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EN SAVOIR PLUS

Les animaux : pourquoi certains bénéficient d’une place plus favorable …ou pas ?

LLes animaux : pourquoi certains bénéficient d’une place plus favorable …ou pas ?

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Les animaux font partie de votre vie ?

Vous aimeriez en savoir un peu plus dans ce domaine…et les découvrir sous l’angle sociologique ?
Alors, cliquez sur play du deuxième podcast, dont le sujet est les animaux. Pourquoi ? Car vous allez apprendre que certains animaux bénéficient d’une place plus favorable dans notre société, et pourquoi, et comment…Et plus encore.

Et pour développer ce sujet, nous sommes avec Jérôme MICHALON, chargé de recherches au CNRS,  à TRIANGLE et à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne.

> Écoutez le podcast :

> Lire la retranscription des propos de l’interview :

En matière d’animal, certains animaux bénéficient-ils d’une place plus favorable que d’autres ?

Jérôme Michalon – Oui, on peut dire que certains individus animaux ont des devenirs très différents : entre un chien qui passe son existence auprès d’humains aimants et attentionnés, sans connaître la faim, ni le froid, et sans craindre pour sa vie, comparé cela à un poulet entassé dans un hangar sans lumière, où le seul horizon est un engraissement rapide pour un abattage précoce, il y a des conditions qui ne sont pas comparables. Et je ne parle ici que des animaux domestiques, pas des animaux sauvages. Les raisons de ces différences sont multiples et complexes, elles tiennent autant à des représentations que l’on a des animaux et de leur usage, héritées souvent de schèmes de pensée religieux ou populaires, ou même parfois savants, mais également tributaires des conditions de vie et de travail des humains, ou des choix économiques et politiques. C’est extrêmement multifactoriel. Et ce qui est intéressant pour rebondir sur la question initiale, c’est que ce qui varie aussi c’est la définition même de ce que serait une place « favorable » pour l’animal.

Et comment la définiriez-vous de ce fait ?

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J.M. – Je ne la définie pas mais c’est vrai qu’on a tendance à considérer que finalement par exemple les animaux de compagnie, le statut d’animal de compagnie c’est censé représenter la place la plus favorable pour un animal, puisqu’il est effectivement aimé, choyé, individualisé, il est extrait à l’obligation de travail. D’un certain point de vue, c’est assez favorable, et pourtant même ce statut là, cette condition là soulève de plus en plus de critiques venant dénoncer ces conditions de vie de certains animaux de compagnie, de certains chiens, de certains chats parce qu’on considère que le fait d’être enfermé dans un appartement, sans contact avec ses congénères ou avec un environnement naturel, sans possibilité d’exercice physique, c’est parfois décrit, par certains vétérinaires, comme une forme de maltraitance. Selon la vision que l’on a de la « nature authentique » d’un animal, on pourra considérer qu’être un animal sauvage soumis à la prédation, à la faim et au froid, luttant pour sa survie, c’est préférable au sort d’un caniche sur un canapé.
En tant que sociologue, je n’ai pas à me prononcer sur ce qui serait bon ou pas pour les animaux, d’une part parce que je n’ai pas la compétence pour le faire, mais d’autre part, parce que l’inflation de postures normatives sur la question animale fait vraiment partie de l’objet que j’aimerais documenter, à savoir la manière dont se construit une forme de consensus social autour de l’importance du souci de l’animal. Et pour étudier cela, il est difficile d’être à la fois observateur et acteur.

Revenons aux animaux de compagnie, le contexte économique et social actuel peut-il modifier la place des animaux de compagnie ? Et si oui comment ?

J.M. – La possession d’animaux de compagnie ne peut pas être déconnectée du contexte économique et social. Initialement, la pratique du « pet keeping » concernait les aristocrates britanniques en l’occurrence puis s’est diffusée au XIXème siècle vers la bourgeoisie ; bref, c’est à l’origine une affaire de personnes qui ont du temps libre et des moyens économiques importants très clairement. Au XXème siècle, on assiste à une forme de « démocratisation » de la possession d’animaux de compagnie, en direction des classes moyennes. On ne peut donc pas déconnecter cette évolution des avancées sociales notamment les congés payés, la réduction du temps de travail, la hausse toute relative des salaires etc. Sans cela, il n’y aurait sans doute pas eu de temps de loisir dédié à l’entretien d’un animal qui n’a pas d’utilité directe, qui n’a pas d’utilité productive notamment. Donc il n’y aurait pas eu de marché pour les animaux de compagnie, et cela, je pense que c’est important de le souligner à quel point l’industrie pour l’alimentation des animaux de compagnie a eu un impact énorme sur l’augmentation du taux de possession, et aussi sur sa légitimité sociale. Parce que j’ai bien étudié dans ma thèse comment cette industrie avait soutenu les pratiques de médiation animale, dont je parlais dans le podcast précédent, de pratiques de soin par le contact animalier, pour diffuser en fait une sorte de contre-discours, qui viendrait répondre à une critique récurrente qui est celle de l’inutilité des animaux de compagnie, donc en gros de la relation de soin aux animaux, qui est souvent qualifiée d’excessive, de narcissique voire de misanthrope, avec la figure du propriétaire de chien replié sur lui-même, qui préfère la compagnie de son caniche à celle de ses congénères. C’est une critique récurrente, à laquelle la médiation animale vient répondre, en montrant que des relations de soin aux animaux, des relations bienveillantes, peuvent également bénéficier à d’autres humains et à la société dans son ensemble. C’est pour ça que je défends l’idée que pour comprendre ce qu’est un animal de compagnie, d’un point de vue sociologique, il est important d’intégrer la critique dont la relation affective et personnalisée à certains animaux fait l’objet, depuis pratiquement ses débuts et aujourd’hui encore.
De ce point de vue, le contexte n’a pas tant changé puisque des journalistes me sollicitent toujours régulièrement pour commenter la hausse des dépenses pour les animaux de compagnie, avec une commande implicite : il faut que je vienne valider scientifiquement l’idée que les propriétaires ont définitivement perdu la raison, perdu le sens commun, puisqu’ils en viennent à consacrer tant d’argent à des non-humains. Commande à laquelle je ne réponds évidemment pas, mais qui vient mettre en lumière le fait que la critique de l’excès de soin aux animaux est encore très forte !

Et vous Jérôme possédez-vous un animal ?

J.M. – J’ai une chatte, mais je ne sais pas si je la « possède » réellement, elle ne serait pas d’accord avec cette idée, je pense. La question du pourquoi, tout simplement parce que j’ai été élevé avec des chiens et avec des chats, et dans une culture globalement pro-animaux comme beaucoup de personnes de ma génération. Effectivement, j’ai un animal de compagnie parce que je suis le fruit de l’évolution que j’essaie d’analyser par ailleurs.


Précédemment : Cause animale : pourquoi fait-elle l’objet de recherches récentes ?

> À suivre…

Le troisième et dernier podcast dont le triptyque concerne les animaux abordera le sujet de la défense des animaux.

>> Pour en savoir plus :

Triptyque – Laboratoire Triangle

Cause animale : pourquoi fait-elle l’objet de recherches récentes ?

CCause animale : pourquoi fait-elle l’objet de recherches récentes ?

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Les animaux vous intéressent ?
Les boules de poils, vous aimez les câliner ?
Ce triptyque est pour vous !
Car son sujet est : les animaux ou plus exactement,  la place qu’ils occupent dans notre société. Et dans ce premier podcast, dont le triptyque leur est consacré, nous allons tenter de comprendre pourquoi la cause animale ne fait l’objet d’études de chercheurs que récemment. 

Pour en discuter nous sommes avec Jérôme Michalon, chargé de recherches au CNRS,  à TRIANGLE et à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne. 

> Écoutez le podcast :

> Lire la retranscription des propos de l’interview :

Depuis, combien de temps, la cause animale est l’objet d’études de chercheurs universitaires et surtout comment l’expliquez-vous ?

Jérôme Michalon – L’idée que les animaux pourraient mériter un traitement plus favorable c’est une idée qui est assez ancienne, par contre ce qui est plus récent c’est le fait qu’il y a des collectifshumains qui se constituent pour défendre les intérêts des animaux et porter leur parole. C’est à partir du XIXème siècle, en Europe, que ces collectifs se constituent, notamment pour faire voter les premières lois de protection animale et former ce qu’on appelle la cause animale. Ces mouvements qui sont pourtant relativement bien installés dans nos sociétés parce qu’en fait tous le monde connait la SPA, qui a été fondée en 1845, donc ce n’est pas nouveau. Ces mouvements là ont été assez tardivement étudiés par les universitaires, en tant que qu’objet de recherche. Dans l’espace francophone, les historiens ont commencé à s’y intéresser dans les années 1980, de manière assez épisodique. Puis quelques politistes et sociologues, au tournant des années 2000. Mais c’est vraiment depuis les années 2010 que des recherches commencent à s’accumuler sur la question.

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Et comment l’expliquez-vous ?

J.M. – Alors peut-être parce que, justement très tôt, des universitaires et des savants étaient impliqués dans la cause elle-même, et qu’en fait ils se sont employés à la faire exister, à la légitimer, à expliquer pourquoi effectivement il faudrait se soucier des animaux. Ils ont fait cela plutôt qu’analyser la cause en tant que mouvement social, en faire l’histoire, comprendre la sociologie des militants, etc. Une autre explication possible tient à l’objet en lui-même : puisque étudier la cause animale c’est aussi étudier les rapports humains-animaux, et pendant longtemps les sciences humaines et sociales ont considéré que cet objet ne faisait pas partie de leur périmètre, mais qui faisait partie du périmètre des sciences de la nature. Parler d’animaux impliquerait d’avoir des qualifications en biologie et en éthologie. Et malgré le développement des recherches en sciences humaines et sociales sur les rapports aux animaux, ces débats ont toujours cours, sont toujours d’actualité. Pour ma part, je pense qu’il s’agit d’un malentendu : quand on est clair sur le fait que l’on étudie non pas les animaux seuls, ou entre eux, entre congénères et qu’on étudie bien les relations qu’ils entretiennent avec les humains, il n’y a aucune raison de considérer que l’objet n’est pas légitime pour les Sciences Humaines et Sociales.. Mais ce n’est pas toujours simple à faire entendre.

Pour ce qui concerne l’animal, comment aujourd’hui est-il perçu ?

J.M. – C’est un vaste sujet, aujourd’hui l’animal est considéré de manière très différente, selon les pays, selon les espèces : il peut être vu comme une ressource, principalement c’est comme cela, sous la forme de viande ou de produits animaux, une ressource dont on extrait la matière, dont on va chercher à optimiser le fonctionnement biologique, mais aussi comme un modèle expérimental pour faire avancer les connaissances médicales, peut être aussi utilisé comme un auxiliaire de travail dans le cas des chiens policiers ou comme un assistant dans le cas des chiens guide pour personne déficiente visuelle ou comme support émotionnel dans le cas des animaux de médiation. Ils peuvent être aussi des objets de collection parce que, à titre d’exemple, le trafic international d’espèces exotiques c’est un des plus gros trafics au monde aujourd’hui, mais aussi être utilisés comme des sentinelles des pandémies à venir, des changements environnementaux, des emblèmes de la biodiversité d’un territoire. Ils peuvent être aussi objets de soin, ils peuvent être aussi consommateurs à travers le développement du marché des animaux de compagnie. Ils peuvent être aussi encore gibiers ou outils de chasse, selon de quel animal on parle. Donc c’est très très varié effectivement la perception et l’utilisation des animaux aujourd’hui.

Est-ce qu’il en fut toujours ainsi ?

J.M. – Bien évidemment, il y a eu beaucoup d’évolution au fil de l’histoire. Ce que je retiens depuis deux siècles, il y a quand même une évolution notable, c’est le fait qu’après avoir été mis au travail de manière intensive, les animaux dans les sociétés occidentales ont perdu la fonction de traction qui avait permis à la société industrielle de se développer avant que les moteurs et la mécanisation, les moyens de transport, de travail ne les remplacent. Le travail des animaux a donc énormément évolué et de nouvelles fonctions lui ont été attribuées : c’est ce que j’ai étudié dans ma thèse qui portait sur les pratiques de médiation animale, ces pratiques où il s’agit de soigner des humains en les mettant en contact de certaines espèces animales et j’ai observé comment la fonction de « thérapeute » a été attribué à certains animaux, en l’occurrence les chiens et les chevaux. On peut parler du fait que de plus en plus d’animaux soient devenus « de compagnie » est également quelque chose d’assez inédit : que des animaux domestiques puissent ne servir à rien d’autre qu’à l’agrément de leur propriétaire, c’est en effet peu commun dans l’histoire de la domestication, selon l’anthropologue Jean Pierre Digard. En tout cas, ce qui est sûr c’est que les animaux sont partout dans notre vie, et que c’est le cas depuis plusieurs millénaires.


> À suivre…

Le prochain et deuxième podcast du triptyque consacré aux animaux évoquera le thème de : pourquoi certains animaux ont-ils une place favorable…ou non ?

>> Pour en savoir plus :

Triptyque – Laboratoire Triangle

Mobillité et écologie : comment concilier les enjeux économiques et sociaux ?

MMobillité et écologie : comment concilier les enjeux économiques et sociaux ?

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Pollution : limiter la mobilité est-ce une solution ? Le transport a-t-il réellement un impact sur le changement climatique ? 

Dans ce deuxième podcast dont le triptyque est consacré à la mobilité, pollution, et transition écologique…nous allons tenter d’éclaircir ces questions.

Pour cela, nous  nous entretenons avec Maxime HURE, Maître de conférences HDR en science politique à l’université de Perpignan (CDED Centre du droit économique et du développement) et chercheur associé au laboratoire Triangle. 

> Écoutez le podcast :

> Lire la retranscription des propos de l’interview :

Nous avons vu précédemment que limiter la mobilité pourrait réduire les émissions de CO2, cependant, cela n’engendrerait-il pas une atteinte à la liberté de circulation ?

Maxime Huré – Alors ce que l’on peut dire, c’est que cette limitation de la mobilité, ce n’est pas encore une voie choisie par les pouvoirs publics, mais on se rend compte que c’est une des possibilités offertes pour baisser les émissions de CO2 dans le secteur des transports et de la mobilité.
Pourquoi ce n’est pas une voie choisie aujourd’hui par les pouvoirs publics, parce qu’il est important de noter que dès lors que ces pouvoirs publics essayent d’encadrer ou de contraindre les pratiques individuelles de mobilité, sans intégrer pleinement la dimension sociale inhérente à chaque déplacement, cela engendre des mouvements sociaux et des réactions individuelles visant à défendre effectivement un mode de vie, la liberté de circuler ou encore la liberté de choisir son mode de déplacement. On pense ici par exemple aux mobilisations des Gilets Jaunes fin 2018, début 2019.

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Est-il vrai que le transport a un impact considérable sur ce changement climatique, comment expliquez-vous ce fort impact des transports en France et de ce fait quelles solutions pourrait-on envisager ?

M.H. Oui tout à fait, alors sur ce point, on peut même rappeler que la grande majorité des individus vivent la mobilité comme une contrainte, et surtout ils n’ont pas forcément beaucoup de choix pour se déplacer. En France, ils le font bien souvent en automobile, même majoritairement. Dans d’autres pays, notamment ceux qui affrontent des situations de grande pauvreté, la mobilité quotidienne, elle est encore plus contraignante et se résume pour beaucoup à des déplacements à pied dans un périmètre de quelques kilomètres.

Donc finalement les choix d’utiliser des modes de déplacement relativement polluants et sur de grandes distances, bien souvent pour les loisirs, reposent en réalité sur un très faible nombre d’individus à l’échelle mondiale, c’est-à-dire sur les populations les plus favorisées disposant de revenus importants. Ensuite, ce débat, il peut renvoyer à la manière de réguler et de gouverner nos sociétés. Doit-on choisir, par exemple, une régulation par le marché, c’est-à-dire par les fluctuation des cours des matières premières et de l’énergie, comme c’est un peu le cas actuellement, mais qui agissent comme une contrainte auprès des individus ? Doit-on y ajouter un amortisseur social pour les populations les plus touchées par ces variations ? Ou même doit-on davantage s’appuyer sur la régulation politique à l’échelle européenne, nationale ou locale pour encadrer les mobilités ?
Donc, à travers des mécanismes d’intervention ou de non-intervention de la part des femmes et des hommes politiques, il s’agit bien de réfléchir à la manière de faire société et à la question d’un avenir commun qui permettent aux générations futures de trouver leur place.

Et quel serait alors l’impact économique ou encore l’impact social ?

M.H. Les discours et les représentations de la modernité dans la période de l’après-guerre et pendant les Trente Glorieuses ont assimilé finalement la notion de liberté à celle de déplacement automobile. De ce fait, une grande partie de nos activités économiques et sociales qui s’est organisée autour du système automobile, dans un pays où la production industrielle automobile relève d’une histoire assez particulière. Donc cette démocratisation de l’automobile a accompagné le progrès social, mais elle a aussi créé ce que Gabriel Dupuy appelle « la dépendance automobile », c’est-à-dire un système où les individus sont dépendants de la voiture pour accéder aux activités et aux services du quotidien.

De la même manière, une partie de nos activités sociales s’est organisée autour des loisirs longue distance au tournant des années 1980-1990, en s’appuyant sur des discours positifs attribués au développement touristique international et à la mondialisation culturelle. Cette transformation a propulsé l’aviation comme un moyen de transport moderne et relativement accessible avec l’avènement des compagnies dîtes Low Cost.
Donc ces évolutions ont structuré de manière décisive nos sociétés, et même l’aménagement du territoire et les modes de vie.

Cependant, tout cela a un impact…qui est d’avantages de pollution…

M.H. Oui, la massification de l’utilisation de l’automobile et de l’avion a généré des effets négatifs, comme l’augmentation des pollutions et des émissions de CO2, ce que les économistes nomment les « externalités négatives ».
À l’échelle individuelle, nous sommes devenus des hyper-mobiles pour reprendre le terme d’Yves Crozet car nous nous déplaçons toujours plus, toujours plus loin et toujours plus vite. Cette situation pousse certains experts et chercheurs à remettre en cause aujourd’hui cette course à la vitesse. Mais limiter ou restreindre les déplacements individuels dans le cadre de notre système économique et social actuel et même au regard de notre aménagement de l’espace pourrait potentiellement être perçu comme une nouvelle contrainte forte pour de nombreux individus, de nombreux ménages. Donc il faut nous interroger sur les solutions à imaginer.
Faut-il plutôt envisager des incitations à l’autolimitation ou à la sobriété pour reprendre un mot à la mode aujourd’hui ? Dans quelle mesure une relocalisation des activités à grande échelle, y compris touristiques, pourrait accompagner de nouveaux comportements de mobilité ? Quid encore des effets du télétravail et des transformations liées au numérique ? Ce que l’on peut dire c’est que ces questions stimulantes occupent une réflexion importante de nombreux chercheurs en sciences sociales aujourd’hui.


Précédemment : Mobilité : ses enjeux dans la France d’aujourd’hui

> À suivre…

Notre troisième et dernier podcast concernant le thème de la pollution et mobilité abordera le thème de la diminution du CO2 avec les progrès technologiques, les nouveaux modèles de vie  …Rendez-vous jeudi prochain  !

>> Pour en savoir plus :

Triptyque – Laboratoire Triangle

La fermentation : des aliments vivants ? | Le goût de la recherche

LLa fermentation : des aliments vivants ? | Le goût de la recherche

Parler d’alimentation avec les sciences sociales

Nous sommes dans une période où l’alimentation est un enjeu important, non seulement d’un point de vue environnemental, avec les conséquences du changement climatique sur les récoltes, mais aussi d’un point de vue éthique (conditions de production pour les travailleur‧ses, utilisation de produits toxiques), social (coût de l’alimentation) et sanitaire (accès à des produits de qualité).

On entend régulièrement parler de la nécessité d’une “transition alimentaire” vers un système plus respectueux de l’environnement et qui soit également durable, c’est-à-dire qui puisse répondre aux besoins actuels, tout en préservant les ressources afin que les générations futures puissent répondre aux leurs.

La recherche en sciences humaines et sociales, dans sa diversité de disciplines, se penche sur ces enjeux et les défis qui en émergent. Aujourd’hui, de nombreux projets de recherche s’intéressent à ces questions afin d’apporter des éléments de réponse à ces questions, notamment par la recherche doctorale. À Lyon, la chaire TrAlim, composée de l’Université Lumière Lyon 2 et du Centre de Recherche de l’Institut Lyfe, compte en son sein plusieurs jeunes chercheur‧ses qui ont pour objet d’étude la question de l’alimentation aujourd’hui, pour demain.

Cette émission a pour but de mettre en valeur ces travaux, les faire connaître et les rendre intelligibles pour tous‧tes. Elle mobilise et interroge la notion de “transition” alimentaire, dans sa définition et ses implications. Il s’agit aussi de faire dialoguer tous les aspects de la question alimentaire, que l’on peut retrouver dans les quatre axes de la chaire TrAlim :

  • Pratiques alimentaires et représentations associées à l’alimentation ;
  • Dynamiques alimentaires et diversité des territoires ;
  • Éthique et égalité d’accès à une alimentation de qualité ;
  • Gouvernances, acteurs et politiques alimentaires.

> Fermentation : des aliments vivants ? 

Avec Maxence Blanchet, Institut Lyfe / université d’Umeå : il travaille sur le projet de recherche européen Healthferm, qui étudie les aliments végétaux fermentés, leurs bienfaits pour la santé et l’environnement, ainsi que leur acceptabilité sociale. Il s’intéresse aux aliments que les gens font fermenter eux-mêmes à la maison. Quels sont leurs profils, leurs motivations, les potentiels freins à cette pratique ? En passant par la théorie des pratiques, il analyse les significations associées à la fermentation, les problèmes matériels parfois rencontrés ainsi que les compétences mobilisées par ceux qui la pratique.

Du dégoût à la pensée magique, de nombreuses représentations sont attachées à la consommation d’aliments fermentés. C’est tout notre rapport à notre santé et au vivant qui sont mobilisés, dans ce que le chercheur appelle un virage post-pasteurien.

> Pour en savoir plus :

 

Les algorithmes : mathématiques ou informatiques ? | Podcast « Qu’est-ce que tu cherches ? »

LLes algorithmes : mathématiques ou informatiques ? | Podcast « Qu’est-ce que tu cherches ? »

Qu’est-ce que tu cherches ? C’est le nom de la série de podcasts lancée par le CNRS. Au micro : des scientifiques racontent leurs quotidiens, expliquent leurs avancées, et vous font pénétrer dans les coulisses de la recherche. Prêts pour une immersion sonore inédite aux côtés de ces experts ?

Les algorithmes : mathématiques ou informatiques ?  | Avec Nicolas Bousquet (CNRS)

© Xavier Pierre, CNRS

Quel est le point commun entre le rubik’s cube, le jeu du taquin ou encore le GPS ? Figurez-vous que tous peuvent être représentés par des réseaux. En effet chaque configuration ou situation possible du problème s’apparente à un nœud du réseau. Résoudre ces problèmes revient à trouver le chemin le plus simple ou le plus court pour aller d’un nœud à l’autre ou d’une solution à l’autre. Nicolas Bousquet, informaticien CNRS au Laboratoire d’informatique en image et systèmes d’information – LIRIS  (CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, INSA de Lyon, Centrale Lyon) montre comment les algorithmes sont présents dans notre quotidien et permettent de résoudre de nombreux problèmes.

>> Écoutez cet épisode sur la plateforme :

 Qu’est-ce que tu cherches ?

Sève et Sens

SSève et Sens

©Sève et Sens

Pour découvrir quelques petites histoires secrètes de plantes, viens donc écouter le podcast Sève et Sens. Traversant les âges et leurs mythes, passant par leurs usages médicaux, religieux, ou quotidiens, partons ensemble dans ce tour du monde quelque peu éthnobotanesque !
J’espère que tu y prendras goût !

Qu’est-ce que l’ethno-botanique ?

Le Museum d’Histoire Naturelle de Paris la définit comme « l’une des branches de l’ethnobiologie : elle correspond à la science de l’Homme étudiant les interrelations des sociétés humaines avec leur environnement, et se concentre sur les plantes connues, nommées et utilisées par les Hommes ».

L’origine de Sève et sens

Doctorante en 1e année en biologie végétale et passionnée par les plantes en tout genre, j’ai récolté au gré du vent et des voyages, une multitude d’anecdotes végétales croustillantes à partager.  J’ai traversé les terres tropicales de Thaïlande, puis du Laos où je me suis familiarisée avec l’éthno-botanique.

Ainsi, ces mois d’expédition, d’échanges et de réflexions ont porté leurs fruits (et leurs fleurs) pour aboutir à une série de podcasts qui parlent de plantes.

@evou_dessine

Avec ces podcasts, de 10 à 20 min, chacun explorant une plante, je partage des légendes, des symboles, des utilisations des plantes. Je fais également découvrir le travail de scientifiques en histoire, en art, en biologie, ce qui permet aussi de sensibiliser aux questions écologiques.

>> Les épisodes : 

>> Pour en savoir plus et écouter les podcasts :

Sève et sens

Écoute gratuite sur Spotify et Youtube.

Collaborateur.ice.s :

@bleu_bachir |Compositeur du jingle du podcast

@evou_dessine_unpeu | Illustratrice du podcast

 

« La transition doit être basée sur la sobriété, le juste besoin ! » | Visages de la science

«« La transition doit être basée sur la sobriété, le juste besoin ! » | Visages de la science

Diana Martin de Argenta annonce : « la transition n’a pas encore eu lieu ». Au micro des cœurs audacieux, l’ingénieure et enseignante au département génie mécanique de l’INSA Lyon pose les choses : pour exister, la transition devrait être basée sur la sobriété et sur l’indice de bonheur : « moins d’énergie, moins de puissance, et plus de temps pour faire les choses ».

  • Concevoir au juste besoin

« Nous sommes dans une société qui gère les impacts environnementaux en aval de la conception produit. L’idée de l’écoconception est de rendre les ingénieurs conscients de ces mêmes impacts, en amont, avant même qu’ils conçoivent le produit », explique l’enseignante. À travers ses cours d’écoconception et d’éthique de l’ingénieur, elle amène ses élèves-ingénieurs à s’interroger sur le cycle de vie d’un produit : coût écologique de l’extraction et de l’énergie nécessaire à la production d’un produit ; questionnement autour du besoin réel d’un produit ; ses impacts sociaux une fois introduit dans la société ; puis son traitement en tant que déchet.

  • Une augmentation de l’énergie

Diana Martin de Argenta est formelle : dans une configuration de croissance, les énergies vertes ne seront pas synonymes de transition, puisqu’elles ne font que s’ajouter à celles que l’on utilise aujourd’hui. « Nous sommes dans une configuration qui présente une augmentation de l’énergie chaque année ; ce qui est normal puisqu’on est dans une dynamique de croissance, et que les matériaux étant de plus en plus dispersés, ils demandent de plus en plus d’énergie à l’extraction (…) On est fatalement dans une augmentation permanente du besoin en énergie (…) Je constate qu’il n’y a pas de transition. »

  • Indice de bonheur et PIB

Il faut baser le juste besoin sur la sobriété et le suffisant : « de quoi a-t-on réellement besoin ? », interroge-t-elle. « On peut aussi regarder l’indice de bonheur ; certains pays à partir d’un certain PIB, car celui-ci participe à l’indice de bonheur, le bonheur n’augmente pas. Ainsi, l’indice de bonheur du Costa Rica est équivalent à celui des États-Unis… »

 

Portrait de Diana Martin De ArgentaDiana Martin de Argenta, enseignante au département génie mécanique de l’INSA Lyon, était l’invitée du podcast « Les cœurs audacieux », un contenu audio proposé par l’INSA Lyon (Saison 2 – Épisode 5).

 

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Le biomimétisme pour ré-émerveiller les gens | Visages de la science

LLe biomimétisme pour ré-émerveiller les gens | Visages de la science

Saviez-vous que les technologies GPS s’inspiraient directement du comportement des fourmis ? Jean-Matthieu Cousin, ingénieur INSA Lyon, est chargé d’études industrielles au Ceebios, le centre d’expertise et d’études en biomimétisme en France. Sa mission ? Mobiliser le plus d’acteurs à prendre la voie du biomimétisme pour proposer des innovations durables. Passionné par le biomimétisme qu’il considère comme une vraie philosophie, il souligne l’importance de reconsidérer le vivant, de se reconnecter avec les écosystèmes qui nous entourent afin de s’en inspirer, mais surtout de les préserver. 

 

  • S’inspirer du vivant ou faire avec le vivant ?

« Beaucoup de mots gravitent autour de cette discipline : biomimétique, biomimétisme, bio-inspiration… In fine le dénominateur commun est qu’il s’agit surtout de s’inspirer du vivant pour innover », explique l’ingénieur. Mais plus encore, Jean-Matthieu Cousin considère que l’engouement autour du biomimétisme doit être également considéré comme un appel à challenger notre rapport au vivant.

  • L’inspiration, oui. Mais la préservation avant tout.

Santé, énergie, logement, mobilité, alimentation… Les organismes vivants et la nature deviennent depuis plusieurs années une source d’inspiration importante. Jean-Matthieu souligne l’importance de reconsidérer le vivant et les écosystèmes qui nous entourent afin de s’en inspirer, mais surtout de les préserver.

  • De l’importance de se reconnecter avec le vivant

« Apprenez de la nature, vous y trouverez le futur », avait dit Léonard de Vinci. Une vision que partage l’expert en biomimétisme et qui voit en la nature un formidable réservoir de la nature dont il est urgent de s’inspirer pour innover dans une perspective durable. « Je voudrais que ma discipline aille plus loin et invite les gens à reconsidérer le vivant différemment. Il est important d’aller au-delà d’une approche très utilitariste », confie-t-il au micro des « Cœurs Audacieux ».

 

Jean_Mathieu_CousinJean-Matthieu Cousin, diplômé du département de génie mécanique de l’INSA Lyon était l’invité du podcast « Les cœurs audacieux », un contenu audio proposé par l’INSA Lyon (Saison 2 – Épisode 8).

 

 

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À la recherche du zamuco ancien entre la Bolivie et le Paraguay | Visages de la science

ÀÀ la recherche du zamuco ancien entre la Bolivie et le Paraguay | Visages de la science

Confluences des mondes de la recherche – Les entretiens du Collegium

Le Collegium de Lyon est un Institut d’études avancées (IEA) inscrit dans l’Université de Lyon, membre des réseaux français (RFIEA) et européens (NETIAS) des IEA. Il accueille des chercheurs habituellement en poste à l’étranger pour mener leur projet de recherche innovant pendant 5 à 10 mois.

Dans ce podcast, le Collegium revient sur le travail de Luca Ciucci : « à la recherche du zamuco ancien entre la Bolivie et le Paraguay »

Le linguiste Luca Ciucci, chercheur affilié à l’Université James Cook en Australie, qui réside actuellement au Collegium – Institut d’études avancées de l’Université de Lyon pour l’année académique 2023-24. Ses recherches se concentrent sur la famille linguistique zamuco, ainsi que sur d’autres langues autochtones parlées dans la région du Chaco boréal, située entre la Bolivie et le Paraguay.

Ces langues, qualifiées d’« indigènes », et les communautés qui les utilisent, ont subi des pertes importantes en raison de la colonisation espagnole et font aujourd’hui face à une menace de disparition, principalement en raison de la déforestation associée à la culture du soja destiné à nourrir le bétail des élevages européens.

>> Lire l’article sur le site :

Collegium de Lyon

Ricochets, les podcasts de La Rotonde

RRicochets, les podcasts de La Rotonde

En 2023, La Rotonde (centre de culture scientifique) monte le son et lance Ricochets, des podcasts aux formats divers pour faire rebondir les sciences !

Pour faire rebondir les sciences et permettre aux cercles qu’elles forment pour élargir nos connaissances, La Rotonde a lancé Ricochets. Des podcasts qui au fil de l’eau inviteront les auditeurs à comprendre, questionner et débattre de sujets qui nous concernent toutes et tous dans leurs liens et leurs impacts entre les sciences et la société.

Émissions disponibles sur toutes les plateformes de podcast (Spotify, Apple Podcast, Amazon Music, Google Podcasts, etc.).

Émission #1 – Enjeux environnementaux et urgence climatique

La première émission se déroulait en public avec comme thème : Enjeux environnementaux et urgence climatique. Quelles priorités pour la recherche ? Quels sont les rôles des chercheurs ? Quelle formation pour les futurs ingénieurs ? Des questions venues engager les échanges entre les trois invités présents, des chercheurs de l’École :

  • Natacha Gondran, enseignante- chercheure en évaluation environnementale au Département Génie de l’Environnement et des Organisations de l’Institut Henri Fayol et déléguée au développement durable de Mines Saint-Étienne
  • Jean-Michel Herri, professeur et directeur du Centre SPIN (Science des Processus Industriels et Naturels) de Mines Saint-Étienne
  • Krzysztof Wolski, directeur adjoint de Mines Saint-Étienne, en charge des formations.

Le tout, agrémenté par des chroniques, préparées et présentées par l’équipe de La Rotonde.

RICOCHETs L’ÉMISSION #1

 

Émission #2 –  Intelligence (s)

« Pour vous, c’est quoi l’intelligence ? » Quand on pose cette question, les humains, forcément, parlent d’eux. Mais l’intelligence est-elle partagée par d’autres domaines du vivant, de la cellule à l’animal en passant par le végétal ? Et quand l’intelligence devient artificielle, sur quoi se base-t-elle ? Et menace-t-elle celle, toute humaine, qui l’a construite ?

Intervenants :

  • Florence Levréro, éthologue spécialisée en primatologie et bio-acoustique du laboratoire ENES de l’Université Jean Monnet,
  • Olivier Boissier, directeur de l’Institut Fayol de l’École des Mines, chercheur en informatique et chercheur au LIMOS UMR CNRS 6158)
  • Jacques Roux , sociologue et commissaire de l’expo « Génial ! ».

Des échanges ponctués de « micro-expo » et de chroniques préparées et présentées par l’équipe de La Rotonde.

Ricochets l’émission #2

 

Émission #3 – Les futurs de la santé

Entre dispositifs technologiques médicaux et réorganisation des soins primaires, quels défis d’aujourd’hui dessinent le futur de la santé ? Comment la médecine négocie-t-elle ce grand écart entre d’un côté une numérisation et une technologie médicales de plus en plus pointues dont elle dispose et de l’autre, des territoires ou des conditions qui éloignent certains patients du soin ? Quelles réponses et quel accompagnement un centre de recherche en ingénierie de la santé peut-il apporter ? Et face aux enjeux liés aux bouleversements climatiques, comment le corps, placé dans des situations extrêmes, réagit-il ?

Invité·es :

 Ricochets L’émission #3

 

Pour en savoir plus :

La rotonde – Mines Saint-Étienne