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L’ethnographie éclaire la perception du changement climatique aux Kiribati

LL’ethnographie éclaire la perception du changement climatique aux Kiribati

Christine Ambard a déjà plusieurs fois foulé le sol des îles de Kiribati (Pacifique central), à la rencontre des populations particulièrement affectées par la soudaine et récente montée des eaux sur l’archipel.

Les îles Kiribati sont menacées de disparaître sous les eaux du grand océan d’ici 2050 si rien n’est fait pour enrayer le phénomène. Les travaux de cette anthropologue en devenir s’intéressent aux discours, aux expériences et aux représentations qu’ont des insulaires de la notion de changement climatique … Loin de celles communément admises par le monde occidental et davantage tournés vers la nature et l’environnement végétal.

Christine Ambard est étudiante en anthropologie à l’Université Lumière Lyon 2 (Master) et se prépare à poursuivre une thèse de doctorat au Laboratoire d’Anthropologie des Enjeux Contemporains (CNRS. Dir : Michèle Cros)

Interview de Grégory Fléchet, réalisée par Visée.A, pour le Pop’Sciences Mag#4 : LE MEILLEUR EST-IL A VENIR ?

 

La relation « inspecteur-inspecté » en Tunisie : palier fœtal pour mes recherches doctorales

LLa relation « inspecteur-inspecté » en Tunisie : palier fœtal pour mes recherches doctorales

En Tunisie, la relation  » inspecteur-inspecté « , dans l’enseignement primaire, du point de vue d’un bon nombre d’instituteurs, s’inscrit dans un registre purement hiérarchique. Longtemps conçue comme un thème délaissé, sans réponses, cette relation soumise à un ordre autoritaire, s’invite aujourd’hui aux débats sur les phénomènes psychoaffectifs qui débordent largement son aspect fonctionnel. Des expériences vécues, confirment ce qu’on vient d’évoquer. Un souci me préoccupe et se traduit, par la suite, en une phase embryonnaire de la question de mes recherches universitaires.

©Habib-Hadj-Amor

Choix du point de départ

L’éducation en Tunisie, comme d’autres institutions, se plaint depuis quelques décennies d’une sorte d’invisibilité. Dans le langage courant, le mot éducation renvoie le plus souvent à la question de l’école, mais en réalité il est beaucoup plus large.

En Tunisie, malgré l’ancienneté d’éducation et de l’école publique, les gouvernants de nos jours feignent de ne pas comprendre qu’« il faut tout un village pour élever un enfant et pas seulement une école ». Si l’on s’en tient à ce proverbe africain, on peut dire qu’il faut effectivement tout un village même s’il faut fondamentalement une école. Mais en Tunisie, il semble être évident que l’école fonctionne, a priori, tout en étant tenue à l’écart d’un réseau socioculturel. Cela met en question le processus enseignement-apprentissage. Cette question de la mission de l’école est aussi, en partie, liée à celle des instituteurs et des inspecteurs. Comme l’a montré l’histoire de l’école républicaine de Jules Ferry – dont le témoignage existe encore en Tunisie – les instituteurs et les inspecteurs sont en effet la toile de fond de la reconnaissance de l’école de la République. La complémentarité de ces deux corps s’avère déterminante dans la poursuite du mandat de l’école républicaine.

L’équation école = rédaction de rapports, dans le sens procès-verbal, parait aller de soi. L’École, en tant qu’établissement institutionnel et social, ne peut pas avoir une légitimité certaine s’il y a pénurie d’un objectif identifié en termes de « bon » côté relationnel et communicationnel entre l’ensemble des acteurs principaux. Si la relation se dégrade, l’aspect communicationnel se pourrit ensuite. Car, comme un poisson dans l’eau, il ne peut y vivre correctement que si l’eau est maintenue de bonne qualité. Si l’eau se dégrade, sa survie aussi. C’est le cas en Tunisie dans la relation entre inspecteurs et instituteurs. Certains inspecteurs s’affirment comme détenteurs du savoir de la pédagogie, mais sans toutefois obligatoirement posséder le savoir en général (dans les différentes disciplines enseignantes).

Pour cette raison, certains instituteurs ne souhaitent pas s’adhérer à ce système d’inspection, sans pour autant être démotivés par leur charge d’enseignant. Les expériences révèlent que bon nombre d’instituteurs, sans mettre en avant une implication personnelle, sont cependant armés d’outils de travail collectifs institutionnalisés. Dans une perspective d’améliorer cette relation tendue, certains inspecteurs sont appelés à cesser de se comporter comme des agents d’un système « tout-puissant ». De leur côté, les instituteurs sont priés de concevoir qu’ils sont des acteurs dotés de ressources cognitives et sociales. Mais dans la mesure où la relation inspecteur-inspecté est basée sur une situation dominant-dominé, ce rapport social dégradé s’institutionnalise et cette position hiérarchique exacerbée gâche l’objectif principal qui doit être l’application d’une pédagogie efficace.

A partir de cette lecture primaire du contexte dans lequel se situe, d’une part l’enseignement en Tunisie et de l’autre la relation inspecteur-inspecté, s’envisagent les premières idées d’une recherche en sciences de l’éducation et s’est imposé à moi de choisir la France pour des études universitaires me permettant d’approfondir ce sujet. Tenant compte des expériences vécues tout au début de ma carrière, mais aussi d’une mobilité socioprofessionnelle, ce choix est devenu une réalité, voire s’est transformé en appui pour préparer une thèse de doctorat à l’Université Lumière Lyon 2.

Des expériences fondamentales de l’entrée dans le métier d’enseignant

Ces expériences, faisant l’objet de trois moments différents, résument les difficultés dans la relation inspecteur-inspecté. Traduites en pures conceptions, elles évoquent l’image dérangeante, angoissante et souvent persécutrice de l’inspecteur.

> Une première expérience comme instituteur principal (École primaire Khtatfa) 1

Cette première expérience a eu lieu après l’obtention de mon diplôme de fin d’études des Instituts Supérieurs de Formation des Maitres (ISFM) en 2001 en Tunisie2. Ma première affectation me conduit à enseigner en deux langues : l’arabe et le français auprès de deux groupes d’élèves en 2e année et en 6e année3. J’enseigne le français langue étrangère et l’arabe langue maternelle aux jeunes élèves dans un milieu rural appartenant à une zone d’éducation prioritaire (ZEP). J’avais une ancienneté de trois ans, au cours de laquelle j’ai « subi » deux visites d’inspection :

La première pour ma titularisation en 2002.

La seconde, en 2003, se rapporta à ma première note pédagogique, dite en Tunisie « note de base »4.

J’ai noté qu’il n’y avait pas de différence entre les deux visites d’inspection : même personne, mêmes remarques, quasiment mêmes entretiens et avec le même niveau de classe. Cette première expérience m’a servi de révélateurs importants qui se sont confirmés lors du poste suivant.

> L’expérience de l’école de ma commune « Ouled Amor »5 : la poursuite de la question inspecteur-inspecté

Je fus présenté comme instituteur principal à l’école où j’avais en fait passé la première partie de ma scolarité. Les familles ont d’emblée manifesté leur contentement et une certaine satisfaction à l’idée que leurs enfants, notamment pour ceux en «terminale»6, aient pour enseignant un enfant de la commune. Ma situation d’instituteur fut mise à la disposition d’une société où j’avais vécu les premiers moments de l’enfance. En fait, il me revenait de négocier particulièrement avec mes habitus7, mes représentations de la mission que je devrais accomplir au sein d’une commune où les besoins sociaux prenaient le pas sur les soucis personnels. C’est en fait la réalité des communes rurales du siècle passé. En tenant compte du principe sur lequel s’appuie la vie dans les petites communes campagnardes en Tunisie, il faut indiquer, ici, la nécessité d’accorder la priorité aux liens sociaux. La mienne, nommée « Ouled Amor », ne fait pas exception.

Revenant à la visite d’inspection, l’inspecteur8 me demanda avec le directeur d’accueillir deux inspecteurs stagiaires. Il s’agissait de réfléchir plus avant sur mes pratiques d’enseignement, lesquelles constituaient une nécessité pédagogique pour amener mes élèves à l’étape de perfectionnement. En outre, il m’a semblé important de montrer une bonne image socioprofessionnelle pour protéger ma carrière ultérieure de toutes critiques. Pour mettre en œuvre la mission qui m’avait été confiée, il m’est apparu incontournable de comprendre d’une autre façon le métier d’enseignant. Cette visite était pour moi un pari important : « ça accroche ou ça n’accroche pas » !

En Tunisie, lors d’une visite d’inspection, c’est à l’inspecteur de choisir les trois activités à enseigner. Pour laisser sa place à l’inspecteur, l’instituteur doit débarrasser tout son matériel, le mettre dans l’armoire ou sur le vieux banc d’un élève au premier rang, pour laisser la place libre à l’inspecteur, ce que je fis, avant de commencer ma séance. A la fin de cette séance d’enseignement, l’inspecteur montre des signes de mécontentement alors qu’une satisfaction se lisait sur les visages ses deux accompagnants. En fin de compte, le compte rendu et la note attenante ont été très décevants pour moi, car relevant seulement des choix de l’inspecteur et d’un jugement sur ma personnalité plutôt que sur l’évaluation des activités que j’avais enseignées ce jour-là. Pour cette raison essentielle, mais également suite à un changement de vie familiale9, j’ai décidé de quitter cette circonscription pour m’installer à Téboursouk10 avec ma famille.

> L’expérience des écoles « Rihana » et « Cité Ennacim »11 (Téboursouk) : d’un questionnement à une idée sur la recherche

J’ai repris à nouveau mon métier dans une école qui appartient aux ZEP12 , l’école primaire de « Rihana ». Celle-ci fait partie de la circonscription de Téboursouk, gouvernorat de Béja.

Je me souviens que dès la rentrée je me suis efforcé de repenser mon métier d’enseignant. Celui-ci avait été perturbé auparavant par des préjugés et des jugements souvent arbitraires. Au-delà de ce malaise, j’ai réussi à m’intégrer dans le monde enseignant de cette petite ville. J’ai commencé par reconstruire une image d’un enseignant persévérant et toujours à la quête de nouvelles méthodes pédagogiques. La pédagogie ne peut donc se ramener à l’étude limitée de quelques procédés théoriques et pratiques.

L’instituteur n’est pas un simple manœuvre de ces deux logiques. Il doit se focaliser souvent sur ses capacités personnelles et ses initiatives. Mais la capacité de prendre des initiatives au niveau pédagogique ne prend de valeur authentique que par rapport au « sentiment d’efficacité personnelle » (Bandura, 1997)13. Du fait, la réflexion sur mes compétences d’enseigner est inséparable d’une croyance dans mes propres capacités et d’une orientation sans équivoque dans le sens du rapport établi avec le corps des inspecteurs. Ces deux aptitudes, dans le cas du travail enseignant sont, pour moi, très liés et non simplement juxtaposées. Je l’ai déjà dit et je ne crains pas de le répéter que ces efforts, comme ceux des expériences précédentes, s’inscrivent dans le plan de l’initiation à la pratique de gestes professionnels mais également relationnels.

Mais en vain ! Il en alla de même lors d’une 4e inspection : même comportement, rien de bien nouveau avec le nouvel inspecteur !14. Sa présence à la tête de la circonscription faisait beaucoup parler de lui lors de ses visites et ses journées de formation. Ils s’y ajoutaient de faibles performances au niveau des compétences pédagogiques et didactiques.

C’est à cette étape de ma carrière, que je me suis demandé s’il ne fallait pas réaliser une étude approfondie sur la relation inspecteur-inspecté qui pèse trop lourd sur les épaules de l’enseignant. Toutefois, afin d’être parfaitement juste, il est important d’évoquer deux inspecteurs que j’ai eu l’occasion de rencontrer au cours de ces expériences et qui ont laissé de très bonnes appréciations sur leurs compétences pédagogiques, mais aussi didactiques15.

> Une mobilité socioprofessionnelle16 : d’une idée de départ à un projet réel

©Habib-Hadj-Amor

Dans mon cas présent, le facteur de la mobilité socioprofessionnelle renvoie aussi bien à une mobilité géographique qu’à un changement de l’activité professionnelle. Je fus encore enseignant des écoles primaires, mais l’expérience d’ELCO17 au sein du groupe scolaire Saint-Thomas à Strasbourg m’a servi de base, d’un côté pour une plus-value de connaissances dans la sphère du métier d’enseignant et de l’autre pour une compréhension du rapport entretenu entre les acteurs de la scène scolaire en France.

Avec la détermination de poursuivre des études universitaires que mon pays ne pouvait pas me proposer, j’ai consacré ma priorité aux sciences de l’éducation. J’ai donc repris à nouveau mes études avec une avidité renouvelée. Ainsi, sans trop m’attrister d’être séparé de ma famille restée en Tunisie, il m’a paru utile de me repositionner par rapport à ma formation initiale d’enseignant. Alors, plutôt que de s’inquiéter du commencement d’un nouveau mode de vie en Alsace et en étant distant de la famille. Il s’agit de l’effet des contenus de formation sur les pratiques pédagogiques réellement demandées en classe. En effet, la relation formation-pratiques pédagogiques s’amorce avec la nouvelle instauration des ESPE18 sur tout le territoire français dans le but de professionnaliser le métier d’enseignant et d’alléger la durée de la formation (masterisation). Celle-ci a été mise en application dès la rentrée 2010. Pour moi, cette formation sur le tas, dite par alternance, est une prouesse.

Par ailleurs, je suis conscient qu’il est difficile d’adhérer à un nouveau dispositif de formation mettant en œuvre la question de l’éthique relationnelle, voire cheminer dans le sillage de l’éducation nationale française dont le contexte social, économique et politique est loin de la politique tunisienne. Cela ne m’empêche pas de faire la part des choses. Je vais essayer, par le biais de cette recherche, d’apporter, peu ou prou, des pistes d’éclairage sur les difficultés qui existent dans la relation inspecteur-inspecté en Tunisie. On l’a dit, le propos de l’éducation est, à première vue, d’ordre relationnel et communicationnel.

Mes expériences dans le métier d’enseignant, à savoir dix-huit-ans d’ancienneté, me permettent de faire deux constatations : souci relationnel (inspecteur-inspecté) et incertitude éducationnelle (décalage entre le la formation et les programmes scolaires). Il est évident que modifier en profondeur la scène scolaire en Tunisie, c’est toucher conjointement à l’ensemble de ces deux sujets, et…réciproquement. On ne peut pas avoir un souci pour la communauté éducative sans pour autant avoir un autre pour l’effet de la formation sur les pratiques pédagogiques. Les analyses que je présente dans le cadre de ma thèse constituent, en partie, une part majeure de la relation à l’inspection et de l’effet de la formation.

©Habib-Hadj-Amor

Si l’on souhaite principalement plus d’éthique dans le côté relationnel, il n’est pas certain que cette question suffise à empêcher tous ces comportements dont témoignent mes expériences vécues. On peut dire qu’il faut non seulement repenser autrement la question de l’étique relationnelle mais encore et surtout tenter de rechercher des outils au service d’une nouvelle déontologie, dans la mesure où l’inspecteur devrait accompagner des instituteurs, mais comment ? La recherche que je mène au sein du laboratoire ECP19 à l’Université Lumière Lyon 220, mais qui est encore dans la phase d’analyse et du recueil des données, proposera des pistes qui, si c’est le cas, pourront au moins faire le point sur la relation à l’inspection.

Cet espace de travail tend à s’inscrire dans une logique d’idées qui renvoie aussi bien aux motifs liés à des expériences antérieures vécues au cours de mon activité d’enseignement en Tunisie qu’à des préconceptions ; c’est-à-dire cette forme de pensée développée ici et cette façon de voir la réalité de la relation inspecteur-inspecté n’engagent que moi, mais elles doivent beaucoup aux discussions significatives et relectures ultérieures avec une médiatrice scientifique engagée dans la formation doctorale21  » Savoir communiquer ses travaux de recherche sur le web « , et responsable éditoriale de Pop’Sciences.

Article écrit par Hadj Amor Habib, doctorant à l’Université Lumière Lyon 2, membre du laboratoire ECP (EA 4571) 

ECP – Education Cultures Politiques

 

Article publié dans le cadre des dossiers  « Les doctorants parlent de leur recherche » en partenariat avec Pop’Sciences

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Notes

1 L’Ecole primaire «  Khtatfa » appartient à la circonscription de Haffouz, gouvernorat de Kairouan, Tunisie.

2 Diplôme destiné aux élèves instituteurs ayant effectués deux ans de formation post-baccalauréat aux ISFM (j’étais dans la promotion 2001)

3 Deuxième année de l’enseignement de base appelé en France CE2 (cours élémentaire 2); 6e année de l’enseignement de base appelé en France CM2 (cours moyen 2)

4 En Tunisie, la note de base est la première note attribuée à l’instituteur. Elle peut orienter sa trajectoire professionnelle.

5 Ouled Amor est ma commune natale. Elle se situe dans le gouvernorat de Mahdia, Tunisie.

6 Il s’agit de la classe ultime de l’enseignement primaire. En Tunisie, on accorde une grande importance à la scolarisation à l’école primaire. On considère cette classe comme « terminale », voire comme autrefois le certificat d’étude en France.

7 Nous aurions pu retenir l’habitus comme l’avait appelé Bourdieu (1972, 1980) : ensemble d’actions, de pensées, de facultés, de perceptions et de schèmes qui nous dirigent consciemment et/ou inconsciemment.

8 Il s’agit de l’inspecteur principal de la langue arabe. Un homme connu pour ses compétences pédagogiques et didactiques. Il était aussi un homme de terrain diplômé de l’École Normale d’Instituteurs de Sousse. Il était très renommé dans le domaine de l’éducation. Actuellement, il est sous-directeur régional de l’enseignement de base au gouvernorat de Monastir.

9 Il s’agit de mon mariage en 2007. C’est une année charnière dans ma vie familiale. En fait, ma femme a été recrutée comme professeure des Beaux-Arts au lycée secondaire Ibn Abi-Dhiaf à Téboursouk. J’ai été obligé de me déplacer avec ma elle.

10 Téboursouk est une petite ville montagneuse située au nord-est de la Tunisie. Elle est sous la tutelle du gouvernorat de Béja.

11 Il s’agit d’une troisième expérience au sein des deux écoles primaires intitulées : « Rihana » et « Cité Ennacim ». Ces deux écoles appartiennent à la circonscription de Téboursouk.

12 ZEP : « Zone d’Education Prioritaire », expression qui a été créée en France en 1881 dans le but de réduire l’inégalité scolaire, don : « donner plus à ceux qui ont moins ». Il s’agit des établissements (écoles, collèges) qui se sont munis des moyens supplémentaires pour faire face aux difficultés scolaires et sociales qu’ils les affrontent régulièrement. Depuis la rentrée 2015, on parle des « REP » (réseau d’éducation prioritaire) suite au changement des critères. En France, un élève sur cinq se situe dans un établissement REP. En 2016, il y avait 1095 REP. Lire plus d’informations sur ce sujet.

13 Pour plus d’information, l’ouvrage d’Albert Bandura intitulé : « Aouto-efficacité : le sentiment d’auto-efficacité personnelle », publié en 1997.

14 Il s’agit de l’inspecteur de langue arabe, avec lequel j’ai travaillé à l’école « Rihana ». Il s’agit d’un homme qui a des comportements enfantins et qui a des difficultés au niveau pédagogique et didactique.

15 Je mentionne avec un grand honneur Monsieur Hafnaoui Bettoumi: inspceteur principal de langue française et Monsieur Riadh Madhi: inspecteur principal de langue arabe. Ces deux inspecteurs ont instauré un nouvel esprit d’enseignement et de formation au sein de la circonscription de Téboursouk entre 2010 et 2013.

16 Il s’agit d’une mobilité socioprofessionnelle à la région d’Alsace en 2013 et un nouveau poste au groupe scolaire Saint-Thomas à l’académie de Strasbourg, France.

17 ELCO : enseignements de langue et de culture d’origine. Neufs pays (Tunisie, Algérie, Maroc, Turquie, Croatie, Portugal, Serbie, Espagne et Italie) sont concernés par cette directive européenne du 25 juillet 1977.

18 ESPE : on les appelle en France : École Supérieure du Professorat et de l’E

19 ECP : laboratoire (EA) 4571 Éducation, Cultures Politiques à l’Université Lumière Lyon 2 sous la direction de Françoise Lantheaume.

20. Je mentionne avec un grand honneur mon directeur de thèse qui a pris en charge le suivi de cette recherche. Il s’agit du professeur émérite des universités à Lyon 2: Monsieur André Robert.

 

 

Anthropologie, Science & Société

AAnthropologie, Science & Société

L’École Émile Cohl et l’Université Lumière Lyon 2 mettent l’image et la création numérique au service de l’enquête en sciences sociales. Un travail de valorisation et de vulgarisation scientifque.

Tout au long de l’année universitaire, des étudiants de Licence SHAE – Sciences de l’Homme, Anthropologie, Ethnologie – et de DUAIN – Diplôme Universitaire Anthropologie et Image Numérique – ont travaillé sur des thèmes et des terrains variés, en lien avec des acteurs institutionnels ou associatifs :

  • les alimentations spécifiques (végan, sans gluten…), avec le centre de recherche de l’Institut Paul Bocuse,
  • la mémoire de la défaite de 1940 avec le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation,
  • le paysage industriel de la Vallée de la chimie avec le Centre de ressources en botanique appliquée,
  • la transformation d’un site urbain avec le CCO de Villeurbanne,
  • le commerce de proximité dans deux quartiers de Villeurbanne avec le Rize – cultures, mémoires, échanges,
  • et le portrait de trois groupes de musiques du monde accompagnés par le Centre des musiques traditionnelles Rhône-Alpes.

Cette journée vous propose la restitution de leurs travaux. Une journée hors les murs pour célébrer la créativité scientifique.

Organisé dans le cadre : du programme Anthropologie, Science et Société co-organisé par l’Université et la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) Auvergne Rhône-Alpes

En savoir plus :

Université Lumière Lyon 2

Mystères de Chypre

MMystères de Chypre

L’ancienne société de Paphos : mon travail de thèse lui donne la parole

La petite île de Chypre est toujours restée aux marges du monde grec. Elle a été parfois sous-estimée par les chercheurs. Pourtant, elle cache des mystères du passé qui attendent d’être découverts. Une partie des réponses nous est directement transmise par l’ancienne société chypriote à travers des inscriptions. Que disent les habitants de l’île au premier millénaire av. J.-C. ?

 

© ENS

 

Il ne reste environ que 1500 inscriptions écrites de la civilisation qui a habité Chypre au cours du premier millénaire av. J.-C. De même, les auteurs anciens sont très silencieux quant à la vie des Chypriotes dans l’Antiquité. Puisque chaque petit mot revêt une grande importance, j’ai pour objectif dans ma thèse, d’étudier le rôle des inscriptions dans la vie sociale et politique de Chypre.

Carte de Chypre
© mapsof.net

Je m’intéresse surtout à la région de Paphos, une ville située au sud-ouest de Chypre. Dans l’Antiquité, Paphos n’était pas seulement une ville, mais aussi un royaume. L’île était en effet divisée en plusieurs royaumes autonomes avec un roi à sa tête. Ce morcèlement politique de Chypre est assez unique dans le monde grec et remonte probablement à une époque très ancienne. C’est également le cas de l’écriture utilisée à Chypre. Contrairement aux autres régions de la Méditerranée, les Chypriotes ont utilisé un système d’écriture à caractère syllabique. Chaque signe correspond à une syllabe et les séquences de syllabes forment des mots. Il est intéressant de remarquer qu’il existe deux variantes de syllabaire chypriote dont une limitée au royaume de Paphos, dans une île à la superficie proche de celle de l’Île-de-France. C’est cette particularité de la région paphienne qui m’a attiré dès le début de mes études sur Chypre. Les Paphiens étaient-ils différents des autres Chypriotes ?

Inscription en syllabaire paphien
© Agnieszka Halczuk

 Il est important de souligner que la plupart des inscriptions de Chypre a été découverte à Paphos. Sur les 1500 documents mentionnés ci-dessus, environ 600 proviennent de la région paphienne. C’est grâce à cette documentation abondante et sans parallèle qu’on peut mener des études sur la société de Paphos. Les inscriptions décrivent une société dynamique, à la fois attachée aux traditions ancestrales et innovatrice. On observe une société qui se caractérise par une forte identité régionale et insulaire. Cela se laisse notamment appréhender via l’étude de noms figurant sur les monuments inscrits. Ces noms propres sont souvent composés d’un élément « Chypre » exprimant clairement l’appartenance culturelle des Chypriotes.

Les Paphiens vénèrent une divinité protectrice de leur ville qu’ils appellent Wanassa. Ce nom est souvent traduit comme « Maîtresse » ou « Grande Déesse », ce qui souligne son importance pour les anciens habitants de Paphos. Ailleurs, cette déesse a été rapidement identifiée à l’Aphrodite. Son sanctuaire était un lieu important non seulement pour les pèlerins et dédicants, mais aussi pour les rois de Paphos. C’est dans cet endroit qu’ils affirmaient leur pouvoir et leur souveraineté en faisant des offrandes à la déesse. Le lien particulier entre les monarques paphiens et la Wanassa assurait la légitimité de leur pouvoir. C’étaient d’ailleurs les prêtres principaux de la déesse.

Sanctuaire d’Aphrodite
/ © Agnieszka Halczuk

Chaque époque arrive à sa fin. Les conquêtes d’Alexandre le Grand vers la fin du IVe siècle av. J.-C. ont eu des retentissements même à Chypre. La situation géographique de l’île en a fait un territoire d’enjeux pour les généraux d’Alexandre qui se sont affrontés afin d’obtenir le contrôle sur l’île. Les rois autonomes de Chypre essaient de sauver leur indépendance en développant de nombreuses stratégies. En vain. Plusieurs rois opposés à la politique de Ptolémée I ont été exécutés. La disparition des royaumes signalait la fin d’une époque importante.

Inscription en alphabet de Paphos
© Agnieszka Halczuk

Dans le nouveau cadre politique, il n’y avait plus de place ni pour les rois ni pour le syllabaire qui a été rapidement remplacé par l’alphabet grec. Néanmoins, les dernières inscriptions syllabiques apparaissent encore deux siècles après la conquête de Chypre par Ptolémée. Cela reflète bien la société chypriote et le rôle de l’ancienne écriture dans cette communauté. Le syllabaire a été sans doute un marqueur culturel très profondément enraciné dans les mœurs insulaires.

Malgré tous ces bouleversements politiques, économiques et culturels la société a continué sa vie à Paphos on s’adaptant au fur et à mesure à la nouvelle époque.

Jusqu’à présent, ma recherche a apporté des éléments de réponse pour certaines questions et a permis de mieux comprendre l’histoire de l’ancienne société chypriote. Cependant, d’autres mystères attendent toujours à être découverts. J’espère que cette recherche va contribuer à la meilleure compréhension des phénomènes complexes qui se sont produits à Chypre et donnera lieu à d’autres analyses concernant la vie politique et sociale à Chypre dans l’Antiquité.

 

Article écrit par Agnieszka Halczuk, doctorante à l’Université Lumière Lyon 2, rattachée au laboratoire HiSoMA 

Article publié dans le cadre des dossiers  » Les doctorants parlent de leur recherche » en partenariat avec Pop’Sciences

En quête d’histoire

EEn quête d’histoire

Que faire après des études en Histoire ?

Les études d’histoire ne débouchent pas exclusivement sur les métiers de l’enseignement, elles apportent un solide bagage culturel pour une insertion professionnelle réussie, qui conduit à de nombreux métiers du patrimoine, de la culture, de la documentation et des archives.

 

Les services d’information, d’orientation et d’insertion professionnelle (SCUIO-IP) des universités Lumière Lyon 2, Jean Moulin Lyon 3, Jean Monnet Saint-Étienne présentent un web-documentaire à destination des lycéen.nes et des étudiant.es apportant des clés pratiques et concrètes sur ce qu’est « faire des études en Histoire ».

En quête d’histoire – Université Lumière Lyon 2

Ce web-documentaire est composé de 29 vidéos pour lesquelles vous trouverez un complément d’information sur les descriptifs des formations en Histoire proposées par les 3 universités, les compétences acquises pendant les études d’Histoire, le métier exercé, l’insertion professionnelle des étudiant.es en Histoire …

 

En quête d’histoire

Qui es-tu Fritz Haber ?

QQui es-tu Fritz Haber ?

Qui es-tu Fritz Haber ?

La pièce se passe en 1915.
Fritz Haber est chimiste, sa femme Clara aussi.

Une violente dispute éclate entre eux lorsque Fritz revient du champ de bataille d’Ypres où il a testé pour la première fois les gaz chlorés de son invention. Cet échange met en lumière leur profond désaccord, jusqu’à la tragédie…

Ce dialogue imaginé par Claude Cohen entre ces deux personnages ayant réellement existé il y a 100 ans, pose en filigrane des questions toujours d’actualité : un scientifique peut-il s’affranchir de toute considération morale ? Le progrès scientifique est-il toujours un progrès pour l’humanité ?

 

Programmation hors les murs du Théâtre Astrée de l’Université Claude Bernard Lyon 1 à l’Amphithéâtre culturel de l’Université Lumière Lyon 2.

En partenariat avec : la plateforme éthique de l’Université de Lyon.

 

Theatre astrée

Université Lumière Lyon 2

FESTIVAL INTERFÉRENCES CINÉMA DOCUMENTAIRE DÉBAT PUBLIC

FFESTIVAL INTERFÉRENCES CINÉMA DOCUMENTAIRE DÉBAT PUBLIC

Souvent considérée comme relevant de l’intime, la sphère familiale est en réalité socialement et politiquement très investie. Les manières dont elle se recompose aujourd’hui introduisent de nouveaux enjeux juridiques, certes, mais aussi politiques.
Comment composer avec les diverses problématiques anthropologiques, sociales et éthiques qui se jouent désormais au grand jour ?

LES FILMS :

F.A.M.I.L.L.E
JESSICA CHAMPEAUX
BELGIQUE | 2017 | 62 MINUTES
C’est le film d’une enquête personnelle sur la procréation médicalement assistée (PMA) et la naissance d’un autre regard sur une institution que l’on connaît tous et que l’on appelle F.A.M.I.L.L.E.

LE  GENITEUR
La montagne abandonnée
FRANCE | 2017 | 15 MINUTES
M est régulièrement contacté sur le web pour ses dons de sperme par des femmes interdites de PMA (car lesbiennes ou célibataires). Mais que pousse un père refusant la paternité à multiplier ces expériences ?

EN PRÉSENCE DE
LAURENCE TAIN
Sociologue, enseignante-chercheuse à
l’Université Lumière Lyon 2, membre du
Centre Max Weber (équipe dynamiques sociales
et politiques de la vie privée)

ANIMÉ PAR :

Pascale Dufraisse et Dominique Savoyat

INFOS PRATIQUES

Le site du festival

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ENTRÉE LIBRE

Organisé par l’association Scènes publiques

 

FESTIVAL INTERFÉRENCES CINÉMA DOCUMENTAIRE DÉBAT PUBLIC

FFESTIVAL INTERFÉRENCES CINÉMA DOCUMENTAIRE DÉBAT PUBLIC

Les caméras produisent des images, l’auteur un regard. Regards posés sur chaque détails et contours du quotidien pour nous donner accès à l’intimité d’un être et ses tourments, jusqu’à son inscription dans la famille, la société, un pays.

LE FILM

ROOM FOR A MAN
ANTHONY CHIDIAC
2017 | LIBAN | 77 MIN | VOST
C.CAM PRODUCTION, LINKED PRODUCTION

Dans l’appartement d’une banlieue de Beyrouth où il vit avec sa mère et son chien, un jeune réalisateur tente de reconstruire son identité à travers la reconstruction de sa chambre. Dans une famille fière de son nom et de ses ancêtres, émerge la figure d’un père absent. Debout sur le seuil, caméra en main, il est temps de partir.

EN PRÉSENCE DE :
AURORE PASTRE
Enseignante en Lettres à l’étranger.
Ecrivaine de chroniques du quotidien sur
Beyrouth
ANTHONY CHIDIAC
Réalisateur

Animé par Clémence Toquet

INFOS PRATIQUES

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Organisé par l’association Scènes publiques

 

Festival Interférences | Cinéma et débat public

FFestival Interférences | Cinéma et débat public

Renouer avec une nature sonore révélant l’invisible : craquements, grincements, sifflements, autant d’empreintes qui datent de la nuit des temps et peuvent nous procurer bien être et apaisement. Rencontre avec des explorateurs d’un nouveau genre, des amoureux du son, qui en font la matière première d’un travail musical.

En repoussant les limites entre figuration et abstraction, ils nous font douter de la stricte fonctionnalité des merveilles de la Nature.

LLes films

L’ESPRIT DES LIEUX
Stéphane Manchematin et Serge Steyer
France | 2018 | 91 minutes
«Je vis au pays des sons», c’est ainsi que Marc résume sa quête existentielle. Héritée d’une pratique paternelle, sa passion l’a conduit à s’enraciner à la lisière d’un massif forestier, dans les Vosges, et à y fonder famille.

VERS LE SILENCE
Jean-Stéphane Bron
France | 2018 | 9 minutes
Jean-Stéphane Bron accompagne au plus près l’actuel directeur musical de l’Opéra National de Paris, Philippe Jordan, dans les répétitions de La symphonie N°9 de Gustav Mahler.

En présence de :

Bernard Fort
Compositeur de musique électroacoustique.
Cofondateur et responsable du Groupe musiques vivantes de Lyon

Animé par :

Frédérique Monblanc et Gaëtan Bailly

 

Le site du festival

Réservez votre place

 

Organisé par l’association Scènes Publiques

Soirée de sensibilisation sur la dyslexie

SSoirée de sensibilisation sur la dyslexie

Vous êtes curieux ? Vous souhaitez mieux connaître ce trouble ? Vous souhaitez mieux le comprendre ? Que vous soyez dyslexique ou pas, venez à la soirée « dyslexie à l’université, (se) comprendre pour mieux réussir » !

Rendez-vous dès 17h avec :
– des animations jusqu’à 18h30,
– puis des conférences interactives jusqu’à 20h,
– avec des spécialistes, des témoignages, et surtout des échanges avec vous ! A la fin de la soirée, vous repartirez surpris par ces découvertes nouvelles !

Invités :

Audrey Mazur-Palandre, Ingénieure de Recherche au laboratoire ICAR

Bruno Sarrodet, orthophoniste

Agnès Witko, orthophoniste et Maître de Conférences au laboratoire DDL

Etudiantes dyslexiques de l’UCLy

 

Partenaires :

Université de Lyon

Institut Catholique de Lyon – UCLy

Université Lyon 2

Laboratoire ICAR

LabEx ASLAN

CNRS

ENS de Lyon

URPS Orthophonistes Auvergne Rhône-Alpes