DDix ans après la loi contre la prostitution, enquête sur les conditions de vie des travailleuses sexuelles Dix ans après la loi « visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées », les conditions de vie des personnes vendant des services sexuels ont-elles changé ? Comment celles-ci perçoivent-elles les lois qui encadrent la prostitution ? Comment voudraient-elles que ces lois évoluent ?Au cours des trois années ayant suivi la mise en application de la loi du 13 avril 2016, plusieurs évaluations ont été menées avec des constats convergeant. Tout d’abord, la pénalisation des clients avait entraîné une précarisation des conditions de vie (perte de revenus, augmentation des symptômes dépressifs, des pratiques risquées et du temps de travail) et un déplacement de l’activité en ligne ou vers des espaces moins visibles. […]Un article de Hélène Le Bail, chargée de recherche au CNRS et affiliée à l’Institut Convergences Migrations, Sciences Po et de Céline Belledent, sociologue associée au Centre Max Weber, Université Jean Monnet, Saint-Étienne – The Conversation – 12 avril 2026>> Lire l’article complet :THE CONVERSATION
LLes vibrations au secours de nos muscles ? | « Dis pourquoi ? » ©RCF radioDis Pourquoi ? est une chronique de vulgarisation scientifique de 5 minutes diffusée chaque mardi sur RCF Lyon à 11h50. Dis Pourquoi ? questionne et explore notre univers par les sciences. Chaque semaine, une ou un scientifique répond aux questions et dévoile ses travaux de recherche. > Émission du 28 avril 2026Mathias Velarde, doctorant en biologie à l’Université Jean Monnet et au Laboratoire interuniversitaire de biologie de la motricité, participe à des rencontres avec des collégiens et lycéens dans le cadre de Pop’Sciences Jeunes. Il étudie la perte de force du corps humain, dans le cas des astronautes, qui sont en situation microgravité lors de leurs vol spatiaux mais également dans des situations d’hospitalisation.Écoutez le podcast :> Pour plus d’information, rendez-vous sur le site :RCF LyonPPour aller plus loinPop’Sciences Mag #5 – Ce qui dope le sport – Novembre 2019Étudier la fatigue, pour aider les malades et préparer les sportifs de demain – Décembre 2020Des vibrations pour prévenir les effets de l’inactivité musculaire – Article The Conversation publié dans le cadre de la Fête de la science, par Thomas Lapole, maître de conférences en sciences du sport à l’Université de Saint-Etienne – Septembre 2019
RReconstruire les paysages passés | Visages de la science © Pierre-Olivier-Mazagol, géomaticien au laboratoire EVSLigérien d’origine, le parcours de Pierre-Olivier Mazagol ne le destinait pas directement à la géomatique.Lycéen, il s’imagine enseignant : « Je me destinais plutôt à l’enseignement dans le secondaire en SVT (Sciences de la vie et de la Terre) . Je ne savais pas ce qu’était la géomatique. J’ai découvert cette discipline, et le monde de la recherche, seulement en DEA (Diplôme d’études approfondies), puis en doctorat. »C’est après une maîtrise en Biologie des populations et des écosystèmes que Pierre-Olivier s’oriente vers la géographie, les systèmes d’information géographiques (SIG) et la géomatique (contraction de géographie et informatique, ensemble des outils informatiques utilisés pour mobiliser des données spatialisées). Il réalise son DEA à l’Université Jean Monnet – UJM – où il rencontre le Pr. Bernard Etlicher.« Ce sujet d’écologie du paysage me permettait de coupler la géographie et mon cursus en écologie. »C’est lors de ce DEA puis de sa thèse, toujours à l’UJM, que l’appétence de Pierre-Olivier pour la géomatique se confirme. Il aura tout de même exercé pendant un temps son idée première, puisqu’il financera sa thèse grâce à ses activités d’enseignement en SVT en collège et lycée.Recruté en 2007 comme ingénieur d’étude, il est aujourd’hui ingénieur de recherche en Sciences de l’information géographique au laboratoire EVS (Environnement – Ville – Société UMR 5600 CNRS).« Le travail consiste à récupérer des données existantes ou à en créer et à imaginer leur usage, comme la mise en application d’outils préexistants ou la création de nouveaux outils. Les études sur lesquelles je travaille sont souvent à vocation opérationnelle, en partenariat avec des PNR (Parcs naturels régionaux), l’’association Inter-Parcs du Massif central – IPAMAC -, la métropole… L’idée c’est de faire de la recherche qui puisse servir au territoire, et permettre de nous ancrer dans notre territoire. »Spécialiste de la géomatique, Pierre-Olivier s’intéresse principalement aux problématiques environnementales et aux héritages culturels.« Côté environnement, j’ai travaillé sur les corridors écologiques de la Trame verte et Bleue, avec le projet IPAMAC qui est un grand projet de cartographie du réseau écologique à l’échelle du Massif central. J’ai aussi travaillé sur le Contrat Territorial Corridors Biologiques et le Contrat Vert et Bleu de Saint-Étienne Métropole, en proposant des actions de recherche sur plusieurs années. »À cette liste s’ajoutent, par exemple, des travaux sur la prédétermination de la localisation des zones humides. Dans des zones difficiles d’accès et où la télédétection est inopérante du fait de couvert forestier important, le travail de Pierre-Olivier permet de déterminer la présence potentielle de zones humides en utilisant notamment des indices topographiques et géomorphométriques (formes et détails du terrain).Du côté de la thématique des héritages culturels, Pierre-Olivier donne un exemple :« J’ai travaillé sur la géovisualisation 3D du patrimoine englouti des Gorges de la Loire, pour reconstruire le paysage avant la mise en eau du barrage de Grangent. Ces travaux sont au service du territoire : nos résultats sont utilisés par le SMAGL – Syndicat Mixte d’Aménagement des Gorges de la Loire – dans le cadre de l’exposition permanente du Centre d’Interprétation des Gorges de la Loire au château d’Essalois, mais accessibles gratuitement et librement par le grand public, auquel on peut, d’une certaine façon, « rendre » ce paysage englouti et tous les éléments qui ont disparu lors de cet ennoiement, comme des ponts, des usines, une ancienne gare… »Plus tard, la méthodologie a été adaptée et réutilisée pour un projet sur la ville de Saint-Étienne, et sa reconstitution pendant la Seconde Guerre mondiale, avec son tissu urbain.« L’idée était de rendre compte de tous les événements qui avaient eu lieu pendant la guerre à Saint-Étienne, qu’ils soient des événements de résistance, de collaboration ou d’occupation, et de les repositionner sur une carte en trois dimensions. On peut se rendre compte des changements dans la ville depuis 1945. Ces cartes peuvent être utilisées dans les écoles, et dans de futures expositions comme celle du mémorial qui sera installée bientôt. »Tous ces travaux se font très souvent en équipe, avec des enseignants-chercheurs du laboratoire EVS, mais aussi avec d’autres partenaires :« J’ai un réseau avec lequel je travaille souvent. C’est cela qui est intéressant, comme par exemple dans mon partenariat stratégique Erasmus+ [1] à travers lequel j’ai pu travailler avec des collègues d’universités européennes… À l’issue du projet, nous avons décidé d’organiser à Saint-Étienne une série de séminaires internationaux « Héritages culturels et outils numériques » pour entretenir ce réseau. La prochaine édition se tiendra d’ailleurs le 4 février 2026. »En plus de ses activités de recherche, Pierre-Olivier enseigne dans plusieurs cursus de l’UJM : Master Géographie Numérique, Master Sciences de la Vie, et Master Histoire, Civilisations et Patrimoine.« J’aime être au contact des étudiants. Dans le cadre de l’une des activités d’enseignement que j’assure en Master Géonum, les « ateliers géomatiques », je propose des sujets avec des partenaires extérieurs à l’Université (associations, collectivités, entreprises). L’objectif est d’accompagner les étudiants tout au long de la réalisation de ces projets jusqu’à la présentation de leurs résultats. C’est l’occasion de les côtoyer lors d’activités très concrètes et de participer à leur formation autrement que par le biais de cours classiques. »Ces enseignements sont aussi pour Pierre-Olivier l’occasion de travailler avec la Graduate+ ARTS[2] de l’UJM.« Chaque année, j’aide des étudiants à mobiliser des bourses de stages et de mobilités internationales proposées par la Graduate+ ARTS. Les possibilités offertes par la Graduate+ ARTS sont très enrichissantes à la fois pour les étudiants qui découvrent le fonctionnement d’institutions culturelles ou de laboratoires internationaux, mais aussi pour EVS qui peut maintenir des relations avec ces structures. Cette année, une étudiante et un étudiant de Géonum ont d’ores et déjà obtenu auprès de ARTS des bourses de stages en laboratoire qui se dérouleront à EVS, sous ma direction. Un autre, je l’espère en obtiendra une, dans les prochains jours, pour aller se former auprès de mes collègues de l’Université de Silésie à Katowice ».Lorsque l’on parle des points positifs et négatifs de son métier, Pierre-olivier est optimiste :« Ce qui me plaît, c’est travailler avec les étudiants, les amener à effectuer des stages de très bon niveau, les accompagner dans la réalisation de leur projet et, lorsque c’est possible, valoriser les résultats que nous avons obtenus comme je l’ai fait avec des articles scientifiques dans lesquels les étudiants sont co-auteurs… J’aime aussi rencontrer d’autres chercheurs. À ce titre, l’alliance européenne Transform4Europe offre de belles opportunités. Il est toujours enrichissant d’échanger sur leurs problématiques, qui sont parfois communes aux nôtres. Enfin, j’aime aussi pouvoir travailler sur de nouvelles thématiques, comme je le fais en ce moment avec le Musée d’Art Moderne et Contemporain. Ce qui me plaît moins, ce sont les tâches administratives, notamment celles en lien avec les financements, qui sont encore plus complexes sur des projets européens. Et je n’apprécie pas le cloisonnement que l’on peut parfois ressentir entre les différents personnels de recherche. J’aime travailler en équipe, selon un objectif commun, avec la possibilité pour chacun, indépendamment de son statut, d’apporter sa pierre à l’édifice… »——————————–Notes :[1] Programme d’échange d’étudiants et d’enseignants entre les universités, les grandes écoles européennes et des établissements d’enseignement à travers le monde entier.[2] L’Institut ARTS porte un projet d’école graduée (Graduate+) qui bénéficie d’une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre de France 2030 (référence « ANR-21-SFRI-0001 »).PPour en savoir plusStotymap « Balade en paysage disparu »Géovisualisation 3D « Patrimoine engloutis des Gorges de la Loire »Géovisualisation 3D « Mémoire(s) de la Seconde Guerre mondiale à Saint-Étienne »Article « Cartographie et mémoire(s) des conflits : la Seconde Guerre mondiale à Saint-Étienne » dans le Bollettino della Società Geografica ItalianaArticle « Tools Against Oblivion: 3D Visualization of Sunken Landscapes and Cultural Heritages Applied to a Dam Reservoir in the Gorges de la Loire (France) »dans le Journal of Geovisualization and Spatial Analysis
MMonna Lisa dévoilée : les vrais visages de la Joconde Depuis des millénaire, l’Homme apporte un soin particulier à l’apparence des objets qu’il produit, avec des techniques parfois très savantes perfectionnées au cours des âges et des révolutions technologiques. Ceci vaut pour tous les objets, mais est encore plus vrai bien sûr pour les œuvres d’art. Jusqu’à récemment, la maîtrise de l’apparence se faisait toutefois de manière empirique, à l’œil nu.Une autre révolution technologique, celle de l’imagerie, permet de porter sur cette histoire un autre regard, scientifique cette fois. Qu’il s’agisse de comprendre l’intérêt visuel de telle ou telle technique ancienne, de détecter des contrefaçons ou déceler des dégradations, de mettre en lumière une œuvre par un éclairage adapté, de comprendre ce que l’observateur perçoit, ou simplement d’innover, l’imagerie et la science des couleurs offrent des atouts immenses dans tous les domaines de la fabrication et ceux du patrimoine. Réciproquement, l’art est une source d’inspiration sans limite pour le questionnement du physicien, la technologie, et l’innovation.Embarquez pour une découverte des visages de la Joconde avec :Pascal Cotte, docteur en sciences de l’image de l’Université de Poitiers, directeur technique de Lumiere Technology, spécialiste de l’analyse d’œuvres et techniques picturales de la Renaissance, et en particulier de celles de Léonard de Vinci, auto-entrepreneur et concepteur de la caméra spectrale célèbre pour avoir imagé la Joconde.Conférence ouverte au public dans le cadre du séminaire organisé par l’IOGS (Institut d’Optique Graduate School) et le Laboratoire Hubert Curien (UMR 5516 – CNRS).Pour en savoir plus, consultez le site :Université Jean Monnet
PPollutions, sécheresses, inondations, quel est le bon sens pour la gestion de l’eau ? Une question à laquelle tentera de répondre Florence Habets, Directrice de Recherche CNRS et Professeure attachée à l’ENS Paris.Lors de cette rencontre, la conférencière abordera les pressions et les processus qui conduisent à l’augmentation des problèmes de pollutions, de sécheresses et d’inondation. La discussion s’ouvrira ensuite sur les éléments de la politique de l’eau, en illustrant des situations où la gestion de ce bien commun a conduit à des dégradations et à l’inverse à des améliorations.Conférence présentée par : le Conseil scientifique de l’OSUL – Observatoire des Sciences de l’Université de LyonPour en savoir plus, consultez le site :Université Jean Monnet
AArt et couleurs : perception et représentation ll n’y a pas de couleur sans perception, sans regard. La couleur est avant tout une question de perception et d’expérience sensible.Comment les artistes explorent-ils ce phénomène instable à travers leurs œuvres visuelles ? Quelles études scientifiques ont pu les influencer dans l’élaboration de leurs gammes chromatiques ? Comment s’en sont-ils emparés ? « Se représenter la couleur » nécessite d’articuler des problèmes optiques, sensibles, matériels, symboliques, culturels et même conceptuels.De nombreuses œuvres d’art de toute époque serviront les propos de la conférencière Anne Favier, maîtresse de conférence au laboratoire ECLLA – Études du Contemporain en Littératures, Langues, Arts de l’Université Jean Monnet Saint-Étienne, spécialisée en esthétique et sciences de l’art.Pour en savoir plus, consultez le site de :Vienne Condrieu
LLes chants des baleines : décryptez leurs secrets avec l’intelligence artificielle Les chants et les biosonars des cétacés sont mystérieux, ils renferment une multitude d’informations sur leur âge, leurs cultures, leurs savoirs et leurs perceptions des océans.Venez assister à la conférence grand public organisée par L’ENES et animée par des chercheurs qui vous dévoileront les secrets des baleines grâce à l’intelligence artificielle. Plusieurs chercheurs français viennent vous dévoiler leurs dernières découvertes sur la richesse du langage de ces mammifères marins. Au travers de 15 ans de missions en Méditerranée, Atlantique, Océan Indien, Arctique et Pacifique, nous explorerons ces sons, et rentrerons un peu dans la vie parlée de ces seigneurs : rorquals, cachalots, globicéphales, orques et baleines.Intervenants :Olivier Adam , bioacousticien à Sorbonne Université et auteur de l’ouvrage Dans la tête d’une baleine ;Hervé Glotin, bioacousticien, chercheur au CNRS de l’université de Toulon. Organisée par : le laboratoire ENES de l’Université Jean Monnet dans le cadre des 10 ans de la Bioacoustics Winter School.Pour en savoir plus :Sciences et société – UJM
CComprendre son bébé – le langage secret des pleurs A-t-il faim ? Est-il fatigué ? Faut-il changer sa couche ?… Avant de pouvoir exprimer leurs besoins avec des mots, les bébés utilisent un langage universel : le pleur. Mais comment différencier une douleur d’un simple inconfort ou d’un besoin d’affection ? Face à ce langage mystérieux, les parents se sentent souvent démunis. Pourquoi le bébé pleure-t-il ? Comment apaiser ces larmes ? Le manque de compréhension des pleurs peut devenir une source de stress et de frustration.Grâce à ses travaux de recherche en bioacoustique et en s’appuyant sur les découvertes les plus récentes en neurosciences, Nicolas Mathevon, spécialiste des communications acoustiques humaines et animales à l’Université Jean Monnet, apporte des réponses concrètes et des solutions apaisantes pour décrypter le pleur des bébés.Décoder les pleurs du bébé, c’est entrer en résonance avec lui, comprendre ses besoins et renforcer ce lien précieux. Grâce à son livre, Nicolas Mathevon nous apprend non seulement à réagir de manière adéquate, mais aussi à retrouver sérénité et confiance en nous en tant que parent.Comprendre son bébé, Le langage secret des pleurs propose un guide pratique pour décrypter les pleurs et ainsi répondre au mieux aux sollicitations du bébé. Véritable voyage au cœur des émotions de l’enfant, ce livre s’accompagne d’un site web, pour s’exercer et mieux comprendre les pleurs des bébés. Le livre « Comprendre son bébé – Le langage secret des pleurs » est disponible en librairie et en commande en ligneCet ouvrage novateur est le fruit de la collaboration entre :Nicolas Mathevon, Professeur à l’Université Jean Monnet, Saint-Etienne (équipe de recherche ENES, CRNL, INSERM U1028 – CNRS UMR 5292 – UCBL – UJM), spécialiste des communications acoustiques animales et humaines.Hugues Patural, Professeur de Pédiatrie au CHU de Saint-Etienne et chercheur à l’Université Jean Monnet, Saint-Étienne (Unité de recherche SAINBIOSE – INSERM U1059 – MSE), spécialisé dans le champ de la réanimation, de la médecine néonatale et du neurodéveloppement des enfants vulnérables.Pour en savoir plus :Comprendre son bébé> Pour se procurer le livre : consultez le site des Presses universitaires de Saint-Étienne :PUSE
CComment les primates communiquent leurs émotions ? | Visages de la science © Floriane Fournier, éthologue au laboratoire CRNL-ENESDoctorante au laboratoire CRNL-ENES – Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon – Equipe de Neuro-Ethologie Sensorielle – de l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, Floriane Fournier étudie la communication émotionnelle acoustique chez les primates : comment expriment-ils leurs émotions dans leur voix, comment les autres les perçoivent, et quelle influence cela a-t-il sur eu ? Telles sont les questions qui préoccupent Floriane sur son travail de thèse.ParcoursPetite, Floriane se rêve vétérinaire, et son parcours scolaire est dans un premier temps orienté exclusivement en ce sens. Après le baccalauréat, elle entre en classe prépa pour préparer le concours vétérinaire. C’est entre ses deux années de prépa que Floriane rencontrera le monde de la recherche, à l’occasion d’un stage.« J’ai fait un stage au Centre de Recherche de Cognition Animale à Toulouse avec Audrey Dussutour, sur les fourmis, et j’ai compris que c’est ce que je voulais faire. Ça m’a fait changer d’avis en un mois. »Après ce stage, Floriane s’oriente donc vers un cursus de recherche. Elle choisit d’entrer à l’École Normale Supérieure (ENS) après sa « prépa », et de suivre un double diplôme pour réaliser en parallèle son parcours vétérinaire, dans le but d’« avoir une vision globale des animaux ». Après avoir passé les deux concours (vétérinaire et ENS), elle entame son double diplôme qu’elle obtiendra après quelques années. Durant ses études, Floriane intégrera une première fois le laboratoire CRNL-ENES à l’occasion d’un stage de master 2 sur les mandrills avec 3 mois de terrain au Gabon, puis une seconde fois pour sa thèse en communication animale.mâle mandrill, Image de wirestock sur Freepik RechercheLe choix des primates n’est pas un hasard dans le parcours de Floriane. « J’ai adoré ce que j’ai fait à Toulouse sur les fourmis, mais ayant fait une école vétérinaire je voulais une espèce sur laquelle ça puisse me servir. Et comme je voulais faire du travail de terrain et que l’ENES en proposait avec les primates, je suis partie en primatologie. »Le projet de thèse de Floriane gravite autour de la communication émotionnelle chez les primates. « Je travaille sur les prémices de l’empathie. Je regarde si les paramètres acoustiques des vocalisations des bonobos sont modulés par ce qui se passe autour d’eux, selon si c’est plutôt positif ou négatif, et j’étudie comment les bonobos perçoivent ces vocalisations. »Pour ça, elle se rend en parcs zoologiques et fait écouter des vocalisations de bonobos à d’autres individus et observe leurs réactions.« J’ai fait ces expériences de playback aux Etats-Unis où j’ai pu récupérer leur réponse physiologique, comme le rythme cardiaque. On a aussi, avec ma stagiaire de master, fait des playbacks de rires (de bonobos et d’humains) à la vallée des Singes pour voir si ça avait un effet sur les bonobos qui entendent les rires. Les premiers résultats sont intéressants ! »Deux jeunes bonobos jouent ensemble, photo Floriane Fournier Pour Floriane, la thèse représente beaucoup de travail, et la recherche est un domaine assez incertain. « On ne sait pas où on sera l’année prochaine et si on aura un poste un jour dans la recherche. » Mais parallèlement à cette instabilité, le monde de la recherche a aussi ses avantages : « Ce qui me plaît, c’est la possibilité de se poser des questions et d’essayer d’y répondre sans avoir la contrainte de la rentabilité, pouvoir travailler de manière flexible, et la possibilité d’aller sur le terrain au contact des animaux. »Pour Floriane, chaque étape de son parcours a été bénéfique, et lui a apporté quelque chose, y compris la partie vétérinaire qui lui est utile dans sa recherche : « En parallèle de ma thèse je collabore avec des chercheurs à l’Institut des Sciences Cognitive sur un projet autour des maladies psychiatriques canines, et ils ont besoin de quelqu’un qui a à la fois les connaissances vétérinaires, et le pied dans la recherche. Et dans ma thèse, j’ai pu faire de la physiologie parce que je maîtrise les outils, ce que le labo lui-même ne fait pas habituellement. »« Il y a peut-être des choses que j’aurais faites autrement dans mon parcours, mais chaque étape m’a apporté quelque chose. Être chercheuse aujourd’hui me permet d’avoir un bon esprit critique, de me poser les bonnes questions au quotidien. »Après sa thèse, Floriane a quelques pistes, notamment en Suisse pour l’étude des félins. Un parcours à suivre sans aucun doute ! Retrouvez ce portrait sur le site de l’Université Jean Monnet
LLa formation de notre système solaire au bout des doigts Le retour sur Terre des échantillons de l’astéroïde Bennu par la mission OSIRIS-REx a permis de révéler des informations cruciales sur la formation du système solaire et sur les processus ayant conduit à la présence de molécules organiques complexes, qui pourraient être pertinentes pour la chimie prébiotique.Le 24 septembre 2023, la mission OSIRIS-REx de la NASA a rapporté sur Terre 121,6 grammes de matière prélevée sur l’astéroïde Bennu, un vestige ancien du système solaire riche en eau et en composés organiques. Véritable témoin des origines du système solaire, cet échantillon offre une opportunité exceptionnelle d’étudier les conditions qui régnaient dans la nébuleuse solaire il y a plus de 4,5 milliards d’années.Les premières analyses, auxquelles a contribué Pierre-Marie Zanetta du laboratoire LGL-TPE (laboratoire de Géologie de Lyon – Terre, Planètes, Environnement) et publiées dans Nature Geoscience, ont déjà mis en évidence de nouvelles données sur l’histoire géochimique de Bennu. Ces recherches montrent notamment le rôle déterminant joué par les fluides dans l’évolution de l’astéroïde, apportant ainsi des indices essentiels sur les mécanismes ayant pu conduire à la formation de molécules organiques complexes et de phosphates, nécessaires, par exemple, à la constitution de l’ADN. Retrouvez l’article complet sur le site de l’Observatoire de LyonConsultez le communiqué de presse sur le site du CNRSDécouvrez le portrait de Pierre-Marie Zanetta