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Pop'Sciences - Université de Lyon

LLe mal-être évident des animaux captifs

Cet ours polaire se repose après avoir passé la journée à faire les cent pas devant les fenêtres © Joshua Cotten_Unsplash

Article #4 du dossier Pop’Sciences « Prenons soin du bien-être des animaux »

Le mal-être des animaux en captivité se manifeste par des comportements anormaux, dits stéréotypés. Leur compréhension et tentatives de remédiation font l’objet de recherches vétérinaires, avant tout au zoo.

Un article de Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – 4 janvier 2022

Le maintien en captivité peut être source importante de mal-être chez les animaux. Un des endroits le plus révélateur pour illustrer ce propos est celui du zoo. Les animaux y sont généralement bien traités, car ces institutions, de plus en plus soucieuses de leur bien-être, œuvrent dans ce sens.

L’animal est nourri correctement et en suffisance, sa cage est maintenue en bon état d’hygiène. Pour autant, il évolue dans un espace clos qui ne lui permet pas de vivre exactement comme il le ferait naturellement. Lorsque cet environnement artificiel ne lui fournit pas de stimuli suffisants pour un développement normal, l’animal est susceptible d’exprimer des comportements « étranges », « inappropriés » ou encore « bizarres » pour le visiteur. On parle de stéréotypies.

Des exemples ? Les ours polaires qui arpentent leur enclos de long en large, les perroquets qui s’arrachent les plumes, les éléphants qui se balancent d’une patte sur l’autre… Ces comportements répétitifs et inébranlables apparaissent sans but, ni fonction. Mais pour les scientifiques, ils sont induits par « la frustration, par des tentatives d’adaptation et/ou par une dysfonction cérébrale ».

Les ongulés continuent de rechercher leur nourriture

Les ongulés, ces bêtes pourvues de sabots, manifestent couramment des stéréotypies orales. Chez les chevaux, il s’agit du tic à l’appui ou « cribbing ». Le cheval saisit un objet solide, tel que la porte du box ou le rail de la clôture, avec ses incisives et arque le cou. Un afflux d’air intervient dans son œsophage qui produit le grognement caractéristique du criblage. Ce comportement associé au stress chez l’animal peut occuper une grande partie de son temps : jusque 8h par jour pour certains chevaux.
En parc zoologique, les girafes lèchent les murs, les objets ou réalisent des mouvements de langue incessants. Ces stéréotypies, influencées par la manière dont les animaux sont nourris et par leur alimentation, dérivent vraisemblablement du comportement naturel de recherche de nourriture chez ces herbivores.

Les carnivores s’escriment à surveiller leur territoire

Les grands carnivores manifestent, quant à eux, des stéréotypies locomotrices. Le lion – par exemple – réalise des mouvements de va et vient dans sa cage, à pas lents, le long d’une ligne droite. Sa trajectoire prend progressivement la forme d’un huit en bout de cellule. Si l’espace est encore plus réduit, il finit par décrire un cercle de façon un peu folle. Les ours captifs sont les animaux les plus enclins à ce genre de comportement. A quoi les associer ? Ces locomotions compulsives exprimeraient la tentative de l’animal à reproduire l’un de ses comportements naturels de prédation, à savoir la surveillance du territoire.

Pour les scientifiques, ces stéréotypies évoquent un mal-être inquiétant lorsqu’elles mobilisent plus de 10% du temps de l’animal. Dans ce cas, elles sont souvent associées à d’autres signes indicateurs de souffrance (baisse de la reproduction et excès de cortisol – l’hormone du stress – dans le corps, par exemple).

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