Pop’Sciences répond à tous ceux qui ont soif de savoirs, de rencontres, d’expériences en lien avec les sciences.

EN SAVOIR PLUS

La vie en tourbe

LLa vie en tourbe

Intitulée La ferme islandaise. Une archéologie des narrations de l’architecture en tourbe, l’objet de cette recherche est la torfhús (maison en tourbe), un mode de construction utilisé par les Islandais, de la colonisation de l’île jusqu’à la première moitié du 20e siècle.

En proposant une ethnographie de la torfhús par la récolte, puis l’analyse de récits et de pratiques diverses, cette thèse permet de percevoir quels sont les liens tissés entre le bâti vernaculaire et la construction de la nation islandaise et de l’islandicité.

[…] Les enjeux de la conservation du bâti en tourbe renvoient aussi sur les problématiques du tourisme, du changement climatique, de la politisation et de la mercantilisation du patrimoine culturel. Le matériau tourbe, quant à lui, nous permet de réfléchir à de nouvelles formes d’architecture écologique.

Pour restituer ce travail de terrain intimement lié aux personnes enquêtées (essentiellement islandaises) et à un matériau spécifique (la tourbe), le projet de La Vie en Tourbe propose de le décliner sous la forme de photographies, d’une installation et de divers outils de médiation (livre animé, jeu participatif, collecte de terrain etc…), comme un montage – scientifique et subjectif – où divers aspects de la pluralité de la maison en tourbe pourraient se télescoper.

Mise en exposition de la recherche doctorale de Sandra Coullenot, doctorante au Centre Max Weber, Université Jean Monnet, qui a soutenu sa thèse en anthropologie en février 2022 (dirigée par Michel Rautenberg -UJM / Centre Max Weber). Elle a souhaité faire découvrir au grand public l’objet de ses recherches passionnantes et les faire rentrer dans l’histoire islandaise à travers l’angle d’une forme d’habitat particulière : l’habitat en tourbe.

Pour en savoir plus :

Arts Recherche Territoires Savoirs

La science à l’épreuve du doute

LLa science à l’épreuve du doute

L’Université Jean Monnet dans le cadre de sa mission de diffusion de la culture scientifique vous propose une table ronde et une rencontre avec des chercheuses et des chercheurs issus de différentes disciplines sur la thématique « La science à l’épreuve du doute ».

Un scientifique doit « douter mais ne point être sceptique» résumait Claude Bernard. La méthode scientifique contient en effet une part de doute, car sans lui, les connaissances risqueraient de se figer. Mais une autre forme de doute, qui s’apparente davantage à du scepticisme ou de la méfiance, est de plus en plus exprimée par une partie des citoyens à l’égard de certaines avancées scientifiques ou de programmes de recherche.

Alors que l’on focalise souvent l’attention sur les résultats scientifiques, les distinctions ou les prix qui couronnent le succès de telle ou telle recherche, nous vous proposons par cette rencontre de découvrir les coulisses de la recherche : les pratiques et les méthodes rigoureuses qui guident les chercheurs, les questions éthiques, les échecs et les doutes, les hasards et les débats qui font aussi avancer les connaissances.

Comment établit-on un fait scientifique ? Pourquoi un résultat est-il toujours provisoire ? Pourquoi les chercheurs ne sont-il pas toujours d’accord ? Une recherche peut-elle être influencée ? Comment sécuriser les résultats de recherche ?

Soirée animée par : Samuel Belaud, journaliste scientifique

Pour en savoir plus :

UJM – Espace de médiation scientifique

Qu’est-ce que la dystrophie de Fuchs? | Visages de la science

QQu’est-ce que la dystrophie de Fuchs? | Visages de la science

Comprendre et traiter la maladie de la dystrophie de Fuchs

Voici une partie du sujet de thèse d’Hanielle Vaitinadapoule, doctorante en 2e année au laboratoire de Biologie, Ingénierie et Imagerie pour l’Ophtalmologie (BIIO). Cette maladie qui agit sur la cornée, cet organe transparent à la surface de notre œil, touche plus particulièrement les personnes de plus de 40 ans et les femmes.

Imaginez qu’une personne pulvérise de l’eau sur vos lunettes. Des gouttelettes vont apparaître sur le verre des lunettes et votre vision sera inconfortable, altérée. Pas très réjouissant, non ? Et bien, c’est ce que ressentent les personnes touchées par la maladie de la dystrophie de Fuchs.

Originaire de l’île de la Réunion, Hanielle partage dans ce portrait son parcours, sa recherche, ses certitudes, ses doutes, ses conseils et ses ambitions.

Votre curiosité est attisée ? Alors, cliquez sur l’image ci-dessous pour découvrir le portrait vidéo d’Hanielle.

VISIONNEZ LE PORTRAIT D’HANIELLE

Voyage au cœur des minéraux | Visages de la Science

VVoyage au cœur des minéraux | Visages de la Science

Directrice de recherche au CNRS, Anne-Magali Seydoux-Guillaume est minéralogiste. Dans les sciences de la Terre, la plupart des chercheurs passent une grande partie de leur temps sur le terrain. Anne-Magali, elle, est spécialisée en minéralogie « expérimentale » et c’est dans son laboratoire que se fait l’essentiel de sa recherche.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, à l’intérieur de ce laboratoire et grâce à des équipements technologiques de pointe, elle voyage chaque jour dans le temps et l’espace, étudiant des minéraux vieux de plusieurs millions ou milliards d’années et venant de différents endroits de notre planète.

Sonder jusqu’à une très petite échelle (atomique) les transformations subies par le minéral, et résultant de processus tels que la déformation tectonique, des impacts de météorites, ou l’altération par des fluides, voilà ce qui passionne Anne-Magali.

Découvrez son parcours et sa recherche à travers son portrait.

Voyage au cœur des minéraux

 

Faire preuve de « sympathie historique » | Visages de la Science

FFaire preuve de « sympathie historique » | Visages de la Science

Comment les rois ont-ils pu manipuler la représentation que leurs sujets se faisaient du temps, en donnant par exemple au présent une valeur politique toute particulière ? C’est à partir du moment où Delphine Reguig, professeure de littérature française du XVIIe siècle, a dirigé l’édition numérique du Parallèle des Anciens et des Modernes de Charles Perrault, que l’idée de travailler sur cette question lui est venue.

« C’est à partir de ce moment-là que j’ai compris qu’il pourrait être utile de repenser le climat intellectuel de l’époque autour de cette donnée du temps car je crois vraiment qu’aujourd’hui encore c’est une façon de faire de la politique : instrumentaliser la façon dont les gens se représentent leur époque, définissent leur actualité, les époques précédentes, l’avenir, en termes de modernité, de progrès ou de fin… »

Nommée membre senior de l’Institut Universitaire de France depuis le 1er octobre 2021, découvrez le portrait et le parcours de cette chercheuse en littérature du XVIIe siècle.

Faire preuve de « sympathie historique »

Et si les plantes pouvaient parler | Visages de la Science

EEt si les plantes pouvaient parler | Visages de la Science

« J’ai besoin de comprendre la nature et de pouvoir la faire comprendre aux autres. Les faire s’émerveiller comme moi je m’émerveille ». Voici comment Florence Nicolè, chercheuse en écologie au Laboratoire de Biotechnologies Végétales (LBV-pam) de l’Université Jean Monnet, décrit sa passion pour la Nature et les plantes.

C’est à travers l’étude de la communication chimique des plantes que l’on peut entrevoir qu’elles sont capables de s’entraider, d’avoir de la mémoire, de communiquer les unes avec les autres… Pour Florence, « chercher à comprendre cette hyper-sensibilité des plantes, c’est remettre l’humain à sa juste place, comme un maillon de la chaine. Les plantes survivront sans les humains, pas l’inverse ».

Découvrez son parcours et sa recherche à travers son portrait.

Et si les plantes pouvaient parler …

Sport ou sociologie? Et pourquoi pas un peu des deux… | Visages de la Science

SSport ou sociologie? Et pourquoi pas un peu des deux… | Visages de la Science

Julie Thomas, enseignante-chercheuse à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, au sein du Centre Max Weber, dirige actuellement une recherche collective pour travailler sur la prescription médicale d’activités physiques pour les personnes vieillissantes.

Cette sociologue, passionnée de sport, a souvent cherché à comprendre à travers ses différents travaux l’impact du sport, de l’activité physique, sur certaines catégories de populations.
Elle a notamment travaillé durant son Doctorat sur la place des activités physiques et sportives dans la construction de l’atypicité scolaire autrement dit est-ce que cette pratique sportive est en corrélation avec le choix pour une jeune fille de poursuivre sur des études dites plus « masculines ».

Découvrez son portrait pour en savoir plus sur son parcours et sa recherche.

Sport ou sociologie ?…

 

Les animaux parlent, sachons les écouter

LLes animaux parlent, sachons les écouter

Connaissez-vous la bioacoustique ? Cette science qui consiste à étudier les communications acoustiques animales et humaines ?

Nicolas Mathevon, biologiste, spécialiste du comportement animal, professeur à l’université de Saint-Etienne, membre de l’Institut Universitaire de France et explorateur pour la National Geographic Society, l’étudie depuis près de trente ans.

Directeur de l’Equipe de Neuro-Ethologie Sensorielle, il sera votre guide lors de cette soirée afin de vous permettre de mieux décrypter ce que cachent les sons produits par les animaux. Émotions, choix d’un partenaire, domination, appel à l’aide,… tant de messages exprimés par la diversité des vocalisations animales.

Vous avez la possibilité de commander le livre de Nicolas Mathevon lorsque vous vous inscrirez sur le formulaire ci-dessous. Vous pourrez récupérer le livre dès 17h au learning center (1er étage du bâtiment du CSI), et obtenir une dédicace de l’auteur. Si vous souhaitez commander un ouvrage, merci de renseigner le formulaire avant le 26 novembre.

 

 

Percez les mystères de la communication animale lors de cette conférence tout public à Saint-Étienne.

 

 

En savoir plus :

UJM

 

 

LUMINA à bord de l’ISS

LLUMINA à bord de l’ISS

Une technologie développée par des chercheurs de l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne embarque à bord de l’ISS !

Pour la toute première fois, un dosimètre à fibre optique va être envoyé au sein de la Station Spatiale Internationale. Ce projet, appelé LUMINA, est coordonné par Sylvain Girard, enseignant-chercheur de l’Université Jean Monnet, au laboratoire Hubert Curien (UJM/CNRS/IOGS) et responsable scientifique du LabH6 (UJM, CNRS et la société française de hautes technologies iXblue).

L’optimisation de la tenue aux radiations des fibres optiques fait partie des différents axes de recherche menés au sein du laboratoire Hubert Curien. La qualité des résultats obtenus a permis à ses chercheurs d’acquérir une reconnaissance au niveau européen et même mondial.

C’est ainsi que le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) a souhaité que le dosimètre à fibres optiques conçu par les chercheurs de l’UJM en étroite collaboration avec iXblue et le CERN, puisse intégrer la Station Spatiale Internationale (ISS) grâce au projet LUMINA. Cette opération se fera dans le cadre (si le calendrier ne bouge pas d’ici-là) de la mission ALPHA menée par le célèbre astronaute de l’Agence Spatiale Européenne, Thomas Pesquet.

L’utilisation de la fibre optique permet de détecter de très faibles niveaux de radiation. En effet, les radiations créent des défauts dans la fibre qui affaiblissent sa capacité à propager la lumière. Petit à petit, la fibre s’opacifie et la puissance détectée en sortie de fibre diminue… Avec le dosimètre à fibres optiques, on peut corréler la perte de cette puissance lumineuse au niveau de radiation reçue par la fibre.

LUMINAtest@CosimoCampanella

Concrètement, des données seront récoltées en temps réel pendant plusieurs mois. Thomas Pesquet, ou un autre astronaute, pourra se connecter en Bluetooth sur le dosimètre, récupérer les données et les renvoyer sur terre pour analyse.

Le challenge de LUMINA est de pouvoir détecter des niveaux de radiation extrêmement faibles…Il faut savoir que le niveau de radiation, fort heureusement pour les astronautes, est plutôt bas au sein de l’ISS. C’est un niveau de radiation presque comparable à celui que l’on peut recevoir sur un vol Paris-New-York.

Mais ce niveau peut fortement varier dans l’espace et en fonction des missions envisagées d’où l’importance du dosimètre à fibre optique. A terme, cette technologie pourrait être intégrée dans de futures missions spatiales et permettre de prévenir les astronautes de l’imminence d’une tempête solaire très fortement chargée en radiations et donc très dangereuse.

La reconnaissance des travaux menés au sein du laboratoire Hubert Curien permettra l’application d’autres expériences à mener dans l’espace. Une belle réussite à suivre dans les mois à venir !

>> Découvrez  LUMINA en images :

PPour aller plus loin

Quand un faisceau de lumière mesure les rayons du Soleil depuis l’ISS | Un article Pop’Sciences

QQuand un faisceau de lumière mesure les rayons du Soleil depuis l’ISS | Un article Pop’Sciences

Thomas Pesquet s’envolera bientôt depuis Cap Canaveral à destination de la Station spatiale internationale. Dans le cadre de la mission Alpha et pour son deuxième séjour en orbite, le spationaute français, testera l’utilisation de LUMINA, un dosimètre à fibre optique mis au point dans les laboratoires de l’Université de Saint-Étienne. Si le dispositif tient ses promesses, notamment en termes de sensibilité de mesure, LUMINA pourrait devenir un outil indispensable à la protection des astronautes vis-à-vis des radiations solaires lorsqu’ils sont en mission dans l’espace.

Un article rédigé par Caroline Depecker, journaliste scientifique

pour Pop’Sciences – 14 avril 2021

Sauf report de dernière minute, le compte à rebours sera lancé le 22 avril. A 6h11 heure de Floride, soit 12h11 en France métropolitaine, l’astronaute de l’Agence spatiale européenne Thomas Pesquet décollera de Cap Canaveral vers la station spatiale internationale (ISS). Il sera accueilli à bord de la capsule Crew Dragon de la firme SpaceX. Après la mission Proxima de 2016-17, ce sera la seconde occasion pour le plus médiatique des spationautes français d’expérimenter les effets de l’impesanteur à quelques 400 km d’altitude. Dans le cadre de cette nouvelle mission, nommée Alpha, sur la centaine d’expériences auxquelles Thomas Pesquet contribuera pendant son séjour de six mois, l’une d’entre elles utilise le tout nouveau dosimètre à fibre optique développé par les chercheurs de l’Université Jean Monnet (UJM) de Saint-Étienne. Ce dispositif est testé dans le cadre de l’expérience LUMINA.

Mission Alpha / © ESA (en anglais)

Protéger les astronautes en route vers Mars des radiations solaires

Pour les agences spatiales, la mesure des radiations, émises principalement par le Soleil, est un réel sujet de préoccupation.
Au sein de l’ISS, son niveau est presque comparable à celui que l’on reçoit lors d’un vol Paris-New-York. « Là-haut, le blindage de la station et la présence des ceintures de Van Allen (une portion de la magnétosphère terrestre) protège les astronautes de niveaux radiatifs trop élevés », explique Rémi Canton, chef de projet de la mission Alpha et responsable du Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (Cadmos), une structure qui dépend du Centre national d’études spatiales (Cnes) de Toulouse. Mais, plus on s’éloigne de l’ISS et de la Terre, et dans le cadre des missions habitées à destination de la Lune ou de Mars, l’affaire est tout autre. « La quantité totale de radiations absorbée par un astronaute est le facteur principal limitant sa carrière. Après un certain temps passé dans l’espace, la dose ionisante maximale tolérable est atteinte, c’est le moment de la retraite. Dans le cas d’un voyage vers Mars, les calculs montrent que celle-ci serait déjà en grande partie atteinte une fois arrivé sur la planète rouge ! », complète l’ingénieur du Cnes. La mise au point de systèmes de protection renforcée (blindages entre autres), mais aussi d’outils capables de mesurer finement les niveaux d’exposition aux radiations et de s’activer en cas d’alerte est donc cruciale pour la santé des spationautes qui pourraient être envoyés en mission spatiale dans le futur.

Station spatiale internationale / © Pixabay

C’est là qu’intervient LUMINA. « Il s’agit pour nous de valider dans l’espace ce dosimètre capable d’atteindre robustesse inédite à l’environnement. Un outil qui constitue une véritable technologie de rupture », précise Florence Clément, responsable de l’expérience LUMINA au Cadmos.

Détecter les rayonnements en temps réel

Le dosimètre à fibre optique de LUMINA est le fruit d’une collaboration entre le laboratoire Hubert Curien de l’UJM, la société française de hautes technologies iXBlue, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (Cern) et le Cnes.

Son principe ? Sous l’effet des radiations, des défauts apparaissent naturellement dans une fibre optique et affaiblissent sa capacité à propager la lumière : celle-ci s’opacifie progressivement. Lorsqu’on injecte un signal lumineux à l’entrée, la puissance détectée à sa sortie diminue au fur et à mesure de cette opacification. « Cette propriété, qui est plutôt un inconvénient des fibres, nous l’avons détournée utilement comme moyen de mesure, explique Sylvain Girard, chercheur en physique au sein du laboratoire Hubert Curien et responsable scientifique universitaire du projet LUMINA. On est capable en effet de corréler directement la perte de puissance lumineuse observée avec la dose de radiations que la fibre a reçue. Et en jouant sur la composition des matériaux, on arrive à ajuster la sensibilité de détection de la fibre à des niveaux de radiations extrêmement bas ».

Les partenaires de l’expérience LUMINA (de gauche à droite: Sylvain Girard, Nicolas Balcon (Cnes), Pierrick Cheiney (iXblue), Florence Clément (Cnes) / © Cnes – DE PRADA Thierry, 2021

Écusson de l’expérience LUMINA embarquée à bord de l’ISS lors de la mission Alpha. / © CNES/GRARD Emmanuel, 2021

 

 

 

Les doses de rayonnements auxquelles sont soumis les spationautes sont suivies depuis le début de l’occupation permanente de l’ISS, en 2000. Cette mesure est, en général, réalisée par des dosimètres dits « passifs » : ces derniers comptent le nombre de particules ionisantes rencontrées pendant tout le temps de la mission et restituent cette information à postériori, une fois sur Terre. La dose journalière absorbée par le spationaute est ainsi une valeur moyennée. A la différence, LUMINA associée à ses cartes électroniques, constitue un capteur actif qui enregistre chaque seconde la quantité de radiations impactant la station par unité de temps. Ses données sont récupérables à tout moment par Thomas Pesquet ou l’un de ses collègues : pour cela il suffit de se connecter par Bluetooth au dosimètre à l’aide d’une tablette.

Les autres avantages de LUMINA

Ils sont nombreux…
– Son faible encombrement. Avec ses deux bobines de fibres, longues de plusieurs kilomètres et fonctionnant respectivement dans le visible et l’infrarouge, le volume du dispositif de mesure avoisine celui d’un parallélépipède de 27 x 27 x 10 cm.
Il pourrait être facilement réduit pour équiper un satellite ou devenir un système portatif. Ce qui n’est pas le cas de la plupart des systèmes actifs de détection de particules actuels, certains atteignant la taille d’une petite armoire.
– Le verre, matériau principal de la fibre, la préserve des perturbations électromagnétiques.
– La mesure des radiations incidentes se fait indépendamment du flux de particules.
– Le dosimètre répond de la même façon sur une large plage de températures compatible avec celle des missions spatiales (entre -80°C et +120°C).
– Enfin, l’utilisation de la fibre optique permet mesurer la dose déposée par tous types de particules : protons, rayons gamma ou X ou neutrons.

Les expériences de la mission Alpha, embarquée à bord de l’ ISS / © Cnes – GRARD Emmanuel, 2021

« Toutes ces propriétés, couplées à la très grande sensibilité de LUMINA, nous permettent d’imaginer l’utiliser comme système autonome de prévention en cas de tempête solaire, envisage Sylvain Girard. Quelques heures avant l’arrivée d’un tsunami, l’observation de la montée des eaux sert d’alerte aux populations pour se mettre à l’abri. C’est un peu la même idée poursuivie ici : la détection d’une toute petite élévation du niveau des radiations, prémices d’une irruption solaire, serait le signal pour le spationaute d’aller se protéger. Un exemple d’utilisation qu’on imagine parmi d’autres possibles ».

L’utilisation de la fibre optique est onéreuse face aux dosimètres disponibles sur le marché, et dont le coût avoisine les quelques dizaines d’euros. Récente, la technologie doit encore faire ses preuves, mais, dans certains secteurs privilégiés, l’intérêt est d’ores et déjà présent. « Nous avons une dizaine de projets en cours de développement sur le sujet, précise le chercheur de l’UJM. Dans le domaine du spatial, du nucléaire civil ou bien de la médecine. Il s’agit d’une petite révolution en marche ! »

Le planning de travail prévu sur 1 à 5 ans 

Comme la majorité des expériences, LUMINA ne partira pas en même temps que Thomas Pesquet, le dosimètre devrait s’envoler en août depuis Wallops Island, en Virginie (USA), pour rejoindre l’ISS. Ce délai laissera le temps à l’équipe de recherche française de finir les derniers réglages de calibration de l’appareil, à l’aide d’une version jumelle du modèle embarqué dans la station.

Dès l’activation de LUMINA, il est prévu de récolter les données du dosimètre et de les transmettre pour analyse sur Terre de façon hebdomadaire tout d’abord, puis mensuellement, une fois la bonne tenue du détecteur confirmée. Leur exploitation fera l’objet d’un travail de recherche doctoral spécifique avec à la clé, une réponse essentielle : la sensibilité de mesure est-elle bien au rendez-vous pour détecter des niveaux de radiations extrêmement faibles, soit aux alentours de 200 µGy (microGray) ?

Les expériences de la mission Alpha, embarquées à bord de l’ISS / ©Cnes – GRARD Emmanuel, 2021

Idéalement, le Cadmos souhaiterait que cette expérience fonctionne pendant cinq ans. Dans un premier temps, le dosimètre sera seulement utilisé à l’intérieur du complexe spatial. Dans un second temps, il pourrait être adapté pour fonctionner à l’extérieur de l’ISS de manière à comparer les mesures prises dans ces deux environnements différents.

La science à bord de l’ISS

Le vol Crew Dragon-2 s’inscrit dans le cadre de la rotation des équipages de la Station spatiale Internationale. Les quatre astronautes qui s’envoleront à son bord, iront compléter l’équipage de trois personnes déjà en orbite : la station aura atteint alors sa capacité d’accueil maximale. Le but principal de ces expéditions : la science.

Qu’y étudie-t-on ? Rémi Canton : « Il y a deux volets importants dans l’utilisation de l’ISS : l’un est de préparer les futures missions de longue, voire très longue durée. L’autre concerne le travail de recherche fondamentale dans un environnement où règne en permanence la micropesanteur ». Dans le laboratoire spatial, et nulle part ailleurs, il est possible d’observer sur le long terme des phénomènes en physique, sciences de la matière ou de la vie quasi « libérés » du champ de pesanteur terrestre et non plus « écrasés » par lui.
Au-delà des expériences menées en biologie et en médecine pour comprendre les effets des vols spatiaux sur le corps humain, l’ensemble des domaines abordés est vaste : astronomie, mécanique des fluides, sciences des matériaux, mécanique quantique, exobiologie, neurosciences… « Nous n’avons aucun problème à nous renouveler, souligne le scientifique du Cnes. Nous croulons sous les demandes d’expérimentation de protocoles scientifiques. On va dans l’espace malgré l’espace…

Malgré les contraintes scientifiques, logistiques et matérielles importantes pour tout le monde, mais cela vaut le coup ! L’intérêt de la station comme laboratoire de recherche est indéniable. » Pour la mission Alpha, le nombre d’expériences fournies par le Cadmos sera d’une douzaine.

PPour aller plus loin