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Le rendez-vous bien-être animal | Quel est le lien entre maltraitance animale et humaine et quel est le rôle du vétérinaire ?

LLe rendez-vous bien-être animal | Quel est le lien entre maltraitance animale et humaine et quel est le rôle du vétérinaire ?

Chaque semaine, la Chaire bien-être animal vous propose sur son site internet une nouvelle ressource en lien avec le bien-être animal ! Ce rendez-vous est relayé tous les mardi sur Facebook, Linkedin et Twitter avec le hashtag #LeRdvBEA. Suivez-nous ! 

LLe dernier rendez-vous bien-être

Dominique AUTIER-DÉRIAN, vétérinaire comportementaliste, nous parle aujourd’hui du lien qu’il existe entre maltraitance animale et humaine.

De fait il a été montré que :
👉 la violence à l’encontre d’un animal peut-être le marqueur d’une violence élargie à l’encontre des autres membres du foyer
👉 l’exposition pendant l’enfance à des violences envers les animaux augmente les risques de faire preuve de violence à l’âge adulte

👍 Le rôle du vétérinaire 🧑🏼‍⚕️👨‍⚕️ est dès lors essentiel puisqu’il peut non seulement faire remonter auprès des autorités les maltraitances à l’égard des animaux mais aussi opérer des signalements en cas de suspicion de violences envers les humains.

Bonne écoute !

LLes précédents #RDVBEA

  • Article – Comment les vétérinaires équins prennent-ils en compte le bien-être des équidés dans leur pratique ? Focus sur la « Clinéquine » de VetAgro Sup (partie 2/2) ici
  • Vidéo – Quel est pour vous l’élevage de demain ? Micro-trottoir au Sommet de l’Elevage ici
  • Article – Retour sur la présence de la Chaire bien-être animal au Sommet de l’Elevage ici
  • Article – Décryptage du premier décret d’application de la loi de lutte contre la maltraitance animale ici
  • Infographie – Nouveau parcours pédagogique au zoo du Parc de la Tête d’Or en partenariat avec la Chaire bien-être animal ici

Pour consulter tous les #RDVBEA

 

 

L’idée reçue bien-être animal | Les haies sont indispensables au bien-être des animaux vivant en plein air, VRAI ou FAUX ?

LL’idée reçue bien-être animal | Les haies sont indispensables au bien-être des animaux vivant en plein air, VRAI ou FAUX ?

Chaque mois, la Chaire bien-être animal traite une nouvelle idée reçue sur  le bien-être animal et l’élevage! Ce rendez-vous est relayé à la fin de chaque mois sur Facebook, Linkedin et Instagram avec le hashtag #IdéereçueBEA et dans notre Newsletter. Suivez-nous ! 

LLa dernière idée reçue

Les haies sont indispensables au bien-être des animaux vivant en plein air, VRAI ou FAUX ?

LLes précédentes idées reçues

Seuls les taureaux ont des cornes, VRAI ou FAUX ?

Les animaux au pâturage sont forcément heureux, VRAI OU FAUX ?

Un chat qui ronronne est un chat heureux, VRAI ou FAUX ?

 

Quand on mange de la viande de bœuf on mange vraiment du bœuf, VRAI ou FAUX ?

 

Le bien-être est le même pour tous les animaux, VRAI ou FAUX ?

 

En France, les animaux d’élevage sont nourris avec du soja issu de la déforestation, VRAI ou FAUX? :

 

Le bien-être est meilleur dans les élevages de petite taille ! VRAI ou FAUX ? :

 

 

Il faut nourrir les oiseaux l’hiver, VRAI ou FAUX ? en partenariat avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) :

 

Tondre un mouton, ça lui fait mal ! VRAI ou FAUX ? :

 

Le chat peut boire du lait de vache, VRAI ou FAUX ? :

Le froid arrive : il faut vite mettre les vaches à l’abri ! VRAI ou FAUX :

Faut-il un coq pour qu’une poule ponde des œufs? VRAI ou FAUX :

Les vaches laitières produisent spontanément du lait toute l’année, VRAI ou FAUX ? :

 

Journée mondiale des animaux et de leurs soigneurs

JJournée mondiale des animaux et de leurs soigneurs

La journée mondiale des animaux est l’occasion d’informer et d’alerter sur la disparition de la biodiversité animale et la nécessité de sa préservation. Depuis quelques années, à cette journée s’est jointe tout naturellement la journée mondiale des soigneurs.

Cette dernière a pour vocation de mettre en valeur les soigneurs animaliers qui dédient leurs journées à prendre soins des animaux, mais aussi à œuvrer pour leur conservation. Leur travail, souvent méconnu dans son ensemble, est pourtant nécessaire au bon fonctionnement des parcs zoologiques et pour donner les meilleures conditions de vie aux animaux hébergés. L’union de ces deux journées vient souligner l’importance d’œuvrer ensemble pour le bien-être et la protection des animaux.

Pour la première fois, le Parc zoologique de Lyon organise cette journée mondiale des animaux et de leurs soigneurs, une journée ludique et festive en proposant un ensemble d’activités pour les petits et grands, des ateliers ludiques et pédagogiques. Le public pourra découvrir le métier de soigneurs, mais également les espèces fascinantes hébergées au Parc zoologique de Lyon.

La Chaire Vétagro Sup, partenaire du Parc zoologique pour l’évaluation du bien-être animal sera présente à cette journée.

Pour en savoir plus :

Lyon Nature

Prenons soin du bien-être des animaux | Un dossier Pop’Sciences

PPrenons soin du bien-être des animaux | Un dossier Pop’Sciences

Pour son dossier consacré au bien-être animal, Pop’Sciences est allé à la rencontre des scientifiques de la région Lyon Saint-Étienne qui consacrent leurs travaux de recherche à ce sujet. Découvrez-en les principaux sujets dans le sommaire ci-dessous !

2022 s’ouvre sous les meilleurs auspices. A partir de cette année, le broyage des poussins mâles ainsi que la castration à vif des porcelets sont deux pratiques interdites.  La co-présidente du parti animaliste se présente à l’élection présidentielle d’avril, c’est dire si la condition animale est une question prégnante dans la société.

La notion de bien-être animal est ancienne. Elle apparaît vers 1830 dans les écrits de Louis Furcy Grognier, professeur à l’école vétérinaire de Lyon. Se promenant dans les monts alentour, ce spécialiste du soin animal observait alors les pratiques nouvelles des paysans, forçant leurs vaches polyvalentes à devenir des vaches laitières. Après avoir été oublié, le bien-être animal revient sur le devant de la scène dans les années 1960, à l’occasion de la montée en puissance du modèle de production de viande industrielle.

ÉÉcoutez les chercheurs…

Définir le BEA

Dans un podcast, chaussons les lunettes de l’animal pour comprendre ce que veut dire la notion de bien-être au regard de ses émotions. En étudiant le comportement animal, un éthologue explique comment on peut détecter la peur du mouton…mais aussi l’état amoureux du poisson.

 

 

 

Bienveillance et Société

Dans un second podcast, un sociologue raconte comment le bien-être animal s’est imposé au siècle dernier, profitant d’un courant plus large de bienveillance porté par des associations désirant défendre l’animal pour ses droits et ses intérêts.

 

 

PPrenez le temps de lire !

Vous sentez votre animal stressé ? Avez-vous pensé à respecter ses 5 libertés ? Certains comportements sont associés facilement à de la souffrance, il s’agit de les décrypter.
Comme les humains, les animaux sont résilients. Après avoir été maltraités, ils cultivent l’optimisme, les chèvres en particulier. Les chevaux quant à eux communiquent leur bien-être, à travers leurs hennissements.

Dans un reportage photo au zoo de Lyon, revisitons l’histoire de ces institutions dédiées aux spectacles d’animaux qui doivent aujourd’hui se réinventer.

Enfin, nous faisons le point sur la prise en compte de la sensibilité animale dans l’élevage. Où en est-on dans les pratiques dédiées aux bovins ? Alors que l’arrêt de la consommation de viande n’est pas pour tout de suite.

> Accédez aux articles en cliquant sur chaque vignette :

Les 5 Libertés

Le mal-être des animaux captifs

 

La chèvre joyeuse

Communiquer les émotions

 

Les zoos

L’élevage en question

Merci à tous les scientifiques qui nous ont donné de leur temps :

  • François-Xavier Dechaume-Moncharmont, professeur en comportement animal au LEHNA, (CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1)
  • Jérôme Michalon, enseignant chercheur en sociologie au laboratoire Triangle (CNRS, Université Lumière Lyon 2 – ENS de Lyon – UJM de Saint-Étienne)
  • Nicolas Mathevon, professeur de bioacoustique à l’ENES (CNRS, INSERM, UJM de Saint-Étienne)
  • Élodie Floriane Mandel-Briefer, chercheuse en communication et bien-être animal, professeure à l’Université de Copenhague
  • Éric Baratay, historien, professeur à l’Université Jean Moulin Lyon 3
  • Luc Mounier, responsable de la chaire bien-être animal de VetAgro Sup
  • Sébastien Gardon, inspecteur de santé publique vétérinaire à VetAgro Sup

Un dossier rédigé par : Caroline Depecker, journaliste scientifique – Pôle éditorial Pop’Sciences.

Du mouton au poisson, comment déterminer les émotions d’un animal ?

DDu mouton au poisson, comment déterminer les émotions d’un animal ?

Article #1 du dossier Pop’Sciences « Prenons soin du bien-être des animaux »

L’État français n’a reconnu le caractère sensible de l’animal que très récemment. En 2015. Mais cela fait trente ans que les scientifiques collectent des preuves qui en témoignent : les animaux sont intelligents, doués d’émotions et de sentiments complexes. Un postulat qu’avait déjà posé Darwin au 19e siècle.

Explorer les émotions d’un animal pour définir son état de bien-être, ou de mal-être, nécessite de mettre nos réflexes de côté. D’éviter l’anthropomorphisme, comme l’anthropodéni. En étudiant la façon dont les animaux se comportent et prennent des décisions, on peut savoir si un mouton a peur, si notre chat est en colère ou si un poisson est… amoureux !

Les explications de : François-Xavier Dechaume Moncharmont, enseignant chercheur en comportement animal au LEHNA (Université Claude Bernard Lyon 1).

Remerciement particulier à : Nicolas Mathevon et Florence Delorme, du laboratoire ENES de Saint-Étienne pour l’extrait sonore du rire de la hyène, issu de leurs travaux de recherche.

Une interview réalisée par Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – Déc. 2021

PPour aller plus loin

 

 

 

Le bien-être animal est une construction de la société

LLe bien-être animal est une construction de la société

Article #2 du dossier Pop’Sciences « Prenons soin du bien-être des animaux »

La notion de bien-être animal naît dans les années 1960 en réaction au modèle agricole productiviste. Comment peut-on concilier les 2 ?

Cette question émerge dans un courant plus général de bienveillance sociétale vis-à-vis de nos amis les bêtes, depuis le 19e siècle. L’animal objet devient ainsi une personne qui sait prendre soin de nous et qu’il faut défendre, car il a des droits et des intérêts.

Les explications de : Jérôme Michalon, enseignant chercheur en sociologie et spécialiste de la relation humain-animal au Laboratoire Triangle (ENS de Lyon, Université Jean Monnet de Saint-Étienne)

 

Une interview réalisée par Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – Déc. 2021

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Les 5 libertés de l’animal

LLes 5 libertés de l’animal

Article #3 du dossier Pop’Sciences « Prenons soin du bien-être des animaux »

Faire preuve de bienveillance envers l’animal, c’est préserver son bien-être et surtout éviter son mal-être. Pour cela, il est important de bien le connaître et d’appliquer les 5 libertés.

Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – 4 janvier 2022

La question du bien-être de l’animal (BEA) lorsqu’il est libre et à l’état sauvage ne se pose pas. Dans ces conditions, l’animal exprime ses comportements en réponse aux stimuli de son environnement et ce, de façon naturelle. C’est dans l’ordre des choses.

Maintenu en captivité, et même s’il est domestiqué, l’affaire est tout autre. Il s’agit alors d’évaluer, dans quelle mesure, ses besoins physiologiques et comportementaux sont satisfaits, ainsi que ses attentes. Une déclinaison opérationnelle de cette définition du BEA édictée par l’ANSES fait référence auprès des professionnels depuis 1979 : celle des “cinq libertés”.

D’après ces dernières, l’animal doit pouvoir être :

  • Libre de la soif, de la faim et de la malnutrition
  • Libre de l‘inconfort.
    L’animal doit bénéficier de bonnes conditions de repos (confort thermique, qualité de l’endroit) et de tranquillité (ne pas être dérangé).
  • Libre de s’exprimer.
    Ses comportements doivent être au plus proches de ceux observés dans la nature. La préservation des liens sociaux est particulièrement importante.
  • Libre de la douleur, de toute blessure et de la maladie.
    Il doit être en bonne santé (celle-ci doit être suivie et préservée) et ne pas subir de mauvais traitement (la maltraitance peut être condamnée).
  • Libre de la peur et du stress.

L’animal a été reconnu comme un être vivant doué de sensibilité par l’État français en 2015. Ainsi, toute personne qui détient un animal doit veiller à s’assurer que ces 5 libertés soient respectées et ce, jusqu’à sa mort.
Édictées ainsi, l’adoption de ces 5 libertés comportent un bémol : elles ne tiennent pas compte des attentes de l’animal.

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Le mal-être évident des animaux captifs

LLe mal-être évident des animaux captifs

Article #4 du dossier Pop’Sciences « Prenons soin du bien-être des animaux »

Le mal-être des animaux en captivité se manifeste par des comportements anormaux, dits stéréotypés. Leur compréhension et tentatives de remédiation font l’objet de recherches vétérinaires, avant tout au zoo.

Un article de Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – 4 janvier 2022

Le maintien en captivité peut être source importante de mal-être chez les animaux. Un des endroits le plus révélateur pour illustrer ce propos est celui du zoo. Les animaux y sont généralement bien traités, car ces institutions, de plus en plus soucieuses de leur bien-être, œuvrent dans ce sens.

L’animal est nourri correctement et en suffisance, sa cage est maintenue en bon état d’hygiène. Pour autant, il évolue dans un espace clos qui ne lui permet pas de vivre exactement comme il le ferait naturellement. Lorsque cet environnement artificiel ne lui fournit pas de stimuli suffisants pour un développement normal, l’animal est susceptible d’exprimer des comportements « étranges », « inappropriés » ou encore « bizarres » pour le visiteur. On parle de stéréotypies.

Des exemples ? Les ours polaires qui arpentent leur enclos de long en large, les perroquets qui s’arrachent les plumes, les éléphants qui se balancent d’une patte sur l’autre… Ces comportements répétitifs et inébranlables apparaissent sans but, ni fonction. Mais pour les scientifiques, ils sont induits par « la frustration, par des tentatives d’adaptation et/ou par une dysfonction cérébrale ».

Les ongulés continuent de rechercher leur nourriture

Les ongulés, ces bêtes pourvues de sabots, manifestent couramment des stéréotypies orales. Chez les chevaux, il s’agit du tic à l’appui ou « cribbing ». Le cheval saisit un objet solide, tel que la porte du box ou le rail de la clôture, avec ses incisives et arque le cou. Un afflux d’air intervient dans son œsophage qui produit le grognement caractéristique du criblage. Ce comportement associé au stress chez l’animal peut occuper une grande partie de son temps : jusque 8h par jour pour certains chevaux.
En parc zoologique, les girafes lèchent les murs, les objets ou réalisent des mouvements de langue incessants. Ces stéréotypies, influencées par la manière dont les animaux sont nourris et par leur alimentation, dérivent vraisemblablement du comportement naturel de recherche de nourriture chez ces herbivores.

Les carnivores s’escriment à surveiller leur territoire

Les grands carnivores manifestent, quant à eux, des stéréotypies locomotrices. Le lion – par exemple – réalise des mouvements de va et vient dans sa cage, à pas lents, le long d’une ligne droite. Sa trajectoire prend progressivement la forme d’un huit en bout de cellule. Si l’espace est encore plus réduit, il finit par décrire un cercle de façon un peu folle. Les ours captifs sont les animaux les plus enclins à ce genre de comportement. A quoi les associer ? Ces locomotions compulsives exprimeraient la tentative de l’animal à reproduire l’un de ses comportements naturels de prédation, à savoir la surveillance du territoire.

Pour les scientifiques, ces stéréotypies évoquent un mal-être inquiétant lorsqu’elles mobilisent plus de 10% du temps de l’animal. Dans ce cas, elles sont souvent associées à d’autres signes indicateurs de souffrance (baisse de la reproduction et excès de cortisol – l’hormone du stress – dans le corps, par exemple).

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La bonne humeur de la chèvre

LLa bonne humeur de la chèvre

Article #5 du dossier Pop’Sciences « Prenons soin du bien-être des animaux »

Pour juger de l’état émotionnel d’un animal, les chercheurs étudient si celui-ci utilise un biais de jugement lors de ses prises de décision. En procédant de la sorte, il est possible de mesurer la capacité de résilience des chèvres après maltraitance.

Un article de Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – 4 janvier 2022

 

Dans la vie, il y a ceux qui voient toujours le verre à moitié plein, les optimistes. Et puis ceux qui ont tendance à ne voir que le verre à moitié vide, ce sont les pessimistes. L’humeur positive des premiers leur donne un avantage dans les moments difficiles. En effet, ils savent qu’ils vivront de nouveaux moments de joie par la suite. Ils s’y attendent. Cet état de pensée les aide à mobiliser l’énergie nécessaire pour surmonter les obstacles et à trouver plus facilement des solutions. Leur humeur positive influence leur façon d’agir via ce qu’on appelle un « biais cognitif optimiste ».

Les animaux agissent différemment selon l’humeur qui les habite

Les animaux sont des êtres vivants intelligents. Ils utilisent des processus cognitifs pour résoudre des problèmes, prendre des décisions ou mémoriser des événements.

« Nous avons de plus en plus d’exemples qui montrent que les animaux, eux aussi, agissent différemment selon l’humeur qui les habite, témoigne Élodie Briefer, professeure à l’université de Copenhague et spécialiste du bien-être animal. Observer s’ils utilisent un biais de jugement optimiste, ou plutôt pessimiste, est un bon moyen d’avoir accès à leur état émotionnel, respectivement positif ou négatif. Et ainsi de mesurer leur bien-être ».

En 2013, dans une étude réalisée pour la première fois sur des animaux recueillis en refuge, cette biologiste d’origine suisse s’est penchée sur la santé mentale des chèvres, des mammifères à qui elles a consacré de nombreuses années d’observation. C’est un fait connu, le stress chronique est une cause importante d’altération de l’humeur. Dans quelle mesure, les caprins qu’elles avaient sous les yeux s’étaient-ils remis des mauvais traitements subis, pour certains, si longtemps ?

© Brian Squibb

Des chèvres plus ou moins rapides pour chercher leur nourriture

Pour le savoir, Élodie Briefer a utilisé un test de biais de jugement spatial. Elle a appris tout d’abord à une vingtaine de chèvres à distinguer deux endroits : l’un comportant de la nourriture et l’autre en étant dépourvu. Son groupe était constitué pour moitié par des chèvres domestiques ayant été maltraitées pendant plus de deux ans avant leur arrivée au sanctuaire (manque d’espace, attache constante, blessures non soignées ou manque d’abri) et, pour une autre moitié, par des caprins ayant été toujours bien traités. Cela faisait plusieurs années par ailleurs que ces bêtes vivaient au refuge.

La biologiste a patiemment mesuré la vitesse de déplacement de chacun des mammifères pour atteindre les endroits récompensés – ou non – sans noter de différence flagrante entre les sous-groupes. Puis, la chercheuse a confronté les animaux à une nouvelle tâche : aller à la recherche de nourriture en progressant dans des emplacements « ambigus », c’est-à-dire situés entre les espaces précédemment reconnus. Si la chèvre hésite, se déplace plus lentement que d’habitude pour réaliser son exploration, elle est qualifiée de pessimiste. Dans le cas contraire, son humeur est jugée optimiste.

Une humeur anxieuse en lien avec la souffrance passée ?

« Nous nous attendions à observer des biais de jugement pessimistes parmi les chèvres ayant subi de la maltraitance », relate Élodie Briefer. Un signe qui aurait été associé à une humeur « anxieuse », voire « dépressive » en lien avec la souffrance passée. « Or, non seulement cela n’a pas été le cas, mais de façon plus surprenante encore, ce sont les femelles anciennement maltraitées qui se sont avérées être les caprins les plus optimistes ! »

Des résultats contre-intuitifs similaires ont été constatés chez les moutons, par Alain Boissy, directeur de recherche à l’INRA de Clermont-Ferrand. Ce chercheur les a interprétés comme l’expression d’un soulagement chez l’animal, celui du stress dorénavant évacué (« release  from stress »). Au-delà de leur caractère inattendu, ces observations soulignent un point important : les animaux ont, comme nous, une grande capacité de résilience, caprins et ovins notamment. Elles témoignent encore du rôle essentiel joué par les refuges pour aider les bêtes à recouvrer leur bien-être.

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Les chevaux à l’écoute de leurs émotions

LLes chevaux à l’écoute de leurs émotions

Article #6 du dossier Pop’Sciences « Prenons soin du bien-être des animaux »

Les vocalisations des animaux véhiculent des informations sur leur état de bien-être. Des expériences menées chez les chevaux laissent présager que les équidés éprouvent de la contagion émotionnelle, voire de l’empathie.

Un article de Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – 4 janvier 2022

Savoir exprimer ses émotions. Percevoir celles de l’autre. Ces compétences individuelles sont capitales dans nos relations humaines. Il en est de même chez tous les animaux. En effet, l’expression des émotions informe les individus sur l’intention probable des comportements d’autrui. De la sorte, elle régule les interactions sociales. Si le langage des animaux n’est pas le nôtre, pour autant ils chantent, ils vocalisent. Et par ce biais, ils communiquent leurs émotions à leurs pairs.

Professeure à l’université de Copenhague, Élodie Briefer, est spécialiste en communication animale. Elle associe ce champ d’étude aux problématiques du bien-être chez l’animal. Lors de différents travaux, elle a décrypté comment le cri du cheval pouvait transmettre une émotion.

Mesurer l’émotion du cheval à travers ses hennissements

« Le hennissement est un cri de contact. Un peu comme si l’animal disait : « je suis là » », commente Élodie Briefer. Selon que le cheval s’approche de ses congénères, ou qu’il s’en éloigne, le cri est toutefois légèrement différent. Ceux qui vivent avec les équidés perçoivent d’ailleurs cette petite différence juste à l’oreille. Le cheval est un animal grégaire, aussi « lorsqu’on le sépare de ses compagnons, il vit une situation émotionnelle négative, affirme Élodie Briefer. A contrario, lorsqu’il retrouve ses congénères, l’émotion vécue est positive. Lors d’une étude réalisée en 2015, nous avons vérifié que cette valence émotionnelle était bien codée dans les hennissements ».

Un cheval hennit dans son box / © Élodie Briefer

Pour mener à bien cette recherche, Élodie Briefer et son équipe ont enregistré les vocalisations de chevaux domestiques placés dans deux types de conditions : soit en les séparant de leurs semblables (un seul individu extrait à la fois ou bien tous ensemble), soit en les réunissant (même procédé que pour la séparation). Pendant les enregistrements, afin de valider la valence des situations vécues, respectivement négative ou positive, les scientifiques ont mesuré les battements cardiaques des équidés et observé leurs comportements.

Les vocalisations émises par les animaux correspondent à des sons, c’est-à-dire à des ondes acoustiques dont il est possible d’extraire les principaux paramètres physiques. Après analyse des bandes sons, la chercheuse a précisé comment les fréquences sonores mises en jeu lors du hennissement, ainsi que la durée de ce cri, codaient l’information de valence émotionnelle. Leurs valeurs évoluent selon que l’animal est dans un état de bien-être ou de mal-être.

La contagion émotionnelle, prémices de l’empathie animale

Le cheval modifie son attitude à l’écoute des hennissements / © Élodie Briefer

« Dans un second temps, nous avons voulu savoir si les chevaux étaient capables de ressentir l’émotion de leurs congénères, ajoute E. Briefer. Lorsque c’est le cas, on dit que l’animal est sujet à la contagion émotionnelle, une capacité qui est une forme primaire d’empathie ».

En 2018, lors de nouvelles expériences, la biologiste et les chercheurs de son équipe se sont intéressés à des équidés évoluant dans des conditions paisibles : soit libres dans leur milieu naturel, soit tranquilles dans leur box. Ils leur ont fait écouter les cris anciennement enregistrés, à savoir des hennissements à valence émotionnelle positive ou bien négative. Et ils ont observé comment les animaux réagissaient à l’écoute de ces signaux.

« Les chevaux pouvaient lever la tête ou la baisser, modifier la position des oreilles ou de leur corps plus généralement. Tout cela de façon plus ou moins rapide, explique l’éthologue. En les observant, il était clair qu’ils faisaient très nettement la différence entre les émotions positives contenues dans les hennissements et celles qui étaient négatives ». Pour autant, les chevaux étaient-ils affectés par ce qu’ils entendaient ? L’émotion négative perçue chez le congénère stressait-elle l’animal ?

Élodie Briefer est plus circonspecte. « On ne peut l’affirmer, car les indices récoltés pendant l’étude étaient trop minces à ce sujet. Mais ce qui est certain, c’est que les chevaux sont sensibles au contenu émotionnel de leur environnement, notamment celui véhiculé par la voix humaine ». L’Homme, par ses mots, peut donc fortement conditionner le bien-être de l’animal.

Le comportement altruiste des rats

Pour les scientifiques, la contagion émotionnelle est vraisemblablement très répandue dans le règne animal. Elle a été démontrée chez les mammifères comme le chien, le cochon, la vache, la souris ou encore le singe bonobo. Et bien sûr chez l’Homme. Premier stade de l’empathie, elle est à la base de l’altruisme, ce comportement qui pousse un individu à venir en aide à l’un de ses semblables en situation de difficulté ou de souffrance.

En 2011, une équipe de chercheurs de l’université de Chicago a montré que des rats, sensibles aux cris de détresse d’un compagnon emprisonné, mettaient tout en œuvre pour le libérer afin, semble-t-il, de soulager leur propre stress naissant. Une première chez les animaux non-primates qui suggère que le partage et l’aide ne sont pas que des événements culturels, mais feraient partie aussi de notre héritage biologique. De quoi renouveler notre regard sur l’humanité et sur la nature des liens que nous entretenons avec les animaux.

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