MMaud Dampérat : Cultiver les idées, accompagner les innovations | Visages de la science ©Jennifer SaniossianC’est en 2017 que Maud Dampérat intègre le laboratoire Coactis et l’IAE de l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne en qualité de Professeur des universités. Cette charentaise d’origine voit comme une aubaine la proposition de s’investir au sein d’une toute nouvelle formation, le Master Prospective Design. En effet, cette formation rassemblant à la fois créativité, innovation et marketing correspond pleinement à ses thèmes de recherche.Après une Licence en Économie et un Master en Marketing à l’Université Pierre-Mendès France de Grenoble, c’est une rencontre qui va entraîner Maud dans le domaine de la recherche en Marketing.L’un de ses professeurs, Alain Jolibert, qui a beaucoup œuvré pour structurer la recherche en sciences de gestion au sein de son université, va l’accompagner d’abord sur un Master Recherche (DEA) puis sur un doctorat intitulé « Proposition d’un modèle de satisfaction interpersonnelle de l’acheteur professionnel ». « Le parti pris à l’époque était que la satisfaction se concevait au travers d’une approche transactionnelle. Or il se développait parallèlement l’approche relationnelle car les relations interpersonnelles dans le monde des affaires compte tout autant » explique Maud. Les asymétries de pouvoir, la satisfaction réciproque des parties prenantes, les stratégies de développement en prenant compte des besoins ou des usages, voilà ce qui stimule sa recherche. « On développe des produits pour simplifier la vie des gens » s’exclame-t-elle.Créativité et exigence : un mélange sucré-salé nécessaireAprès avoir soutenu brillamment sa thèse en 2004 durant laquelle elle aura pu faire des expériences à l’étranger (HEC Montréal, Manchester Business School, Université du Michigan), Maud trouve un emploi d’ATER à l’Université Lyon 3, suivi d’un post-doc à l’Université de Genève avant de s’envoler pour Montréal et de devenir Professeure adjointe au sein du département marketing de HEC Montréal. « C’est là-bas que l’on m’a posé dès le début une question importante et que je me suis posée à plusieurs reprises dans ma carrière : est-ce que ce que tu fais te plaît ? ». Une question simple mais qu’il est nécessaire de se poser pour poursuivre son chemin.En 2008, des soucis familiaux contraignent Maud à rentrer en France, et elle intègre alors l’Institut National Polytechnique Grenoble (Grenoble INP) où elle restera pendant presque dix ans. « J’ai adoré cette période avec mes étudiants », se souvient-elle. « Moi j’étais en marketing B2B (Business to Business), sur un pan très industriel. En arrivant j’ai monté une formation qui s’appelait ManInTec, Management, , Innovation, Technologies et je me suis rendue compte qu’en suivant des start-up, des projets sortis de laboratoires, 95 % des innovations trouvaient leurs débouchés en B2B. Connecter le B2B avec la question de l’innovation technologique a été une révélation ».Tout un univers s’ouvre alors à celle qui aime écouter une situation, la comprendre et essayer de la transformer en un modèle qui se rapproche de la réalité. Elle, que l’on surnommait petite « la pourquoite de la pourquoite », voulant toujours comprendre le pourquoi des choses, aime ce bouillonnement intellectuel. « Les conflits d’idées sont une nourriture extraordinaire pour moi » confie-t-elle « et ces débats d’idées, ces percussions je les retrouve dans l’innovation et la créativité parce que la créativité est souvent la percussion de deux idées qui existent déjà et qu’on n’avait jamais mises ensemble».S’investissant dans la recherche comme dans la formation, Maud va porter la formation ManInTec et lancer ensuite des séminaires de créativité dans trois des grandes écoles de Grenoble INP sur lesquels s’inscrivent près de 900 étudiants par an.Intégrée à l’Université Jean Monnet en 2017 en tant que Professeure des universités, puis à l’Université Lumière Lyon 2 en 2021, elle poursuit son chemin académique en cultivant deux repères essentiels : liberté et accompagnement.Liberté et accompagnement Ce métier multifacette lui correspond pleinement : les cours avec les étudiants, l’ingénierie pédagogique, le montage de projets, les analyses quantitatives poussées, communiquer par divers médias, …. Elle y trouve la liberté dont elle a besoin « On a une capacité à être caméléon, à se réinventer et, selon les moments de sa vie, d’actionner ce que l’on a envie. C’est ce qui m’avait fait choisir ce métier même si je ne suis pas d’une famille d’académiques. J’ai tout découvert progressivement et à aucun moment la question de la liberté n’a été remise en cause. Je travaille avec des collègues très soutenants dont certains sont maintenant des amis » explique Maud.Quant à l’accompagnement, il est ce qui donne du sens à son métier. Accompagner les étudiants, les doctorants et les collègues est pour Maud une mission capitale. « Je me vois un peu comme un joueur de Curling » dit-elle amusée, « tout comme ce joueur qui balaie la glace pour que la pierre aille au bon endroit, j’essaie de balayer les difficultés pour faciliter les choses à mes doctorants et à mes collègues ».C’est également ainsi qu’elle envisage son rôle de Directrice du laboratoire Coactis depuis son élection en septembre 2023 : un service à la communauté, avec pour but de permettre à ses collègues d’atteindre leurs objectifs.En parallèle de tout cela, Maud poursuit ses travaux de recherche souvent en lien avec les travaux de ses doctorants : expérience client, créativité des entreprises et des individus, développement de nouveaux produits, co création… Elle s’intéresse d’ailleurs actuellement à la co-création avec l’IA : « J’aime beaucoup mettre la technologie au service de la durabilité. J’ai vu à quel point la technologie peut être un levier considérable d’avantages compétitifs durables pour les entreprises permettant de créer de la valeur. J’essaie de résoudre ces tensions parfois paradoxales entre soutenabilité et technologie ».Le reste de son temps, cette maman le consacre avant tout à sa famille : « mon loisir préféré » dit-elle en souriant. Quant à ses autres passions, elles sont tout aussi révélatrices de sa personnalité. Son besoin d’observer et d’accompagner se retrouve dans le soin qu’elle prend aux plantes à caudex, ces végétaux à croissance lente aux formes singulières. Sa créativité trouve un autre terrain d’expression dans la céramique anagama, où le feu, la terre et le hasard de la cuisson façonnent des pièces uniques.Qu’il s’agisse de recherche, d’accompagnement ou de création, tout converge vers une même dynamique. Maud suit une trajectoire vivante, toujours en mouvement, mais ancrée dans un plaisir essentiel : apprendre et transmettre.>> Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’Unité de Recherche Coactis : Coactis
LL’art dans tous ses états | Scène 27 Pour son dernier événement de la saison, la Scène 27 vous donne rendez-vous le 27 juin pour aborder cette thématique grâce à des ateliers artistiques, au jeu Point of View et à un débat grand format dans une ambiance décontractée et bienveillante ! L’occasion de remettre en question sa vision du sujet et de rencontrer de nouvelles personnes autour d’un verre.L’art est omniprésent dans nos vies : que ce soit par notre propre processus créatif en écrivant, dansant, innovant, ou dans la construction de notre identité à travers toutes les œuvres (musicales, visuelles ..etc) qui nous influencent et nous façonnent chaque jour.Toutes ces créations artistiques provoquent des émotions, des aspirations ou encore des actions sociétales. L’art peut faire débat lorsqu’il devient politique, on s’en sert alors parfois de propagande ou d’outil de dénonciation.Il est le reflet de problématiques sociales quand son accès est inégalitaire, que les IA sont capables de remplacer les artistes, ou lorsqu’il est question de distinguer ou non l’œuvre de l’artiste.Finalement l’art est un domaine universel, constituant chaque culture, influençant chaque époque historique et en créant une connexion entre des personnes du monde entier. Le programme : 19h – 21h : IMMERSION – Jeu P.O.V / Stand partenaires20h30 – 22h : L’AGORA – Grand débat version Scène2722h – 23h30 : L’AFTER – Concert et débat chill>> Pour plus d’information, rendez-vous sur le site :Scène 27
LL’IA-rtistique | Expo Arts-Plastiques & créations sonores « Découvrez comment la créativité humaine s’entrelace avec l’intelligence artificielle dans une exposition qui brouille les frontières entre l’artiste et la machine pour ouvrir de nouveaux horizons artistiques. » Signé L’IA.>> Au programme :Du 7 décembre au 3 janvier | Salle d’exposition (sous-sol de la BU)Vernissage le 13 décembre à 18hDu 8 au 31 janvier | Bistrot U de la Manu – CROU>> Pour plus d’information rendez-vous sur la page/ plan d’accès :L’Art au MoulinPlan d’accès
JJournée FabLab « Mon précieux plastique » Le rendez-vous créativité et innovation de la Fabrique de l’InnovationPendant cinq jours, de Villeurbanne à Saint-Étienne, la créativité et l’innovation seront à l’honneur avec de nombreuses animations gratuites mêlant petites et grandes entreprises, plateformes technologiques, ateliers de prototypage et acteurs académiques à l’occasion du rendez-vous Meet & Fabrik. Une journée est accessible à tout public le 17 juin : la Journée FabLab « Mon précieux plastique ».>> Au programme :Démonstration d’un mini-circuit de recyclage plastiqueFlash conférence avec des entrepreneurs :► au FabLab de la Doua : Johé Bruneau du collectif Precious Plastic – Un modèle open source et DIY pour créer de nouveaux objets à partir de plastique recyclé ;► au FabLab de Saint-Étienne : Clara Spetebroodt, Fondatrice de Plas’tri – Une scannette portable intelligente pour identifier les différents polymères plastiques.Visite guidée du FabLab.Atelier pratique pour fabriquer soi-même de nouveaux objets à partir de plastique recyclé :► au FabLab de la Doua : « L Game Challenge » – Construisez vous-même le « Jeu du L » créé par le psychologue Edward de Bono et familiarisez-vous avec les méthodes expérimentales du recyclage plastique ;► au FabLab de Saint-Étienne : « Et la lumière fut ! » – Apportez la lumière à votre espace de travail, avec votre lampe bureau à réaliser dans notre FabLab (découpe laser, impression 3D, injection plastique).Exposition des projets réalisés au FabLab.Pour en savoir plus :Journée FabLab à VilleurbanneJournée FabLab à Saint-Etienne
LLes grimpeurs professionnels, ces travailleurs créatifs Pour gagner sa vie comme sportif aujourd’hui, être le meilleur ne suffit plus. Il faut maîtriser un ensemble de compétences allant du travail de réputation et d’influence en ligne à l’entreprenariat. Ces savoir-faire assimilent de plus en plus le sportif à un travailleur multitâche de l’industrie créative.Cet article est extrait du Pop’Sciences Mag #5 : Ce qui dope le sportPar Cléo Schweyer | 15 novembre 2019C’est l’analyse développée par Guillaume Dumont, anthropologue au centre de recherche Organisations, Carrières et nouvelles Élites (OCE) de l’EM-Lyon, dans son livre Grimpeur professionnel. Le travail créateur sur le marché du sponsoring (éd. EHESS, 2018). Car le sponsor revendique une identité de marque que le grimpeur contribue à incarner dans ses pratiques quotidiennes. C’est le cas quand il choisit stratégiquement de participer ou non à certaines compétitions ou quand il communique sur des éléments auparavant considérés comme du domaine de la vie privée.« Pour construire une audience valorisable par du sponsoring il faut se transformer en personne publique et publier beaucoup : le quotidien des sportifs intéresse autant que leur carrière« , note ainsi Guillaume Dumont. Ce qui l’amène à décrire la notion de performance comme plurielle et assimilable au travail multitâche des artistes : « Imaginer une voie, la réaliser, s’entourer d’un réseau de collaborateurs pour transformer cette réalisation sportive en une œuvre créative et médiatique, s´alignant notamment avec les attentes des sponsors. » D’où des tensions occasionnelles dans le monde des grimpeurs, certaines réussites étant perçues comme illégitimes, car reposant autant sur la gestion de l’image que sur le niveau sportif. Cet article est extrait de l’enquêteLA MONTAGNE SAISIE PAR LE CULTE DE LA PERFORMANCEissue du Pop’Sciences Mag n°5.
LLes enfants apportent un regard neuf à la recherche Les enfants sont des créatifs, des observateurs curieux, des penseurs intuitifs, et pourtant leurs capacités sont souvent sous-estimées. L’association Imagineo vise à sortir des schémas de pensées habituels en mettant l’imagination des enfants au service des chercheurs et des équipes d’innovation. Pour cela, Imagineo propose des formats de recherche participative basés sur sa démarche pédagogique ascendante, inspirée par les principes de Design Thinking et de l’Intelligence Collective.A travers cet espace d’échange hors quotidien avec les enfants, les chercheurs apprennent à écouter la nouvelle génération et à comprendre ses besoins, ses attentes et ses habitudes. Cette collaboration leur permet de développer un regard neuf sur les pratiques actuelles, de trouver des solutions centrées sur l’humain et de concevoir des offres en cohérence avec les nouveaux modes de vie. Les enfants stimulent leur curiosité et leur créativité et représentent alors une grande source d’inspiration pour les chercheurs qui apprennent à chercher des solutions différemment. Les enfants, eux, apprennent à s’engager, à co-créer et se sensibilisent activement à l’enjeu traité par les chercheurs.La reprise en main d’un véhicule autonomeLors d’une collaboration avec l’IFSTTAR, un projet d’une semaine a été réalisé en Juillet 2017. Les enfants ont pu appréhender le sujet de recherche du véhicule autonome et de la reprise en main du véhicule en toute sécurité. Ils ont réfléchi au sujet en échangeant avec le chercheur, ils ont visité le laboratoire de recherche et ont ensuite développé et proposé des idées.Partager son point de vue et trouver des solutions à un problème constaté lors d’une activité extra-scolaire a été ressenti comme un plaisir par les enfants. Avec un format d’une semaine, ils ont pu s’impliquer et profiter pleinement de l’approche ascendante d’Imagineo pour découvrir des aspects de leur potentiel qu’ils ont peu l’occasion d’exprimer habituellement. Les chercheurs ayant participé au projet ont observé que la méthodologie utilisée est un excellent outil de prévention active qui permet en plus aux enfants de développer empathie, esprit critique, confiance et autonomie.Pour en savoir plusPlus d’informations sur Imagineo en vous rendant sur http://www.imagineo.org ou en regardant la vidéo de France 3, en ligne sur https://vimeo.com/227760292.