Arts (ou Art) de chercher : l’enseignement supérieur face à le recherche-création

AArts (ou Art) de chercher : l’enseignement supérieur face à le recherche-création

Séminaire | Mardi 8 octobre 2019, de 9h30 à 19h

Le site universitaire de Lyon Saint-Étienne se distingue par la présence sur son territoire de nombreuses écoles d’art et d’architecture (ENSATT, CNSMD de Lyon, ESADSE, ENSBA de Lyon, ENSAL, ENSASE) et des universités possédant des parcours de formation aux métiers des arts. Par ailleurs, au sein de l’Université de Lyon, se développent diverses formations hybrides où l’art s’invite pour exalter la créativité des étudiants, interroger les chercheurs sur leur processus de recherche, où l’art porte des questionnements poétiques et perspectifs sur les enjeux du monde contemporain.

En écho à la Biennale d’Art Contemporain de Lyon, les établissements d’enseignement supérieur et de formation du site académique de Lyon Saint-Étienne mettent en débat la création, la recherche et l’art dans les dynamiques de formation actuelles et les ambitions de recherche.

Les objectifs de ce séminaire sont de partager des formations, des parcours, des dispositifs et des programmes de recherche existants. Il s’agira aussi d’inviter à la réflexion sur la transmission, l’expérimentation et la reconnaissance.

Ce séminaire s’adresse aux chercheurs, enseignants, étudiants, aux acteurs créatifs et culturels et aux personnes en charge des actions culturelles d’institutions et associations culturels et artistiques.

Information et inscription

#FDS2019 | Racontez-nous votre expérience de la Fête de la Science

##FDS2019 | Racontez-nous votre expérience de la Fête de la Science

Votre avis sur cette édition de la Fête de la Science nous intéresse !

Rendez-vous incontournable entre scientifiques et citoyens, la Fête de la Science se tient cette année du 3 au 13 octobre 2019 sur la métropole lyonnaise et le département du Rhône pour, sous la thématique :

Raconter la science, imaginer l’avenir

Afin d’améliorer la prochaine édition donnez-nous votre avis s’il-vous-plaît !

  • Avez-vous aimé cette édition de la Fête de la Science ? Pourquoi ?
  • Racontez-nous une anecdote !

 

Questionnaire en ligne

(Ce questionnaire vous prendra deux minutes à remplir)

 

 

 

Sur la Métropole de Lyon et le Rhône, c’est la Direction Culture, Sciences et Société de l’Université de Lyon qui coordonne la manifestation.

 

 

#FDS2019 | Fête de la Science – Édition 2019 : du 3 au 13 octobre

##FDS2019 | Fête de la Science – Édition 2019 : du 3 au 13 octobre


 

 

Sortez vos agendas !
La prochaine édition de la Fête de la Science se déroule…

📆  Du 3 au 13 octobre 2019

🚩 Sur la Métropole de Lyon et le département du Rhône

Au programme : 10 jours de manifestation et près de 300 activités totalement gratuites dédiées à la découverte des sciences. Tentez l’expérience !

Toutes les informations par ici !

 

Initiée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la Fête de la Science est la plus importante manifestation dédiée à la recherche et à l’innovation. La 28e édition se déroulera partout en France du 5 au 13 octobre 2019. Elle sera cette année tournée vers l’avenir !

Dans le département du Rhône, cet évènement est coordonné par l’Université de Lyon avec le soutien de l’Etat, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Métropole de Lyon et de la ville de Villeurbanne.

Cette année, près de 300 opérations sont programmées dans 26 villes du département du Rhône grâce à la mobilisation de plus de 100 structures : établissements de recherche et d’enseignement supérieur, laboratoires, associations, entreprises, écoles, bibliothèques, médiathèques, lieux culturels… 

Découvrez le teaser de la manifestation :

 

Idéation « Fête des Lumières » à la Pré-Fabrique de l’Innovation

IIdéation « Fête des Lumières » à la Pré-Fabrique de l’Innovation

Inscription au projet « Fête des Lumières – Université de Lyon »

« Regarde la lumière et considère sa beauté. Ferme l’oeil et observe : ce que tu as vu n’est plus, et ce que tu verras n’est pas encore. »

Plongez dans l’univers d’ombres et lumières des travaux de Léonard de Vinci et participez à la conception et à la réalisation d’un parcours lumineux immersif à l’occasion de la Fête des Lumières 2019.

La Fabrique de l’Innovation et le fablab Astech vous proposent de rejoindre l’aventure de la conception et de la réalisation de l’une des installations du parcours, qui sera exposée dans le jardin de la Fondation Bullukian (place Bellecour).

 

Qui peut participer ?

Tout le monde ! Que vous soyez étudiant·e, maker, chercheur·se, enseignant·e ou simplement une personne intéressée par le projet, vous êtes bienvenu·e. Pas de pré-requis pour participer, il faut juste être motivé·e !

Quel est le calendrier ?

Le lancement du projet aura lieu le jeudi 19 septembre, de 17h30 à 22h à la Pré-Fabrique de l’Innovation située au 28-30 avenue Gaston Berger à Villeurbanne. Vous y découvrirez le projet plus en détails, rencontrerez les autres personnes motivées, et vous pourrez challenger votre créativité en équipes autour de principes mécaniques et lumineux, avec l’aide d’expert·es et de makers. L’objectif ? Constituer une équipe et concevoir une première ébauche d’installation !

Par la suite, des séances de 2 à 3h sont prévues pour concevoir et réaliser l’installation, tout au long de l’automne, les jeudis sur le créneau 17h-20h, et deux samedis de 10h à 16h :

– Pour la conception : jeudi 3 octobre, jeudi 10 octobre, jeudi 17 octobre

– Pour la réalisation : jeudi 7 novembre, jeudi 14 novembre, jeudi 21 novembre, ainsi que le samedi 16 novembre et le samedi 23 novembre

Les séances auront lieu dans le fablab Astech, 28-30 avenue Gaston Berger à Villeurbanne, à l’exception des dernières séances de finalisation (notamment le 23 novembre), qui auront lieu aux Halles du Faubourg (Lyon 7ème). Lors de chaque séance, vous serez accompagné·es par un étudiant en master Conception Lumière de l’Ensatt et par un·e membre de la direction artistique, constituée de Christine Richier, co-directrice du département Lumière de l’Ensatt, de Tom Huet, scénographe et plasticien de la lumière, ainsi que de Julie Lola Lanteri, conceptrice lumière.

 

Vous êtes intéressé·e ? Alors inscrivez-vous pour recevoir plus d’informations sur le projet !

Formulaire d’inscription

Vers des lendemains sportifs. L’expo sciences et sports

VVers des lendemains sportifs. L’expo sciences et sports

Du sport, de l’activité physique, tout le monde en fait ! Mais la science du sport… Qu’est-ce que c’est ?

L’exposition Vers des Lendemains Sportifs vous emmène autant des laboratoires de recherche jusqu’au sommet du mont Blanc, dans les salles de classes, sur les terrains de foot et de rugby ou encore dans la ville la plus haute du monde pour vous faire découvrir les incroyables résultats des chercheurs en sport. L’avenir du sport est à portée de main lorsque science et sport font équipe !

Réalité virtuelle, arbitrage, burnout sportif, ultra-trail, profil musculaire, altitude, activité physique et maladie… Découvrez les programmes de recherche en biologie, physiologie,  sociologie, histoire, biomécanique… qui s’intéressent aux enjeux de l’activité physique et du sport en Auvergne Rhône-Alpes.
Avec pour volonté d’atteindre un large public, l’exposition circulera dans les territoires de la région. Une année durant, vous êtes amenés à découvrir la diversité des disciplines scientifiques liées au sport, l’excellence universitaire en matière d’innovation et à avoir un aperçu des acteurs socio-économiques de ce domaine travaillant en lien avec les universités. Sur chaque site, l’exposition sera accompagnée d’une programmation culturelle, organisée par chaque université, qui proposera des activités satellites en lien avec le thème de l’exposition.
 
Le site internet de l’exposition
 
Les laboratoires de la Région AURA engagés !La Région Auvergne-Rhône-Alpes a pour objectif de devenir la première région sportive de France. Il est vrai que de nombreuses pratiques sportives sont particulièrement présentes dans la région, notamment grâce aux Alpes qui rassemblent tous les sports de montagne. Un certain nombre d’événements sportifs ont aussi lieu sur l’ensemble de la région AURA. C’est donc la région rêvée pour faire des recherches sur le sport et l’activité physique ! Beaucoup de laboratoires de recherche avec des domaines scientifiques variés travaillent sur cette thématique.

Coordination

  • La Communauté Université Grenoble Alpes (ComUE UGA),
  • L’Université de Clermont Auvergne et Associés (UC2A),
  • L’Université de Lyon (UdL),
  • L’Université Savoie Mont Blanc (USMB),
  • Avec le soutien de la Région Auvergne Rhône-Alpes.
Cycliste sur pise

dylan-nolte

2101, sciences et fiction

22101, sciences et fiction

2101, le contexte climatique dramatique laisse peu d’avenir à l’humanité sur Terre. Fosto, astrophysicien banni de la communauté scientifique, vit avec Pandora, une intelligence artificielle. Elle l’encourage à s’installer en Sicile où il hérite d’une demeure dans le centre de Palerme. De plus, l’université de la ville lui propose de reprendre ses travaux sur une exoplanète qu’il prétend habitable. Piège tendu par Méphisto, qui compte porter l’Enfer sur une nouvelle terre d’accueil et offre à Fosto une seconde jeunesse en contrepartie des ses recherches sur la planète Eden 1024. Pour la belle Margot et par vanité, Fosto accepte le marché.

L’histoire, racontée en bande dessinée, est le cadre d’une enquête documentaire auprès des scientifiques sur le thème sciences et science-fiction.

Avec notamment la participation du Centre de Recherches Astrophysiques de Lyon – CRAL, de l’INSA de Lyon, l’INRIA de Lyon, l’ISARA de Lyon, l’Ecole Centrale de Lyon, l’Institut des Sciences de la Terre de Lyon.

2101, Sciences et fiction

Il existe un Musée des moulages à Lyon. Le saviez-vous ? | Collections & Patrimoine #3

IIl existe un Musée des moulages à Lyon. Le saviez-vous ? | Collections & Patrimoine #3

On compte quatre musées universitaires de moulages en France, dont un se trouve à Lyon. Les trois autres sont à Bordeaux, Montpellier et Strasbourg. Inauguré il y a plus d’un siècle, le Musée des Moulages lyonnais (MuMo), conservé et administré par l’Université Lumière Lyon 2, a rouvert ses portes en mars 2019, après une grande campagne de rénovation des œuvres et du lieu.

L’engouement pour l’archéologie du XIXe siècle, favorisé par les grandes découvertes dans ce domaine, amène les universités à acquérir de nombreuses copies d’œuvres. Utilisées d’abord comme supports pédagogiques pour les étudiants et d’études pour les chercheurs, elles permettent d’étudier les œuvres, de les comparer entre elles, de les manipuler au sein d’un lieu unique. Pour les chercheurs, les étudiants et le grand public, elles assurent le témoignage d’œuvres originales, dont certaines peuvent avoir été dérobées, détruites ou endommagées au cours de l’Histoire.

La collection du MuMo abrite près de 1 600 moulages d’œuvres antiques, médiévales et modernes. Il serait d’ailleurs plus juste de parler de tirages puisque le moulage est l’acte de mouler ou de créer un moule alors que l’objet reproduit, par le moule, est un tirage.

Si, jusqu’à présent, l’intérêt du moulage portait essentiellement sur son caractère de copie fidèle de l’œuvre originale, on s’entend aujourd’hui pour dire que le moulage est bien plus que ça. Il possède son propre récit, témoigne de son temps et notamment des techniques et savoir-faire remarquables.

En effet, toute la difficulté du moulage réside davantage dans la fabrication du moule que dans celle des tirages. Pour le moulage par moule à pièces par exemple, ce sont souvent des centaines de pièces que le mouleur réalise. Elles sont ensuite assemblées les unes aux autres, comme un puzzle, et maintenues par une chape, ce qui constitue le moule. Ce n’est qu’alors qu’on tapisse de plâtre l’intérieur du moule en vue du tirage.

Cette technique de moule à pièces n’est pratiquement plus utilisée aujourd’hui, remplacée depuis les années 1970 par les moules en élastomère de silicone et plus récemment par des techniques issues du numérique.

La photogrammétrie est l’une d’entre elles. Par exemple, dans le cas de la Koré (sculpture grecque archaïque de jeunes femmes), elle consiste à prendre 200 à 300 photographies de l’objet selon tout autant de perspectives différentes.

Les photos sont importées sur un logiciel qui les lie entre elles pour reconstruire un modèle 3D. Celui-ci peut permettre de lancer des impressions 3D en vue d’une production multiple ou bien d’un seul modèle sur lequel il est ensuite possible d’utiliser la technique du moule à pièces. L’avantage est alors de ne plus avoir à toucher l’œuvre originale et, ainsi, de ne pas risquer de l’altérer.

La technique du scanner 3D à lumière structurée ressemble à celle de la photogrammétrie : le scanner projette un motif lumineux sur l’objet et en observe la déformation. L’objet scanné est reconstitué simultanément en 3D sur le logiciel. La suite possible, vous la connaissez maintenant.

Petits et grands ont justement pu observer et comprendre ces différentes techniques de moulage lors des Journées Nationales de l’Archéologie auxquelles le Musée des Moulages a participé les 14, 15 et 16 juin derniers. Les ateliers étaient animés par Shadi Shabo, doctorant au laboratoire Archéorient et Fabien Bièvre-Perrin, archéologue et chercheur à l’Institut de Recherche sur l’Architecture Antique (IRAA).

Le MuMo se situe au 87 cours Gambetta, dans le 7e arrondissement de Lyon. Lieu d’apprentissage, de médiation et de diffusion des savoirs pour l’Université et la population, il est ouvert les mercredis et samedis de 14h à 18h. L’entrée du MuMo est gratuite.

 

Aller plus loin :

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Collections & Patrimoine mené par la Direction Culture, Sciences et Société de l’Université de Lyon. Il est le troisième d’une série d’épisodes qui ont pour intention de donner à voir les collections et patrimoines scientifiques et artistiques des établissements d’enseignement supérieur. Plus d’informations auprès de camille.michel@universite-lyon.fr

Crédits photographiques : Vincent Noclin

50 ans après la Lune : une autre forme de conquête de l’Univers

550 ans après la Lune : une autre forme de conquête de l’Univers

Et si la véritable conquête de l’espace était celle des mathématiques, des labos et des observations astrophysiques ? Quand conquérir l’Univers, c’est tenter d’en percer les mystères.

Un article rédigé par Fabien Franco, journaliste, Lyon

Un article Pop’Sciences

 

1969-2019, cinquante ans, autant dire moins que rien à l’échelle de l’Univers, et pourtant, pour nous êtres humains conscients de nos propres limites, ce fut un instant d’émotion rare.

La galaxie spirale Messier 100 et la supernova SN 2006X- Article sur expansion de l'Univers et énergie noire

La galaxie spirale Messier 100 et la supernova SN 2006X / ©ESO/IDA/Danish 1.5 m/R. Gendler, J.-E. Ovaldsen, C. C. Thöne and C. Féron

Depuis, les pas accomplis par la connaissance scientifique n’ont cessé de nous rapprocher de l’instant des origines, et aussi, de nous ouvrir de nouveaux horizons d’investigations. Parmi toutes les théories envisagées, pour l’heure, c’est toujours celles du Big Bang, de la relativité, des forces régissant l’Univers qui tiennent. Mais demain, qu’en sera-t-il ? Et si la véritable conquête de l’espace était celle qui menait sur la voie de la connaissance des rouages encore mystérieux de l’Univers ?

Cinquante ans après que l’Homme a marché sur la Lune, la question du voyage spatial peut sembler anecdotique. Après tout, il est fort probable que la présence physique de l’être humain dans l’espace ou sur des corps extraterrestres ne nous permettrait pas d’en savoir plus sur les questions que nous nous posons. Bien que le rêve de conquérir les frontières dérisoires de notre système solaire perdurera aussi longtemps que l’espèce humaine, les Hommes resteront à jamais limités par l’espace-temps et ses lois universels. Même si on ne peut les résumer à cela, les enjeux liés à la colonisation de l’espace paraissent parfois trop pragmatiques. Notre volonté de compréhension de l’Univers quant à elle nous dépasse. Tenter de l’approfondir c’est nous rapprocher d’un absolu inatteignable. Un absolu qui, paradoxalement, ne nécessite pas de parcourir le vide intersidéral, mais davantage de puiser en nous ces questions qui progressivement nous amènent à vivre dans une proximité extraordinaire avec les étoiles.

Comme l’ont écrit ces astronomes inspirés que sont Hubert Reeves, André Brahic et Trinh Xuan Thuan, un lien relie l’humanité à cet espace-temps indifférent et hostile. Poussières d’étoiles pour les uns, enfants de dieu pour les autres, là se rejoignent la science la plus dure et la croyance irrationnelle la plus intime. Aujourd’hui, des énigmes fascinantes mobilisent les scientifiques du monde entier, parmi ces dernières, celle de l’énergie noire, moteur, pour certains, de l’expansion de l’Univers.

Va, vis et deviens

Se poser la question de l’expansion de l’Univers, c’est répondre à plusieurs questions dont celles existentielles : d’où venons-nous et où allons-nous ?

Pour imaginer l’expansion de l’Univers, il faut penser à un ballon de baudruche – mais sans centre d’expansion. Alors que le ballon est dégonflé, nous dessinons des points noirs sur sa surface plane. Au fur et à mesure que le ballon enfle, nous pouvons constater que les points s’éloignent les uns des autres. C’est l’expansion de l’Univers telle que décrite pour la première fois par Einstein en 1915. Les amas de galaxies s’éloignent les uns des autres. Jusque-là, rien de contre-intuitif. Pour autant, rien n’est vraiment si simple, surtout dans le domaine de la connaissance où les nouvelles découvertes amènent avec elles toujours plus de questions.

Car à la fin des années 90, on a observé que le rythme de l’expansion de l’Univers s’accélère. Pour reprendre notre métaphorique ballon de baudruche, cela revient à conclure qu’il enfle de plus en plus vite au fur et à mesure qu’il grossit. Les points noirs dessinés s’éloignent d’autant et plus rapidement. Ce n’est pas ce à quoi les astrophysiciens s’attendaient. En effet, la théorie du Big Bang, soit le moment où l’Univers a commencé à « gonfler », passant de presque rien à aujourd’hui des distances astronomiques, prévoyait une décélération de la vitesse d’expansion. Pourquoi ? La gravitation n’est-elle pas cette force attractive qui agit à grande échelle et qui devrait ralentir l’expansion de l’Univers ? Or ce que l’on constate, c’est bien que non seulement l’expansion accélère, et, de plus, cette accélération est exponentielle, comme si on arrêtait de pédaler, mais que le vélo continuait à accélérer alors que les frottements de l’air et de la route devraient freiner sa course jusqu’à son arrêt total.

Et pourtant, c’est le contraire qui est observé : « L’accélération de l’expansion de l’Univers, soit la vitesse d’éloignement des galaxies très lointaines, est effectivement observée dans le cadre théorique du Big Bang, précise Isabelle Vauglin, astrophysicienne au Centre de recherche astrophysique de Lyon – CRAL, mais attention cette vitesse de fuite ne concerne pas notre amas local de galaxies. À cette échelle, la gravitation continue à dominer. »

Au-delà, en revanche, l’expansion de l’Univers s’accélère comme l’on démontré Saul Perlmutter et Adam G. Riess en 1998, ce qui leur valut de se voir distinguer du prix Nobel de physique en 2011. Cette observation est venue confirmer les théories de Georges Lemaître en 1927 et d’Edwin Hubble en 1929 qui ont prédit que plus une galaxie est lointaine, plus elle s’éloigne vite. La loi de Lemaître-Hubble énonce ainsi que la vitesse v de fuite des galaxies est proportionnelle à leur distance d, et la constante de proportionnalité est H, soit la constante cosmologique v = Hd. Avec l’observation du fonds diffus cosmologique, la lumière fossile de l’Univers 380 000 ans après le Big Bang, on en saura plus sur la vitesse d’accélération, car « En obtenant une image plus précise du fonds diffus cosmologique, on précise la valeur de la constante H, indique l’astrophysicienne investie dans l’instrumentation infrarouge, et, par conséquent, on précise la vitesse de fuite des galaxies et donc l’accélération de l’expansion de l’Univers. »

Géométrie de l'Univers-©Thomas Buchert, ENS Lyon-Article sur énergie noire

Fonds diffus cosmologique, satellite Planck, 2015 © ESA Planck Collaboration

Mais la vitesse de l’accélération ne dit rien de sa cause. Alors, pour expliquer cette observation à partir du cadre théorique dominant, les scientifiques ont fait appel à l’énergie noire ! Ce serait elle en effet le moteur à l’origine de cette accélération.

Particules caméléons et gravitons

Les scientifiques ont donc pensé à une énergie, une énergie dite noire ou sombre, qui aurait un effet répulsif et qui expliquerait l’accélération de l’expansion de l’Univers.

C’est aujourd’hui la théorie la plus répandue. Physiciens et astrophysiciens du monde entier cherchent donc cette récalcitrante énergie noire.

L’enjeu est des plus conséquents : l’énergie noire est dominante, c’est-à-dire que l’énergie associée au processus d’expansion équivaut aux trois-quarts (75%) de l’énergie de base (ou masse) qui constitue l’Univers ! À Genève, des physiciens du Cern cherchent des particules qui constitueraient l’énergie noire, des particules hypothétiques que les étoiles produiraient. Ces particules dites « caméléons », parce que leur comportement varierait en fonction de leur environnement, auraient une masse importante et une force qui agirait sur de courtes distances dans les régions denses, et une masse petite et une force à longue portée dans le vide spatial. Les physiciens ont cherché à mesurer de telles particules en provenance du Soleil. Les premiers résultats rendus publics début juin1 n’ont pas permis d’observer ces candidats aux particules d’énergie noire, mais ils complètent cependant les résultats d’autres expériences.

Du côté des astrophysiciens, on attend avec fébrilité l’observation qui permettrait d’en savoir plus. « Quand une étoile massive, soit cinq à six fois la masse de notre Soleil, meurt, 20 à 30% de ses composants sont expulsés dans le milieu interstellaire. Les explosions des supernovae permettent un recyclage des éléments qui produit de nouvelles générations d’étoiles. Ainsi notre système solaire (et la Terre) est issu de générations de supernovae qui se sont succédées avant lui. Ensuite, sur une échelle de temps beaucoup plus longue, même les naines blanches refroidiront. Y aura-t-il alors dans l’Univers quelque chose qui va empêcher ce cycle de refroidissement éternel ? » interroge Isabelle Vauglin. En extrapolant l’expansion de l’Univers, les astrophysiciens imaginent un horizon cosmologique rétréci dans lequel les galaxies sortiraient de notre champ de visibilité jusqu’à ce que le ciel devienne complètement noir.

Personne ne peut garantir comment sera l’Univers dans 1030 ou 1050 ans. Aujourd’hui les scientifiques se posent la question de l’existence de multiples univers ou multivers, mais ça c’est une autre histoire…

Revenons à notre Univers, unique et déjà bien pourvus en mystères. « Ne soyons pas trop prétentieux, en l’an 2 500 les scientifiques de demain nous regarderont sans doute avec des yeux amusés. Toutefois, même si cette voie aboutissait à une impasse, la théorie actuelle doit être explorée jusqu’au bout pour être confirmée ou infirmée. C’est comme ça que la science avance » commente Isabelle Vauglin. Pas à pas, observations après observations, théories après théories, la connaissance progresse. Une conquête théorique de l’espace qui paradoxalement tente aujourd’hui de faire le lien entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, ou la recherche du graviton, la particule qui véhiculerait la gravitation, cette force universelle dont on ne sait presque rien ou presque…

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Notes :

(1) Premiers résultats sur la recherche des particules caméléons avec le détecteur Kwisp au Cern.

<Une énergie noire : pour quoi faire ?

Tous les scientifiques ne suivent pas le modèle Standard. À l’ENS de Lyon, le cosmologiste Thomas Buchert s’applique à élaborer des équations pragmatiques et iconoclastes. Elles permettent de dépasser l’horizon théorique dominant et par là même d’ouvrir de nouvelles fenêtres de réflexion. Subversif !

Région de la nébuleuse de la Tarantule, berceau d’étoiles, dans le nuage de Magellan, voisin de la Voie lactée - Article sur expansion de l'Univers énergie noire

Région de la nébuleuse de la Tarantule, berceau d’étoiles, dans le nuage de Magellan, voisin de la Voie lactée / ©
ESO/M.-R. Cioni/VISTA Magellanic Cloud survey. Acknowledgment: Cambridge Astronomical Survey Unit

Ce professeur de cosmologie de l’Université Claude Bernard Lyon 1, chercheur au CRAL élabore de savantes théories qui prennent appui sur la géométrie, les mathématiques, la relativité générale d’Albert Einstein et, bien sûr, sur les dernières observations astronomiques.

 

 

 

 

 

Lui et son équipe de jeunes chercheurs proposent de nouvelles théories qui interrogent notre compréhension de l’Univers, sans pour autant, passer par le modèle Standard et ses mystères qu’il induit inévitablement. Non, lui est en quelque sorte beaucoup plus pragmatique. Pas de mystères donc, mais la possibilité d’un Univers inhomogène, fini et éternel. Explications.

Pour décrire l’Univers, il convient d’essayer de décrire sa géométrie locale et sa géométrie globale.

L’Univers est-il plat ? Sa courbure est-elle nulle ? Cela dépend de sa forme, de sa topologie. « Nous partons de la théorie d’Einstein. À partir de là, nous avons déterminé que la courbure de l’espace est évolutive. C’est-à-dire qu’au niveau local, et dans les régions sur-denses, la courbure devient positive, mais qu’à l’échelle globale, L’Univers est aujourd’hui dominé par des régions vides avec une courbure négative. » Ici, Thomas Buchert généralise le modèle de l’Univers à partir d’équations cosmologiques sans introduire une énergie noire pour corroborer l’expansion de l’Univers et son accélération. Il est, aujourd’hui, loin d’être le seul à suivre ces pistes d’investigations qu’il explore depuis vingt ans.

Frise chronologique de l'Univers / ©NAOJ Fabien Franco, journaliste

Frise chronologique de l’Univers / ©NAOJ

Il décrit un Univers en évolution constante, notamment l’évolution de la géométrie que le modèle Standard néglige. Il nous dit surtout que la géométrie du modèle Standard n’évolue pas alors qu’elle devrait le faire en fonction des observations actuelles. « La première chose à faire en physique est de prendre en compte l’inhomogénéité de l’Univers » soutient le physicien. La relativité générale décrit un Univers dans lequel la matière (la masse) déforme l’espace autour d’elle par la force gravitationnelle. Les observations ont montré l’existence d’une structure à nid d’abeille de milliards de galaxies, des zones denses et des zones vides. La théorie de Thomas Buchert décrit ces forces de gravité diverses, positives et négatives. « Les équations d’Einstein ne disent pas autre chose. Or, aujourd’hui, on peut dire qu’en fonction du temps, la courbure de l’espace évolue, aussi bien à grande qu’à petite échelle. »

Quant à l’accélération de l’Univers, cette dernière a été postulée dans des zones de l’espace-temps qui remontent à une époque où se sont formées les amas de galaxies (n’oublions pas qu’observer l’espace c’est remonter le temps, par exemple la lumière du Soleil met 8 minutes à atteindre la Terre. Le Soleil que nous observons est donc celui d’un passé âgé de 8 minutes). Ce sont ces dernières qui auraient un impact sur l’expansion de l’Univers, et donc des vides interstellaires qui joueraient le rôle tenu par l’énergie noire. Cette « énergie noire », (en fait courbure de l’espace) que Thomas Buchert définit comme « une construction théorique absolument conservatrice. » De quoi en faire réfléchir plus d’un !

 

<Pour aller plus loin

Rap, littérature et poésie … par amour ?

RRap, littérature et poésie … par amour ?

Comprendre et (re)découvrir le(s) rap(s) en combinant les regards d’artiste et de chercheurs … décrypter cette discipline artistique et découvrir les liens ou les ruptures que le rap entretient avec des procédés linguistiques, littéraires et poétiques.

 

Avec :

  • Medhi Krüger : Rappeur, poète, chanteur, slameur. D’origines allemande et algérienne, cet amoureux des mots les considèrent comme « les grains d’un bac à sable truffé de mines. » Des sonorités urbaines aux chansons à textes, il n’y a qu’un pas pour Mehdi, qui depuis 20 ans déclame ses mots sur des dizaines de scènes en France, au Liban, en Belgique, Italie, Tunisie et Algérie.
  • Corentin Roquebert : doctorant au Centre Max Weber (CNRS, ENS de Lyon, Université Lumière Lyon 2, Université Jean Monnet)
  • Anthony Pecqueux : sociologue, chargé de recherche au Laboratoire AAU (CNRS, Centrale Nantes, ENSA Grenoble, ENSA Nantes) et directeur du Centre de Recherche sur l’Espace Sonore et l’environnement urbain (CRESSON)
  • Modération : Samuel Belaud (Université de Lyon)

Vidéo enregistrée le 4 novembre 2016 au SUCRE (Lyon), dans le cadre d’une soirée organisée dans le cadre du 11ème cycle de rencontre Sciences-Société ET SI ON EN PARLAIT, par la Direction Culture, Sciences et Société de l’Université de Lyon. Partenaires : Le Sucre / Sensible. Réalisation : Abrup.

Ma ville, le climat et moi

MMa ville, le climat et moi

De novembre 2014 à juillet 2015, l’Université de Lyon a mis en place une démarche exploratoire de recherche participative sur le climat à l’échelle de son territoire. Associée à une étude de préfiguration d’un observatoire local du climat (EPOC), cette démarche a été menée par le LabEx Intelligences des mondes urbains. Elle a ainsi permis d’additionner à des données techniques des données issues de l’expertise d’usage, du ressenti et du vécu des habitants, ainsi que des questionnements et propositions de recherches et d’actions.  

 

La démarche de consultation

Cette recherche s’est déroulée en trois étapes :

  1. Des micro-trottoirs ciblant les motivations et les freins des habitants à participer à une recherche sur le climat. (travaux réalisés par des étudiants en Master Géographie à l’Université Jean Moulin Lyon 3, sous la direction de Pauline Texier) ;
  2. Des focus-groupes permettant de cerner leurs représentations/perceptions des changements climatiques à une échelle globale et locale ainsi que des capacités d’actions/réactions des habitants en cas de fortes chaleurs ;
  3. Des étals de marchés visant à élargir le champ des personnes impliquées.

 

Voici en images une présentation des étapes de la consultation :

 

Résultats de la consultation citoyenne

La collecte de données s’est effectuée de décembre 2014 à juillet 2015. Afin d’analyser ces paroles citoyennes, les outils et méthodes de la psychologie sociale ont été mis en œuvre. Ci-dessous deux rapports permettent de comprendre les résultats : un rapport de synthèse grand public et un rapport scientifique d’analyse psycho-sociale.

 

Téléchargements :

 

Valorisation et poursuite de la consultation

Du point de vue de la recherche, cette consultation permet aujourd’hui de nourrir un groupe de travail interdisciplinaire en sciences humaines et sociales, pour contribuer à un futur observatoire local du climat. Quelques paroles de chercheurs en vidéo :

 


En amont de la 21e conférence des nations unies sur les changements climatiques, cette consultation a reçu le soutien d’acteurs publics :


Avec le soutien de :

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