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Ma Thèse en 180 secondes 2026 : découvrez nos finalistes et assistez à la finale locale

MMa Thèse en 180 secondes 2026 : découvrez nos finalistes et assistez à la finale locale

Concours international francophone lancé au Québec, Ma Thèse en 180 secondes est de retour en France pour sa 12e édition. Inspiré de Three Minute Thesis (3MT®), il est porté, en France, par France Universités et le CNRS, et est décliné en local par les regroupements universitaires volontaires.

Sur le site Lyon Saint-Étienne, l’organisation du concours revient à l’Université de Lyon au nom de l’ensemble de ses membres. La finale locale Université de Lyon du concours se déroulera jeudi 12 mars.

Ma Thèse en 180 secondes propose aux doctorants de présenter, devant un jury et un auditoire profane et diversifié, leur sujet de recherche en termes simples. Douze doctorantes et doctorants du site Lyon Saint-Étienne exposeront, en 3 minutes, de manière claire, concise et néanmoins convaincante, leur projet de recherche. Un jury composé de chercheurs, journalistes et représentants du monde socio-économique décernera trois prix. Vous aurez également la possibilité de décerner le prix du public en assistant à la finale !

Le 1er prix du jury et le prix du public seront les deux lauréats Université de Lyon qui accéderont à l’étape nationale du concours.

>> Assistez à la finale en présentiel ou suivez-la en direct sur le compte Facebook de l’Université de Lyon et sur la chaîne YouTube

Découvrez les 12 candidats

Quand l’ingénierie façonne la recherche scientifique | Un dossier Pop’Sciences et CNRS

QQuand l’ingénierie façonne la recherche scientifique | Un dossier Pop’Sciences et CNRS

Dossier Pop’Sciences – CNRS : « ANNÉE DE L’INGÉNIERIE – Quand l’ingénierie façonne la recherche scientifique »

Au-delà de l’image d’Épinal du métier d’ingénieur des ponts et chaussés chargé d’aménager le territoire et de concevoir nos infrastructures routières, l’ingénierie intervient dans bien d’autres domaines. De la physique des matériaux à la santé en passant par la préservation de l’environnement et la production d’énergie verte, elle contribue ainsi à faire avancer la recherche scientifique sur tous les plans.

©Émilie Josse

Comme le résumait quelque peu abruptement l’ingénieur en aéronautique hongrois Théodore von Kármán (1881-1963) et premier récipiendaire de la Médaille nationale des sciences des États-Unis « Le scientifique décrit ce qui est, tandis que l’ingénieur crée ce qui n’a jamais existé. » D’un point de vue étymologique, le mot ingénierie provient du latin genere signifiant en effet créer ou produire. En tant que discipline, l’ingénierie recouvre quant à elle l’ensemble des activités de conception et de planification contribuant à la réalisation d’un projet scientifique ou technique. C’est cette démarche que le CNRS et ses partenaires académiques entendent notamment mettre à l’honneur tout au long de cette année universitaire.

Vers une infinité de combinaisons moléculaires

Dans les laboratoires explorant la physique des matériaux, l’ingénierie est devenue une alliée incontournable. Grâce à elle, les scientifiques peuvent désormais façonner de nouveaux polymères plastiques dépourvus de toxicité. L’intégration de liaisons chimiques plus faciles à rompre dans la structure de ces colliers de perles moléculaires contribue par ailleurs à améliorer leur recyclage. Cette ingénierie à l’échelle de la molécule bénéficie également à une nouvelle classe de matériaux hybrides fusionnant un composé organique avec un métal. Conçus à la manière d’un jeu de Lego moléculaire, ces polymères dits « de coordination » offrent une infinité de combinaisons et des perspectives d’applications dans la production et le transport d’électricité ou le stockage d’informations.

Repousser sans cesse les limites de détection

Améliorer les performances des outils d’analyse est un autre domaine dans lequel excellent les sciences de l’ingénierie. D’ici quelques années, sonder les matériaux à l’échelle subatomique pour percer les secrets de leurs propriétés pourrait ainsi devenir réalité en combinant la microscopie électronique à une technique de spectroscopie reposant sur la diffusion d’un faisceau d’électrons. En appliquant les préceptes de l’ingénierie moléculaire, des physiciens ont pu concevoir des tubes polymères de dimension nanométrique – À titre de comparaison, un cheveu humain a une épaisseur d’environ 50 000 nanomètres – recouvert d’une fine couche d’un autre polymère conducteur d’électricité. Parvenir à mettre au point une telle structure ouvre la voie à des détecteurs de photons bien plus précis capables de faire avancer la recherche en physique des particules.
En matière de santé, l’ingénierie est à même de renforcer les capacités d’analyse de l’imagerie médicale. Reposant sur la diffusion d’ultrasons, l’échographie compte parmi les techniques qui pourraient bientôt bénéficier de ces avancées. La mesure du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou celle de l’efficacité d’un traitement du cancer par chimiothérapie figurent parmi les nouveaux usages de l’échographie d’ores et déjà testés par les scientifiques.

Faire feu de tout bois avec la photocatalyse

Recourir à l’hydrogène comme source d’énergie fait partie des solutions envisagées par la France et d’autres pays pour assurer leur transition énergétique et tendre ainsi vers la neutralité carbone. Mais pour l’heure, plus de 90% de la production l’hydrogène repose encore sur l’utilisation de ressources fossiles telles que le charbon ou le gaz. Afin de mettre en œuvre des dispositifs de production éco-responsables, des ingénieurs misent sur l’usage de semi-conducteurs intégrant des matériaux ferroélectriques et activés par une source lumineuse. Cette forme de photocatalyse pourrait en outre servir à éliminer certains polluants (antibiotiques, pesticides) accumulés dans le bassin de rétention des eaux usées d’un hôpital ou d’une exploitation agricole.

Il arrive enfin aux spécialistes de l’ingénierie de prendre un peu de hauteur pour améliorer les capacités de détection des satellites chargés de scruter notre planète. Basé sur l’intégration de nouvelles méthodes mathématiques dans un modèle d’observation de la Terre, cette approche vise à renforcer l’acuité des systèmes de télédétection par satellite. Et se faisant d’accéder à des informations jusqu’ici invisibles à l’œil du scientifique comme les variations de température dans chacun des quartiers d’une ville confrontée à une canicule.

En cette Année de l’Ingénierie, Pop’Sciences et la délégation Rhône Auvergne du CNRS mettent à l’honneur la diversité de la recherche scientifique relevant de cette discipline à travers une série de sept articles. Ceux-ci mettent en lumière les travaux du laboratoire Ingénierie des matériaux polymères1, du Centre de recherche en acquisition et traitement de l’image pour la santé2, de l’Institut de recherches sur la catalyse et l’environnement3, du laboratoire Matériaux ingénierie et science4 et du Laboratoire d’optique atmosphérique5. Ces articles offrent ainsi un aperçu des récentes avancées obtenues dans le domaine de la physique des matériaux, de l’imagerie médicale, de la photocatalyse, ou en ce qui concerne l’étude des propriétés de la matière à l’échelle de ses atomes. À travers ce dossier, nous espérons inspirer les curieux de sciences, montrer la surprenante diversité des métiers de l’ingénierie et éveiller la curiosité des jeunes élèves.

Article rédigé par Grégory Fléchet, journaliste scientifique pour Pop’Sciences et CNRS- Janvier 2026

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1 Unité CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, INSA Lyon, Université Jean Monnet

2 Unité CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, Inserm, Insa Lyon

3 Unité CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1

4 Unité CNRS, INSA Lyon, Université Claude Bernard Lyon 1

5 Unité CNRS / Université de Lille

lles RESSOURCES du dossier :

Dans ce dossier, nous vous invitons à découvrir un aperçu des travaux en cours et des avancés récentes de scientifiques lyonnais. Pour chaque article, les liens avec les programmes scolaires sont proposés.

  • #1 : Coup d’accélérateur sur la modélisation des transferts radiatifs atmosphériques – Publié le 20/01/26 
Surface de la Terre vue de l'espace

Image Nasa/Johnson Space Center

Tout rayonnement qui traverse l’atmosphère est en partie absorbé par les gaz qui la composent. Parce que ces interactions jouent un rôle déterminant dans la simulation des données recueillies par les satellites, elles doivent être modélisées avec précision. En s’appuyant sur une approche novatrice, des scientifiques ont montré qu’il était possible d’effectuer plus rapidement cette opération tout en mobilisant un minimum de ressources informatiques. Ces travaux devraient permettre d’accéder à de nouvelles informations sur les propriétés de l’atmosphère et de la surface terrestre.

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  • #2 : Faciliter le suivi médical des patients grâce aux ultrasons – Publié le 20/01/26 
Réponse impulsionnelle spatiale, appelée "oscillations transverses"

© Hervé LIEBGOTT/CNRS Images

Adaptée à la visualisation de la plupart de nos organes, l’échographie est notamment employée pour détecter des anomalies, comme des tumeurs, des kystes ou des malformations. Les capacités d’analyse de cette technique d’imagerie reposant sur la diffusion d’ultrasons restent toutefois largement sous-exploitées. S’efforçant d’améliorer les performances de l’échographie, les travaux de scientifiques lyonnais laissent entrevoir de nouveaux usages prometteurs dans le domaine biomédical.

 

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  • #3 : Les polymères, nouvelle voie pour la mise au point de nano-détecteurs – Publié le 20/01/26 

© Laurence MEDARD/CNRS Images

Pour détecter avec précision des particules élémentaires, des scientifiques développent des capteurs composés de millions de « nano-canaux », des tubes mille fois plus fins qu’un cheveu. En tapissant l’intérieur de ces minuscules tunnels de nouveaux matériaux à base de polymères, une équipe lyonnaise espère créer des dispositifs plus compacts et plus sensibles. Une piste innovante qui permettrait de transformer la détection à haute résolution en physique fondamentale.

 

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  • #4 : La photocatalyse promise à un avenir radieux – Publié le 20/01/26 

© Didier COT/CNRS Images

Méthode permettant d’accélérer une réaction chimique grâce à l’absorption de la lumière, la photocatalyse peut trouver des applications dans bien des domaines. Depuis plus d’une décennie, des chimistes lyonnais s’efforcent d’améliorer les performances de ce procédé catalytique dans le but de faire émerger de nouvelles applications dans le traitement des eaux usées et la production d’hydrogène vert.

 

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  • #5 : Sonder la matière à l’échelle atomique pour révéler ses propriétés – Publié le 20/01/26 
Visualisation stylisée d’une simulation atomique d'un alliage à haute entropie, c'est-à-dire composé de plusieurs éléments en proportions égales, ici du fer, du chrome, du nickel et du manganèse.

© Alex BOURGEOIS, Céline VARVENNE, Pierre-Antoine GESLIN | CNRS Images

Comprendre comment les constituants les plus élémentaires de la matière sont liés entre eux à pour tenter de percer leurs secrets. Tel est l’objectif que s’est fixé Matthieu Bugnet à partir d’outils dédiés à l’étude des matériaux. En combinant la microscopie électronique en transmission avec une méthode de spectroscopie avant-gardiste, le scientifique cherche à révéler la structure de matériaux à l’interface des atomes qui les constituent.

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  • #6 : De nouveaux matériaux hybrides aux atouts multiples Publié le 28/01/26 
Les réseaux métallo-organiques, ou en anglais metal organic frameworks (MOFs), sont des solides hybrides (organique/inorganique) micro- ou méso-poreux ordonnés.

© Bertrand REBIERE / ICGM / CNRS Images

Fruit de l’association d’un métal et d’un ligand organique, les réseaux métallo-organiques disposent de propriétés inédites laissant entrevoir de futures applications dans les domaines de la santé, de l’environnement ou de l’énergie. Portant sur l’un de ces matériaux hybrides, les travaux de la chimiste Aude Demessence révèlent ses potentialités en matière de thermoélectricité et de stockage de données.

LIRE L’ARTICLE

 

 

  • #7 : « Repenser la synthèse des polymères dans la perspective de les rendre plus faciles à recycler » Interview de Jannick Duchet-Rumeau – Publié le 20/01/26 

© Cyril FRESILLON/PEPSEA/CNRS Images

Professeure de chimie à l’INSA Lyon et directrice du laboratoire Ingénierie des matériaux polymères (IMP), Jannick Duchet-Rumeau s’efforce de concevoir des polymères plus respectueux de l’environnement en modifiant la structuration de ces matériaux à l’échelle nanométrique. La scientifique explore en outre de nouvelles pistes visant à contrôler leurs performances mécaniques ou à améliorer leur durabilité et leur dégradabilité, une fois ces matériaux devenus obsolètes.

 

LIRE L’INTERVIEW

 

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mmerci !

Ce dossier a été réalisé grâce à la collaboration de différents scientifiques de l’Université de Lyon. Nous les remercions pour le temps qu’ils nous ont accordé.

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ppour aller plus loin :

Nous vous proposons une sélection de ressources accessibles en ligne pour vous et vos élèves.

  • Espace ressources du site web de l’Année de l’ingénierie
    Sur cette page, vous trouverez diverses ressources destinées aux élèves et aux enseignants dans le cadre de l’Année de l’Ingénierie. Kits pédagogiques, vidéos, portfolios et autres supports seront mis à disposition pour enrichir l’apprentissage et l’enseignement des ingénieries.
  • Trouver un·e intervenant·e professionnel·le de la recherche
    Cette action permet de trouver un professionnel de la recherche, qu’il soit homme ou femme,  pour intervenir en classe. Ce professionnel présentera les métiers de la recherche ou des recherches actuelles, afin de susciter des vocations ou bien tout simplement de faire découvrir comment le savoir scientifique se construit. Pour les professeurs des collèges et des lycées, inviter un professionnel de la recherche dans sa classe permet de compléter le cours, en l’illustrant avec des exemples actuels et authentiques, et d’aider les élèves dans leur choix d’orientation.

En finir avec la culture du jetable ?

EEn finir avec la culture du jetable ?

À l’occasion de la sortie du 16e numéro du Pop’Sciences Mag « Matière, vers un cycle vertueux », l’équipe Pop’Sciences et la Bibliothèque municipale de Lyon ont proposé une rencontre pour interroger notre relation à la matière : comment en finir avec la culture du « jetable » ?

Des objets du quotidien aux matériaux de construction, en passant par nos véhicules, nous consommons sans cesse de la matière. Des ressources qui sont pourtant limitées, et qui terminent leur vie parmi les plus de 300 millions de tonnes de déchets produits par an en France. Il devient, alors, important de penser de nouveaux modèles de consommation, d’usages et de gestion de ces matières.

Des alternatives existent : nos objets électroniques inutilisés sont de potentielles mines à métaux précieux ; des tuiles d’un bâtiment déconstruit peuvent être réutilisées dans un nouvel édifice ; vos pneus de voiture pourraient vous être prêtés, et une fois abimés, être remis à neuf par leur producteur…

Grâce à l’éclairage de nos intervenants, nous avons questionné ces alternatives, discuté de leurs limites (structurelles, réglementaires ou encore culturelles) et évoqué les leviers qui permettraient de les généraliser. 

Avec la participation de :

Animée par : Samantha Dizier, co-rédactrice en chef Pop’Sciences Mag – Direction Culture, Sciences et Société – Université de Lyon.

> (Re)découvrez l’intégralité de la rencontre :

Crédit vidéo : © Bibliothèque municipale de Lyon

Un événement Pop’Sciences/Université de Lyon organisé en collaboration avec la Bibliothèque municipale de la Part-Dieu.

> La retransmission de la rencontre est également disponible en vidéo et en podcast sur :

Site de la bibliothèque municipale de Lyon

Femmes scientifiques : passer à la vitesse supérieure ! | #1 – Dossier Pop’Sciences : Filles et femmes en sciences : réfléchir ensemble à nos postures

FFemmes scientifiques : passer à la vitesse supérieure ! | #1 – Dossier Pop’Sciences : Filles et femmes en sciences : réfléchir ensemble à nos postures

Au-delà des déclarations d’intention, la place des femmes dans les carrières scientifiques demeure trop timide en France, particulièrement pour les sciences dites dures[1]. Selon l’astrophysicienne Isabelle Vauglin, Vice-présidente de l’association « Femmes & Sciences », les causes sont ancrées dans la mémoire collective. Lors du séminaire Pop’Sciences du 28 novembre 2025, la chercheuse a dressé un état des lieux vigilant et plaidé pour une science qui ne peut se faire sans les femmes.

Quelle est la présence des femmes dans les carrières scientifiques ? Si l’on consulte le bilan social 2023 du CNRS, celui-ci affiche une quasi-parité avec une proportion de 44 % de femmes. Mais, le diable est dans les détails… Car, quand on regarde de plus près, on constate que la répartition des femmes dans les différents métiers est loin d’être homogène : les sciences dures accueillent seulement 10,5 à 20% de femmes en physique, informatique, nanotechnologie, électronique, mécanique, matériaux, maths parmi les chercheurs. Et l’on n’entrevoit pas d’évolution possible dans les années à venir. À l’inverse, les sciences humaines et sociales sont investies par une large majorité de femmes (64 à 72 % en anthropologie, sciences du langage, gestion de la recherche). Or, comme Isabelle Vauglin le rappelle : « Pour être efficace et productive, la science a besoin d’être mixte et non pas genrée ».

La comparaison avec nos voisins européens n’est pas plus réjouissante. Le Gender Scan étudiants[2] fait apparaître en Europe, pour la période 2013-2020, une progression globale des femmes diplômées de 19 % dans les STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie, Mathématiques). Alors que la France affiche, sur la même période, un recul de 6 %…

« Les cerveaux roses et les cerveaux bleus, ça n’existe pas »

Plus préoccupant, on observe un phénomène survenu après la réforme du lycée de 2018, qui a introduit un choix de spécialités. Dès 2020, la proportion de filles a chuté : « Aujourd’hui, en moyenne, en terminale, il y a une fille par lycée en spécialité Numérique et sciences informatiques ! Il faut qu’elle ait les reins vraiment solides pour tenir dans une classe exclusivement de garçons ! », observe la chercheuse.

Résultat : la moitié des filles qui sortent du lycée n’a plus de formation scientifique depuis la classe de Première. Isabelle Vauglin rappelle pourtant : « Il n’y a aucune différence cognitive entre les cerveaux des hommes et le cerveau des femmes, les cerveaux roses et les cerveaux bleus, ça n’existe pas. La bosse des maths est un mythe qui est faux ! ».

Alors, pourquoi les filles, qui réussissent mieux que les garçons en général (leur pourcentage de titulaires d’un bac est 11 % plus élevé que les garçons), se détournent-elles, dès la Première et après le bac, des options et des filières STIM ? Non, ce n’est pas la faute d’une prétendue autocensure ! Il faut d’ailleurs bannir ce terme qui a tendance à attribuer aux filles la responsabilité de leur situation, alors qu’elles en sont les victimes. Mieux vaut se pencher sur les mécanismes sociaux qui excluent, depuis des générations, les femmes de la sphère scientifique : c’est le cas des stéréotypes de genre véhiculés dès l’enfance et des processus d’invisibilisation des femmes en sciences.

Lutter contre les stéréotypes de genre

Selon une Etude l’Oréal et Opinion Way de 2015, à la question « Comment décrivez-vous un scientifique ? », 67 % des européens répondent que c’est un homme. Nous voilà face à l’une des innombrables manifestations d’un stéréotype de genre qui persiste à peupler nos inconscients collectifs.

Ce stéréotype présente des effets pervers : les chercheurs Isabelle Régner[3] et Pascal Huguet[4] évoquent, ainsi, l’effet de menace du stéréotype. Celui-ci peut être activé, par exemple, chez une jeune fille, quand on lui présente un test en lui indiquant qu’il s’agit d’un test de géométrie (alors qu’il pourrait être aussi soumis comme un simple exercice de dessin). Elle se dit alors : « Je suis une fille, donc, je suis mauvaise en maths, je vais avoir du mal à répondre à cette question ». Résultat : une partie du cerveau se mobilise pour combattre le stress généré par ce stéréotype et n’est pas utilisée pour résoudre le problème. Les filles se retrouvent ainsi contraintes de le confirmer et produisent des contreperformances qui ne reflètent pas leurs compétences.

Des biais présents partout

750 000 bulletins scolaires ont été épluchés en février 2025. Parmi les mots qui ressortent le plus souvent pour les filles, on trouve « manque de confiance en soi », « souriante », « stressée ». La partie positive est plutôt focalisée sur leur attitude. Pour les garçons, les qualificatifs de « puéril », « intuitif » et « curieux » sont les plus fréquents et le caractère positif est axé sur les compétences.

Dans une lettre de recommandation pour une scientifique, le vocabulaire employé sera souvent « travailleuse », « courageuse », alors que pour un homme, ses compétences en tant que scientifique seront davantage soulignées.

Dès l’école, on observe qu’un décrochage des petites filles pour les maths se met en place dans les six premiers mois du CP. Il durera tout au long de l’enseignement primaire.

Il est donc impératif d’aider, au plus tôt, les filles à comprendre qu’elles n’ont pas de raison de mettre en doute leurs capacités scientifiques. Des solutions existent pour donner confiance : l’association Femmes & Sciences organise, depuis 2017, une journée « Sciences, un métier de femmes ! ». Dédiée aux lycéennes, elle permet la rencontre avec des femmes travaillant dans des domaines technologiques et scientifiques variés, dans le public et le privé. L’objectif est de montrer, par l’exemple, que tous les métiers scientifiques sont mixtes, d’aider les jeunes filles à décrypter les stéréotypes et de les convaincre d’avoir foi en leurs capacités de réussir.

Illustration du Colloque 2025 de Femmes & Sciences – ©Léah Touitou

Révéler ce que la science doit aux femmes

Connaissez-vous l’Effet Matilda ? Il fait référence aux découvertes oubliées des femmes scientifiques. En 1993, l’historienne des sciences Margaret Rossiter révèle que celles-ci profitent moins des retombées de leurs recherches que les hommes. Elle dévoile ainsi le processus de minimisation, voire de déni de la contribution des femmes à l’avancée des sciences, au profit de leurs homologues masculins.

Parmi les actions entreprises pour contrer ce phénomène d’invisibilisation, l’association « Femmes & Sciences » œuvre, depuis 2021, pour l’inscription de 72 noms de femmes scientifiques sur la tour Eiffel, afin de rétablir l’équilibre avec les 72 noms de savants hommes inscrits en lettres d’or, au 1er étage du monument. Pari gagné : en mars dernier, la ville de Paris a validé le principe de faire inscrire des noms de femmes scientifiques sur une frise au-dessus de celle des hommes. Une parité parfaite enfin rendue visible…

C’est une évidence : il n’y aucune raison pour que les filles soient absentes des sciences, bien au contraire. Et s’il faut encore nous en convaincre collectivement, voici quelques rappels confirmant que les sciences ont besoin de leurs talents. Par exemple, la révolution numérique et l’IA doivent aussi se construire avec des femmes, afin que les données ne soient pas genrées. Selon Isabelle Vauglin, « la diversité accroît les performances : les équipes mixtes sont plus innovantes que celles qui ne le sont pas. En outre, ce secteur fait appel à des profils professionnels plutôt bien rémunérés, où les métiers (ingénieur en informatique, par exemple) connaissent peu le chômage. » Enfin et surtout, ces métiers construisent le monde de demain.

Alors, qu’est-ce qu’on attend ?!

Un article rédigé par Anne Guinot,

co-rédactrice en chef Pop’Sciences Mag – 7 janvier 2026

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Notes :

[1] – Les sciences « dures » reposent sur des protocoles expérimentaux, des outils mathématiques et des modèles généralisables. On trouve, parmi elles, la physique, la chimie, la biologie, les mathématiques.

[2] Gender Scan 2024 : https://www.cdefi.fr/fr/actualites/gender-scan-2024-agir-pour-une-plus-grande-egalite-entre-les-genres-dans-les-stim

[3] – Isabelle Régner est Professeure de psychologie sociale, Directrice Adjointe du Centre de Recherche en Psychologie et Neurosciences (UMR CNRS 7077). Elle occupe aussi la fonction de Vice-Présidente Egalité Femmes Hommes et Lutte contre les Discriminations à Aix-Marseille Université.

[4] – Pascal Huguet est spécialiste de la régulation sociale des fonctionnements cognitifs (interactions cognition/ environnement). Il dirige le Laboratoire de psychologie sociale et cognitive (LAPSCO) de l’université Clermont-Auvergne et du CNRS.

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À lire également : 

PPour aller plus loin

Diversité des formes d’intelligences : où en est la société ?

DDiversité des formes d’intelligences : où en est la société ?

Rencontre Pop’Sciences Mag sept. 2025 / ©Bibliothèque Municipale de Lyon

HPI, TDI, TSA, TDAH, troubles DYS… Autant de sigles, de plus en plus connus, faisant partie des troubles du neurodéveloppement (TDN) aux réalités encore largement ignorées. Reconnus comme des handicaps, les TND bénéficient cependant d’un nouveau regard, plus inclusif. Ainsi, le concept de neurodiversité a-t-il émergé dans la société, durant ces 20 dernières années, pour désigner la diversité dans les fonctionnements cognitifs des humains. Quelles situations concrètes ce concept révèle-t-il et quels enjeux lui sont attachés ?

Organisée à la Bibliothèque municipale de la Part-Dieu (Lyon), à l’occasion du lancement du 15e numéro du magazine de l’Université de Lyon, le Pop’Sciences Mag « En quête de l’intelligence », le 16 septembre 2025, cette rencontre s’est penchée sur le concept de neurodiversité et sur les travaux scientifiques qui permettent de mieux l’éclairer.

La rencontre a abordé les travaux scientifiques, issus des neurosciences et de la psychologie, qui aident à comprendre le fonctionnement des différents profils cognitifs. Elle a aussi fait le point sur le chemin qui reste à parcourir pour que l’école et l’ensemble de la société accompagnent mieux les personnes neuroatypiques et créent les conditions favorables au développement de leurs capacités.

Intervenantes :

Animée par : Anne Guinot, co-rédactrice en chef Pop’Sciences Mag – Direction Culture, Sciences et Société – Université de Lyon

> (Re)découvrez l’intégralité de la rencontre :

Crédit vidéo : © Bibliothèque municipale de Lyon

Un événement Pop’Sciences/Université de Lyon organisé en collaboration avec la Bibliothèque municipale de la Part-Dieu.

> La retransmission de la rencontre est également disponible en vidéo et en podcast sur :

Site de la bibliothèque municipale de Lyon

Matière, vers un cycle vertueux | Pop’Sciences Mag#16

MMatière, vers un cycle vertueux | Pop’Sciences Mag#16

Le Pop’Sciences Mag #16 propose d’explorer le cycle de la matière et de questionner ses usages par l’humain, pour dessiner de nouveaux modèles de production, économiques et sociétaux. À l’aide d’enquêtes, de reportages-photos, d’interviews, le magazine donne la parole à des praticiens et chercheurs pour éclairer cet enjeu majeur.

© Visée.A

Édito

Initié par les travaux scientifiques du rapport Meadows* publié en 1972, un constat s’impose à nos sociétés : notre modèle, fondé sur une économie de l’extraction et sur une consommation de produits jetables ou à l’obsolescence programmée, engendre la dégradation des écosystèmes et la raréfaction des ressources. Un tel diagnostic appelle à revoir nos modèles industriels, économiques et nos modes de vie.

Afin de dessiner des réponses à ces enjeux, ce numéro du Pop’Sciences Mag a choisi d’explorer le cycle de la matière et de questionner ses usages par l’humain. Quelles sont les origines de la matière ? Quelles utilisations, transformations lui avons-nous imposées au fil du temps ? Que nous révèlent le déchet et sa symbolique sur notre relation au monde ? Au-delà des intentions, quelles sont les limites et perspectives que rencontrent des alternatives à notre traitement de la matière en fin de vie, comme le recyclage dans l’industrie et le réemploi dans la construction ? Enfin, quels nouveaux modèles et imaginaires pouvons-nous convoquer pour impulser une transformation nécessaire qui préserve le bon usage des ressources et la viabilité de nos sociétés ?

La démarche du magazine, qui privilégie le croisement d’expertises scientifiques, notamment issues du site de Lyon Saint-Étienne (chimie, physique, ingénierie, géographie, urbanisme, architecture, philosophie, sociologie), contribuera, nous l’espérons, à apporter des éléments de réponse pour éclairer le consommateur, l’usager, le citoyen.

Je vous souhaite une très bonne lecture de ce Pop’Sciences Mag !
Nathalie Dompnier
Présidente de la ComUE Université de Lyon

*Meadows, D., Meadows, D., et Randers, J., Les limites de la croissance (dans un monde fini) (1972).

 

Ce numéro a été :

  • Réalisé grâce à la contribution de scientifiques issus des établissements et
    instituts suivants : Université Claude Bernard Lyon 1, Université Lumière Lyon 2, Université Jean Moulin Lyon 3, Université Jean Monnet Saint-Étienne, École normale supérieure de Lyon (ENS de Lyon), Centrale Lyon, Institut national des sciences appliquées Lyon (INSA Lyon), Sciences Po Lyon, École nationale des travaux publics de l’État (ENTPE), École nationale supérieure d’architecture de Lyon (ENSAL), emlyon business school, CPE Lyon, Mines Saint-Étienne, Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Institut Carnot Ingénierie@Lyon, Institut de recherche pour le développement (IRD), Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), Université de Lancaster.
  • Développé avec le soutien de la Métropole de Lyon, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la CASDEN.

 

> Pour découvrir les articles du magazine :

Pop’Sciences Mag#16

> Pour télécharger la version en pdf :

© Visée.A

En finir avec la culture du jetable ? / Soirée de lancement du Pop’Sciences Mag #16

EEn finir avec la culture du jetable ? / Soirée de lancement du Pop’Sciences Mag #16

À l’occasion de la sortie du 16e numéro du Pop’Sciences Mag « Matière, vers un cycle vertueux », l’équipe Pop’Sciences et la bibliothèque municipale de Lyon proposent de venir interroger notre relation à la matière : comment en finir avec la culture du « jetable » ?

Des objets du quotidien aux matériaux de construction, en passant par nos véhicules, nous consommons sans cesse de la matière. Des ressources qui sont pourtant limitées, et qui terminent leur vie parmi les plus de 300 millions de tonnes de déchets produits par an en France. Il devient, alors, important de penser de nouveaux modèles de consommation, d’usages et de gestion de ces matières.

Des alternatives existent : nos objets électroniques inutilisés sont de potentielles mines à métaux précieux ; des tuiles d’un bâtiment déconstruit peuvent être réutilisées dans un nouvel édifice ; vos pneus de voiture pourraient vous être prêtés, et une fois abimés, être remis à neuf par leur producteur…

En présence de scientifiques et experts lyonnais, nous interrogerons ces alternatives et discuterons de leurs limites, souvent structurelles, réglementaires ou encore culturelles. Quels leviers permettraient de les généraliser ?

La rencontre-débat proposera un éclairage sur ces questions grâce aux regards croisés de :

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>> PROGRAMME :

18h30 – Présentation du 16e numéro du Pop’Sciences Mag

18h45 – Rencontre – débat

19h45 – Discussion avec le public

Un exemplaire du Pop’Sciences Mag #16 vous sera remis dans le cadre de cette rencontre.

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Cet événement Pop’Sciences – Université de Lyon est organisé en collaboration avec la Bibliothèque municipale de la Part-Dieu.

Le Pop’Sciences Mag #16 « Matière, vers un cycle vertueux » a été :

  • Réalisé grâce à la contribution de chercheurs issus des établissements et instituts suivants : Université Claude Bernard Lyon 1, Université Lumière Lyon 2, Université Jean Moulin Lyon 3, Université Jean Monnet Saint-Étienne, École normale supérieure de Lyon (ENS de Lyon), Centrale Lyon, Institut national des sciences appliquées Lyon (INSA Lyon), Sciences Po Lyon, École nationale des travaux publics de l’État (ENTPE), École nationale supérieure d’architecture de Lyon (ENSAL), emlyon business school, CPE Lyon, Mines Saint-Étienne, Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Institut Carnot Ingénierie@Lyon, Institut de Recherche pour le Développement (IRD), Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), Université de Lancaster. 
  • Développé avec le soutien de la Métropole de Lyon, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la CASDEN.

 

Photo Vincent Noclin

 

Des chercheurs internationaux à Lyon : ils vous parlent de leurs recherches !

DDes chercheurs internationaux à Lyon : ils vous parlent de leurs recherches !

Chaque année, le Collegium – Institut d’études avancées de l’Université de Lyon, accueille des chercheurs internationaux en résidence, pour une durée de 5 à 10 mois. Les résidents 2025/2026 présenteront leurs thématiques de recherche le 13 octobre.

La nouvelle promotion du Collegium de Lyon recouvre dix-sept disciplines, des sciences humaines et sociales aux sciences exactes : sciences cognitives, management, anthropologie, géographie, physique, littérature, économie, histoire, odontologie, biologie, informatique, médecine, linguistique, études de genre, sciences politiques, biochimie et géomorphologie. Les chercheuses et chercheurs accueillis travailleront en étroite collaboration avec 22 laboratoires du site universitaire Lyon Saint-Étienne.

Le Collegium de Lyon propose à ses chercheurs de parler de leur thématique de recherche sous un format « Ma thèse en 280 secondes », lors d’une présentation en présence des établissements du site, des collectivités et partenaires, mais aussi du public.

Attention : certaines de ces présentations sont en anglais sans sous-titrage proposé.

Pour en savoir plus :

Collegium de Lyon

#FDS2025 | Fête de la science – Édition 2025 : du 3 au 13 octobre

##FDS2025 | Fête de la science – Édition 2025 : du 3 au 13 octobre

Initiée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, la Fête de la Science est la plus importante manifestation dédiée à la recherche et à l’innovation. La 34e édition se déroulera partout en France en octobre.

 Du 3 au 13 octobre 2025

Sur la Métropole de Lyon et le département du Rhône

Pour cette 34e édition, la Fête de la science propose une thématique d’actualité : Intelligence(s)

Cette année, la thématique nationale nous invite à nous interroger sur le concept d’intelligence(s). Tantôt défini comme une faculté de connaître, raisonner et concevoir, ou comme une capacité à s’adapter et à répondre à des situations nouvelles, l’intelligence possède des propriétés et des applications multiples.

>> Pour tout savoir sur la programmation :

Consultez la page dédiée à l’évènement

 

PPour les scolaires

Comme chaque année, une programmation est dédiée spécifiquement pour les scolaires :

Consultez la page dédiée à l’évènement

 

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Dans la métropole lyonnaise et le département du Rhône, cet évènement est coordonné par Pop’Sciences – Université de Lyon avec le soutien financier de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Métropole de Lyon, de la ville de Villeurbanne, et le soutien de l’État et de l’Académie de Lyon.

Crises écologiques : notre intelligence nous sauvera-t-elle de nous-mêmes ?

CCrises écologiques : notre intelligence nous sauvera-t-elle de nous-mêmes ?

Les crises écologiques sont là. Face à elles, que fait-on ? Notre intelligence, sous toute ses formes, nous permettra-t-elle de rebondir à temps ? Ou au contraire, croirons-nous en elle jusqu’au bout pour nous permettre de trouver une solution miracle ?

Dans le cadre de la Fête de la science 2025, et en clôture des Assises de la transition écologique du site Lyon Saint-Étienne, la ComUE Université de Lyon vous invite le mardi 30 septembre à une table ronde avec trois intervenants qui croiseront leurs regards sur ces questionnements.

Intervenants :

  • Robert Vautard, climatologue, directeur de recherches au CNRS, co-président du groupe de travail 1 du GIEC en charge du rapport sur la connaissance des bases physiques du changement climatique ;
  • Nicolas Fieulaine, chercheur en psychologie sociale, associé à la Chaire Innovation Publique de l’INSP ;
  • Hannah Gautrais, doctorante en sociologie, ENS de Lyon.

Animée par : Frédéric Duval, artisan narratif engagé.

Pour en savoir plus :

Université de Lyon