Faut-il laisser l’océan au repos ?

FFaut-il laisser l’océan au repos ?

Pendant les quelques semaines de confinement lié à la pandémie de Covid-19, le bruit des moteurs, les chantiers offshore, la surpêche ont drastiquement baissé en intensité. Cette trêve méritée ne restera-t-elle qu’une brève parenthèse enchantée pour les océans ? Ou bien une occasion sans pareille pour réinventer notre rapport aux écosystèmes marins et à l’usage que nous faisons de leurs richesses ? Ces 3 conférences scientifiques nous permettent d’interroger le devenir des milieux marins.

Avec Henri Bourgeois Costa, expert en économie circulaire pour la mission de la Fondation Tara Océan sur les pollutions plastiques.

Avec Sylvain Pichat, Maitre de conférences en géologie et paléo-océanographie, à l’ENS de Lyon (Laboratoire de Géologie de Lyon) et chercheur invité au Max Plank Institute.

 Avec Kiara Néri, Maîtresse de conférences en droit international et maritime, à l’Université Jean-Moulin Lyon 3 (Centre de droit international).


Programmation réalisée en collaboration avec la Maison de l’environnement.

Ils soutiennent la réalisation de ce programme

   

 

Océan. Une plongée dans l’invisible | Pop’Sciences Mag #6

OOcéan. Une plongée dans l’invisible | Pop’Sciences Mag #6

Les milieux marins, bien qu’ils soient encore peu explorés, subissent de plein fouet les contrecoups des activités humaines. Pollutions plastiques ou industrielles, réchauffement des eaux, fonte des glaces, acidification généralisée des mers… L’hasardeuse gestion des ressources terrestres et océaniques par les humains a mis en péril l’équilibre de l’océan, pilier du vivant.

ÉÉDITO

Malgré cela, une lueur d’espoir s’est ravivée pendant la longue période de confinement que nos sociétés ont traversé entre mars et mai 2020. Le volume et l’intensité de nos activités a baissé de telle sorte que le vivant a rapidement repris ses marques là où on ne l’attendait plus. À Venise, en Méditerranée et sur une majeure partie de nos littoraux nous avons constaté – stupéfaits et rassurés – que le reste du monde vivant était doué d’une capacité de résilience plus importante que nous l’escomptions.

 

Du constat à l’action, la marche est grande et ce nouveau numéro de Pop’Sciences Mag contribue à rappeler que les milieux marins sont essentiels à notre subsistance. Partons du principe que (mieux) connaître les océans, c’est déjà (mieux) les protéger. De nombreuses équipes de recherche de l’Université de Lyon, bien que ni la ville de Lyon ni Saint-Étienne n’aient de façade maritime, étudient de nombreux phénomènes sous-marins : mécanique des fluides, chimie des océans, acoustique, microbiologie, géologie, archéologie sous-marine, droit international … Autant de disciplines à l’affut de phénomènes parfois imperceptibles, mais primordiaux pour la compréhension et la préservation des fonds marins.

La part invisible de l’océan

Dans le creux des courants, à la surface et dans les profondeurs des mers, se cachent des sons, une faune, des édifices, des microparticules et des phénomènes chimiques presque insaisissables. C’est à cette part invisible et mystérieuse que l’Université de Lyon via Pop’Sciences Mag s’intéresse. Une exploration de l’univers océanique en saisissant son rôle crucial dans la régulation du climat, en traversant les frontières invisibles qui le morcelle, en observant les surprenants phénomènes de bioluminescence qui se produisent dans les abysses, en écoutant les complexes paysages sonores qui s’y dessinent et en partant à la recherche des ports perdus de l’Antiquité.

Allez au-delà de ce que vous pensez connaître de l’océan en étudiant ce qu’il nous cache le plus. Car, c’est dans l’imperceptible et l’inexploré des milieux marins que se dissimulent les raisons de croire à leur préservation.

Plongez dans l’invisible !

Stéphane Martinot, Administrateur provisoire de la COMUE Université de Lyon


Avec la participation des laboratoires de l’Université de Lyon suivants :

Zones maritimes disputées : la part de non-droit de l’océan

ZZones maritimes disputées : la part de non-droit de l’océan

Cet article est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Par Grégory Fléchet   |   26 mai 2020


La carte juridique des océans dessine un véritable écheveau de lignes épousant les contours des terres émergées. Ces zones de partage maritime sur lesquelles les États sont parvenus à s’entendre, à force de négociations, font encore l’objet de contentieux entre nations voisines.

Tout comme le tracé des frontières terrestres, la délimitation des espaces maritimes peut être source de conflits. Si le nombre de zones maritimes disputées par plusieurs États reste difficile à évaluer à l’échelle de la planète, ces différends auraient tendance à se multiplier du fait notamment des enjeux économiques associés à ces territoires. Avec un domaine maritime de près de 11 millions de km2, le deuxième plus vaste au monde après celui des États-Unis, la France ne compte pas moins de 39 frontières avec 30 pays différents. De quoi susciter des frictions avec ses nombreux voisins. Dans le golfe de Gascogne, le différend qui oppose, par exemple, la France à l’Espagne à propos du tracé de leur frontière commune n’a toujours pas été tranché. À plus de 10 000 km de là, un autre désaccord se cristallise autour de la frontière entre Madagascar et l’archipel français des îles Eparses, disséminées tout autour de la Grande Île.

La carte mondiale des zones économiques exclusives (en bleu foncé)

Absence de cadre juridique

Depuis le milieu du XXe siècle, près d’une trentaine de litiges ayant trait à la délimitation de zones maritimes ont abouti à des contentieux internationaux. « La délimitation des espaces maritimes étant censée reposer sur le consentement des États, il n’existe aucun cadre juridique précis sur lequel s’appuyer pour tracer en toute objectivité les contours de ces territoires », souligne Pierre Musy, doctorant en droit international public à l’Université Jean Moulin-Lyon 3 où il prépare une thèse sur les zones maritimes disputées. Face à cette forme de laxisme juridique, certains États n’hésitent pas à s’approprier en toute impunité de vastes étendues maritimes pour y exercer des activités de pêche ou y extraire des hydrocarbures. Lorsqu’un pays s’estime lésé par une ou plusieurs autres nations, il a toutefois la possibilité de saisir la Cour internationale de justice ou le Tribunal international du droit de la mer, qui dépendent de l’Organisation des Nations unies. Ces organes judiciaires internationaux ont en effet toute latitude pour prononcer des mesures conservatoires sur un territoire maritime revendiqué par plusieurs États, en attendant que le litige soit résolu à l’amiable ou par une décision de justice.

 

Vers la fin de l’injustice maritime ?

Mais alors que la plupart des pays privilégient la voie juridique pour régler leurs différends, les grandes puissances maritimes ont souvent tendance à s’y opposer. « Lorsque la France a ratifié la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, en 1996, elle a explicitement refusé les différends liés aux délimitations maritimes », rappelle Kiara Neri. Dans ces circonstances, il devient impossible pour un autre État en conflit avec la France à propos d’un territoire maritime, de saisir un organe judiciaire compétent ou un tribunal arbitral. Comment dès lors réparer cette forme d’injustice ? C’est tout l’enjeu du projet Zomad1 auquel participe Pierre Musy : « cette initiative vise à recenser l’ensemble des territoires maritimes disputés à travers la planète, les activités qui s’y déroulent, ainsi que les positions des différents pays qui les revendiquent dans la perspective d’accorder un véritable statut juridique à ces zones grises de l’océan. »

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  1. Ce projet qui a débuté en automne 2018 est coordonné par Alina Miron, professeure de droit international public au Centre Jean Bodin de l’Université d’Angers

Océan

OOcéan

Le 8 juin, depuis chez vous, interrogez-vous sur le devenir de l’Océan au travers d’enquêtes, d’échanges et de nombreux témoignages d’experts, scientifiques et passionnés.

En écho à la Journée mondiale des océans, explorez les richesses dissimulées des fonds marins et passez en revue les raisons de croire en leur préservation. Rendez-vous pour un temps de rencontres et conférences, la découverte d’un nouveau podcast et du dernier numéro de Pop’Sciences Mag.


Rencontres/conférences : Faut-il laisser l’Océan au repos ?

RDV le 8 juin à 17h30. Événement retransmis en direct sur Facebook, YouTube et Pop’Sciences. Dialoguez et posez vos questions directement aux intervenants.

Accédez à la rediffusion

  • 17h30 : Pollutions plastiques des océans. L’état d’urgence est déclaré ! Avec Henri Bourgeois Costa, expert en économie circulaire pour la mission de la Fondation Tara Océan sur les pollutions plastiques.
  • 18h15 : Préserver la machinerie océanique et sa fonction de régulatrice majeure du climat. Avec Sylvain Pichat, Maitre de conférences en géologie et paléo-océanographie, à l’ENS de Lyon (Laboratoire de Géologie de Lyon) et chercheur invité au Max Plank Institute.
  • 19h00 : Sanctuariser 30% des aires marines : un défi géopolitique. Avec Kiara Néri, Maîtresse de conférences en droit international et maritime, à l’Université Jean-Moulin Lyon 3 (Centre de droit international).

Pop’Sciences Mag : Océan. Une plongée dans l’invisible

Parce que c’est dans l’imperceptible et l’inexploré de l’Océan que se cachent parfois les raisons de croire en sa préservation, Pop’Sciences Mag vous propose aujourd’hui une immersion dans cet univers peu connu. Les enquêtes, interviews et reportages vous feront découvrir des phénomènes chimiques, des sons, une faune, ou encore des microparticules, presque insaisissables. Climat, géopolitique, bioluminescence, acoustique, archéologie : informez-vous sur l’avenir du grand bleu !

Pour recevoir gratuitement un exemplaire papier du Pop’Sciences Mag merci d’en faire la demande ici :

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Podcast : Le vacarme sonore des fonds marins

L’équilibre biologique des océans tient pour beaucoup à la qualité de leurs paysages acoustiques. Il est indispensable de pouvoir les préserver de nos nuisances sonores (moteurs, forages …) regroupées sous le savant terme d’anthropophonie. Entretien avec Aline Pénitot (documentariste et compositrice) et Fabienne Delfour (éthologue et cétologue).

Disponible dès le 15 juin à 10h sur cette page et sur toutes vos plateformes préférées (YouTube, Apple podcast, Deezer, Spotify).


Contacts


Programmation réalisée en collaboration avec la Maison de l’environnement.

Ils soutiennent la réalisation de ce programme

  

 

Tribunal pour les générations futures | Faut-il en finir avec les Jeux olympiques ?

TTribunal pour les générations futures | Faut-il en finir avec les Jeux olympiques ?

Rivalités, fiascos financiers et écologiques, scandales liés à la corruption, sans oublier le dopage ou les paris illégaux. Les idéaux pacifiques à l’origine des jeux ont été ternis.

Le Tribunal pour les Générations Futures est un format de conférence théâtrale et ludique, initié par le média Usbek & Rica, organisé autour d’une controverse et destiné à explorer et débattre des enjeux d’avenir.

Depuis la charte olympique pensée par Pierre de Coubertin, les jeux modernes n’ont eu cesse de refléter les tensions géopolitiques et économiques du monde. Interrogeons nous sur cet étendard de la paix mondiale : Que reste-t-il de l’esprit de Coubertin ? Le Comité International Olympique a-t-il accumulé trop de pouvoirs ? Les Jeux sont-ils un instrument diplomatique efficace ? Le spectacle a-t-il pris le pas sur le sport ? L’olympisme est à la croisée des chemins et ce tribunal se tient pour interroger et réinventer un modèle en crise.

Alors que Tokyo s’apprête à recevoir la grand’ messe du sport mondial l’année prochaine et pendant que Paris met les petits plats dans les grands pour assurer une édition 2024 “durables, festifs et spectaculaires” ; ce (faux) procès, nos témoins vous permettront de trancher sur l’épineuse question de l’avenir des jeux olympiques.

Faut-il en finir avec les JO, ou leur donner un nouvel élan ?

Un verdict sera rendu à la majorité par un jury populaire tiré au sort au sein du public.

Le Tribunal pour les Générations Futures reprend les codes d’un procès d’assises, et met en scène autour d’une Cour (président, avocat, procureur), des expert.e.s et des personnalités invité.e.s à la barre en tant que témoins ou accusé :

  • Pascal Charroin, historien du sport (Université Jean Monnet Saint-Etienne – Laboratoire L-ViS)
  • Guillaume Bodet, Professeur en management et marketing du sport (Université Claude Bernard Lyon 1 – Laboratoire L-ViS).
  • Jean-Claude Jouanno, Président du Comité Départemental Olympique et Sportif Rhône – Métropole de Lyon
  • Une personnalité du sport – en cours de confirmation

Dès 15 ans.

  • Gratuit et ouvert à tous. Dans la limite des places disponibles
  • Inscription conseillée, via le formulaire ci-contre


Toutes les infos du Pop’Sciences Forum Ce qui dope le sport

Affiche pop'Science Forum sur Sports et Sciences

 

Histoire des frontières : la ligne Durand

HHistoire des frontières : la ligne Durand

En 1893, une négociation entre l’Empire des Indes et le nouveau royaume d’Afghanistan aboutit au tracé de la ligne Durand. Cette frontière artificielle sépare depuis l’Afghanistan et le Pakistan et crée un imbroglio géopolitique à l’origine de zones tribales et d’une situation d’insécurité chronique.

Conférence en musique avec Michel Foucher, géographe, diplomate et essayiste, titulaire de la chaire de géopolitique appliquée au Collège d’études mondiales (FMSH) et le groupe Shams.

Plus d’informations sur le site du :

Musée des Confluences