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Cycle de rencontres à la Ferme du Vinatier – Une traversée de l’histoire de la psychiatrie à Bron

CCycle de rencontres à la Ferme du Vinatier – Une traversée de l’histoire de la psychiatrie à Bron

<à la découverte de l’Asile de Bron 

Cet automne, La Ferme du Vinatier programme chaque mois un rendez-vous autour de l’histoire de la psychiatrie au Vinatier. Il s’agira de s’intéresser à l’enfermement des malades au XVIIIe siècle, à la naissance des asiles départementaux d’aliénés suite à la loi de 1838, au quotidien à l’asile de Bron au début du XXe siècle, au rôle de l’asile pendant la Première Guerre mondiale ou encore la période moins connue de l’entre-deux guerres. Ce cycle de rencontres, animé par des spécialistes, vous invite à mieux comprendre les liens qui se tissent entre l’Histoire et le Centre hospitalier Le Vinatier.

  • Mercredi 20 septembre de 18h30 à 20h

Les gens de l’asile : autour des photos d’Hippolyte Laurent

Plongez dans les centaines de clichés pris par l’infirmier Hippollyte Laurent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui ont habité l’asile de Bron. Avec Philippe Cialdella, psychiatre et Marie-Ange Villeret, archiviste référente archives hospitalières aux Archives départementales et métropolitaines du Rhône

 

  • Mercredi 18 octobre de 18h30 à 20h

Naissance de l’aliénisme à Lyon

À Lyon comme ailleurs, le sort des malades mentaux change radicalement à la charnière des XVIIIe et XIXe siècle sous le coup de la désincarcération, de la naissance de l’aliénisme et de sa « thérapeutique », le traitement moral. Où et comment accueillait-on ces malades exclus du système hospitalier habituel ? Olivier Faure, professeur émérite d’histoire à l’Université Lyon 3 et Fabienne Barbarini, psychiatre libérale nous invite dans un tour des institutions lyonnaises.

 

  • Mardi 14 novembre de 18h30 à 20h

Des tranchées à l’asile

Entre le 2 août 1914 et le 11 novembre 1918, ce sont 1981 soldats qui ont été hospitalisés à l’asile de Bron. Chacun arrive avec sa propre histoire, mais tous ont vécu l’expérience d’une guerre d’un nouveau type, qui a bouleversé leur vie. Bernadette Angleraud, professeure d’histoire et le Dr Jacques Marblé, ancien psychiatre des hôpitaux des armés,  nous invitent à retracer les itinéraires de ces soldats jusqu’à l’asile de Bron.

 

  • Mardi 12 décembre de 18h30 à 20h

Entre solidarité républicaine et tentation eugéniste : l’assistance aux aliénés du Rhône dans l’entre-deux guerres (1918-1939)

Jusqu’en 1914 et même s’ils s’alarment à plusieurs reprises de l’augmentation du nombre de malades internés, les membres du conseil général du Rhône se déclarent fiers de leur asile qu’ils considèrent comme la plus grande réalisation du département en matière d’assistance. Qu’en est-il après la Grande Guerre ? Isabelle Von Bueltzingsloewen, professeure d’histoire contemporaine à l’université Lumière Lyon 2 et Anne Parriaud-Martin, psychiatre,  analyseront cette nouvelle époque et les conception de la folie véhiculée.

>>  Tout le programme sur le site de :

la Ferme du Vinatier

 

 

L’Intelligence Artificielle, notre futur psychiatre ? | #2 Dossier Pop’Sciences « Diagnostic 2.0 : Quand l’IA intervient »

LL’Intelligence Artificielle, notre futur psychiatre ? | #2 Dossier Pop’Sciences « Diagnostic 2.0 : Quand l’IA intervient »

Article #2 – Dossier Pop’Sciences Diagnostic 2.0 : Quand l’IA intervient

Se classant au deuxième rang des causes de mortalité en France après les accidents cardiovasculaires, les troubles liés à la santé mentale sont aujourd’hui une préoccupation majeure en termes de santé publique. Dans cette quête du « mieux prévenir pour mieux guérir », l’intelligence artificielle (IA) pourrait s’imposer comme un précieux allié dans le diagnostic des troubles mentaux.

En analysant de vastes quantités de données, collectées auprès des patients et issues de la recherche médicale, l’IA serait capable d’identifier des modèles, des tendances et des corrélations qui soutiennent les médecins dans leurs efforts pour diagnostiquer et traiter ces troubles. Elle suscite pourtant de vifs fantasmes vis-à-vis de ses capacités en psychiatrie, qu’en est-il vraiment ?

Un article de Léo Raimbault, rédigé
pour Pop’Sciences – 5 septembre 2023

 

LLa complexité du diagnostic en psychiatrie

Image générée par IA (Dall-E) ©Pop’Sciences

Le diagnostic en santé mentale repose sur des symptômes exprimés par les patients lors d’entretiens avec leur psychiatre. La psychiatrie étant une discipline clinique, elle s’appuie sur des signes objectifs (comportementaux et verbaux) perçus chez le patient, mais également sur les ressentis subjectifs du psychiatre dans son interaction avec le patient. Au cours de discussions avec son patient, le psychiatre identifie la nature des symptômes qu’il rapporte au « pattern » (ensembles de symptômes signatures) d’un trouble.

Or, un diagnostic en psychiatrie ne s’établit pas uniquement par la discussion. Le psychiatre peut repérer des indices du trouble psychique qu’exprime son patient par des signaux paraverbaux, des signaux qui excluent l’expression orale ou verbale. Ce sont, par exemple, la gestuelle, les expressions du visage ou le ton de la voix. Grâce à ces données, il synthétise et relie les informations, des connexions s’établissent et le diagnostic s’affine.

 

LLes apports de l’IA en psychométrie

Mais que peut apporter l’IA, reine des mathématiques appliquées, au diagnostic en psychiatrie clinique ? Alors que les professionnels de la santé disposent de leur raisonnement subjectif pour démêler la complexité de la psyché humaine, les modèles d’IA, notamment les réseaux de neurones, peinent encore à déduire des liens statistiques plausibles entre des symptômes donnés et un trouble psychique précis.

Malgré ces limites, les modèles d’IA représentent des outils précieux pour le diagnostic en santé mentale à plusieurs niveaux. Les questionnaires de psychométrie, par exemple, permettent de mesurer et d’évaluer différents aspects de l’état mental d’un patient. Il s’agit d’un ensemble de questions standardisées auxquelles répondent les patients, portant sur leurs émotions, leurs relations sociales, leurs comportements, leurs pensées… Les réponses à ces questionnaires fournissent aux psychiatres des informations essentielles. D’une part, elles permettent d’éclairer sur l’état du patient, et, d’autre part, elles aident à une meilleure compréhension des troubles mentaux en identifiant des schémas généraux. Or, l’analyse de ces documents requiert un investissement de temps considérable de la part des professionnels de la santé mentale.

De plus, la complexité du comportement humain rend difficile l’utilisation d’une approche catégorielle (oui/non) pour évaluer les symptômes, surtout chez les enfants dont la psyché, en pleine évolution, n’est pas aussi stabilisée que celle des adultes. Pourtant, la précision de ces questionnaires est cruciale pour fournir des éléments complémentaires aux diagnostics et favoriser des accompagnements efficaces. En générant des descriptions de plus en plus précises des symptômes, on peut diagnostiquer plus vite et améliorer la qualité de l’accompagnement des familles et limiter l’impact des troubles sur le développement et la construction de la personnalité chez les enfants. Une intervention précoce et précise est donc essentielle pour offrir de meilleures trajectoires évolutives aux enfants présentant ce type de troubles.

Et c’est bien là sa qualité première : l’IA peut brasser des quantités phénoménales de données en un temps réduit. Les modèles peuvent désormais analyser en masse des questionnaires de psychométrie à une vitesse fulgurante, permettant de déterminer avec précision des patterns associés à différents troubles psychologiques. En identifiant des patterns comportementaux récurrents pour un trouble, les algorithmes d’IA offrent une quantification et une modélisation précieuses, apportant une objectivité nouvelle à leur compréhension.

 

Image générée par IA ©Pop’Sciences

LL’IA, une révolution en psychiatrie ?

Pierre Fourneret, pédopsychiatre et chef du service Psychopathologie du développement de l’enfant et de l’adolescent à l’Hôpital Femme Mère Enfant (Hospices Civils de Lyon), nous rappelle que si l’IA sort son épingle du jeu pour définir des patterns à grande échelle, s’appuyant sur la logique des grands nombres [1], il en va tout autrement à l’échelle individuelle. Quand une population entière est aisément prédictible, l’individu est bien plus aléatoire et incertain. De fait, si en psychiatrie les outils d’IA peuvent prédire des comportements, voir des diagnostics à grande échelle, ils ne donnent qu’un pourcentage de risque et peinent encore à prédire au-delà de 50 à 60% le comportement individuel et les risques qu’un patient pourrait prendre pour sa sécurité et celle d’autrui.

Bien loin de remplacer les psychiatres en raison de sa nature artificielle, l’IA se présente néanmoins comme un atout précieux : en identifiant des modèles comportementaux et en offrant des outils d’analyse avancés, elle vient compléter l’intelligence naturelle des cliniciens. Cependant, nous devons rester vigilants quant à son utilisation éthique et responsable. L’IA ne remplace pas l’empathie et la chaleur humaine dans la relation thérapeutique… quoique les “chatbots” fassent des pas de géants dans ce domaine. Certains pays, notamment en Asie, utilisent déjà des agents conversationnels « intelligents » qui offrent un support émotionnel et empathique. Cette approche soulève des questions quant à l’authenticité du soutien reçu, car il est facile de prêter à ces rois de l’imitation du langage humain, une âme, une humanité, voire de réelles compétences psychiatriques. Bien que cela puisse avoir ses avantages, il s’agit davantage d’un soutien conversationnel, d’un beau miroir confortant son interlocuteur que d’une réelle thérapie. Comme souvent, l’IA ne peut être l’unique solution, mais un outil.

Une relation thérapeutique ne se résume pas simplement à des compliments et à l’approbation de notre interlocuteur. Le thérapeute a aussi la capacité d’injecter des éléments qui peuvent déstabiliser et pousser son patient à évoluer, tout en ayant l’assurance de pouvoir le soutenir en cas de besoin. Cette dimension de la thérapie ne peut pas être reproduite par une IA. C’est ici qu’émerge la question de la responsabilité, car les erreurs potentielles de l’IA dans les conseils thérapeutiques pourraient bien sûr avoir de graves conséquences.

 

QQuel avenir pour l’IA en psychiatrie ?

Dans le domaine de la santé mentale, l’impact de l’IA suscite à la fois espoirs et interrogations. Selon Pierre Fourneret, si l’on surestime et fantasme largement l’impact actuel de l’IA, il est possible que l’on sous-estime son influence à long terme sur les pratiques en santé mentale. Alors que certaines applications existent déjà, les avancées technologiques exponentielles pourraient bientôt permettre des développements bien plus conséquents.

Quoi qu’il en soit, l’IA ouvre de nouvelles perspectives pour une meilleure compréhension des troubles mentaux et un soutien plus ciblé aux patients en souffrance psychique. Cette approche éclaire notre compréhension de l’esprit humain et inspire de nouvelles stratégies thérapeutiques. Pour Pierre Fourneret “l’intelligence artificielle peut aider à comprendre l’intelligence naturelle et, en retour, l’intelligence naturelle peut aider à améliorer la complexité et les algorithmes de traitement utilisés par les logiciels ou les robots.”

 

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Notes :

[1] L’IA s’appuie sur la logique des grands nombres et la notion de régression à la moyenne. Plus l’échantillon évalué est grand, plus la moyenne des réponses globales va se rapprocher de « la vérité », ou en tout cas du chiffre exact. C’est à partir de ces matrices que l’IA va inférer un pourcentage de risque ou une tendance diagnostique assortie d’un pourcentage de plausibilité.

PPour aller plus loin :

 

Hallucinations, une perception biaisée ?

HHallucinations, une perception biaisée ?

Les mécanismes à l’origine des hallucinations, un symptôme de la schizophrénie, sont encore mal connus. Des chercheur·ses de l’Université de Columbia ont évalué un modèle explicatif des hallucinations et ont exploré l’implication d’un neurotransmetteur, appelé la dopamine, dans ce modèle. Les chercheur·ses ont établi un lien entre les hallucinations auditives, la perception et une transmission excessive de dopamine dans une structure cérébrale connue pour son dysfonctionnement dans la schizophrénie : le striatum.

> À lire dans son intégralité sur :

PAPIER-MÂCHÉ

 

Avec les mots des autres

AAvec les mots des autres

À l’accueil de jour de Chambéry, l’Équipe Mobile Précarité et Psychiatrie reçoit des demandeurs d’asile en consultation. Ils viennent y déposer leurs mots, s’efforcent de nommer leurs souffrances, d’évoquer leurs cauchemars et leurs peurs, laissant échapper un sanglot, un cri de colère.

Entre le monde des soignants et celui des patients, les interprètes jouent le rôle de passeurs, tentant de rendre au langage sa force et sa singularité. De séance en séance, les exilés cherchent à se réapproprier leur récit et esquissent leur reconstruction.

Voir un extrait du film

Le Laboratoire ICAR et l’Orspere-Samdarra ont le plaisir de vous convier à une soirée cinéma-rencontre autour du documentaire Avec les mots des autres, réalisé par Antoine Dubos et co-produit par La Société des Apaches, l’Orspere-Samdarra (Centre Hospitalier le Vinatier), le Laboratoire ICAR (CNRS/ENS de Lyon/Université Lumière Lyon 2) et Lyon Capitale TV.

Après la diffusion du documentaire, un moment d’échange est prévu avec le réalisateur Antoine Dubos, et les équipes du projet REMILAS du Laboratoire ICAR et de l’Orspere-Samdarra.

Télécharger le dossier de presse

Schizophrénie, dépasser les clichés

SSchizophrénie, dépasser les clichés

La schizophrénie concerne environ 0,7% de la population mondiale, dont 600 000 personnes en France. Du grec « schizo » = fractionnement et « phrénie » = esprit, la schizophrénie est une maladie psychiatrique caractérisée par un ensemble de symptômes très variables : les plus impressionnants sont les délires et les hallucinations, mais les plus invalidants sont le retrait social et les difficultés cognitives.

Mal connue du grand public, la schizophrénie fait peur. Fréquemment, dans la presse notamment, on trouve ce terme pour évoquer des attitudes ou des propos contradictoires. Le cinéma véhicule également une image stéréotypée. Elle demeure hélas une pathologie encore très stigmatisée.

La fondation Neurodis, qui soutient la recherche en neurosciences depuis 2007 en région AURA, propose une grande soirée à St-Etienne pour découvrir la réalité de cette pathologie et permettre au grand public de pouvoir échanger en direct avec des spécialistes.

Intervenants :

  • Pr Eric Fakra, Chef de service du Pôle Psychiatrie adulte et infanto-juvénile du CHU de St-Etienne, et membre du Comité Exécutif de Neurodis parlera de la nouvelle vision qu’ont les professionnels grâce aux avancées de la recherche et la prise en charge qui en découle.
  • Dr Mael Pulcini, praticien hospitalier, CHU de St-Etienne, évoquera le suivi médical une fois à la maison.

Fondation Neurodis

Schizophrenie-Affiche

 

Les addictions: une équation à trois inconnues

LLes addictions: une équation à trois inconnues

Cette conférence abordera le concept d’addiction à travers le regard complémentaire de trois spécialistes : un psychiatre, un neuroscientifique et une philosophe. Après avoir donné leur propre définition de l’addiction, les intervenants évoqueront les grandes questions qui traversent leurs domaines respectifs, ainsi que les réponses apportées jusqu’à maintenant par la recherche.

Cette conférence est proposée dans le cadre de la Semaine du cerveau et les intervenants sont: Eric Peyron (Addipsy), Benjamin Rolland (Service Universitaire d’Addictologie de Lyon), Guillaume Sescousse (CRNL), Mélanie Trouessin (IHRIM).

Consultez l’ensemble du programme sur le site national de la Semaine du cerveau