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Énergie. Une transition à petits pas

ÉÉnergie. Une transition à petits pas

Chacun sait les ravages de la transformation des combustibles fossiles sur l’environnement et le climat. Pourtant, aujourd’hui encore, l’énergie consommée dans le monde provient à plus de 80% de sources fossiles. Les façons de produire, d’acheminer et de consommer l’énergie doivent se transformer en profondeur. Mais, bien que le défi de la transition énergétique soit sur toutes les lèvres, les moyens de sa mise en œuvre ne font pas consensus. Découvrez pourquoi.

Deux événements, un podcast et un magazine… Pop’Sciences propose un panorama des innovations sociales et scientifiques dont nous disposons pour accélérer le mouvement vers un système énergétique plus sobre, efficace, résilient et moins créateur d’inégalité.

Une programmation de culture scientifique autour des conditions de faisabilité de la transition énergétique


Sobriété énergétique. Faut-il tout ralentir pour accélérer la transition ?

Mardi 24 NOVEMBRE 2020   |   18H30

📍 Maison de l’environnement de la Métropole de Lyon

 ℹ️  Gratuit, 40 places en présentiel (sur inscription) et en ligne

Débat / La meilleure énergie est celle que nous ne consommons pas. La sobriété énergétique relève de cette « retenue » que nous devrions adopter, en objection à la surconsommation d’énergie – à l’ébriété – dont nous faisons preuve aujourd’hui. Ceci étant la sobriété énergétique recouvre plusieurs scénarios, qui ne visent pas tous les mêmes fins ni ne nécessitent les mêmes moyens. Entre d’un côté le ralentissement général de nos activités, et de l’autre l’optimisation de la performance énergétique du système économique en place. Comment opérer une transition énergétique sous l’angle de la sobriété sans se heurter à des pratiques quotidiennes, sociales et économiques très ancrées ?

Invités :

  • Nathalie Ortar, anthropologue, directrice de recherche au Laboratoire Aménagement Économie des Transports à l’ENTPE.
  • Natacha Gondran (à confirmer en présentiel), enseignante-chercheuse au sein de Mines Saint-Étienne et membre du Laboratoire Environnement ville société
  • Marc Jedliczka, fondateur de NégaWatt et directeur général de l’association Hespul

Animation : Raphaël Bourgois, rédacteur en chef d’A.O.C


“Qu’est-ce qu’on attend ?” Ou comment réussir sa révolution énergétique locale ?

1er DÉCEMBRE 2020 |  18H45

📍 Ciné-Lumière Bellecour

 ℹ️  Tarif préférentiel sur pré-inscription

Projection-débat / Qui croirait que la championne internationale des villes en transition est une petite commune française ? C’est pourtant Rob Hopkins, fondateur du mouvement des villes en transition, qui le dit. « Qu’est-ce qu’on attend ? » raconte les multiples initiatives qui permettent à cette petite ville alsacienne de 2 200 habitants de réduire son empreinte écologique. La projection du documentaire sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice et d’une discussion autour des conditions de faisabilité d’une « rébellion » énergétique efficace à l’échelle locale

Invités :

  • Marie-Monique Robin, journaliste d’investigation, écrivaine et réalisatrice du film [à confirmer? ]
  • Autre intervenant à confirmer (géographe + ALTE – ALEC)

SUR LE WEB

Biomimétisme : le nouveau souffle de l’architecture

Podcast / 30% des émissions nationales de gaz à effet de serre sont associé au secteur du bâtiment (consommations énergétiques + coût énergétique des constructions neuves). Peut-on réussir à rendre notre parc immobilier neutre en carbone ? Deux frères, architecte et biologiste, unissent leurs efforts de recherche pour développer des solutions de construction et de rénovation des bâtiments moins énergivores et directement inspirés de la nature. Entretien.

  • Invités :
    • Teva Vernoux, Chercheur en biologie végétale au laboratoire « Reproduction et développement des plantes » (CNRS/ENS Lyon/Inrae/Université Claude Bernard Lyon 1)
    • Nicolas Vernoux-Thélot, architecte DPLG depuis 1999, fondateur de l’agence IN SITU ARCHITECTURE
  • Animation et production : Aïna Queiroz (Bioinspi), Samuel Belaud (Pop’Sciences – Université de Lyon)
  • Réalisation technique : Plus Huit Studio

Le confinement, révélateur de l’attrait de la nature en ville | The Conversation

LLe confinement, révélateur de l’attrait de la nature en ville | The Conversation

Au cours du confinement, de nombreux articles ont traité des changements opérés dans l’espace urbain. Ils ont souligné le vide apparu dans l’espace public, notamment le dépeuplement des grandes places emblématiques des villes françaises, et insisté sur le calme survenu en ville ou sur la baisse de la pollution atmosphérique.

Puis ce fut au tour de ceux qui se penchaient sur le chant des oiseaux, la présence de certains animaux comme le renard au Père-Lachaise à Paris, la colonisation des végétaux et leur diversité. Peu se sont demandé si cet espace habité pouvait encore être qualifié de ville, s’il remplissait encore ses fonctions, en particulier celle d’échanges, les citadins étant assignés à résidence et restreints dans leurs déplacements. Pourtant, ce qui fait une ville, n’est-ce pas ses habitants ?

Ville à l’arrêt et prise de conscience écologique

Ce qui est remarquable au cours de cette période, c’est l’accent mis sur le lien entre la nature et la ville, comme si une prise de conscience s’opérait dans la société française, comme si les individus découvraient qu’ils faisaient partie de la nature, qu’ils ne pouvaient pas s’en extraire, que la faune et la flore étaient bien présentes autour d’eux. Peut-être cela s’explique-t-il par le fait que cette crise sanitaire a conduit les Français à s’interroger sur l’origine de la Covid-19 et la responsabilité des hommes dans la transmission de cette maladie et, par voie de conséquence, sur le rapport de la société à l’environnement.

Les résultats de l’enquête « Le confinement et ses effets sur le quotidien » que nous avons menée entre le 23 mars et le 10 mai 2020 en France, sur un échantillon de 10 976 personnes, représentatif de la population française métropolitaine en genre, âge, diplômes et région de résidence vont dans ce sens.

En effet, 69,4 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles pensaient que la période de confinement changerait quelque chose dans notre manière de prendre en compte l’environnement et de le préserver. Ce sont ces Français qui semblent avoir moins bien vécu le confinement. Alors qu’ils déclaraient en moyenne avant le confinement un niveau de satisfaction de vie plus élevé que les autres Français (7,10 contre 7,01 sur une échelle de 1 à 10), leur bien-être a diminué de 1,54 contre 1,31 pour les autres Français. Cette prise de conscience semble donc avoir eu un effet anxiogène sur les Français. Le confinement aurait ainsi participé, en quelque sorte, au développement de l’éco-anxiété.

La découverte du calme et du vert au cours du confinement

Cette période du confinement a également révélé à certains et rappelé à d’autres qu’ils vivaient au sein d’un environnement artificialisé, peu amène, et qu’en leur absence, la faune et la flore reprenaient leurs droits. Elle a été le moment de nouvelles expériences.

Ainsi, 81,7 % des 10 976 Français interrogés ont ressenti au cours du confinement un ralentissement général dans leur environnement de vie. Plus de la moitié des 3 470 Français qui, avant le confinement, déclaraient subir des nuisances sonores (bruits de la rue, des voisins,etc.) quand ils étaient chez eux ont affirmé ne plus en subir au cours du confinement. Ces Français ont expérimenté, d’une certaine manière, les vertus du calme. Sans grande surprise, les Français ne subissant pas de nuisances sonores avant et/ou au cours du confinement ont déclaré des niveaux de bien-être supérieurs (7,08 et 5,29) à ceux subissant des nuisances sonores (7,04 et 5,64). Ce sont ceux qui ont enregistré la plus faible perte de bien-être au cours du confinement : 1,44 contre 1,66 pour les autres.

Cette période de confinement a été difficile pour la population française métropolitaine, mais la présence d’un espace vert ou extérieur de plain-pied l’a aidée à la traverser. En moyenne, le niveau de satisfaction de vie des Français métropolitains a chuté de 1,47, passant de 7,07 (avant le confinement) à 5,6 (au cours du confinement) sur une échelle de 1 à 10. Toutefois, les personnes vivant dans une maison avec jardin ou un espace extérieur sont celles qui, en moyenne, ont déclaré au cours du confinement le niveau de satisfaction de vie le plus élevé (5,67) par rapport à celles habitant dans un appartement avec terrasse ou balcon (5,45), avec vue (5,58) ou sans vue (5,49)

Alors que le contact avec le sol (l’élément terre) et les possibilités qu’il offre notamment en termes d’activités (jardinage, barbecue, relaxation, jeux, sortie en extérieur…) a agi favorablement sur le bien-être des Français au cours du confinement, la présence d’animaux de compagnie ou de végétaux chez eux a eu l’effet inverse. Les Français ayant des animaux de compagnie qu’ils doivent sortir ont enregistré une chute de leur bien-être plus importante que ceux n’en ayant pas (1,98 contre 1,34). Leur niveau de satisfaction de vie est passé de 7,14 à 5,02 contre 7,09 à 5,74 pour ceux n’ayant pas d’animaux de compagnie à sortir. Le même phénomène a été observé concernant la présence de plantes ou d’animaux chez soi qui ne nécessitent pas d’être sortis. Cela s’explique peut-être par le fait que les Français possédant des animaux se sont inquiétés pour ces derniers, et/ou ont une conscience écologique plus importante et un rapport à la nature plus fort que les autres, ce qui a généré du mal-être au cours de cette crise sanitaire.

Un coup de projecteur sur les vertus de la nature…

Ces observations nous conduisent à nous demander ce qu’a réellement révélé cette période de confinement sur la société française métropolitaine et son rapport à la nature.

Le grand confinement a eu plusieurs effets. D’abord, il a exacerbé le débat sur l’impact des activités humaines sur l’environnement et l’impératif écologique. Ensuite, en révélant certains maux de la ville (pollutions sonores, atmosphériques et lumineuses, îlots de chaleur urbain, inégalités socio-spatiales…). Il a 1) mis en exergue l’urgence à agir ; et 2) placé au centre du débat la santé et le bien-être des citadins, grands oubliés de l’aménagement urbain. Ainsi, il a conduit à renouveler les réflexions sur la manière d’aménager les villes en insistant sur l’importance de prendre en compte la santé des citadins, de préserver la biodiversité, d’économiser les ressources. En quelque sorte, un nouvel hygiénisme a surgi et l’éco-urbanisme s’est affirmé.

De plus, en mettant en évidence les effets négatifs du mode de vie urbain actuel — rythme effréné et déconnexion par rapport au monde physique, perte de contact en face à face dans les actions et pratiques quotidiennes, étouffement par l’excès d’information, manque de lien social, environnement artificiel —, certaines mesures de distanciation sociale ont conduit à un renforcement de la demande de nature en ville et à une prise de conscience des vertus des végétaux sur la santé et le bien-être des citadins (voir tableau ci-dessous) pour lutter contre les surcharges environnementale et virtuelle. Ainsi, en quelque sorte, l’Homo urbanus français est devenu un Homo qualitus, c’est-à-dire un être humain qui ne cherche pas à satisfaire seulement son bien-être matériel et immatériel, mais fait également de la satisfaction de son désir de nature et de la préservation de l’environnement un élément de son bien-être.


…Mais rien de vraiment nouveau

Rien de vraiment nouveau, mais une prise de conscience de l’urgence de la situation et un coup de projecteur mis sur l’intérêt croissant en milieu urbain pour la nature (en particulier pour les végétaux) et les solutions fondées sur la nature (SFN). En effet, les collectivités territoriales connaissent les avantages à végétaliser l’espace urbain et développent des infrastructures vertes. De leur côté, les citadins ont pris conscience des bienfaits de la nature. Ils en font un élément constitutif de leur bien-être.

Plusieurs enquêtes en témoignent comme celle de 2017, conduite auprès de 240 habitants du 6ᵉ et du VIIᵉ arrondissement de Lyon constituant un échantillon représentatif de la population ; qui révèle que, pour 71 % des personnes interrogées, un environnement sain et sans nuisance est l’un des dix éléments les plus importants parmi un panel de vingt-neuf éléments dans la constitution de leur niveau de bien-être. De plus, 90 % des Français considèrent que le contact quotidien au végétal est très important ou important, et 75 % déclarent prendre en compte les espaces verts dans leur choix de résidence.

Eco-urbanisme, nouvel hygiénisme, quel futur pour les villes françaises ?

Une chose est sûre : le déconfinement a offert aux municipalités l’opportunité de poursuivre certaines actions engagées et d’en mettre en place d’autres pour améliorer le cadre de vie de leurs concitoyens.

Les coronapistes qui ont vu le jour dans de nombreuses villes françaises en sont un exemple, les campagnes de végétalisation urbaine pour lutter contre le réchauffement climatique aussi.

Cependant, de nombreuses questions demeurent : les collectivités sauront-elles aller plus loin et saisir l’occasion qui se présente à elles pour répondre aux désirs des citadins qui souhaitent vivre dans un milieu urbain apaisé, plus vert et plus respectueux de l’environnement, et aspirent à une vie de quartier et à habiter dans des appartements avec un espace extérieur ? La crise sanitaire que nous traversons laissera-t-elle des traces sur les villes françaises ? L’éco-urbanisme émergent se déploiera-t-il en France, un nouveau modèle hygiéniste verra-t-il le jour ? Quelle sera l’utilisation des NTIC et des objets communicants dans l’aménagement urbain post-Covid-19 (quid de la smart city) ?

The Conversation

Auteure : Lise Bourdeau-Lepage, Professeur des Universités – géographie, Université Jean-Moulin Lyon 3

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons – 19-10-2020  >>> Lire l’article original.

Il est publié dans le cadre de la Fête de la science 2020 (du 2 au 12 octobre en métropole et du 6 au 16 novembre en outre-mer et à l’international) et dont The Conversation France est partenaire. Cette édition a pour thème : « Planète Nature ? ».

« Ensemble, fabriquons demain » : une soirée dédiée à l’alimentation

«« Ensemble, fabriquons demain » : une soirée dédiée à l’alimentation

Face aux crises, quelle alimentation voulons-nous ?

La Maison de l’Environnement vous invite à une soirée dédiée à l’alimentation et l’environnement avec une table-ronde rassemblant des acteurs de la transition écologique :

  • Laurence Paccard, agricultrice ARDAB
  • Arthur Grimonpont, ingénieur chercheur Les Greniers d’abondance
  • Françoise Marichy, présidente de La Légumerie
  • Lorana Vincent, directrice de VRAC Lyon

Ensemble, ces invité·e·s tenteront de répondre à cette questions et d’apporter des solutions à fabriquer ensemble pour proposer l’alimentation de demain.

Maison de l’Environnement

L’oiseau rare, de l’hirondelle au kakapo

LL’oiseau rare, de l’hirondelle au kakapo

Les oiseaux nous émerveillent. D’une grande diversité de tailles, de couleurs, de chants, de becs ou encore d’œufs et de nids, ils ont conquis le ciel et sont présents dans tous les milieux. Du colibri à l’autruche, on recense plus de 10 000 espèces dans le monde. Malgré leur grande capacité d’adaptation, les oiseaux sont aujourd’hui en grand danger. Victimes collatérales des activités humaines, leur déclin s’accentue d’année en année. Aujourd’hui, 1 espèce sur 8 est menacée d’extinction à l’échelle mondiale. Disposant de la 2ème plus grande collection d’oiseaux de France, le musée a sélectionné pour cette exposition près de 240 spécimens, issus des collections historiques du muséum et de l’importante donation d’Hubert Bonnetain en 2018.

Plus d’informations sur le site du :

Musée des Confluences

Les effets du confinement sur l’environnement

LLes effets du confinement sur l’environnement

Pendant pratiquement 2 mois, les Français et le monde entier ont connu le confinement.
Une expérience inédite pour les chercheurs et associations environnementales.

Nous avons tous pu constater des changements durant cette période de 2 mois où la France s’est arrêtée. L’impression d’un air moins pollué en ville, moins de bruit avec un trafic routier très ralenti, le chant des oiseaux plus présent, les animaux apparaissant dans des endroits où l’on ne les attendaient pas…

Certes, 2 mois, c’est un peu court pour pouvoir élaborer des analyses très poussées, cependant des constats et/ou pistes peuvent déjà émerger…

Dans le cadre de la Fête de la Science et de la Rentrée Anthropocène de l’École Urbaine de Lyon, et en partenariat avec France Nature Environnement Loire.

Intervenants :

  • Bruno LEMALLIER, médecin et membre du conseil d’administration de France Nature Environnement Loire – Histoire de l’impact de l’espèce humaine sur l’écosystème du néolithique à nos jours. Qu’est-ce que cela nous apprend pour notre situation actuelle ?
  • Vincent MÉDOC, Université Jean Monnet, maître de conférence ENES/CNRS (Equipe de Neuro-Ethologie Sensorielle) – Les paysages acoustiques en période de confinement
  • Cyril BESSEYRE, correspondant ATMO Auvergne Rhône Alpes
    Quelles sont les interactions entre la qualité de l’air et la pandémie du COVID-19 ? Quel a été l’impact du confinement sur les principaux indicateurs de pollution de l’air à l’échelon régional comme à l’échelon local ?

En savoir plus :

Université Jean Monnet – CSTI

#FDS2020 | Fête de la science – Édition 2020 : du 2 au 12 octobre

##FDS2020 | Fête de la science – Édition 2020 : du 2 au 12 octobre

 

Sortez vos agendas !
La prochaine édition de la Fête de la science se déroule…

📆  Du 2 au 12 octobre 2020

🚩 Sur la Métropole de Lyon et le département du Rhône

Petite nouveauté 2020 : en 2020 la Fête de la science s’adapte au contexte sanitaire et innove en proposant pour la première fois des animations 100 % numériques (ateliers, conférences live, visites virtuelles…) ou en présentiel et plus intimistes.

Toutes les animations sont dédiées à la découverte des sciences et totalement gratuites.

Tentez l’expérience !

Toutes les informations par ici !

Initiée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la Fête de la Science est la plus importante manifestation dédiée à la recherche et à l’innovation. La 29e édition se déroulera partout en France en octobre sous la thématique « Quelle relation entre l’homme et la nature ».

Dans la métropole lyonnaise et le département du Rhône, cet évènement est coordonné par Pop’Sciences – Université de Lyon avec le soutien financier de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Métropole de Lyon, de la ville de Villeurbanne, et le soutien de l’État et de l’Académie de Lyon.

Cette année, près de 200 opérations sont programmées dans 21 villes du département du Rhône grâce à la mobilisation de près de structures : établissements de recherche et d’enseignement supérieur, laboratoires, associations, entreprises, écoles, bibliothèques, médiathèques, lieux culturels… 

LLancement officiel

 

Le lancement officiel de la Fête de la science en métropole lyonnaise et Rhône a eu lieu mercredi 7 octobre à l’Université de Lyon.

Il s’intégrait à la programmation de la Rentrée Anthropocène #2020 présentée par Michel Lussault, Directeur de l’École urbaine de Lyon. Le lancement a été suivi par une conférence de François Gemenne  « L’Atlas de l’Anthropocène ».

>> Voir – ou revoir – le lancement :

Changement climatique et santé environnementale font-ils bon ménage ? | Un article Pop’Sciences

CChangement climatique et santé environnementale font-ils bon ménage ? | Un article Pop’Sciences

L’environnement est l’un des principaux déterminants de la santé des populations : on estime que 24 % des maladies dans le monde et 23 % du nombre total de décès sont attribuables à des facteurs environnementaux. En effet, les milieux qui nous entourent (eau, air, agents physiques, résidus de produits chimiques, qualité des aliments ou des sols, etc.) agissent quotidiennement sur notre santé. Au même titre que santé humaine et santé vétérinaire sont indissociables, la santé environnementale1 est déterminante pour chacune. C’est le concept de One Health.

Mais en quoi le changement climatique a t-il spécifiquement une incidence sur cette santé globale?

Un article rédigé par Nathaly Mermet, Docteur en Neurosciences, journaliste scientifique & médicale, Lyon, pour Pop’Sciences – 29-06-2020

A. Cohas / © CNRS

Parmi les premières choses qui viennent à l’esprit en essayant de répondre à cette question, on pense au recul de l’habitat côtier si les glaciers fondent et les eaux montent. Également à la modification de répartition d’espèces comme des moustiques vecteurs de certains virus, tel le moustique Tigre dont l’extension progresse sous nos latitudes de partout dans le monde2. Ou encore le dégel du permafrost, cette couche de sol gelée qui recouvre 25% des terres émergées de l’hémisphère Nord qui s’avère être une véritable menace pour l’humanité. Outre la libération de gaz à effet de serre (liée à l’accessibilité de la matière organique pour les microorganismes qui la consomment et les relarguent) et de mercure, toxique pour les populations,  la fonte du permafrost libère aussi des glaces, entre autres, des bactéries et des virus anciens. La réactivation de ces derniers peut être dangereuse et même mortelle, à l’instar des carcasses de rennes dégelées en Sibérie qui s’avèrent être à l’origine de contaminations au bacille de charbon3.

Étangs permafrost de dégel sur les tourbières dans la baie d’Hudson, au Canada en 2008. [Source : Steve Jurvetson / Wikimedia Commons ]

A côté de ces conséquences spectaculaires ou exotiques, on pense en revanche moins à des effets plus “ terre à terre “, mais qui nous touchent beaucoup plus directement, comme la pollution de nos habitats. « L’air intérieur est souvent plus contaminé que l’air extérieur » rappelle André Cicolella, chimiste toxicologue, ancien conseiller scientifique à INERIS et Président de Réseau Environnement santé [voir biographie ci-contre], expliquant que l’augmentation de température liée à la crise climatique engendre, notamment, une recrudescence d’émission de phtalates qui se volatilisent des sols en PVC sous l’effet de la chaleur. Or, les sols en PVC représentent 16% de l’habitat individuel et 60% de l’habitat collectif (hôpitaux, crèches, écoles, salles de sport, etc.) et sont composés pour 20 à 40% de phtalates qui en sont ainsi le premier constituant toxique ! « Les études épidémiologiques montrent un lien fort entre une exposition aux phtalates en début de grossesse et l’asthme de contact chez l’enfant » rapporte A. Cicolella, citant aussi que le taux d’asthme a doublé en 20 ans avec un lien établi entre l’asthme de l’enfant et sol en PVC de la chambre des parents, indiquant la contamination des parents. En effet, les phtalates sous forme solide dans les PVC, une fois volatilisés sous l’effet de la chaleur, se condensent ensuite en poussières qui se dispersent dans tout l’habitat.

D’ailleurs  « les perturbateurs endocriniens, issus pour la plupart de composés chimiques et dont le relargage est boosté par l’augmentation de température, sont très sous-estimés autant dans les maladies respiratoires que dans les maladies métaboliques, l’obésité, les cancers hormone-dépendants, les troubles du comportement et les troubles de la reproduction » indique A. Cicolella.

Qu’entend-t-on par santé environnementale ?

Selon la définition officielle de l’OMS (Conférence d’Helsinki, 1994) « La santé environnementale comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement. Encore plus largement “elle concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé des générations actuelles et futures ».

Plus simplement, la santé environnementale est la prise en compte de l’impact des polluants (au sens large) sur la santé, qu’ils soient locaux ou globaux. Par exemple, la considération de la qualité de l’air intègre tant l’aspect de l’air intérieur que l’aspect atmosphérique planétaire avec les conséquences du réchauffement climatique.

Quel impact du changement climatique sur la santé environnementale ?

E-NOR-ME ! Parmi les conséquences attendues dont les chercheurs sont désormais certains4 : la hausse du nombre de cas annuels de décès ou d’hospitalisations causés par des coups de chaleur (sans même parler de canicules), aussi bien dans les pays riches que pauvres; l’extension géographique des maladies infectieuses vectorielles (ou de leurs vecteurs, comme par exemple avec le paludisme d’altitude) ; l’augmentation des épidémies de choléra sur les régions côtières en lien avec El Niño ; la hausse du prix des denrées alimentaires aboutissant à des privations dans les foyers précaires, etc. D’après Emmanuel Drouet, Dr en Pharmacie, Pr à l’Université Grenoble-Alpes et Enseignant-Chercheur à l’Institut de Biologie Structurale [voir biographie ci-contre] « les changements climatiques généreront entre 2030 et 2050 près de 300 000 décès supplémentaires par an, en accroissant la malnutrition et la sous-alimentation des enfants, les maladies transmises par des insectes, les diarrhées et les stress liés à la chaleur ».

Dans l’Encyclopédie de l’Environnement, il explique qu’aux influences des changements climatiques sur la santé, multiples et liées, s’ajoutent aussi les migrations de populations fuyant des modifications profondes de leur cadre de vie (diminution des rendements agricoles, inondations, etc.). « Près de 250 millions de « réfugiés climatiques » sont attendus à l’horizon 2050  » déclare-t-il.

Nombreuses sont aussi les espèces animales pour lesquelles la survie et la reproduction des individus sont affectées par les changements climatiques, avec de fait des conséquences directes sur la dynamique des populations. D’où l’intérêt de comprendre les mécanismes physiologiques et comportementaux à l’échelle individuelle afin d’expliquer les changements observés au niveau des populations [ENCART].

Projet Marmottes – A. Cohas / © CNRS

C’est notamment l’objet des recherches menées au sein du Laboratoire de biométrie et biologie évolutive (LBBE), où l’on étudie à la fois les interactions Homme-Nature en lien avec épidémies et les adaptations de différentes espèces, parmi lesquelles les marmottes en montagne. « Il s’agit d’une espèce hyper-spécialisée dans sa niche et qui n’aime pas beaucoup le changement » résume Aurélie Cohas [voir biographie ci-contre], dont le travail de recherche porte sur le comportement des marmottes alpines entre 1400 (Lautaret) et 2600 mètres (col du Galibier) d’altitude. « La marmotte se nourrit de plantes dicotylédones largement répandues, donc n’est pas trop affectée par l’adaptation des espèces végétales aux changements climatiques » précise-t-elle, mais ceux-ci ont de multiples répercussions sur la distribution, l’effectif et les performances de nombreuses populations animales.

Alors que plusieurs études réalisées chez les oiseaux ont mis en évidence des changements adaptatifs, souvent à travers une plus grande précocité des périodes de reproduction, les exemples sont plus rares chez les mammifères. D’où l’intérêt de comprendre quels facteurs climatiques affectent la vie d’espèces comme la marmotte alpine afin de prédire le devenir de certaines populations animales.

Une crise écologique aux multiples facettes

Selon André Cicolella « la crise climatique, sanitaire, de la biodiversité et l’épuisement des ressources sont les 4 volets de la crise écologique, tous étant des conséquences de l’activité humaine ». Ce qui semble “évident” c’est que le changement climatique aura des répercussions très négatives sur la santé et que les effets du changement global les accentueront. « La population humaine est confrontée à une épidémie mondiale de maladies chroniques qui fait le lit de nombreuses autres pathologies » expliquait-t-il déjà en 2013 dans son livre Toxique planète, Le scandale invisible des maladies chroniques. Les chiffres sont éloquents : deux fois plus de morts qu’il y a 15 ans sont liés à l’environnement, les maladies cardiovasculaires en France ont été multipliées par un facteur de 2,7 dans le même temps, faisant passer le nombre de nouveaux cas de 197 000 à 532 000 au niveau national, et, en Auvergne-Rhône-Alpes, de 22 400 à 62 100 dont l’insuffisance cardiaque progressant d’un facteur 3,5 (de 7200 à 25 100). Le diabète a doublé pendant cette période.

Les effets climatiques sur les maladies infectieuses sont certes plus complexes à évaluer que, par exemple, l’impact de la canicule de l’été 2003 sur l’excès de mortalité en Europe (pour mémoire 70 000 décès sur le seul mois d’août), mais les entomologistes s’accordent à dire que l’élargissement des zones chaudes et humides à la surface du globe décuplerait les populations d’insectes vecteurs de virus4. « Il y a une interaction de multiples facteurs, mais schématiquement le réchauffement climatique “remonte” des maladies infectieuses de zones tropicales vers les zones tempérées » souligne A. Cicolella, reprenant le cas du moustique tigre dont l’extension symbolise le bouleversement des écosystèmes et le fait que tel ou tel vecteur disparaissant, de nouvelles espèces réservoir sont recherchées.

Implantation du moustique Tigre en France métropolitaine / Source : portail information Moustique tigre

« La progression des épidémies infectieuses, comme par exemple la maladie de Lyme véhiculée par certains tiques, rappelle l’enjeu de la déforestation qui accélère le phénomène » alerte-t-il. Selon lui, les virus vont être de plus en plus nocifs, à l’instar du SARS-Cov-2 qui déclenche une tempête inflammatoire, particulièrement délétère quand elle “frappe” sur un terrain fragilisé par une maladie chronique. Notons en effet que si les personnes souffrant d’obésité représentent 15% de la population adulte en France, leur proportion est de 25% en hospitalisation et 35% en réanimation dans le contexte de la Covid-19. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. « Il faut vraiment prendre conscience de l’épidémie mondiale de maladies chroniques » appelle-t-il de ses vœux, notant que les crises ont “l’avantage” de mettre en exergue les dangers, mais aussi les opportunités.

Ainsi, une épidémie peut en cacher une autre, et l’ampleur de la pandémie Covid-19 s’appuie sur l’épidémie de maladies chroniques. Selon lui, « si on n’intègre pas la santé dans la crise écologique, elle servira de variable d’ajustement, et il faut comprendre que la santé humaine dépend de la santé environnementale » prévient-il.

Côté impact économique, la note est salée aussi : le coût estimé des dommages sur la santé causés directement par les changements climatiques serait de l’ordre de 2 à 4 milliards de dollars par an d’ici 20304. Retenons aussi qu’en travaillant à réduire les expositions environnementales et ses conséquences, la santé environnementale s’inscrit principalement dans le champ de prévention primaire.

 

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          Encart

          Le lien entre santé et environnement à la loupe

Nombreux sont les laboratoires rattachés à l’Université de Lyon à mener des recherches sur différents aspects de la santé environnementale.  Parmi ceux-ci :

  • Le Laboratoire d’Ecologie des Hydrosystèmes Naturels Anthropisés (LEHNA, UMR5023), rattaché à l’Institut d’écologie et environnement (IEE) et qui travaille sur la biodiversité, l’évolution et les adaptations biologiques des éco-systèmes, ce depuis les macromolécules jusqu’aux communautés. Ainsi, les travaux menés concernent autant l’étude de la végétation en zones humides, les espèces “invasives », les contraintes physiques sur les plantes (notamment hydrodynamiques) que l’impact des polluants, la paléoécologie ou encore la conservation de la biodiversité avec, par exemple, l’impact de la pollution lumineuse sur les espèces.
  • Le Laboratoire de biométrie et biologie évolutive (LBBE) où l’on étudie notamment les interactions Homme-Nature en lien avec les épidémies, ainsi que les adaptations de différentes espèces telles que  les marmottes en montagne.
  • Le laboratoire TRIANGLE dont les recherches portent sur l’analyse politique et socio-économique des modèles de sociétés.
  • Le laboratoire Environnement, Ville et Société (EVS) en lien avec l’Ecole urbaine de Lyon qui s’intéresse à l’évolution de notre société et aux enjeux dans un contexte de nouvel urbanisme.

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Notes

(1) On emploie « santé environnementale » au sens de l’impact de l’environnement sur la santé humaine. C’est un peu un abus de langage, un raccourci, car c’est aussi l’impact de l’environnement sur la santé animale et végétale.

(2) Moustique Tigre : portail d’information

(3) Pourquoi la fonte du permafrost est une menace pour l’humanité ?, Le Monde, 5 juin 2018

(4) Changement climatique : quels effets sur notre santé ?, Emmanuel Drouet, Université Grenoble-Alpes,16 fév. 2020

PPour aller plus loin

Cinés-défis | Maison de l’environnement

CCinés-défis | Maison de l’environnement

Les Ciné-Défis sont un rendez-vous quinzomadaire pour découvrir un ou plusieurs défis et des solutions pour accompagner la transition écologique sur le territoire (pollution, climat, déchet, alimentation…).

Les projections sont suivies de débats avec les intervenants.

  • Jeudi 11 juin à 19h | En Quête de Sens : l’histoire de Marc et Nathanaël, deux amis d’enfance qui décident de prendre la route pour questionner la marche du monde.
  • Mercredi 24 juin | Informations sur le site de la Maison de l’environnement

 

Pour connaître la suite de la programmation :

Maison de l’environnement

Lectures urbaines anthropocènes

LLectures urbaines anthropocènes

Retrouvez la veille des publications sur les mondes urbains anthropocènes, réalisée par Bérénice Gagne de l’Ecole urbaine de Lyon.

La seconde sélection parue en juin 2020

La première sélection parue en février 2020

La sélection des lectures urbaines anthropocènes 2019

Si vous avez des suggestions pour enrichir cette veille bibliographique, n’hésitez pas à les partager : berenice.gagne@universite-lyon.fr

Retrouvez la veille urbaine anthropocène et les parutions au fil de l’eau sur twitter : @BereniceGagne

TEDxENTPE 2020 sur la résilience : les vidéos sont en ligne !

TTEDxENTPE 2020 sur la résilience : les vidéos sont en ligne !

C’était le 22 février 2020 à l’ENTPE sur le thème de « la résilience ».

  • Étudiants, construisons un monde résilient ! de Benoit Halgand et Caroline Mouille
  • L’argile, liant d’avenir de Fionn McGregor
  • Résilience alimentaire et sécurité nationale de Stéphane Linou
  • De tricheur à formateur de Yann Hardy
  • Les bactéries, l’humanité et la Reine Rouge de Christian Lesterlin
  • Calad Access : du handicap à l’action, une forme de résilience de Marie Hélène Agnes
  • L’apnée, pleine conscience et bien-être à 113m de profondeur de Stéphane Tourreau

>>> Accédez à la playlist TEDxENTPE 2020 sur Youtube :

TEDxENTPE en vidéo