existe parfois une rupture entre les messages délivrés et l’alimentation disponible localement pour les élèves et leurs familles.

Encourager des pratiques de consommation liées à l’agriculture biologique, aux circuits courts ou à la saisonnalité auprès des élèves est difficile à soutenir quand cette offre n’est pas accessible, ni géographiquement ni financièrement. Pire, selon la sociologue Aurélie Maurice, la dichotomie entre les normes du « bien manger » diffusées par l’école et la réalité de l’alimentation des familles suscite souvent chez les élèves de milieux défavorisés, au mieux de l’indifférence, au pire du rejet.

De plus, le modèle éducatif dominant s’axe autour de la responsabilité de l’individu dans ses choix alimentaires, choix qui résultent de dynamiques internationales sur lesquelles les jeunes estiment avoir peu de contrôle. Ces limites nourrissent des situations d’impuissance chez les élèves, sans proposer d’évolution possible.

La justice « agri-alimentaire » désigne un processus de reconnexion de l’ensemble des acteurs, des activités et des espaces des systèmes alimentaires afin de rendre ces derniers plus inclusifs, en soulignant l’interdépendance à l’agriculture. Issu des mouvements « grassroots » et activistes dans les quartiers urbains défavorisés aux États-Unis, le mouvement pour la justice alimentaire fait une large place aux initiatives éducatives.

Dans la lignée de ces travaux, l’éducation « agri-alimentaire » encourage la mise en relation d’acteurs qui souvent ne se connaissent pas, s’ignorent, sont nourris de préjugés : les adolescents urbains, d’un côté, les agriculteurs et autres acteurs des systèmes alimentaires, de l’autre. L’hypothèse est la suivante : c’est avec l’expérience du lien que les situations d’injustice alimentaire peuvent évoluer. L’expression est proposée par le Réseau Marguerite, porté en région lyonnaise par des enseignants de secondaire et des chercheurs.

Réflexions, activités, rencontres, encouragent les élèves à être forces de proposition sur des actions concrètes qui favorisent le lien et, ainsi, la justice agri-alimentaire dans leur espace proche. Nous proposons ici quelques exemples déployés en collège, un niveau souvent délaissé en éducation à l’alimentation au profit de l’école primaire.

Connaître son environnement agricole et alimentaire

Face à l’inadéquation entre certaines propositions d’éducation alimentaire et les besoins du territoire d’implantation, faire un diagnostic de l’environnement alimentaire scolaire est une étape clé de l’éducation agri-alimentaire. On suggère pour ce faire l’emploi de la cartographie sensible, qui représente un espace vécu.

Au niveau cinquième, dans deux collèges de la région lyonnaise et à l’étranger (Mexico), les élèves déambulent dans l’établissement, un stylo à la main, et prennent en note tous les éléments (matériels, immatériels, discursifs) en lien avec l’alimentation. Réfectoire, poubelles, mais aussi odeurs, affiches, emballages, souvenirs… sont reportés sur une feuille et construisent la carte sensible.

Ces cartes illustrent la diversité des expériences que font les élèves autour de l’alimentation au collège. Applicable au territoire proche, la méthodologie suscite des activités inspirées des problématiques alimentaires des adolescents, du collège, du quartier, de leur famille. Les cartes tissent une base de discussion fertile avec les décideurs locaux sur le type d’offre alimentaire à déployer. Un monde s’élargit au-delà des habituels potagers scolaires – sans rien enlever à leur intérêt.

Les élèves réalisent une carte sensible à partir de leurs observations de l’environnement alimentaire de leur collège. / Alexandra Pech, Author provided

 

 

Plusieurs propositions créent la rencontre entre les collégiens et les différents métiers et lieux de l’agriculture et de l’alimentation. L’organisation d’un concours de cuisine inter-collèges à Vénissieux, en partenariat avec l’association VRAC, a été l’occasion de rencontrer des horticulteurs, maraîchers, chefs étoilés, journalistes gastronomiques et de visiter des lieux aussi divers qu’une exploitation agricole ou l’Institut Paul Bocuse.

La création d’un forum des agriculteurs dans un collège de l’Ain a montré la diversité du bassin agricole proche. Le développement d’une méthodologie pour ouvrir une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) en collège implanté dans un quartier politique de la ville encourage la venue de producteurs dans ce « vide alimentaire » déconnecté de son agriculture locale.

L’élaboration d’ateliers de cuisine avec les résidents de la maison de retraite de Villeurbanne, avec l’association Santé Goût Terroir, fait découvrir les terroirs locaux et les savoirs anciens. Voilà donc autant d’actions qui ouvrent la salle de classe aux réalités locales des uns et des autres, en rupture avec les clichés.

Dernières retouches lors du concours de cuisine inter-collèges Véni’Chefs dans la cantine du collège Paul Éluard, à Vénissieux. / Frédéric Vivien, Réseau Marguerite, 2018, Author provided

L’impuissance des consommateurs face aux industries agroalimentaires crée une forme de découragement. La dénonciation frontale des phénomènes est peu opératoire : qui ne connaît pas les méfaits des sodas ? Pourquoi les pratiques ne suivent-elles pas ? L’école est un espace pour questionner les choix, qui tiennent aussi à l’offre disponible et aux manipulations publicitaires.

Une équipe a emmené les élèves dans la démarche d’enquête « Sugar Killer » sur les dangers du sucre et du marketing à Vaulx-en-Velin, autour de l’artiste Thierry Boutonnier. Après avoir décodé les étiquettes nutritionnelles de produits les plus consommés (sodas, chips), les élèves ont contacté les services consommateurs pour percer l’opacité des informations et se heurtent au manque de clarté des industriels. Ils ont organisé alors une table ronde publique avec des représentants des marques, une scientifique et un représentant politique et les interpellent sur les manquements des industriels.

Tout en étant confrontés à leur maigre pouvoir de consommateurs, ils ont pu participer à une démarche citoyenne où ils se construisent un positionnement – l’effort collectif des adultes étant de ne jamais dénoncer ouvertement.

Dans le cadre de l’enquête Sugar Killer, des élèves de 5ᵉ de Vaulx-en-Velin rencontrent Martine Cador, chercheuse (CNRS) en neuropsychopharmacologie spécialiste de l’addiction au sucre chez les adolescents, aux Halles du Faubourg (Lyon). / Adrien Pinon, Author provided

Ces propositions illustrent la diversité des initiatives que peut recouper l’éducation à l’alimentation à l’école. Dans un moment où dominent les potagers et actions en restauration scolaire, l’éducation agri-alimentaire invite à la créativité. Une gageure pour une meilleure appréhension des systèmes alimentaires, mais surtout pour des expériences moins normatives et plus inspirées des problématiques et possibilités des enseignants, élèves, établissements.

Il est difficile d’évaluer l’impact à court terme de ces actions dans des territoires traversés par l’injustice alimentaire. Néanmoins, on peut affirmer qu’elles sortent l’éducation à l’alimentation d’un discours directif (« il faut manger ceci ou cela ») et encouragent le débat d’idées, l’esprit critique, et, surtout, le plaisir d’apprendre. Une étape qui n’est pas sans rappeler le plaisir que l’alimentation peut aussi représenter et que les controverses actuelles tendent à inquiéter.The Conversation

Auteures :

Cet article a été publié dans le cadre de la Fête de la science 2020 dont The Conversation France est partenaire. Cette édition avait pour thème : Planète Nature ?.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. >>> Lire l’article original.