De la variole à la Covid, les vaccins : entre peurs, espoirs et raison | Un dossier Pop’Sciences

DDe la variole à la Covid, les vaccins : entre peurs, espoirs et raison | Un dossier Pop’Sciences

De la paillasse au blister, comment concevoir un vaccin ? Peut-on en garantir la sécurité ? Que nous réservent les vaccins du futur ? Comment s’inscrivent les vaccins contre la Covid dans l’histoire vaccinale ? Voici quelques-unes des questions abordées dans notre dossier sur les vaccins, mêlant articles, interviews et podcasts.

Près de 200 lancés dans la compétition en 2020, ils n’étaient plus qu’une vingtaine de candidats sur la ligne d’arrivée en février dernier. Eux, ce sont les vaccins contre la Covid. Tant attendus, tant espérés pour nous permettre de reprendre le cours d’une vie normale. Et en moins d’un an, inédite, la prouesse est là : plusieurs vaccins, arrivés sur le marché mondial, nous ont permis d’envisager une stratégie vaccinale à l’échelle nationale. Mais cette success story ne va pas sans heurt, peur ou déboires.

Les premiers vaccins mis au point contre la Covid sont dits à ARN messager, une technologie encore jamais expérimentée sur l’Homme, mais déclarée efficace pour protéger nos aînés. Le doute est jeté : cette rapidité de mise au point, suspecte, s’est-elle faite au détriment de notre sécurité ? Ces vaccins sont-ils la réponse idoine alors que les variants du coronavirus, responsables de plusieurs formes de Covid, semblent défier les scientifiques par leur vitesse de mutation ? La vaccination peut-elle mettre un terme à l’épidémie ? Et quand ? Etc. Face à ces interrogations, notre propos se doit d’être humble, car force est de constater que notre expérience aujourd’hui est celle de la science en marche.

L’objectif de ce dossier, est d’apporter un éclairage sur les vaccins, à travers ce que nous en disent les sciences. Le plus objectif possible. Son intention : fournir des clefs de compréhension pour que chacun d’entre nous puisse se forger sa propre opinion sur ce thème, et tout particulièrement sur le sujet si délicat de la vaccination contre la Covid-19.

Un dossier en cours de réalisation…. co-rédigé par : Caroline Depecker, journaliste scientifique – Pôle éditorial Pop’Sciences et 4 étudiantes du Master Information et Médiation Scientifique et Technique (IMST) de l’Université Claude Bernard Lyon 1 : Clémence Lascombes, Maëlys Liseron-Monfils, Sylvia Pampani et Jocelyne Robin (projet tuteuré par Pop’Sciences – Patricia Lamy – Responsable éditoriale).

Publication prévue : début juin 2021

 

Vaccin covid

©Daniel Schludi sur Unsplash

Les thématiques qui seront abordées :

  • Vaccins : mode d’emploi

Un vaccin, une solution à construire pour combattre un pathogène. De la paillasse au blister, la mise au point d’un vaccin implique de nombreux acteurs et nécessite plusieurs années de recherche et de développement. Vaccinologue, un nouveau métier ?

  • Les originalités apportées par la Covid

Moins d’une année pour mettre au point un vaccin : comment expliquer cette rapidité inédite ? Faisons le point sur les vaccins à ARN messager.

  • La problématique des variants du SARS-CoV-2

La mutation génétique des pathogènes, un processus naturel. Les vaccins peuvent-ils s’adapter à la vitesse de propagation des variants et à leur évolution ?

  • Les vaccins : une solution miracle, ou pas, pour éradiquer une maladie

Des exemples existent dans le passé, mais pour la Covid, il va falloir attendre. Les vaccins du futur.

  • La méfiance vaccinale

L’histoire de la vaccination est indissociable des mouvements qui se sont érigés contre elle. Méfiance vaccinale et réseaux sociaux : entre source d’informations et diffusion des croyances.

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PPour aller plus loin

  • Vaccination, covid et société :

L’hésitation vaccinale, comment en débattre à l’école ? Sciences pour tous, Université Claude Bernard Lyon 1, 14-01-2021

Fake news : pourquoi la communication scientifique doit évoluer, article Pop’Sciences, Cléo Schweyer, 14-05-2020

 

  • Covid et santé :

Avec la Covid-19, on met enfin le nez sur la perte de l’odorat, CNRS Le Journal, 4-03-2021

Covid-19 et cerveau : oui, le virus peut infecter les neurones, Cortex Mag, 28-01-2021

[Regards sur…] Covid : quelles conséquences sur notre santé ? Présentation d’une recherche en cours, Regards sur…, Université Lumière Lyon 2, 4-06-2020

Prévention et réactions face au coronavirus. Étions-nous prêts ?

PPrévention et réactions face au coronavirus. Étions-nous prêts ?

En septembre 2016, l’Université de Lyon s’associait au Lyonbiopôle pour une consultation citoyenne de grande ampleur sur les épidémies – en simultané dans 8 pays européens. Au regard de la crise sanitaire actuelle, les résultats de l’époque sont éloquents.

L’objectif de la consultation était que, dans chacun de ces 8 pays, des groupes de citoyens représentatifs de la population fassent remonter aux autorités leurs recommandations liées à la prévention et la réaction des autorités publiques lors d’un risque épidémique et d’une épidémie. 425 personnes ont participé à ces journées dans toute l’Europe et l’ensemble des résultats de la consultation sont accessibles ici.

11 mai 2020, par Samuel Belaud

Photo by Martin Sanchez

La consultation citoyenne, qui s’inscrivait dans le cadre du projet européen ASSET, visait à identifier l’approche que les citoyens européens considéraient la meilleure pour communiquer sur les épidémies et gérer une crise sanitaire de grande ampleur. Près de quatre ans plus tard, les opinions et les attentes qui étaient ressorties de l’étude sont très riches d’enseignement. Au regard de ce que la population espérait de la gestion de crise épidémique, quelles sont les réussites et les échecs actuels des modes de gouvernance de la crise du Covid-19 ?

Annuler les J.O ? Oui !

Les participants étaient invités à se prononcer sur l’équilibre entre sécurité, santé publique et libertés individuelles. Globalement, l’ensemble des citoyens s’entendait sur l’importance de réduire l’activité et les déplacements, bien que 30% des français se prononçaient a priori contre la fermeture des services publics (contre 14% dans les autres pays européens). Conscients des grands principes de sureté publique en cas d’épidémie, les répondants affirmaient quasiment d’une seule voix la primauté des soignants et des plus fragiles dans l’accès aux soins spécifiques à la / aux maladie/s causée/s par le virus.

Suivant l’intuition des participants à la consultation de 2016, les olympiades japonaises initialement prévues à l’été 2020 ont bel et bien été déprogrammées du calendrier des grands événements internationaux.

Informer sur le nombre de cas et de décès ? Certainement pas….

En temps de crise, difficile de conjuguer : communication, information et transparence. Pour éviter certains écueils dans les stratégies d’information actuellement à l’œuvre, les enseignements de cette consultation n’ont d’ailleurs pas tous été tirés dès lors qu’on se penche sur l’ordre d’importance des informations que les répondants s’attendaient à recevoir en cas de crise. Pour seulement 2% des répondants (0% pour la France), il s’agissait de connaître la quantité de contaminations et de décès… Loin des décomptes et classements quotidiens – télévisés et très largement commentés – actuellement à l’œuvre un peu partout autour du globe !

Un des objectifs de l’exercice de consultation était de dresser un panorama des sources d’information et des canaux de communication à privilégier en cas de crise et des niveaux de confiance qui leur étaient accordés. Malgré certaines faiblesses, alors récentes, dans les process d’information sanitaire (en septembre 2016, l’épidémie d’infections liées au virus Zika battait son plein et les critiques sur la gestion de crise de la grippe H1N1 de 2009 n’étaient pas retombées – en particulier en France), les répondants affichaient une meilleure confiance dans les relais d’informations classiques : grands médias, organismes de santé publique et médecins généralistes.

Une confiance à rebâtir autour des acteurs de santé publique et de recherche

La figure tutélaire du médecin généraliste reste pour une grande majorité d’européens la porte d’entrée vers une information de santé la plus fiable. Mais cette confiance s’effrite au fur et à mesure que l’on remonte la chaine de responsabilité sanitaire : vers les autorités étatiques et les organismes de recherche. Le souhait d’avoir affaire à des institutions de santé publique totalement indépendantes est d’autant plus important que la méfiance des lobbies est grande. Dès lors, à la lecture détaillée des résultats, les gouvernances européennes ont eu tout intérêt à développer des processus d’informations clairs, transparents et moins basés sur de l’immédiateté anxiogène que sur le temps long de la réflexion et de la concertation.

Tiraillés entre le temps long de des recherches scientifiques et l’impatience du résultat.

Un paradoxe surgit entre la volonté (affichée en 2016) de se fier au temps long de la recherche scientifique et l’insoutenable effort (actuel) d’être contraints d’attendre les résultats scientifiques sur des traitements ou des vaccins. Hydroxychloroquine en tête, nombre de sondés contemporains souhaitent accélérer les processus classiques de la science et outrepasser quelques étapes pourtant indispensables à la fiabilité du-dît traitement. En 2016, alors non concernés directement par l’urgence pandémique, les répondants n’en attendaient pas tant :

Les niveaux d’appréciation des risques et de confiance différaient parfois beaucoup entre la France et l’Europe. Les vaccins en particulier faisaient l’objet d’une défiance plus forte chez certains français, rassemblant, selon-eux, des risques à la fois sanitaires et sécuritaires qui ne prévalent pas sur les bénéfices que nous pourrions tirer d’une couverture vaccinale généralisée. Pourtant dans le cas du Covid-19, l’immunité de groupe (le virus circule et atteint au moins 70% de la population, de telle sorte que la propagation du virus s’interrompt) tant convoitée par l’ensemble des états ne pourra pas être atteinte de si tôt. Tant et si bien que l’immunité collective vaccinale demeure pour l’instant l’échappatoire le plus fiable… Mais il faudra patienter au moins 18 mois avant d’espérer qu’un vaccin efficace et fiable soit proposé.

De quoi relativiser certains résultats de 2016 :

Covid-19 : éclairage sur l’essai clinique mené à Lyon

CCovid-19 : éclairage sur l’essai clinique mené à Lyon

Un essai clinique, baptisé Discovery et coordonné par l’Inserm, a démarré en France pour tester 5 traitements contre le Covid-19. Les premiers patients ont été inclus dimanche 22 mars à Lyon et à l’hôpital Bichat. 

Le professeur Bruno Lina et le Docteur Florence Ader apportent leurs éclairages sur cet essai dans une conférence virtuelle.

Intervenants :

  • Dr. Florence Ader, Service des maladies infectieuses et tropicales – Hospices Civils de Lyon
  • Pr. Bruno Lina, directeur du Centre national de réfrence de la grippe – Centre International de Recherche en Infectiologie – CIRI  à Lyon et coordonnateur au Centre national de référence enterovirus et parechovirus – Hospices Civils de Lyon

EEn savoir plus

Le LabEx Ecofect – Université de Lyon a décrypté les traitements qui vont être proposés aux patients, 4 traitements différents et complémentaires, certains étant des molécules, d’autres une combinaison de molécules :

  • Remdesivir
  • Lopinavir + ritonavir
  • Lopinavir + ritonavir + interferon ß
  • Hydroxychloroquine

Lire l’article sur le site de :

LabEx Ecofect