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Un nouvel anticorps dédié à la lutte contre le cancer

UUn nouvel anticorps dédié à la lutte contre le cancer

Une molécule capable de contrecarrer l’un des principaux mécanismes de résistance des tumeurs aux traitements anti-cancer et d’améliorer ainsi la survie des patients… C’est ce que pourraient avoir réussi à développer des chercheurs lyonnais.

Chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, mais aussi, depuis quelques décennies, thérapies ciblées et immunothérapie… l’arsenal thérapeutique contre le cancer n’a jamais été aussi important. Problème, à l’instar des bactéries qui peuvent devenir insensibles aux antibiotiques, les cellules cancéreuses peuvent elles aussi développer une « résistance » aux traitements anti-cancer, et leur échapper. Vaincre ce phénomène est donc crucial pour améliorer la survie à long terme des patients.

Or, voilà qu’une molécule développée en France, à Lyon, pourrait aider à relever ce défi. Et ce, de façon « universelle », pour tous les types de traitements anti-cancer chimiques existants. « Fruit de près de deux décennies de recherche, notre molécule s’est avérée très prometteuses lors de deux études, publiées en août 2023 », se réjouit Patrick Mehlen, directeur du Centre de recherche en cancérologie de Lyon.

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CNRS

Transformer la prise en charge médicale grâce à l’Intelligence Artificielle : entretien avec Loïc Verlingue | #3 Dossier Pop’Sciences « Diagnostic 2.0 : Quand l’IA intervient »

TTransformer la prise en charge médicale grâce à l’Intelligence Artificielle : entretien avec Loïc Verlingue | #3 Dossier Pop’Sciences « Diagnostic 2.0 : Quand l’IA intervient »

Article #3 – Dossier Pop’Sciences Diagnostic 2.0 : Quand l’IA intervient

Alors que les avancées technologiques continuent de redéfinir la manière dont les professionnels de la santé prennent en charge les patients, l’IA s’insère de plus en plus dans la relation entre le patient et son médecin. Au cœur de cette transformation, Loïc Verlingue, médecin et chercheur au Centre Léon Bérard partage son expertise de l’IA dans le domaine des essais cliniques en cancérologie.

Un article de Léo Raimbault, rédigé
pour Pop’Sciences – 5 septembre 2023

 

Loïc Verlingue, en tant que médecin au Centre Léon Bérard, vous vous impliquez dans des projets liés à l’intelligence artificielle. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre travail dans ce domaine et sur l’impact de l’IA dans la prise en charge médicale ?

Je suis médecin en recherche clinique et travaille en particulier sur les essais cliniques de phase précoce, c’est à dire des nouveaux médicaments qui sont proposés et évalués chez les patients. Généralement, en santé, les essais cliniques sont présentés à des personnes saines, volontaires, voire rémunérées, mais en cancérologie, ces essais sont directement proposés aux patients, c’est notre spécificité.

En plus de mes activités cliniques, je fais de la recherche en intelligence artificielle. Ici, nos données de travail sont les comptes rendus de consultation et médicaux engendrés au cours du suivi. En tant que médecin, je suis « générateur de données » puisque je génère ces comptes rendus à chaque consultation. Je suis également « utilisateur de ces données », car avec celles-ci, j’essaye de développer des outils d’IA pour m’aider dans mes tâches et celles de mes collègues.

Cela fait environ 4 ans que nous travaillons sur le dernier outil, que l’on nomme en anglais « Eligibility Prediction » pour prédiction d’éligibilité au essais cliniques en cancérologie. Pour l’instant, nous en sommes au stade de recherche et de développement, il n’y a pas encore d’outil commercialisé. Si on estime que les performances sont bonnes, nous pourrons commencer à l’utiliser pour sélectionner les patients qui sont le plus en adéquation avec tel ou tel essai clinique.

Un dossier médical (1) peut se composer de diverses sortes de données telles que de l’imagerie médicale (2), des variables clinique (constantes, données biologiques…) (3), de consultations (4), ou d’autres documents textuels (5). ©Centre Léon Bérard

Vous travaillez sur le Traitement Automatique du Langage (TAL), c’est-à-dire des outils d’interprétation et de synthèse automatique de textes reposant sur de l’intelligence artificielle. Quelle est concrètement l’application du TAL dans ces comptes rendus médicaux ?

Il y en a beaucoup, et de plus en plus. Aujourd’hui les outils de Traitement Automatique du Langage évoluent à grande vitesse. Nous avons désormais des modèles qui comprennent parfaitement le langage humain. Sur certaines tâches d’ailleurs, ils sont équivalents à l’humain, voire parfois un peu supérieurs. Concrètement, les outils de TAL sont capables de nous aider à trouver des réponses à des questions, à rechercher des informations dans des textes, à comprendre les émotions exprimées et même à anticiper des résultats en se basant sur des textes.

Par exemple, l’outil que nous développons relie les comptes rendus médicaux aux historiques des patients pour prédire s’ils peuvent être de potentiels candidats pour des essais cliniques. Sans IA, le choix d’éligibilité des patients à ces essais est bien plus long et fastidieux pour les médecins. Cela se décide lors de réunions hebdomadaires dans lesquelles nous consultons un nombre limité de dossiers de patients. Mais nous n’évaluons pas tous les patients d’un hôpital, ou d’hôpitaux environnants, car nous manquons de temps… Ainsi, avec des outils automatiques, nous pourrions lire beaucoup plus d’informations sur les patients, et ce, en seulement quelques secondes !

Toutefois, remplacer les médecins par de l’IA est hors de propos. Il y aura toujours une étape « humaine », ne serait-ce que pour s’assurer que les patients sont intéressés pour participer aux essais cliniques et que les critères de sélection sont respectés. C’est trop subtil pour laisser l’IA seule dans cette tâche, c’est pourquoi il faut tout valider manuellement, humainement.

« Le traitement automatique du langage naturel est un domaine multidisciplinaire impliquant la linguistique, l’informatique et l’intelligence artificielle. Il vise à créer des outils de capable d’interpréter et de synthétiser du texte pour diverses applications » – CNIL. ©Pexel

Vous travaillez avec les dossiers des patients, des informations très sensibles. L’IA pose-t-elle de nouvelles problématiques au niveau de la sécurité des données hospitalières ?

Nous travaillons à l’hôpital, donc avec des données très sensibles et sécurisées, stockées dans des bases de données internes aux hôpitaux. Évidemment, il y a de nombreuses contraintes réglementaires et sécuritaires pour accéder et installer des outils dans ces bases de données. Mais c’est faisable aujourd’hui.

Bien sûr, cela pose beaucoup de questions sur la sécurité des données… et heureusement ! De nouveaux outils appellent de nouvelles questions. Pendant une décennie, les dossiers patients sont passés à l’informatique sans vraiment être exploités. Cependant, ces deux dernières années, nous avons compris leur potentiel pour utiliser des outils automatiques. De fait, beaucoup de médecins et chercheurs se sont penchés sur le sujet pour accéder à ces données. Cela pose nécessairement la question de qui a le droit d’y accéder ? Sachant que le secret médical est un principe fondamental et que nous, médecins, n’avons pas le droit de divulguer les informations d’un patient.

Aujourd’hui, tout est fait pour que ce principe ne soit pas violé. Ce qui est donc compliqué, c’est de faire accéder un tiers à ces données. Peut-on laisser ce droit à une start-up ? Si oui, sous quelles conditions ? Le cas échéant, comment doivent être transformées les données pour qu’elles soient anonymisées ou non reconnaissables, etc. Et puis il y a encore d’autres défis à relever lorsqu’un outil de langage a lu des données… Je ne sais pas si on peut dire qu’il a accumulé des connaissances, mais dans tous les cas, il a eu connaissance d’informations sur la santé des patients…

Cela reste encore un peu flou, les règles de partage de ces outils sont en train d’être mises au point. Quoi qu’il en soit, il faut respecter un certain nombre de règles pour entraîner des modèles d’IA sans extraction d’informations non-contrôlée. Nous ne pouvons certainement pas demander à un outil d’IA le niveau de responsabilité d’un humain. En fin de compte, c’est dans les utilisateurs de cet outil que nous plaçons notre confiance.

 

Rencontrez-vous une certaine réticence de la part des patients vis-à-vis de l’IA ? Ces nouveaux outils sont encore relativement mal compris et peuvent représenter une menace dans l’inconscient collectif.

Tout dépend de comment on les utilise. Quand on explique à un patient que nous utilisons des outils un peu plus automatisés pour leur permettre un accès plus facile à l’innovation thérapeutique, c’est possible que certains y soient réfractaires. Mais la finalité reste positive pour le patient, et c’est généralement bien reçu. Après, nous prenons des mesures pour les informer sur l’utilisation de leurs données.

Par exemple, depuis environ sept ans dans mon hôpital, une information automatique circule auprès des patients concernant l’utilisation de leurs données, et ils ont tout à fait le droit de refuser que celles-ci soient utilisées. C’est un peu comme la stratégie des cookies sur Internet. Si le médecin n’obtient pas le consentement de son patient, il n’a tout simplement pas le droit d’utiliser ses données.

©Pexel

Et de la part des médecins, comment les nouveaux outils d’IA sont-ils perçus ?

Chez les médecins, ce n’est pas homogène évidemment. Oui, les choses ont beaucoup changé avec la médiatisation de l’IA. ChatGPT, qui fait beaucoup de bruit, a mis en lumière des domaines mal connus du Traitement Automatique du Langage. En fait, les gens, et principalement les médecins, ne connaissaient pas forcément ce domaine et avaient du mal à se projeter dans l’outil et en identifier l’utilité. Il y avait un gros travail d’explication et de vulgarisation à amorcer avant que les personnes de la profession puissent en capter l’intérêt appliqué à la santé. Aujourd’hui, beaucoup ont utilisé ChatGPT et en cernent mieux les intérêts et les limites.

Naturellement, comme dans tout métier dans lequel est appliquée l’IA, le premier réflexe est de se dire « un outil qui arrive à comprendre le langage ne va-t-il pas me remplacer à terme ? »… sachant que le métier de médecin est principalement basé sur la communication. On communique avec le patient, on acquiert de l’information, on fait des liens et on rend un diagnostic, puis une proposition de traitement… Mais il existe de nombreuses applications qui peuvent aider les praticiens dans l’exercice de la médecine.

Prenons un exemple caricatural : l’arrivée du thermomètre. Avant, les médecins étaient très forts pour estimer la température du patient rien qu’au toucher. Une fois le thermomètre apparu, ils ont perdu cette compétence, mais ils ont augmenté en précision pour cette application. Finalement, on augmente en niveau de connaissance avec ces nouveaux outils, donc on améliore nos compétences et notre pratique de la médecine, j’espère.

 

L’IA peut avoir de profondes implications dans la relation patient/médecin. L’IA se prêterait-elle à renouer du lien dans les déserts médicaux par exemple ?

La question des déserts médicaux est intéressante pour les applications numériques. Celles-ci ne sont pas la seule solution, évidemment, il y a besoin d’humains. D’ailleurs, je pense qu’il faut d’abord faire des efforts pour ramener des humains dans ces lieux et répondre aux besoins. Mais s’il existe des déserts médicaux, c’est qu’il y a des limites…

Une deuxième solution pourrait en effet reposer sur des outils numériques, comme les chatbots par exemple, qui permettent d’échanger de l’information avec les patients. Finalement, cela pose une autre question : est-ce que le patient peut se retrouver seul face à une machine dans un cadre médical ? Je pense que s’il n’y a pas de lien humain derrière pour personnaliser le diagnostic face à une liste de maladies potentielles, ce peut être extrêmement anxiogène pour un patient… En cela, il existe peut-être un danger à appliquer ces seules solutions numériques dans les déserts médicaux.

 

PPour aller plus loin

 

Pourra-t-on un jour traiter des cancers avec des sous-produits de l’industrie textile ? | The Conversation

PPourra-t-on un jour traiter des cancers avec des sous-produits de l’industrie textile ? | The Conversation

Les cancers sont la cause principale de mortalité précoce dans les pays développés, entraînant près de 1,5 million de décès annuels dans l’Union européenne. Ils constituent un enjeu de santé publique majeur. La diversité de leurs formes, localisations et expressions implique que les traitements mettent en œuvre une grande variété de modalités thérapeutiques complémentaires, des rayons X, chimiothérapie, chirurgie, immunothérapie entre autres.

Parmi l’arsenal des traitements développés pour cibler des cancers de types très différents, la « photochimiothérapie » (dite aussi photothérapie dynamique ou PDT en anglais) utilise l’interaction entre un colorant et une source lumineuse, qui génère des composés chimiques qui sont toxiques pour les cellules.

Ce protocole thérapeutique est utilisé depuis une quarantaine d’années, et de manière croissante depuis le début des années 2000, en milieu clinique principalement pour le traitement de cancers de la peau ou de l’épithélium, mais également dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (une maladie caractérisée par le développement anarchique de vaisseaux sanguins au niveau du centre la rétine conduisant à une dégradation puis une perte progressive de la vue).

La photochimiothérapie présente des avantages en comparaison aux autres chimiothérapies, notamment parce qu’elle permet de cibler plus finement les cellules cancéreuses (par rapport aux cellules saines de l’organisme) par une irradiation lumineuse sélective.

Avec nos collaborateurs, nous avons récemment montré qu’une nouvelle molécule, dérivée d’un colorant abondamment utilisé dans l’industrie, présente des propriétés remarquables pour la photochimiothérapie. Nous espérons qu’elle pourrait être une perspective intéressante dans de futurs protocoles de traitement de cancers par cette méthode.

LLa lumière peut transmettre de l’énergie à son environnement

La lumière est porteuse d’énergie. Cette même énergie qui permet la photosynthèse et apporte à la terre les conditions climatiques propices au développement de la vie est absorbée par les molécules et matériaux qui constituent notre environnement, ce qui leur confère leur couleur. Certaines molécules, appelées « colorants » ou « pigments », présentent des teintes particulièrement vives et caractéristiques qui ont été mises à profit depuis l’aube de l’humanité pour la réalisation d’œuvres picturales ou la teinture de vêtements, comme pour le colorant utilisé comme base moléculaire dans notre étude, en particulier.

fiole de colorant photoluminescent
Le composé de la nouvelle étude est dérivé d’un colorant industriel. À la lumière du jour, il est jaune, mais sous ultra-violets, il apparaît vert : c’est la photoluminescence.
Clément Cabanetos, Fourni par l’auteur

Suite à l’absorption d’un photon, chaque molécule de colorant atteint un état d’énergie élevé, dit « excité », qui est par nature instable : afin de retrouver sa stabilité, la molécule va chercher à se débarrasser de cet excès d’énergie. Généralement, elle vibre fortement et transmet cette chaleur à son environnement.

Elle peut aussi se désexciter en émettant un nouveau photon, d’énergie un peu plus basse que celui absorbé – et donc d’une couleur différente. Ce phénomène est appelé « photoluminescence » et explique par exemple la brillance des vêtements blancs sous l’éclairage ultra-violet des boîtes de nuit.

Lorsqu’aucun de ces deux mécanismes n’est possible, la molécule utilise son énergie excédentaire pour produire des transformations chimiques. C’est ce qu’on appelle la « photochimie », dont les utilisations pratiques couvrent une très large gamme d’applications, allant du stockage de l’énergie à la production de médicaments ou de matériaux polymères.

CComment utiliser la lumière pour attaquer des cellules cancéreuses ?

Une application moins connue mettant en jeu ce processus est la photochimiothérapie. Le concept est relativement simple : une molécule, appelée « photo-sensibilisateur », est appliquée localement sur la zone à traiter, ou injectée par voie intraveineuse. Elle s’accumule dans les cellules cancéreuses, idéalement avec une forte sélectivité (c’est-à-dire qu’elle ne s’accumule pas, idéalement, dans les cellules saines).

Puis, sous l’effet d’une irradiation lumineuse, dont la longueur d’onde peut s’étendre, suivant le type de tumeur à traiter et la profondeur ciblée, du proche UV au proche infrarouge la molécule excitée va transmettre l’énergie absorbée aux molécules voisines, en premier lieu de dioxygène.

Le dioxygène est en effet présent partout dans l’organisme car il est un carburant indispensable à la production d’énergie par la machinerie cellulaire. Mais sa forme excitée, dite « singulet », conduit à un emballement de sa réactivité chimique. Ainsi, produire cette forme excitée « singulet » à proximité de biomolécules aussi importantes que l’ADN ou l’ARN fait l’effet d’une bombe : des cascades de réaction oxydatives conduisent à la dégradation des séquences de bases nucléiques, qui codent l’information génétique. Ceci empêche la production de protéines, enzymes et autres biomolécules indispensables au bon fonctionnement de la cellule.

deux photos de microscopie
Des cellules cancéreuses avant et après traitement par une nouvelle molécule sensible à la lumière. Le colorant rouge est un indicateur indirect de la dégradation cellulaire. La barre d’échelle représente 20 micromètres.
Marco Deiana et Nasim Sabouri, Université de Umea, Suède, Fourni par l’auteur

Devenue non viable, la cellule va rapidement déclencher une cascade de mécanismes qui conduit à sa mort par « apoptose » et à son élimination par le système immunitaire.

La photochimiothérapie présente de nombreux avantages, notamment par rapport aux autres chimiothérapies classiquement utilisées dans le traitement du cancer : bien que dans toute chimiothérapie, le traitement soit dès l’origine conçu pour s’accumuler préférentiellement dans les tissus cancéreux, une certaine proportion de la molécule va inévitablement s’accumuler dans des cellules saines, notamment si ces dernières ont des phases de multiplication rapide. C’est ainsi que la plupart de ces traitements s’accompagnent, parmi les effets secondaires les plus visibles, d’une perte des cheveux, et sont généralement mal tolérés par l’organisme.

Dans le cas de la photochimiothérapie, ces effets secondaires sont minimisés par le fait que l’activation du traitement nécessite, en plus de la molécule, un second levier : l’irradiation lumineuse du tissu à traiter.

En revanche, le traitement par photochimiothérapie est limité par la profondeur de pénétration de la lumière, ce qui restreint son utilisation aux cancers superficiels de la peau (carcinomes), ou accessibles par endoscopie (cancers de la vessie, de la prostate, de l’œsophage, des poumons…) ou encore en appui à une intervention chirurgicale d’exérèse (c’est-à-dire retrait) de la tumeur notamment par coelioscopie.

Dans ce cadre, les travaux pionniers d’une équipe française Inserm du CHU de Lille ont conduit au développement d’une approche novatrice alliant microchirurgie et photochimiothérapie pour le traitement du glioblastome, l’une des formes de tumeurs cérébrales les plus agressives.

UUne nouvelle molécule prometteuse pour la photochimiothérapie

Ainsi, nous avons développé avec nos collègues du CNRS, de l’université d’Anjou, de l’ENS, de l’université de Yonsei en Corée du Sud et de l’université d’Umea en Suède une nouvelle molécule dont les premières études semblent indiquer une efficacité exceptionnelle en photochimiothérapie.

simulation moléculaire
Interaction du colorant (orange) avec des petits fragments d’ADN (bleu) – modélisation moléculaire.
Natacha Gillet, Fourni par l’auteur

Cette molécule a été conçue selon le principe du « surcyclage », c’est-à-dire la valorisation par modification chimique d’une molécule existante afin de lui apporter de nouvelles propriétés.

La molécule que nous avons utilisée est un colorant jaune utilisé à la tonne depuis les années 1970 comme colorant pour l’industrie textile et plastique. Nous avons fonctionnalisé ce colorant en lui ajoutant des groupements chimiques, ce qui la rend extrêmement photosensible et capable d’exciter la forme singulet du dioxygène.

Au contact des cellules cancéreuses (in vitro, sur cellules cancéreuses ou ex vivo sur des organoïdes tumoraux de pancréas de souris), le colorant s’accumule spécifiquement au sein des « exosomes ». Les exosomes sont des compartiments cellulaires surexprimés dans les cellules cancéreuses, qui sont impliqués dans la communication intercellulaire, et très probablement dans les processus de diffusion des cancers par métastase.

Nous avons identifié, à l’intérieur de ces exosomes, que la molécule de colorant modifié interagit avec des fragments spécifiques d’ADN. Sous irradiation par lumière bleue, ces fragments se dégradent fortement, ce qui conduit à une mort cellulaire. De façon cruciale, cette mort cellulaire est atteinte à des concentrations du colorant photosensibilisateur 10 à 100 fois inférieures aux composés utilisés cliniquement, généralement accumulés dans le noyau ou les mitochondries des cellules (des compartiments considérés comme les rouages essentiels de la machinerie cellulaire).

En revanche, en l’absence d’irradiation, aucune toxicité n’est observée même à des concentrations élevées de la molécule, ce qui laisse espérer des effets secondaires modérés en comparaison aux traitements PDT existants, par exemple la temoporfin. Bien que le chemin soit encore long avant une utilisation clinique, cette molécule et plus généralement le ciblage des exosomes pour la PDT apparaissent riches en promesses.The Conversation

 

Article publié sur The Conversation le 14 juin 2023

Cyrille Monnereau, Docteur en chimie et science des matériaux, professeur associé, ENS de Lyon et Clément Cabanetos, CNRS researcher, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

La recherche en cancérologie vulgarisée par de jeunes chercheurs

LLa recherche en cancérologie vulgarisée par de jeunes chercheurs

À l’occasion du Forum de la recherche en cancérologie qui s’est tenu à Lyon les 4 et 5 avril 2023, 9 jeunes chercheurs ont présenté leurs travaux sous forme de vidéos vulgarisées.

Organisé par le CLARA (Cancéropôle Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes), le Forum de la recherche en cancérologie est le rendez-vous phare de la communauté régionale œuvrant pour l’innovation et la recherche contre le cancer, réunissant chercheurs, médecins, patients, entrepreneurs, soignants, fondations, associations et acteurs des politiques publiques.

Le Forum a été, cette année encore, le lieu de croisement entre les grandes avancées de la recherche, les initiatives innovantes portées par les acteurs régionaux et la réflexion partagée sur les grands enjeux et défis de demain. C’est à cette occasion que 9 jeunes chercheurs ont présenté chacun une vidéo vulgarisant leurs travaux en cancérologie.

Retrouvez l’intégralité de ces vidéos :

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©Cancéropôle Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes

Cancérologie. Nouvelle édition du Pop’Sciences Mag n°3

CCancérologie. Nouvelle édition du Pop’Sciences Mag n°3

Deux ans après sa première parution, en écho à la tenue du Forum du cancéropôle CLARA (29 mars- 2 avril 2021), l’Université de Lyon réédite le 3e numéro de Pop’Sciences Mag, dédié aux innovations en cancérologie.

Avec 382 000 nouveaux cas, 157 000 décès en France, le cancer affichait encore en 2018 une dure réalité que les chercheurs s’appliquent à déjouer en innovant. Au travers de ce magazine, le CLARA et Pop’Sciences, s’engagent dans la diffusion et l’ouverture du monde de la recherche au grand public pour une mobilisation éclairée.

Sommaire :

> LES DÉFIS DE L’IMMUNOTHÉRAPIE

> RADIOTHÉRAPIE. 130 ANS D’INNOVATION

> MIEUX VIVRE AVEC LE CANCER. L’APPORT DES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES

> VIK-E. UN ROBOT DE TÉLÉPRÉSENCE POUR LES ENFANTS A L’HÔPITAL

> L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE BOULEVERSE LE DIAGNOSTIC EN CANCÉROLOGIE

IRM-LINAC. La radiothérapie gagne en précision et en efficacité

IIRM-LINAC. La radiothérapie gagne en précision et en efficacité

Un IRM-LINAC vient juste d’être installé aux Hospices civils de Lyon (HCL), dans le service du Professeur Olivier Chapet. Cette nouvelle instrumentation combine simultanément un accélérateur – et donc l’émission d’un rayonnement pour le traitement des tumeurs – et un IRM assurant l’acquisition rapide et concomitante d’images de très grande qualité, équivalente à celles obtenues en radiologie.

16 décembre 2020

Jusqu’à présent on se basait principalement sur l’imagerie scanner pour le suivi des tumeurs, une modalité d’imagerie extrêmement performante pour mettre en valeur les éléments lourds (structure osseuse).

L’IRM détecte quant à lui certains éléments légers comme l’hydrogène, présent dans l’eau et les tissus biologiques. Il est, en ce sens, beaucoup plus sensible pour étudier les tissus mous et offre ainsi de nouvelles perspectives.

Délicate livraison de l’IRM LINAC aux HCL / ©Société Julien RAMBAUD

Dès lors, les avantages de cette technologie IRM-LINAC sont multiples :

  • Intégration en temps réel d’images de haute qualité permettant la visualisation précise des tumeurs, pour un suivi plus rigoureux des zones à irradier pendant le traitement
  • Visualisation d’organes et de tumeurs peu visibles au scanner
  • Adaptation du traitement à chaque séance en fonction de la position et de la forme de la tumeur, de la réponse au traitement et des tissus sains avoisinants

De nouveaux projets de recherche innovants et multidisciplinaires peuvent alors se développer. Ils permettent de créer de futurs outils informatiques faisant appel à l’intelligence artificielle pour une analyse plus rapide des images IRM. D’autres projets permettront d’intégrer des données de radiobiologie dans l’adaptation du traitement, ou encore d’accroître la visibilité de la tumeur par différents moyens de contrastes.

Autant de perspectives positives, qui confirment la place prépondérante qu’occupe la radiothérapie dans les traitements de lutte contre le cancer.

Pour aller plus loin, découvrez l’article du Pop’Sciences Mag :

Radiothérapie : 130 ans d’innovation

Pop’Sciences Mag #3 | CANCEROLOGIE – Les nouveaux champs de la recherche

PPop’Sciences Mag #3 | CANCEROLOGIE – Les nouveaux champs de la recherche

Pop’Sciences Mag propose des contenus originaux et vulgarisés sur ce que la recherche scientifique peut apporter comme clés de compréhension à des enjeux de société prégnants. En variant les formats (vidéos, textes et photos) et les dimensions (enquêtes, interviews, actus, reportages, …), ce Mag satisfait de nombreux niveaux de lecture et d’engagement avec les savoirs scientifiques. Il adopte un ton non-technique, mais « sérieusement vulgarisé », où la signature esthétique est fondamentale pour parvenir à faire plonger le lecteur aux cœur de la recherche scientifique.

Pop’Sciences Mag #3 

CANCEROLOGIE – Les nouveaux champs de la recherche

PARU LE 5 AVRIL

Cancer. La seule évocation du nom de cette très complexe maladie suffit à susciter un fort sentiment d’appréhension. Et pour cause, environ 16% de personnes dans le monde meurent d’une des nombreuses formes de cancer (source : Organisation mondiale de la santé – 2017). Pour autant la recherche scientifique sur le sujet n’a jamais été aussi performante. Elle s’attache à participer à un meilleur diagnostic, une meilleure prise en charge, une meilleure guérison et une meilleure prévention des risques. Ce numéro de Pop’Sciences Mag dresse un panorama non-exhaustif des innovations en cours et des avancées majeures de laboratoires de recherche lyonnais et grenoblois.

Numéro réalisé en partenariat avec :  CLARA – Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes

EDITO

382 000 nouveaux cas, 157 000 décès en France, le cancer affiche en 2018 encore une dure réalité que les chercheurs s’appliquent à déjouer en innovant.

La lutte contre le cancer progresse chaque jour du fait des investissements importants qui sont consentis et du travail de milliers de scientifiques. Les dernières décennies ont vu l’efficacité du diagnostic et des thérapies considérablement s’améliorer, pourtant cette très complexe maladie reste un fléau. En France, près de 90 000 hommes en sont décédés en 2018, la première cause de mortalité étant le cancer du poumon. Chez la femme, malgré les progrès en termes de dépistage et de prise en charge, 67 000 décès sont dus au cancer, majoritairement celui du sein suivi de près par le cancer du poumon.

Pour aller de l’avant, la recherche et la médecine opèrent aujourd’hui de profondes mutations et affichent de nouvelles avancées spectaculaires qui arrivent dès à présent en phase clinique. Elles sont scientifiques, technologiques, sociales ou organisationnelles et exigent une prise de conscience de chacun des acteurs par le déploiement de stratégies concertées. Ce nouveau numéro de Pop’Sciences Mag dresse un tour d’horizon de ces transformations et de ces découvertes en cancérologie.

Les laboratoires de recherche académique, les centres hospitaliers, les industriels, les associations et les patients engagent un mouvement vers davantage de collaboration. Il s’agit dès lors de favoriser le décloisonnement des établissements, de créer des connexions entre les disciplines et de croiser les expertises scientifiques avec les expériences individuelles des patients. C’est dans cette perspective que le Cancéropôle Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes (CLARA) fédère l’ensemble de ces acteurs.

La clé de l’innovation en cancérologie ? Entremêler savoirs scientifiques, pratiques soignantes et vécu de la maladie…

Lire la suite : en ligne le 5 avril

Ce magazine sera présenté à l’occasion du Forum du CLARA le 5 avril à l’Espace Tête d’or | Soirée grand public / sur inscription